Les Hauts De Hurle-Vent

Emily Brontë · Chapitre 1 sur 35

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Les Hauts De Hurle-Vent

Avertissement du Traducteur

 

 

Le roman qu’on va lire occupe dans la littérature anglaise du XIXe siècle une place tout à fait à part. Ses personnages ne ressemblent en rien à ceux qui sortent de la boîte de poupées à laquelle, selon Stevenson, les auteurs anglais de l’ère victo-rienne, « muselés comme des chiens », étaient condamnés à emprunter les héros de leurs récits.

Ce livre est l’œuvre d’une jeune fille qui n’avait pas encore atteint sa trentième année quand elle le composa et dont c’était, à l’exception de quelques pièces de vers, la première œuvre littéraire. Elle ne connaissait guère le monde, ayant tou-jours vécu au fond d’une province reculée et dans une réclusion presque absolue. Fille d’un pasteur irlandais et d’une mère an-glaise qu’elle perdit en bas âge, sa courte vie s’écoula presque entière dans un village du Yorkshire, avec ses deux sœurs et un frère, triste sire qui s’enivrait régulièrement tous les soirs. Les trois sœurs Brontë trouvèrent dans la littérature un adoucis-sement à la rigueur d’une existence toujours austère et souvent très pénible. Après avoir publié un recueil de vers en commun, sans grand succès, elles s’essayèrent au roman. Tandis que Charlotte composait Jane Eyre, qui obtenait rapidement la fa-veur du public, Emily écrivait Wuthering Heights, qu’elle par-vint, non sans peine, à faire éditer, sous le pseudonyme d’Ellis Bell, vers la fin de 1847, un an à peine avant sa mort (19 dé-cembre 1848). Cette œuvre, âpre et rude comme la contrée qui l’a inspirée, choqua les lecteurs anglais de l’époque par la dure-té des peintures morales et le dédain des conventions alors gé-néralement admises dans le roman d’outre-Manche. Elle ne fut pas appréciée à sa valeur ; on ne devait lui rendre justice que plus tard. En France, ce roman n’est guère connu. Il mérite

 

– 4 – pourtant de l’être. Un bon juge, Léon Daudet, parlant du « tra-gique intérieur » dans la littérature anglaise, n’a pas craint de mentionner Wuthering Heights à côté de Hamlet.

NOTE POUR LA DEUXIÈME ÉDITION

Cette nouvelle édition a été revue et corrigée avec soin. Je tiens à remercier ici M. le commandant Beauvais du concours si éclairé et si bienveillant qu’il m’a apporté dans cette tâche.

F. D.

 

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