Oblomov - Scènes de la vie russe

Ivan Gontcharov · Chapitre 1 sur 20

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Oblomov - Scènes de la vie russe

Préface

 

 

I

 

Sous l’influence des théories d’Hegel, des romans de Bal-zac et de George Sand, de Dickens et de Thackeray, il se forma vers 1840 dans la littérature russe une école qui prit le nom d’École naturelle. Le célèbre critique Biélinsky était alors l’arbitre souverain du goût et le dispensateur de la renommée.

Il formula les principes de la nouvelle doctrine dans une œuvre importante, les Annales de la Patrie, et la rattacha à Gogol, dont les dernières productions inclinaient vers le ré-alisme. Selon Biélinsky, l’art ne pouvait être que la représenta-tion fidèle de la vie, l’art devait avoir pour objet principal l’étude du peuple.

De jeunes talents, Tourguéneff, Gontcharoff, Pisemsky, Dostoievsky, ne tardèrent pas à s’enrôler sous sa bannière, et bientôt, grâce à eux, le naturalisme succéda, sans jeter moins d’éclat, au romantisme de Pouchkine et de Lermontoff.

Tourguéneff, le chef de cette pléiade, a conquis en France une grande et légitime réputation. L’auteur de Roudine et des Mémoires d’un chasseur, qui vit la plupart du temps au milieu de nous, est aujourd’hui presque des nôtres : ses nouvelles et ses romans ne sont pas moins goûtés à Paris qu’à Saint-Pétersbourg.

 

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