Dictionnaire amoureux de la Chine
Dédicace
À Jean-Benoît (1950-2011),
mon (vrai) jumeau et unique frère.
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« La Chine est l’autre pôle de l’expérience humaine. »
André MALRAUX
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Préface
Ce que nous dit le quart de l’humanité
Mon premier abrite près d’un milliard trois cent cinquante millions d’habitants qui rient facilement ; mon deuxième est un pays-monde centralisé et organisé d’une main de fer depuis des millénaires, où les individus ont appris à se soumettre à la loi du groupe ; mon troisième est un système économique où les freins à l’enrichissement et à l’accumulation du capital sont très inférieurs à ceux des grands pays développés, où l’on dépense tout ce que l’on gagne, où l’on s’endette sans craindre l’avenir, où l’on accepte de perdre ce que l’on a gagné dès lors qu’on l’a misé au jeu, et où l’on joue en Bourse comme on irait au casino.
Mon « tout » est la Chine, un colosse démographique et économique qui fait désormais bien plus que pointer à l’horizon du monde puisqu’il est en passe d’en devenir l’un des acteurs incontournables, et bientôt le pays dominant.
C’est de ce « tout » quelque peu effrayant que l’auteur de ces lignes aimerait expliquer les dessous au lecteur.
Est-ce parce que comprendre ne signifie pas excuser que la Chine a si souvent été mal comprise, qu’elle a engendré le sentiment du « péril
jaune », au XIXe siècle, et une certaine méfiance, pour ne pas dire une
franche hostilité, depuis la fin du XXe, quand elle est sortie de la tanière où elle hibernait ?
Tomber amoureux d’un pays, c’est ressentir de la complicité avec ceux qui y vivent ; c’est se dire qu’à leur place on ne ferait pas mieux (et même, probablement, plus mal) ; c’est admirer ce que leurs aïeux ont fait.
C’est dans l’appréhension de sa géographie (au sens large) et de son histoire, dans l’observation la plus fine possible de la vie des gens et de leurs comportements que naissent l’attirance et la connivence nécessaires à la compréhension d’une civilisation.
« Pourquoi » et « comment » ? Telles sont, s’agissant de la Chine, les deux seules questions qui vaillent.
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La Chine n’a rien d’un objet « aimable » ! Pour un Occidental, elle est bien trop gigantesque et foisonnante ; elle serait même l’exact contraire de ces îles paradisiaques qui ont fait rêver les Gauguin et autres Jacques Brel au point qu’ils allèrent terminer leur existence dans ces lieux idylliques désormais recherchés par les touristes en mal d’exotisme.
Non, la Chine n’est pas – et n’a jamais été – exotique. Elle a toujours été beaucoup trop peuplée, beaucoup trop crasseuse, beaucoup trop bruyante, beaucoup trop polluée pour jouer ce rôle. Elle n’est pas une sinécure pour le voyageur qui s’y rend par ses propres moyens. Elle n’est pas rassurante pour celui qui réfléchit à l’avenir de la planète. Elle palpite, parfois bruisse et ronronne, et parfois rugit. Elle vit, souffre, triomphe, échoue mais grandit inexorablement… Du coup, elle s’étale, s’ébroue et éclabousse ce qu’il y a autour.
La Chine est un objet baroque, ébouriffant et, somme toute, toujours surprenant.
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La Chine a un très gros défaut : elle est humaine, bien trop humaine, même… Puisqu’on y trouve le plus grand nombre d’hommes et de femmes sur Terre.
Quand on s’y penche, elle ramène inexorablement vers la réalité d’un monde déjà surpeuplé, vers cette planète dont Claude Lévi-Strauss disait déjà il y a trente ans, en utilisant une expression terrible qui fit scandale mais ô combien prémonitoire, qu’elle était en voie de « saturation démographique ».
Et si, parce qu’elle est le pays le plus peuplé du monde, et en raison de la masse des problèmes engendrés par ce fait et qu’elle affronte depuis des siècles, la Chine était, en quelque sorte, aux avant-postes de ce qui nous attendait ? Et si, parce qu’elle a déjà « essuyé les plâtres » avec sa démographie hors norme, la Chine était un test grandeur nature de ce qu’il faut, à la fois, faire et ne pas faire, pour que notre monde ne devienne pas un enfer d’ici à cinquante ans ?
Ne serait-ce qu’à ces deux titres, il me semble nécessaire de porter à la Chine un certain intérêt…
Et puis, pour peu qu’on la comprenne un minimum, la Chine devient un objet terriblement attachant.
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La Chine d’hier se retrouve dans la Chine d’aujourd’hui car sa civilisation ne s’est jamais éteinte.
Bien qu’elle soit capable de mettre sur orbite des astronautes, la société chinoise reste gouvernée par des structures mentales où perdurent certaines croyances venues du fond des âges. L’irrationnel et les superstitions s’y mêlent au pragmatisme et à la modernité. Dans leur immense majorité, les Chinois continuent à « agir en primitifs ». Pour eux, l’univers est une grande horloge parfaitement réglée mais dont le fonctionnement – appelé tao – demeure énigmatique dans la mesure où il échappe totalement à l’entendement humain.
On ne doit pas chatouiller impunément les pieds du grand dragon qui sommeille sous le sol de la réalité universelle. On doit, au contraire, s’attirer ses bonnes grâces. L’homme ne peut survivre que s’il a trouvé sa place au sein de la mécanique cosmique qui gouverne la marche du monde. Les peurs ancestrales induites par les conséquences néfastes de l’absence d’harmonie entre l’homme et la nature, telles que les inondations, les tremblements de terre, les épidémies et les disettes, cimentent le socle de l’organisation politique et sociale. Cette crainte d’un dérèglement de l’« harmonie générale » a fondé la civilisation chinoise. Aujourd’hui
comme hier, avec la théorie du Mandat céleste (voir Mandat du Ciel), c’est sur les épaules de ses dirigeants que repose cet équilibre dont l’absence est susceptible d’engendrer toutes sortes de désordres. Sitôt après le tremblement de terre du Sichuan qui causa la mort de près de quatre-vingt mille personnes au printemps 2008, le président Hu Jintao et son Premier ministre Wen Jiabao, réputé plus proche que lui du peuple, se rendirent sur les lieux de la catastrophe en gilet de travail et coiffés d’un casque de chantier, pour témoigner du fait qu’ils avaient la situation en main. Si les télévisions diffusèrent abondamment des images où l’on pouvait voir les plus hauts dirigeants du pays, mégaphone à la main, coordonner les secours, c’est à la fois parce que leur pays est entré dans l’ère de la communication, mais aussi parce qu’ils voulaient à tout prix éviter que ce séisme dévastateur ne soit interprété par la population comme le signe d’une profonde carence gouvernementale.
Pour un Occidental baignant dans l’idéologie mondialiste, cette « Chine éternelle » avec ses rites et ses superstitions, ses remèdes de bonne femme et son attirance pour l’astrologie, paraîtra un tantinet désuète et naïve, pour ne pas dire archaïque.
Les Chinois ont « les pieds sur terre et la tête dans leurs étoiles ».
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Au cours de son histoire, la Chine aurait fort bien pu éclater en quatre ou cinq nations différentes. Le fait qu’elle soit restée une entité à part entière est symptomatique. C’est parce que la Chine s’est toujours pensée elle-même comme une nation qu’elle est devenue une « hyper-nation ».
Elle est le seul pays – avec l’Inde, qui compte un peu plus d’un milliard d’habitants mais dont la population devrait, à partir de 2050, dépasser celle de la Chine – à pouvoir revendiquer un tel statut. Mais du fait de ses caractéristiques ethniques, culturelles et religieuses, sans parler de sa structure administrative et de son système politique, l’Inde reste pour l’instant un ensemble disparate dont l’impact sur le reste du monde ne saurait se comparer à celui de la Chine.
C’est dire si l’avenir de la Chine, cet immense cœur branché sur l’organisme du monde dont elle modifie le métabolisme général, conditionnera celui de la planète.
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Si la Chine ne s’est jamais totalement éparpillée, c’est en raison de sa langue.
La langue écrite et la langue orale se sont développées parallèlement de façon autonome comme deux langages jumeaux ; l’apprentissage de l’une ne permet pas d’acquérir l’autre. Pendant des siècles, la langue écrite fut celle des mandarins, des lettrés, des gens de pouvoir et des intellectuels tandis que le peuple, la paysannerie et, d’une façon générale, les gens sans instruction (qui formaient, jusqu’à la création de la République populaire chinoise en 1949, plus de 95 % de la population !) devaient se contenter de la langue parlée.
Sur un plan stylistique, les deux langues sont profondément différentes. La langue classique (dérivée de la langue écrite) est beaucoup plus concise que la langue orale car elle s’appuie sur un nombre de graphies beaucoup plus important que les phonèmes dont les combinaisons sont, par définition, plus limitées. Quatre graphies juxtaposées suffisent là où plusieurs périphrases orales sont nécessaires. La poésie chinoise, dont les versets sont toujours très courts, en est l’illustration parfaite. La calligraphie étant, en Chine, érigée au rang d’art suprême, un poète calligraphie lui-même ses poésies dont l’aspect formel est au moins aussi important que le contenu.
Contrairement aux civilisations indo-européennes – tant en Inde, où la syllabe « om », d’essence divine, doit être indéfiniment répétée en tant qu’invocation, que dans l’Occident judéo-chrétien, où Dieu s’incarne dans le Verbe (c’est-à-dire dans la parole, dont l’écriture, via la Bible, n’est que la notation), sans oublier l’Islam où il en va de même avec le Coran –, en Chine, si ce qui est écrit (la graphie, le dessin) n’a jamais cédé le pas devant ce qui s’écoute (la parole, les sons), c’est parce que la langue écrite plonge ses racines dans la divination par scapulomancie, une technique qui consistait à appliquer un tison chauffé au rouge sur une plaque d’os iliaque de moutons ou de chèvres puis sur une carapace de tortue, un animal vénéré comme un symbole de longévité, véritable modèle réduit du Ciel (sa carapace) et de la Terre (son plastron ventral). Considérées comme une écriture divine, les craquelures provoquées par la chaleur étaient soigneusement creusées et arrondies aux angles, pour former des idéogrammes dont on a pu relever qu’ils ne présentaient jamais plus de dix variantes. En somme, c’est la main humaine, en complétant le travail du feu, qui a généré les premiers idéogrammes du chinois. Pour les Chinois, l’écriture est un legs du roi mythique Fuxi, le créateur des trigrammes du Yijing, et de l’Empereur Jaune dont le ministre Canjie aurait créé les premiers caractères en observant les traces de pattes d’une grue sur la grève. Au départ exclusivement divinatoire, la langue écrite chinoise peu à peu se ritualisa. La langue écrite donna lieu à des codes intangibles, à des explications fondamentales, aux grandes histoires mythologiques fondatrices de la civilisation et de la pensée chinoises, bref à ce corpus assez disparate mais déjà très riche que Confucius (551-479 avant J.-C.), un beau jour, décida de coucher sur des tablettes de bambou (qui tenaient encore lieu de papier à cette époque).
Preuve supplémentaire que la langue écrite se veut langage à part entière, indépendant de la langue parlée, la construction des graphies fut rapidement rationalisée puisqu’elles font appel à un peu plus de deux cents (deux cent quatorze exactement) composants spécifiques (appelés radicaux) allant de un à dix-sept traits.
Cette langue sacrée et quasiment intangible a été le principal ciment de la Chine.
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La Chine est un extraordinaire révélateur des différences entre les diverses cultures qui composent la planète, et ce malgré les sempiternels discours sur l’uniformisation des modes de vie de ses habitants. Elle oblige à relativiser. Elle incline à la modestie. Elle agit comme un révélateur. Parce qu’elle est « autre », la Chine est très utile.
Bien qu’on les qualifie souvent de « Latins de l’Asie », les Chinois n’ont pas les mêmes goûts ni les mêmes aspirations que les Français. Les cinquante dernières années que la Chine a vécues ne ressemblent pas – c’est un euphémisme ! – à notre demi-siècle à nous. De même, l’idée que les Chinois se font de la France, pays « romantique », propice aux voyages de noces, est aussi différente de la réalité que celle que nous nous faisons de la Chine, pays de fourmis laborieuses qui fabriquent à la chaîne toutes sortes d’objets destinés à envahir le monde…
Une anecdote résume assez bien les quiproquos que peuvent engendrer ces perceptions mutuelles.
Grâce au fulgurant succès de la marque L’Occitane – qui compte désormais plus d’un millier de points de vente en Chine – et de la série télévisuelle « Rêves derrière un rideau de cristal », dont les héros effectuent leur voyage de noces dans le Luberon, la Provence est devenue, avec le Louvre et la tour Eiffel, l’un des principaux marqueurs de cette « France romantique » que les Chinois affectionnent. Mais entre cette Provence idéalisée et la réalité, il y a une telle différence qu’une des plus célèbres journalistes chinoises écrivit à son retour du Luberon un papier où elle faisait part de sa profonde déception devant « les petites routes sinueuses sur lesquelles les automobiles ne peuvent pas rouler vite », les champs de lavande et les plantations d’oliviers « biscornus où aucun alignement n’est respecté », les villages dont les maisons sont « disposées de traviole et leurs toits même pas assez rouges ». En somme, la Provence ne correspondait pas à la carte postale qu’elle avait en tête…
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Le peintre chinois le plus coté est un certain Fan Zeng qui a vendu cinq cent vingt-trois œuvres pour un montant de cent cinquante millions de dollars en 2012. Le nom de Fan Zeng, un descendant d’une famille de lettrés âgé de soixante-quinze ans, est totalement ignoré en Occident. Il ne
fera jamais partie des artistes phares de l’art contemporain chinois*1 . Ce
que peint cet anti-Ai Weiwei* particulièrement choyé par les autorités ressemble furieusement aux chromos vendus pour quelques milliers de
yuan2 dans les galeries de peinture traditionnelle et de calligraphie qu’on trouve à foison dans la plupart des villes chinoises. Fan Zeng est un peintre des plus banals, tout en étant parfaitement représentatif de ce qu’est la peinture chinoise classique. La seule différence avec les milliers d’artistes qui ne peignent ni mieux ni plus mal que lui est donc son nom. Fan Zeng est une marque que s’arrachent les riches Chinois prétendant jouer les collectionneurs.
Et c’est là qu’apparaît la différence – d’essence temporelle et morale – entre la perception de l’art en Chine et en Occident.
Fan Zeng peut être comparé à Yves Brayer et Jean Carzou, deux peintres français figuratifs décédés il y a une petite vingtaine d’années et qui pratiquaient une honnête peinture commerciale. Mais, à la différence de Brayer et Carzou dont les œuvres, et pour cause, n’ont jamais atteint des sommets, celles de Fan Zeng crèvent tous les plafonds.
Tout se passe comme si les collectionneurs chinois considéraient Brayer et Carzou comme équivalents à Damien Hirst ou Gerhard Richter, artistes mondialement reconnus dont les œuvres valent des fortunes !
De cet exemple, on peut tirer plusieurs conclusions : d’abord que la demande sur le marché de l’art chinois est si élevée qu’elle génère des prix forcément vertigineux ; ensuite que les collectionneurs chinois préfèrent acheter très cher les œuvres d’un artiste chinois plutôt que celles d’un artiste occidental reconnu (ce qui tendrait à prouver qu’ils sont moins spéculateurs dans l’âme que les collectionneurs occidentaux car tout spéculateur dans l’âme préférera spéculer dans un marché mondial que dans un marché national, mais surtout qu’ils ont la fibre nationaliste) ; enfin que les Chinois – y compris les plus riches, qui voyagent aux États-Unis et en Europe et qui achètent les produits de luxe français ou italiens – n’ont pas les mêmes goûts que les Occidentaux.
La Chine est différente. Elle nous force à y regarder à deux fois avant de la passer au crible de nos critères. Elle nous incite à tempérer nos ardeurs réductrices. Elle modère nos réflexes conditionnés. Elle nous déshabitue de nos certitudes et nous fait douter.
En somme, la Chine nous aide à réfléchir à ce que nous sommes.
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Contrairement à ce qu’on pense, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, s’agissant de notre perception de la Chine.
La déploration de notre situation par rapport à celle de la Chine ne date pas d’aujourd’hui. Malgré sa surpopulation et ses multiples retards, la Chine a toujours suscité de l’inquiétude de la part de nos élites.
Dans Chine ancienne et nouvelle, impressions et réflexions, publié en 1902, le fin observateur de l’Asie qu’était Georges Weulersse, un agrégé d’histoire, devenu, au fil de ses voyages, sociologue et économiste, pointait « une Chine qui n’est plus l’empire des paysans », où « la grande industrie qui s’y est introduite se développe très (trop !) vite » ; et ce socialiste bon teint, dont les écrits étaient plutôt anticolonialistes, de déplorer que les produits français soient beaucoup trop chers en raison de « notre régime de protection à outrance » (sic) et que les industriels français ne soient « pas plus préparés aux épreuves de la concurrence étrangère que des enfants gâtés aux épreuves de la vie » !
Quant à la plus grande capacité de l’Allemagne à aborder le marché chinois, elle était déjà soulignée par un certain Ulysse Pila, commerçant d’origine avignonnaise ayant travaillé en Chine et au Japon au milieu des années 1870, dans un article daté de 1897 de la revue Questions diplomatiques et coloniales, revue de politique extérieure…
C’est pourquoi l’auteur de ces lignes serait comblé si ce Dictionnaire amoureux de la Chine pouvait donner l’envie d’aller voir de quoi il retourne là où le soleil continuera à se lever de six à huit heures plus tôt que chez nous…
1. Les astérisques renvoient aux entrées correspondantes.
2. Un euro vaut environ huit yuans.
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