André Cornélis

Paul Bourget · Chapitre 17 sur 21

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André Cornélis

Chapitre XVI

J’étais arrivé au second étage. À l’angle d’un long corridor, était fixée une plaque sur laquelle je pus lire écrit: «Du numéro 300 au numéro 360…» Dans le corridor, un garçon de service passait en sifflant. Deux filles riaient dans une espèce d’office ménagé à la sortie de l’escalier. Un grand bruit montait de la cour à travers les fenêtres ouvertes. Le moment était bien choisi pour l’exécution de mon projet. L’homme ne pourrait pas espérer une fuite facile à travers la maison ainsi remplie de monde. 345… 350… 351… 353… J’étais devant la porte de la chambre où logeait Édouard Termonde. La clef était sur la porte; le hasard servait donc mon projet au delà de ce que j’eusse osé souhaiter. Ce petit détail témoignait aussi de la sécurité où vivait celui que je venais surprendre. Soupçonnait-il seulement mon existence? Je m’arrêtai une minute devant cette porte close. Je m’étais habillé avec un veston, afin d’avoir mon revolver dans ma poche, bien à portée. J’assurai ma main droite sur la crosse, et j’ouvris la porte sans frapper.

 

—Qui est là?… fit la voix d’un homme qui lisait un journal, en fumant, couché plutôt qu’assis dans un fauteuil, les pieds posés sur une table, le dos tourné à l’entrée; il ne se donna même pas la peine de se lever pour voir qui avait ouvert, persuadé sans doute que c’était un domestique de l’hôtel. Je ne lui laissai pas le temps de se retourner tout à fait.

 

—Monsieur Rochdale?… demandai-je.

 

À peine eus-je prononcé ces mots que l’homme fut sur pieds. Il repoussa le fauteuil et se réfugia de l’autre côté de la table, me regardant en face avec un visage décomposé… Ses yeux s’ouvraient démesurément, tout clairs, dans ce visage livide qu’encadrait une barbe jadis blonde, aujourd’hui grisonnante. Sa bouche béait, ses jambes flageolaient. Tout ce grand et robuste corps venait de subir une de ces secousses d’épouvante folle, devant lesquelles toutes les puissances de la vie sont comme paralysées. Il avait seulement jeté un cri dans sa terreur: «Cornélis!…»

 

Cette preuve que je poursuivais depuis des mois, je la tenais donc enfin! À cette seconde, je sentais, moi, tous les ressorts de mon être tendu. Oui, j’étais aussi lucide, aussi maître de moi que mon adversaire était bouleversé. Il n’avait pas, comme son complice, l’habitude quotidienne et réfléchie de la dissimulation. Ce nom de Rochdale, cette ressemblance effrayante, cette arrivée inattendue… Je ne m’étais pas trompé dans mon calcul. J’aperçus, avec cette prodigieuse rapidité de pensée dont s’accompagne l’action, qu’il fallait redoubler ce premier sursaut de terreur morale par un sursaut de terreur physique… Sinon, cet homme allait s’élancer sur moi, dans le mouvement de réaction qui suivrait ce saisissement, il me bousculerait, il s’enfuirait comme un fou, au risque d’être arrêté dans l’escalier par les gens qui le verraient courir, éperdu, et alors… Mais j’avais déjà tiré mon revolver de ma poche. J’avais mis en joue le misérable et je lui disais, l’appelant par son vrai nom, pour lui prouver que je savais tout de lui:

 

—Monsieur Édouard Termonde, si vous faites un mouvement vers moi, je vous tue, comme un assassin que vous êtes, comme vous avez tué mon père…

 

J’ajoutai, lui montrant une chaise au coin de la fenêtre entrebâillée: —Asseyez-vous!

 

Il m’obéit machinalement. J’exerçais sur lui, à cet instant, une espèce de domination absolue, qui allait cesser, je le sentais, aussitôt qu’il reprendrait ses esprits. Mais, quand le reste de l’entretien tournerait contre moi, maintenant, est-ce que cela empêchait que je ne fusse maître d’une certitude? J’avais voulu savoir si Édouard Termonde et Rochdale ne faisaient qu’un seul et même personnage; cela, je le savais. Je venais d’en étreindre l’indéniable preuve. Je me devais cependant d’arracher à mon ennemi l’autre preuve, celle qui mettrait mon beau-père à ma discrétion. C’était une nouvelle phase de la lutte. D’un coup d’oeil je fis le tour de la chambre où je me trouvais enfermé avec l’assassin. Sur le lit, à ma gauche, une canne plombée, un chapeau et un pardessus; sur la table de nuit, un coup de poing en acier et un revolver. À ma droite, la commode, avec un couteau-poignard parmi des objets de toilette; une malle, à côté de cette commode, contre une porte condamnée; une armoire à glace contre une autre porte condamnée aussi, le lavabo…,—et lui, acculé, sous le coup de mon arme braquée, entre la table et la fenêtre. Il ne pouvait ni s’échapper, ni atteindre aucun moyen de défense sans engager avec moi une lutte corps à corps. Mais il devrait essuyer mon feu d’abord, et puis, s’il était grand et robuste, je n’étais, moi, ni petit ni faible. J’avais vingt-cinq ans. Il en avait cinquante. Toutes les forces morales étaient pour moi. Je devais vaincre.

 

—Maintenant, lui dis-je en m’asseyant moi-même et sans cesser de le tenir en joue, causons…

 

—Qu’est-ce que vous voulez de moi? répliqua-t-il brutalement.

 

Sa voix était sourde à la fois et rauque. Le sang était remonté à ses joues, ses yeux brillaient, ces yeux si pareils à ceux de son frère.

C’était l’animal qui revient à lui après avoir subi un effroyable danger, comme stupéfait de se retrouver encore vivant.

 

—Allons, ajouta-t-il en fermant les poings, je suis pris… Tirez-moi dessus et que ce soit fini…

 

Et comme je ne répondais rien et que je continuais de le tenir ainsi, sous la menace de mon pistolet:

 

—Ah! s’écria-t-il, je comprends; c’est cette canaille de Jacques qui m’a vendu à vous pour se débarrasser de moi… Il y a prescription… Il se croit en sûreté, lui. Mais est-ce qu’il vous a dit aussi qu’il en était, lui, l’honnête homme, que j’en ai la preuve?… Ah! il croit que je vais vous laisser me tuer comme cela, sans parler?… Non pas, je vais crier, on nous arrêtera, et l’on saura tout…

 

La fureur le gagnait. Il allait appeler: «Au secours!…» Le pire était que la colère me saisissait moi-même… C’était lui, de cette même main que je voyais errer sur la table, forte, velue, cherchant un objet à me jeter, oui, c’était lui qui avait tué mon père… Un degré d’émotion de plus, et j’étais perdu, je lui logeais une balle dans le corps, je voyais son sang couler… Que cela m’eût fait de bien! Mais non. J’avais sacrifié cette vengeance-là. En une seconde, je me vis arrêté, obligé d’expliquer tout, et la douleur réservée à ma mère. Heureusement pour moi, il eut, lui aussi, un passage de réflexion. La première idée qui avait dû lui venir à l’esprit était que son frère l’avait trahi, en ne disant que la moitié de la vérité, afin de le livrer à ma vengeance. La seconde fut sans doute que, pour un fils qui vient venger son père mort, je paraissais peu décidé à en finir tout de suite. Il y eut un court silence entre nous, qui me permit de reconquérir toute ma tête, et de lui dire:—«Vous vous trompez, Monsieur», avec un calme qui fit naître une stupeur nouvelle dans ses yeux. Il me regarda, puis je le vis fermer les paupières en plissant le front. Ma ressemblance avec mon père lui était insupportable, je le sentais.

 

—Oui, vous vous trompez,—continuai-je posément et pour amener ce terrible entretien sur le ton d’une conversation d’affaires—je ne suis venu, ni pour vous faire arrêter, ni pour vous tuer… À moins, ajoutai-je, que vous ne m’y obligiez vous-même, comme j’ai craint que vous ne fissiez tout à l’heure… Je suis venu vous proposer un marché, mais c’est à la condition que vous m’écouterez, comme je vous parle, avec sang-froid…

 

Nous nous tûmes de nouveau l’un et l’autre. Un bruit de voix et de pas se faisait entendre dans le couloir, presque contre la porte, et des éclats de rire. C’en était assez pour me rappeler à moi la nécessité de me dominer, et à lui qu’il jouait une partie dangereuse. Une détonation d’arme, un cri, et quelqu’un entrait dans cette chambre, placée comme elle était, contre le corridor. Édouard Termonde m’avait écouté avec une attention extrême. Un éclair d’espérance avait passé sur son visage, puis une singulière expression de défiance.

 

—Faites vos conditions, dit-il d’une voix sourde encore, mais apaisée.

 

—Si j’avais voulu vous tuer, repris-je en insistant, afin de mieux le convaincre de ma bonne foi par l’évidence… vous seriez déjà mort,—et je levai mon arme.—Si j’avais voulu vous faire arrêter, je ne me serais pas donné la peine d’entrer moi-même, deux agents de police auraient suffi, car vous n’oubliez pas que vous êtes déserteur et toujours sous le coup de la loi.

 

—Juste, répliqua-t-il simplement.

 

Puis il ajouta, suivant un raisonnement intérieur qui avait son importance capitale pour l’issue de notre entretien: —Si ce n’est pas Jacques, qui m’a vendu?

 

—Je vous tenais à ma disposition, continuai-je sans relever sa phrase, et je n’en ai pas usé… J’avais donc une raison puissante pour vous épargner hier, avant-hier, ce matin, tout à l’heure… maintenant… Et il dépend de vous que je vous épargne tout à fait…

 

—Et vous voulez que je vous croie, répondit-il, en montrant du doigt mon revolver que je continuais à tenir dans ma main, mais sans plus le braquer sur lui. Non, non… fit-il; et il ajouta, employant un terme énergique où réapparaissait le sous-officier qu’il avait été:—Je ne coupe pas dans ces ponts-là…

 

—Écoutez-moi, répliquai-je sur un ton d’extrême mépris. Cette raison puissante que j’ai de ne pas vous abattre comme un chien enragé, je vais vous la dire… Je ne veux pas que ma mère sache jamais quel homme elle a épousé dans votre frère… Comprenez-vous maintenant pourquoi je suis décidé à vous laisser aller?… si vous vous y prêtez toutefois? Car même l’idée de ma mère ne m’arrêterait pas, si vous me poussiez à bout.

J’ajouterai, pour votre gouverne, que la prescription, par laquelle vous vous croyez couvert au sujet du meurtre de 1864, a été interrompue; vous jouez donc votre tête en ce moment… En deux mots, voici ce que je vous propose: Depuis une dizaine d’années, vous exercez sur votre frère un chantage qui vous a réussi assez bien… Je ne suppose pas que vous fassiez vibrer en lui la corde de l’affection fraternelle, n’est-il pas vrai?… Quand vous êtes venu d’Amérique pour tenir le personnage de Rochdale, il a bien fallu qu’il vous envoyât quelques instructions…

Ces lettres, vous les avez gardées… Je vous en offre cent mille francs.

 

—Monsieur, me répondit-il,—et rien qu’à son accent je pouvais constater qu’il était momentanément redevenu maître de lui,—pourquoi voulez-vous que je prenne au sérieux une proposition pareille?… En admettant que ces lettres aient été écrites, et que je les ai gardées, pourquoi vous livrerais-je un document comme celui-là?… Qui me garantirait qu’une fois ces papiers entre les mains, vous ne me feriez pas empoigner aussitôt?… Ah! dit-il en me regardant cette fois bien en face, vous ne saviez rien?… Ce nom… Cette ressemblance… Idiot que je suis, vous m’avez joué…

 

La fureur empourpra de nouveau son visage; il poussa un juron.

 

—Tu me le paieras, cria-t-il. Et, à cette seconde où je ne le tenais pas au bout du canon de mon arme, il poussa la table sur moi si violemment, que j’eusse été renversé si je n’avais fait un bond en arrière, mais il avait eu le temps déjà de se jeter sur moi et de me prendre à bras-le-corps. Heureusement pour moi, la violence de l’attaque avait fait tomber de mes mains mon pistolet, en sorte que je ne pus être tenté de m’en servir, et une lutte commença entre nous durant laquelle nous ne prononçâmes ni l’un ni l’autre une parole. De son premier élan il m’avait jeté à terre, mais j’étais vigoureux, et les étranges préoccupations de danger dont ma jeunesse avait été la victime m’avaient poussé à développer en moi toutes les énergies et toutes les adresses physiques. Je sentais son souffle sur mon visage, sa peau contre ma peau, ses muscles sur les miens, l’odeur de son corps. La haine décuplait mes forces, et, en même temps, l’angoisse que l’on entendît le bruit de notre lutte me donnait le sang-froid qu’il avait perdu. Après quelques minutes de cette sauvage étreinte, et, comme il se sentait faiblir, il me mordit à l’épaule si cruellement que la douleur m’affola; je pus dégager un de mes bras, et je le saisis à la gorge au risque de l’étouffer… Je le tenais sous moi maintenant, et je lui frappai la tête contre le parquet comme pour la briser. Il demeura une minute sans mouvement. Je crus l’avoir tué. Je ramassai mon pistolet qui avait roulé jusqu’à la porte, et je revins lui baigner le front avec de l’eau pour le faire revenir à lui.

 

Quand je me vis dans l’armoire à glace de la chambre, le collet de mon veston déchiré, la figure meurtrie, la cravate en lambeaux, je fus pris d’un frisson comme si j’avais eu là devant moi le spectre d’un autre André Cornélis. L’ignoble caractère de cette aventure me fit frémir de dégoût, mais il ne s’agissait pas de mes délicatesses de gentleman. Mon ennemi revenait à lui. Cette fois, j’étais résolu à en finir. J’avais la conscience d’avoir fait tout le possible pour tenir mon serment envers ma mère. Que la faute retombât sur la destinée… Le misérable s’était relevé à demi et il me regardait, le buste en avant. J’allai à lui, et je lui posai le canon du revolver presque sur le front.

 

—Il est encore temps, lui dis-je; je te donne cinq minutes pour te décider au marché que je t’ai proposé tout à l’heure: les lettres, et cent mille francs avec la liberté, sinon, une balle dans la tête…

Choisis… J’ai voulu t’épargner à cause de ma mère; mais je ne veux pas perdre mes deux vengeances… Si tu bouges, tu es mort… On m’arrêtera, on fouillera tes papiers, on trouvera les lettres, on saura que j’avais le droit de te casser la tête… Ma mère sera folle de douleur… Mais je serai vengé… J’ai dit. Tu as cinq minutes, pas une de plus.

 

Sans doute mon visage exprimait une résolution invincible. L’assassin regarda ce visage, puis la pendule. Il voulut faire un geste. Il vit que mon doigt allait appuyer sur la gâchette.

 

—Je me rends, dit-il.

 

—Relevez-vous, repris-je.

 

Il m’obéit de nouveau machinalement.

 

—Où sont les lettres? lui demandai-je.

 

—Quand vous les aurez, implora-t-il, avec une lâcheté de bête traquée sur sa face abjecte, vous me laisserez partir?…

 

—Je vous le jure, lui dis-je; et, comme je voyais une inquiétude suprême dans ses prunelles, j’ajoutai:—Sur le souvenir de mon père…

Et encore une fois, je demandai:

 

—Où sont les lettres?…

 

—Là, dit-il, en me montrant la malle posée dans un coin.

 

—Voici l’argent, fis-je, en lui jetant le portefeuille qui contenait la liasse des billets de banque.

 

Y a-t-il comme un magnétisme moral dans l’accent de certaines paroles et dans certaines expressions de physionomies? Était-ce la nature, particulièrement saisissante à cette minute, du serment que je venais de prononcer? Ou bien cet homme avait-il eu assez de force d’esprit pour se dire que la croyance à ma bonne foi lui offrait seule une chance de salut? Quoi qu’il en soit, il n’eut pas un instant d’hésitation; il ouvrit la malle cerclée de fer, retira de l’un des casiers une boîte de cuir jaune fermée avec une serrure de sûreté, puis, de cette boîte, une enveloppe assez grande qu’il me jeta comme je lui avais jeté les billets de banque. Moi, de mon côté, je n’eus pas un moment la crainte qu’il ne prît une arme dans sa malle, ni qu’il ne m’attaquât, tandis que je vérifiais le contenu de l’enveloppe, laquelle renfermait trois lettres seulement, timbrées, les deux premières au double timbre de Paris et de New York, la troisième à ceux de Paris et de Liverpool, et toutes les trois estampillées à la date de janvier ou de février 1864.

 

—Est-ce tout?… me demanda-t-il.

 

—Pas encore, répondis-je; il faut que vous vous engagiez à partir ce soir par le premier train, sans vous être trouvé avec votre frère, sans lui avoir écrit?…

 

—C’est promis, dit-il, et puis?…

 

—Quand devait-il revenir vous voir?…

 

—Samedi, fit-il, et il haussa les épaules… Le marché était conclu. Il a voulu attendre, pour me compter l’argent, que ce fût le jour de mon départ pour le Havre, afin d’être bien sûr que je ne m’attarderais pas à Paris… C’est joué, ajouta-t-il, et maintenant je m’en lave les mains…

 

—Édouard Termonde, dis-je en me levant, rappelez-vous que je vous ai fait grâce, mais qu’il ne faudrait pas me tenter une seconde fois en vous retrouvant sur mon chemin ou sur celui d’un être que j’aime…

 

Je fis un geste de menace et je sortis, le laissant assis à la table près de la fenêtre. À peine fus-je dans le corridor, que mes nerfs, après m’avoir été si étrangement soumis durant la lutte, me trahirent tout d’un coup. Mes jambes défaillaient sous moi. J’eus peur de tomber là, sur le tapis de ce couloir, et comment rendre compte du désordre de mes vêtements? J’eus le courage d’ajuster les débris de ma cravate, de relever le col de mon veston pour dissimuler et sa déchirure et l’état de ma chemise, d’enlever la poussière de mon chapeau qui avait été tout bossué dans la lutte. J’essuyai mon visage avec mon mouchoir, et je descendis l’escalier d’un pas que je contraignis à rester paisible.

L’inspecteur du premier étage se trouvait sans doute occupé à un autre bout du corridor. Deux garçons me regardèrent et parurent étonnés de mon aspect. Mon bon destin voulut qu’ils ne s’attardassent pas à essayer de savoir la cause du visible désordre où je me trouvais… J’étais prêt à imaginer la fable d’une fausse agression, mais je sentais que mon trouble eût entraîné les plus graves conséquences. Enfin, j’étais dans la cour… Je la traversai avec épouvante. Si une personne de ma connaissance eût été là?… Je me jetai dans le premier fiacre, je donnai mon adresse. J’avais tenu ma parole. J’avais vaincu.