
Les poètes du peuple au XIXe siècle
Pour figurer dans ce recueil, il faut avoir fait ses preuves d’ignorance et n’en être sorti que par des efforts personnels, sans autre guide que la vocation. Reboul et Hégésippe Moreau, trop instruits, n’y prennent pas place. La plupart des poètes appartiennent à la classe des artisans, quelques-uns n’exercent aucune profession manuelle.
Hippolyte Violeau, fils d’un maître voilier de Brest, a sa notice; Pélabon corrige des vers écrits au chantier, et Viollet concède que la critique est en droit de demander s’il mérite le nom de poète. Dans un poème, l’ouvrier que la faim traîne vers une vapeur malsaine lève la tête et ne voit plus que le faîte de son éternelle prison. Un autre s’adresse au plongeur Réfour, à qui l’on disait de sauver la mère prisonnière, un enfant, un vieillard. Il n’aura pas la croix: sa blouse n’a pas de boutonnière.
