Baisers et flocons de neige (French Edition)
Baisers et flocons de neige
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 2 parties.
Dawn Brower
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Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents
sont le produit de l’imagination de l’auteur ou sont utilisés de manière
fictive et ne doivent pas être interprétés comme réels. Toute ressemblance
avec des lieux, organisations, ou personnes, vivantes ou décédées, serait
entièrement fortuite.
Snowflake Kisses Copyright © 2017 Dawn Brower
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être utilisée ou
reproduite électroniquement ou imprimée sans une permission écrite, sauf
dans le cas de brèves citations contenues dans des critiques.
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DEDICACE
Ce livre s’adresse à toutes les personnes qui croient à la magie et aux
secondes chances en amour. J’espère que vous aimerez Baisers et flocons
de neige. Mack et Meghy ont leurs propres raisons pour aimer l’hiver, et ont
trouvé leur bonheur en embrassant la vie et en faisant acte de foi. Parfois
c’est tout ce qu’il faut pour découvrir ce que vous voulez et ce que vous
êtes prêt à faire pour l’atteindre – il suffit de croire aux possibilités.
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Baisers et flocons de neige
Mon cœur devient bleu
Brisé par ta perte
Tu me comprenais
Et tout ce que je pouvais devenir...
Aucun amour ne pourrait être plus vrai
Que celui entre toi et moi
Les flocons de neige flottent tout autour
Sans le moindre bruit
Les rêves sont faits
De joie et d’amour
De baisers et de flocons de neige
Et d’un bonheur inébranlable...
Tu me comprenais
Et tout ce que je pouvais devenir...
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Sleigh bells ring, are you listening
In the lane, snow is glistening
A beautiful sight, we're happy tonight
Walking in a winter wonderland
CHAPITRE UN
Les lumières scintillantes des décorations brillaient sur tous les
lampadaires de la pittoresque rue principale du village. Les flocons de neige
voletaient depuis le ciel sombre et se posaient partout. Les cloches d’une
église voisine commencèrent à sonner, indiquant qu’il était six heures du
soir. Les gens marchaient dans les rues en parlant joyeusement et avec
excitation de la période des fêtes. Cela aurait dû le remplir de joie, mais ce
n’était pas le cas. La ville lui laissait un mélange de nostalgie et de dégoût
dans la bouche. Qu’est-ce que je fais ici ?
Son agent pensait que ce serait une bonne idée de retourner dans sa ville
natale pour se détendre et guérir. Mack Taylor aurait préféré ne pas revenir
à Suttons Bay. Les souvenirs auraient dû être bons. Son enfance n’avait pas
été mauvaise, et jusqu’aux mois précédant son départ, il avait adoré sa ville
natale. Son succès était sa force et sa façon de prouver que certains rêves
peuvent devenir réalité. Il n’avait pas eu un succès instantané et il avait dû
gravir chaque échelon jusqu’au sommet. Maintenant qu’il était là, il refusait
de redescendre, et cette blessure ne causerait pas sa perte.
Il marchait lentement dans la rue en direction de la seule auberge de
cette petit ville – Hillside Homestead. C’était une ferme du début du
vingtième siècle transformée en bed and breakfast. La propriétaire s’était
assurée de la laisser telle qu’à l’époque de sa construction. Elle était aussi la
tante de Mack, et sa seule parente encore vivante.
Hillside Homstead se situait juste à la sortie de la ville, au sommet
d’une haute colline. La montée était raide les bons jours, alors un jour
neigeux, c’était dix fois pire. En grandissant il avait détesté et aimé ça.
Quand il était encore un petit garçon, la colline était la meilleure piste de
luge que l’on puisse trouver, mais à l’adolescence, c’était un vrai problème
quand il essayait de filer en douce. Sa tante l’avait attrapé à chaque fois, et
pourtant, il continuait d’essayer. Aujourd’hui, avec sa blessure à la jambe, il
détestait plus que jamais cette fichue montée. Il fit halte un moment pour
masser sa cuisse douloureuse.
Mack marcha sur la neige jusqu’au porche. La lumière de la cuisine
l’accueillit et lui dit tout ce qu’il devait savoir. Sa tante était à la maison,
préparant probablement des pâtisseries pour le petit-déjeuner du lendemain.
Elle était fière de sa nourriture faîte maison et historiquement en accord
avec la demeure. Il devrait entrer et lui dire qu’il venait passer Noël à la
maison. Elle le suppliait de venir depuis des années, mais il n’arrêtait pas de
se trouver des excuses pour ne pas le faire. Honnêtement, il avait une raison
pour ne pas revenir, et aussi longtemps qu’il resterait à Suttons Bay, il
s’assurerait de rester à l’écart de la ville.
Il glissa ses mains dans les poches de son jeans avant de soupirer. Il
n’avait avec lui qu’un sac à dos avec quelques vêtements, et son
portefeuille. Son agent s’était assuré qu’il n’ait aucun moyen de fuir la ville
une fois arrivé. Jusqu’à ce que Ben estime qu’il ait assez récupéré, Mack
était coincé dans la ville qui l’avait vu grandir. Ben pensait lui rendre
service. Son agent ne réalisait pas qu’il le forçait à faire face aux fantômes
de son passé qu’il aurait préféré oublier. Il se força à marcher jusqu’à la
porte d’entrée et à l’ouvrir. La chaleur l’enveloppa dès qu’il mit un pied à
l’intérieur. ‘Tante Rose,’ appela-t-il.
‘Mack ?’ Elle se précipita dans la pièce et le serra fort dans ses bras.
‘Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu venais ? Je t’aurais préparé un repas
spécial ou je me serais assurée que ta chambre soit prête.’
C’était la seule chose sur laquelle il pouvait toujours compter, sa tante
qui lui gardait une chambre. S’il avait échoué dans son entreprise, il savait
qu’il serait toujours le bienvenu au bercail. Il avait été si content de ne pas
avoir à revenir, jusqu’à maintenant.
‘Ce n’était pas prévu,’ dit-il. ‘Je suis en vacances forcées.’
Tante Rose recula et l’étudia. ‘Qu’est-ce qui ne va pas ?’ Elle fronça les
sourcils en le fixant. Il ouvrit la bouche pour s’expliquer mais ne parvint
pas à faire sortir les mots. Elle serait furieuse quand il lui parlerait de
l’accident. Ce n’était pas de notoriété publique. Ben s’était occupé de tout
pour faire croire que tout allait bien dans le monde de Mack. Personne en
dehors de Ben et des médecins ne connaissait la vérité. Tante Rose plaça ses
mains sur ses hanches et tapa du pied. ‘Dis-moi maintenant,’ ordonna-t-elle.
‘Je ne peux pas rentrer à la maison pour voir ma tante préférée ?’
‘Je t’ai élevé, mon garçon,’ le réprimanda-t-elle. ‘Tu ne peux pas me
tromper. Je t’ai supplié de rentrer à la maison bien trop longtemps pour
croire à ces âneries.’ Elle inclina la tête et plissa les yeux dans un air soupçonneux. ‘Tu as perdu tout ton argent et tu n’as plus nulle part où
aller ? Pourquoi n’ai-je pas entendu de voiture s’arrêter ?’
Tante Rose n’allait pas laisser tomber. Il allait devoir cracher le morceau
et en finir avec ça. ‘Je n’en ai pas conduit.’ C’était la vérité. ‘Mon chauffeur
m’a déposé en ville. Je voulais marcher dans les rues pour voir ce qui avait
changé depuis la dernière fois.’ Ce n’était pas entièrement vrai... Il voulait
un peu plus de temps avant de lui faire face. Il n’était toujours pas sûr de ce
qu’il ferait ou dirait à qui que ce soit d’autre sur cette visite.
‘Combien de temps restes-tu ?’
C’était la partie la plus difficile. Il ne savait pas vraiment combien de
temps Ben allait le laisser à Suttons Bay. ‘Aussi longtemps que tu pourras
me supporter.’
‘Alors tu ne repartiras jamais,’ dit-elle pince-sans-rire. ‘Travaille pour
moi. Je pourrais avoir besoin d’une autre paire de mains pour m’aider ici. Il
y a toujours quelque chose qui a besoin d’être réparé.’
Il rit. ‘Mets-moi au travail si tu veux.’ Certaines choses ne changeaient
jamais, et d’autres ne pouvaient qu’évoluer pour devenir quelque chose de
nouveau. Au moins il pourrait toujours compter sur Hillside et sa tante. Il
aurait vraiment dû revenir plus tôt.
‘Tu l’as vue ?’ demanda Tante Rose.
‘Qui ?’ Il fit semblant de ne pas savoir de qui elle parlait. Mais depuis le
moment où elle avait posé la question, des images d’elle flottait dans son
esprit. Ses cheveux cannelle dorée et ses yeux couleur de miel, ses
ravissantes lèvres rouges, et son corps délicieux. Il l’avait aimée depuis ses
cinq ans, et elle avait été sa meilleure amie. Mack ne pourrait jamais
l’oublier, ou se pardonner de l’avoir blessée il y a tant d’années.
‘Ne joue pas les imbéciles,’ lui reprocha-t-elle. ‘C’est du passé, elle t’a
pardonné. Tu devrais te pardonner et aller la voir.’
‘Je ne peux pas,’ dit-il tristement. ‘Certaines choses ne devraient pas
être pardonnées.’
Il ferma les yeux et lutta contre les émotions longtemps enfouies. Elles
étaient difficiles à contrôler au milieu des souvenirs qui l’accablaient. Peut-
être devait-il dire la vérité à sa tante. Si elle connaissait toute l’histoire, elle
ne le pousserait pas vers son ancienne amie.
‘Je n’y crois pas, et tout au fond de toi, toi non plus,’ dit-elle
doucement. ‘Meghy t’aime.’
Mack ne voulait pas penser à ça non plus. La douleur était trop forte et
elle poignardait son cœur brisé. A ce moment-là, il prit une brusque
décision. ‘Il y a des choses que je ne t’ai pas dit.’
‘Oh ?’ Elle haussa les sourcils. ‘Quelque part, ça ne me surprend pas.
Suis-moi dans la cuisine et raconte-moi ce qui t’arrive. Je ne m’attendais
pas à ce que ce soit une visite de courtoisie.’
Mick fit ce qu’elle dit et se traîna derrière elle. Elle se dirigea vers un
comptoir et commença à pétrir de la pâte qu’elle avait préparé. Le silence
était sa manière à elle de lui dire qu’elle l’écouterait dès qu’il se déciderait à
parler. Sa tante l’avait recueilli après que ses parents soient morts dans un
accident bizarre quand il avait cinq ans. Il la connaissait aussi bien qu’elle
le connaissait. Ils avaient tissé un lien à travers leur deuil.
‘Je ne dormais pas bien.’ Depuis qu’il avait quitté Suttons Bay des
années auparavant, il n’avait pas été capable de dormir plus de trois ou
quatre heures. Des rêves le hantaient à chaque fois qu’il fermait les yeux.
‘Le médecin m’a prescrit quelque chose pour m’aider.’
‘Sûrement toutes ces nuits à chanter devant une marée de fans en furie.’
Ça pouvait être une raison. Il avait un intérêt naturel pour la
considération qu’avaient ses fans pour lui. Rien n’égalait ça et il ne pourrait
jamais l’expliquer. Il aimait ce qu’il faisait et avait toujours eu envie de
chanter, mais son choix de carrière n’était pas la raison qui l’empêchait de
dormir. Il ne pouvait pas l’expliquer à sa tante. Il y avait autre chose qu’elle
devait savoir. ‘J’ai commencé à faire du somnambulisme, les médicaments
ont eu de drôles d’effets sur moi. Je ne me souviens de rien, et sans les
caméras de sécurité autour de la maison, je n’en aurais rien su.’
Elle arrêta de pétrir la pâte et le fixa. ‘Vraiment ? Ça devait être bizarre.’
Il acquiesça. ‘Je n’y pensais pas beaucoup. La plupart du temps, c’était
sans danger... je pouvais me réveiller sur le canapé alors que je me couchais
dans mon lit, ou sur le sol de mon studio... tu vois ce que je veux dire.’
‘Oui,’ accorda-t-elle. ‘Est-ce que quelque chose a changé pour que tu
t’inquiètes ?’
‘La dernière fois n’était pas vraiment sans danger...’
Sa tante manqua un battement puis demanda, ‘que s’est-il passé ?’
‘Il y a eu un accident...’
Il avait conduit en état de somnambulisme. Il n’en avait pas le moindre
souvenir et il n’y avait pas de vidéo pour l’aider à comprendre.
Heureusement, il n’avait blessé personne d’autre que lui-même. Il avait foncé dans un arbre sur sa propriété. Le jardinier l’avait trouvé le jour
suivant. L’os de sa jambe gauche était cassé en trois endroits. Il avait eu
besoin de trois opérations et plusieurs plâtres alors que la guérison lui avait
pris des mois.
‘Tu as été blessé et tu ne m’as rien dit ?’
‘Je suis désolé...’ Il ferma les yeux et prit une profonde inspiration.
‘J’avais honte.’
‘S’il te plaît, dis-moi que tu ne prends plus ces somnifères.’
‘Je n’en ai pas repris depuis cet accident.’ Cela l’avait effrayé. ‘Je n’ai
pas été capable de faire grand-chose depuis des mois. J’ai peur d’avoir
perdu mon inspiration et je dois enregistrer un nouvel album.’
‘C’est pour ça que tu es là ?’
Ben pensait qu’il était temps pour lui de faire face à ses démons, une
fois pour toute. S’il pouvait les exorciser, alors il pourrait peut-être
retrouver sa musique. Si non, sa carrière serait finie. Il ne voulait pas voir
Meghy. Il avait espéré pouvoir l’éviter pour le restant de ses jours.
Malheureusement, le destin avait d’autres projets pour lui. Il devrait faire la
paix avec elle, en espérant que Tante Rose avait raison. Si elle lui avait déjà
pardonné, il serait plus près de retrouver sa motivation pour créer à nouveau
de la musique.
‘C’est ce que j’espère...’
‘Alors reste autant que tu le veux. Le problème est que tu as peut-être
laissé ta muse ici quand tu es parti.’
Mack espérait que non, sinon il était condamné. S’il avait besoin de
Meghy pour écrire de nouveau, il pourrait ne plus jamais pouvoir le faire. Il
serait piégé pour toujours dans le vide qu’il avait lui-même crée. Il la
chercherait le lendemain matin et déciderait de son prochain mouvement.
D’ici là, il allait s’installer confortablement à Hillside.
‘Tu as besoin d’aide avec ça ?’ dit-il en faisant un geste vers la pâte.
‘Non,’ dit-elle avant de le chasser. ‘Va dans ta chambre et repose-toi. On
en reparlera demain.’
Il acquiesça et fit ce qu’elle dit. Soudainement, toute son énergie s’était
envolée. Se reposer semblait être une excellente idée. Si seulement il
pouvait dormir...
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Gone away is the bluebird
Here to stay is a new bird
He sings a love song, as we go along
Walking in a winter wonderland
CHAPITRE DEUX
Meghy Watkins fixait son ordinateur et soupira. La fatigue faisait partie
de sa vie et elle n’aimait pas ça. Qui aimerait ça ? D’une manière ou d’une
autre, elle avait réussi à se surmener et elle n’en voyait pas la fin. Elle
s’était fait ça elle-même, et malheureusement, elle n’arrivait pas à s’arrêter.
Elle travaillait sans relâche tous les jours alors qu’elle aurait pu prendre un
congé ou même quelques petites vacances il y a de ça quelques mois. Elle
n’avait pas besoin de travailler aussi dur que lorsqu’elle avait commencé, et
pourtant, elle gardait la même rigueur qu’à ses débuts.
Sa carrière d’écrivain avait été une blague. Quelque chose à faire en
s’asseyant au chevet de sa mère pour la surveiller, priant pour qu’elle ouvre
les yeux. Sa mère avait eu un accident plusieurs années auparavant. Un
accident qu’elle se reprochait. Il l’avait laissée dans le coma, avec très peu
de chances qu’elle se réveille. La première année, ils étaient optimistes,
puis ils durent faire face à la réalité. Les docteurs n’avaient aucun espoir
qu’elle se réveille un jour, et ils avaient dû prendre des décisions.
Au début, elle avait mis tous ses souhaits et tous ses rêves dans ses
livres. Ses romans d’amour contenaient tout ce qu’elle attendait de la vie,
même si elle pensait qu’elle ne l’aurait jamais. Après l’accident de sa mère,
sa vie avait pris un virage brutal, comme elle ne l’avait jamais imaginé. Elle
avait espéré partir à New-York pour devenir journaliste. Elle voulait
enquêter sur des scandales et plonger dans le monde politique. A la place,
elle devait rester à la maison et écrire des romans d’amour. Parfois, il fallait
changer ses plans et Meghy était reconnaissante à certains égards. Elle
aimait l’écriture et cela n’avait pas d’importance si c’était des romans
d’amour ou un article mordant dans un journal. A partir du moment où elle
pouvait enchaîner les mots et créer son propre chef-d’œuvre, elle serait
toujours heureuse.
En tant qu’auteur, elle pouvait travailler de n’importe où, et pourtant
elle n’avait jamais quitté Suttons Bay. Peut-être qu’un jour elle serait l’une
de ces grands écrivains connus qui ont voyagé dans des lieux exotiques pour tisser leurs histoires. Malheureusement, elle n’était pas prête à
explorer le monde et se sentait en sécurité dans les limites de sa ville natale.
Elle avait besoin de faire une pause... quelque chose pour stimuler son
imagination.
Sinon, la scène sur laquelle elle travaillait n’aurait pas la magie qu’elle
devrait avoir. Bien qu’elle détestât sortir du confort douillet de son
appartement, parfois, il lui fallait enfiler un pantalon et s’aventurer dans le
monde réel. Vader, son délicat chat noir frottait son museau sur sa jambe.
Son ronron résonnait dans la pièce et était si fort qu’il imitait le
bourdonnement d’un aspirateur.
‘Salut, Chaton,’ dit Meghy en se penchant pour le gratouiller derrière
les oreilles. ‘Tu veux un peu d’attention ?’ son ronron devint plus fort alors
qu’elle le flattait. ‘Tu aimes ça, pas vrai ?’
Où allait le monde ? Elle parlait plus souvent à son chat qu’à de vraies
personnes. Internet ne comptait pas. Il était si facile de se cacher derrière et
de prétendre qu’elle avait le courage d’avoir des interactions sociales. Elle
n’avait jamais été sociable, mais au moins, quelques années auparavant,
c’était plus facile. Bien sûr c’était en grande partie parce que son meilleur
ami était doué avec les gens. Sa popularité actuelle en disait long. Il
s’épanouissait au milieu de la foule et aimait être entouré par les autres.
Alors il avait entraîné Meghy avec lui.
Il lui manquait...
Au début, elle l’avait blâmé pour ce qui était arrivé à sa mère. Mais en
réalité, ce n’était la faute de personne. Elle avait juste eu besoin de
quelqu’un à qui s’en prendre et Mack avait fait une bonne cible. Cela avait
détruit leur amitié et elle ne lui avait pas parlé depuis des années. Elle
suivait sa carrière et l’avait encouragé non seulement quand il avait eu des
millions de fans, mais aussi quand il avait gagné un Grammy. Il était une
vraie star et elle pataugeait. Elle avait son propre succès, mais il était discret
et lui ressemblait plus. Elle aurait détesté être sous les feux de la rampe.
Par habitude, elle déplaça sa souris vers la barre de recherche avant de
taper son nom, et fronça les sourcils en voyant la une... Mack Taylor absent
du monde de la musique. Elle cliqua dessus et lu l’article de haut en bas.
Personne ne l’avait vu depuis des mois et il avait annulé sa tournée à venir.
Que lui était-il arrivé ? Elle mordillait sa lèvre inférieure en s’inquiétant
pour son ami. Elle souhaitait ne pas avoir perdu contact avec lui et pouvoir
l’appeler. Pourquoi l’avait-elle repoussé toutes ces années.
Meghy cliqua sur une photo pour l’agrandir. Il était aussi beau que dans
son souvenir. Ses cheveux brun foncé étaient ébouriffés sur la photo et ses
yeux bleus comme l’océan l’appelaient. Elle l’avait secrètement aimé
pendant la plus grande partie de sa vie, mais n’avait jamais pensé avoir une
chance d’être plus qu’une amie pour lui. Son cœur s’était brisé en apprenant
son départ. Elle lui avait fait ça... à eux. Il était parti sans se retourner et
sans se donner la peine de dire au revoir. Elle l’avait perdu pour toujours et
elle ne pouvait rien faire pour changer ça. Elle l’aurait fait si ça avait été
possible.
Elle soupira en réduisant la page. Fixer sa photo n’allait rien changer. Il
était temps de sortir de sa mélancolie et de faire face à la réalité. Ce n’était
pas une façon de vivre sa vie et elle devait faire quelques changements. A
commencer par sortir de chez elle et aller se promener en ville, où elle
pourrait aller jusqu’au café et peut-être interagir avec des gens du coin.
Résignée, Meghy se préparait à sortir. Elle mit un jean serré, un long
pull rouge et des bottines marron. Ensuite, elle enfila son manteau d’hiver
beige, son chapeau blanc et son écharpe et ses mitaines assorties. L’hiver à
Suttons Bay n’était pas un temps à oublier le minimum nécessaire. La neige
pouvait tomber drue quand elle ne faisait pas attention. Elle s’est
emmitouflée avant de sortir, espérant ne pas regretter sa décision.
***
Mack glissa ses mains dans les poches de son manteau en cuir. Bon sang, il
avait oublié à quel point il pouvait faire froid en hiver. Vivre sur la côte
ouest l’avait détraqué. Il n’avait même pas pensé à acheter des gants ou une
écharpe. Heureusement, sa tante avait un chapeau en plus, alors ses oreilles
ne gelaient pas pendant qu’il marchait dans un vent glacial. L’endroit vers
lequel il se dirigeait était en vue. Which Brew était le point de convergence
du coin, d’après sa tante. Ils avaient le meilleur café et il y avait le choix
entre plusieurs mélanges. Le propriétaire était un de ses amis proches, et
Mack lui avait prêté l’argent pour démarrer son affaire quelques années
auparavant. Le premier avait ouvert à Los Angeles, mais Carl avait eu
l’idée d’en ouvrir un dans leur ville natale. Jusque-là, ça avait l’air de
marcher. Carl revenait régulièrement à Los Angeles pour vérifier son café
là-bas, mais avait décidé de revenir à Suttons Bay il y a de ça quelques mois. Mack n’avait pas pu lui rendre visite régulièrement. La seule bonne
chose à propos de ces vacances forcées était qu’il pouvait voir Carl.
Il poussa la porte et se dirigea vers le comptoir. Son ami travaillait avec
habileté sur l’une des machines à expresso. L’une des baristas s’approcha de
lui. ‘Puis-je vous aider ?’
La fille ne l’avait pas reconnu. Mack en était reconnaissant. Il ne voulait
pas qu’on en fasse tout un plat. La plupart des gens du coin devait le
connaître et ne devait pas faire grand cas de sa présence. Certains pourtant
verraient ça comme une opportunité d’exploiter sa notoriété pour leur
profit. Il préférait éviter ce genre de personnes autant que possible. ‘Je
prendrais un café noir, le mélange n’a pas d’importance.’
‘Ne sois pas ridicule,’ dit Carl. ‘C’est tout l’intérêt de cette boutique.’
Mack sourit. ‘Je n’ai jamais eu un café que je n’aimais pas chez toi. Je
crois en tes talents de créateur de café.’ Il accentua la fin du dernier mot
pour qu’il se démarque.
Carl roula des yeux. ‘Bien. Je te fais une tasse et te fais un traitement de
faveur. Tu te prends pour qui ? Mon ami ou quelque chose du genre ?’
‘Peut-être,’ Mack répondit joyeusement. ‘Le seul que j’ai.’
‘Assieds-toi, je te rejoins dans un instant.’
Mack fit un signe de tête à Carl et se trouva une place à une table dans
le coin. Il ne se sentait pas très sociable et s’il en avait trouvée une près de
la porte ou au milieu de la salle, il aurait peut-être dû se forcer à l’être. Il
n’avait toujours pas le courage de rendre visite à Meghy. Carl le rejoignit
avec une tasse fumante dans chaque main. Il en plaça une devant Mack et
prit place. ‘Que fais-tu à Suttons Bay ? Je croyais que tu avais juré de ne
jamais revenir ici.’
Il avait dit quelque chose comme ça. ‘Il était temps.’
‘Tu décides ça comme ça. Quelque chose a changé. Tu veux m’en
parler ?’
Mack secoua la tête. ‘C’est simplement comme je l’ai dit. J’avais besoin
d’exorciser quelques démons. Ça affectait mon travail et il était temps que
je cesse d’ignorer mes erreurs.’
‘Tu l’as vue ?’
La question à un million... ‘Non,’ dit-il. Il n’y avait aucun doute sur la
personne dont parlait Carl.
‘Tu vas le faire ?’
‘C’est le but, n’est-ce pas ?’ Il était rentré pour avouer ses erreurs
passées, et espérait se remettre les idées en place. ‘J’admets que je ne suis
pas pressé de le faire, mais je lui dois de faire la seule chose que je n’ai pas
fait il y a des années.’
‘Elle reste chez elle et ne vient pas souvent en ville. Tu vas devoir y
aller si tu veux la voir.’
‘Si c’est ce qu’il faut faire...’ Il ravala la boule qui se formait dans sa
gorge. Pourquoi cela devait-il être aussi difficile ? ‘J’irais chez elle. J’aurais
préféré que ce soit en public, cependant, pour que l’on puisse s’en aller si
nécessaire.’
La chanson jouée par les haut-parleurs du café passa d’une mélodie
joyeuse à une lente chanson d’amour. Une écrit par Mack, un lointain
souvenir de Meghy. Elle ne le savait pas, personne ne le savait. Mais ça le
poignarda en plein cœur et des émotions qu’il gardait enfouies
commencèrent à saigner. La clochette au-dessus de la porte tinta. Mack se
retourna pour voir qui entrait et il en eu le souffle coupé. C’était elle... Ses
cheveux cannelles étaient cachés sous un bonnet blanc de neige, mais il ne
pouvait tous les contenir. Des boucles s’étaient échappées et flottaient dans
son dos et autour de son visage. Il était figé sur place et ne pouvait
détourner le regard. Entre la chanson qui passait et elle se tenant devant lui,
il n’arrivait plus à penser, encore moins à respirer.
‘Mack’ Carl tapotait son bras. ‘Voilà ta chance.’
Meghy se retourna et croisa son regard. Ses yeux couleur miel étaient
aussi beau que dans son souvenir et exprimèrent la surprise quand elle le
reconnu. Il aurait presque pu voir le moment où elle décida de se retourner
et de partir en courant. Alors qu’elle tournait les talons pour repartir par là
où elle était venue, il sauta sur ses pieds et la suivie. Il était venu pour la
voir et même si ça pouvait être douloureux, ils avaient tous les deux de
mauvais souvenirs dont ils devaient s’occuper. Il était temps pour lui de se
conduire en homme et de lui faire face, et à ce qu’il lui avait fait. Il avait été
un ami horrible à la fin. Mack lui devait plus qu’elle ne le pensait. Sans elle,
il ne serait rien...
Il ouvrit la porte et se glissa dehors, dans le froid. Elle était déjà à bonne
distance, mais il savait où elle allait. Il n’y avait qu’un seul endroit où elle
pouvait aller, alors il la suivit sans se presser. Elle avait besoin de temps
pour se faire à sa présence. Le temps qu’il la rattrape, elle pourrait s’être assez calmée pour avoir une conversation à peu près normale. Il espérait
faire la bonne chose...
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In the meadow we can build a snowman
Then pretend that he is Parson Brown
He'll say, "Are you married?"
We'll say, "No man"
But you can do the job, when you're in town
CHAPITRE TROIS
Meghy se précipita hors de la boutique aussi vite que ses jambes le lui
permettaient. Il était là... Elle avait souhaité il n’y a pas si longtemps
pouvoir reprendre contact avec lui, mais quand elle s’était retrouvée face à
lui, elle avait paniqué et s’était enfuie. Quelle lâche était-elle devenue. Il y
avait un temps où Mack aurait été la première personne vers qui elle aurait
couru. Comment avait-elle pu laisser les choses aller aussi loin ?
Elle s’arrêta devant une prairie où elle jouait souvent quand elle était
enfant. Plus loin, il y avait un parc, et derrière, la baie qui menait au lac.
Bien sûr qu’elle était venue ici. C’était l’un de leurs endroits favoris. Quand
elle pensait à Mack, elle s’imaginait souvent cet endroit. D’aussi loin
qu’elle se souvienne, il avait été une grande partie de sa vie.
‘Meg,’ Mack criait de loin. ‘Attends !’
Elle ferma les yeux et retourna vers des temps plus heureux, presque
semblable à celui où elle se trouvait. Il l’avait appelée en criant, leurs rires
mêlés se répercutaient dans le vent.
Meghy s’était baissée pour éviter la boule de neige qui volait dans sa
direction. Elle n’avait pas réagi assez vite. Elle frappa son cou et l’eau
avait coulée le long de sa nuque, sous son manteau, jusqu’au milieu de son
dos. Elle avait tremblé sous le froid glacial et n’avait pas vu venir la boule
de neige suivante. Elle la frappa par surprise, en pleine face. Elle s’était
essuyé le visage avant de se tourner pour le regarder. ‘Tu vas payer pour
ça.’
Elle s’agenouilla et fit rapidement une boule de neige avant de la lancer
à une vitesse record. Elle le manqua, bien sûr, il avait été averti de ce
qu’elle préparait. Elle s’était avancée en lançant la boule. Quand il se fut
baissé, elle couru vers lui et le plaqua sur le sol. Il frappa la surface froide
avec un bruit sourd. Elle était sur lui, chose qu’elle n’avait pas planifiée. Il
enroula ses bras autour de ses épaules et roula sur le côté.
‘Je t’ai eu,’ murmura-t-il. Son souffle chaud effleura sa joue. Son cœur
se mit à battre plus vite dans sa poitrine. Elle n’avait pas envisagé ça, être
aussi proche de lui. ‘Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?’
Elle voulait l’embrasser, mais n’osait pas. Il était son meilleur ami.
Bien sûr qu’ils s’étaient déjà pris dans les bras, ils s’étaient même tenu la
main une fois. Quand les choses étaient plus innocentes entre eux et que
personne n’était sage... Meghy l’aimait de tout son cœur et elle ne savait
pas quoi faire de ces sentiments. Il ne la voyait pas ainsi.
‘Laisse-moi,’ dit-elle en se tortillant dans ses bras.
‘Ça serait tellement marrant,’ se moqua-t-il. Ses joues étaient d’un
rouge vif à cause du froid, et ses lèvres étaient une tentation contre laquelle
elle luttait. ‘Je te préfère là où tu es.’
Qu’est-ce que ça voulait dire ? Sa respiration devenait rauque. Elle se
dit que c’était à cause de ses efforts pour se libérer, mais c’était un
mensonge. C’était cette proximité avec Mack. Parfois, il la rendait empotée,
et c’était l’une de ces fois. Ils étaient amis depuis qu’ils avaient cinq ans.
Peu de choses avaient changées au cours des douze dernières années.
C’était leur dernière année de lycée, et dans quelques mois, il quitterait
Suttons Bay pour de bon. Il avait prévu de partir pour Los Angeles pour
tenter sa chance dans la musique, et elle voulait aller à New-York et aller à
l’université. Ils seraient de part et d’autre du pays. Elle redoutait le moment
où ils seraient séparés.
Il fit quelque chose qu’elle n’aurait jamais pu imaginer. Il se rapprocha
et pressa ses lèvres contre les siennes. Des étincelles s’enflammèrent en elle
et se répandirent rapidement. Tout son corps brûlait de l’intérieur et son
baiser lui fit espérer des choses qu’elle n’aurait jamais cru possible. Il leva
la tête et croisa son regard. Ses yeux étaient comme des flammes bleues qui
en allumaient de nouvelles en elle.
‘Meghy.’ Sa voix était enrouée et il déglutit bruyamment. ‘Dis quelque
chose.’
Elle secoua la tête et il grogna. Les mots lui manquaient alors qu’elle
avait toujours été douée avec eux. Que pouvait-elle dire... il l’avait laissée
sans voix.
Il roula pour s’éloigner d’elle et commença à faire une boule de neige.
Allait-il vraiment lui envoyer ça ? Après ce qu’ils venaient de partager ?
‘Qu’est-ce que tu fais ?’
‘Un bonhomme de neige,’ déclara-t-il d’un ton neutre.
‘Pourquoi ?’ demanda-t-elle, perplexe devant son raisonnement.
‘Tu n’as jamais écouté la chanson ?’
S’était-il cogné la tête quand elle l’avait plaqué sur le sol ? Quelle
chanson ? ‘J’ai peur de ne pas comprendre.’ Elle voulait lui parler du
baiser, pas d’une chanson stupide. La musique c’était son truc à lui, pas à
elle.
‘Le Pasteur Brown,’ répondit-il. ‘On peut faire semblant de se marier, et
le faire pour de vrai plus tard quand il sera en ville.’ Il fit un clin d’œil.
‘J’ai souillé ton honneur et je dois me rattraper.’
Il s’était cogné la tête. Il n’y avait pas d’autre explication. Elle se remit
debout et le rejoignit. ‘Si tu insistes pour le construire, je suppose que je
devrais t’aider.’
Il sourit et lui fit un bisou sur la joue. Ça au moins c’était une chose
normale pour lui – son Mack. Il redevenait le garçon dont elle était tombée
amoureuse et qu’elle s’attendait à voir. Il ne disait plus de bêtises à propos
de bonhommes de neige et de mariage. Ils avaient construit le bonhomme
de neige et étaient retourné en ville pour un chocolat chaud. Pas une fois ils
avaient parlé du baiser...
‘Meghy...’
Elle était revenue dans le présent et se retourna vers lui. ‘Salut, Mack,’
répondit-elle gauchement. ‘J’ignorais que tu étais en ville.’
Il enfonça ses mains dans ses poches et regarda ailleurs. ‘Ce n’était pas
prévu.’
Elle hocha la tête distraitement. Encore une fois, les mots lui
manquaient. Son cœur battait fort dans sa poitrine et elle ne savait pas quoi
lui dire. Comment était-elle supposée converser avec qui que ce soit alors
qu’elle ne pouvait même pas parler avec la personne qui la connaissait le
mieux.
‘Je suis sûre que Rose est heureuse que tu sois là.’ Ça paraissait
tellement stupide... ‘Combien de temps restes-tu ?’
‘Je ne sais pas,’ répondit-il. ‘Ça dépend de toi.’ Il se retourna et
rencontra de nouveau son regard. ‘Et si tu peux me pardonner.’
Cette déclaration la laissa bouche-bée. ‘Il n’y a rien à pardonner.’ Il lui
fallu un moment pour se remettre du choc avant de répondre. ‘Tu n’as rien
fait de mal.’
‘Je t’ai laissé seule alors que j’avais promis de rester.’
Elle secoua la tête. ‘Mack,’ dit-elle sincèrement. ‘Tu souffrais aussi. Je
ne t’en veux plus. Au début, oui, mais ce n’est pas ta faute. Ma mère a eu
un accident et ça n’avait rien à voir avec toi.’
‘Mais...’
‘Non,’ l’interrompit-elle. ‘Il n’y a pas de mais. Tu ne m’as pas fait sortir
tard et tu ne l’as pas fait venir me chercher. J’ai fait ça toute seule – je
détestais l’idée de te quitter. Je me sentais vivante seulement quand tu étais
près de moi. J’avais besoin d’être avec toi...’
Elle ne pouvait pas en dire plus. Un mot de plus et elle confesserait à
quel point elle l’avait aimé et à quel point la dernière décennie avait été
horrible sans sa présence dans sa vie.
***
Mack ne savait pas quoi dire. Il était venu s’excuser et il l’avait fait, mais
quelque part cela ne lui semblait pas suffisant. Il regarda le champ et la baie
au loin. C’était leur endroit. Ils avaient passé beaucoup de temps ici au fil
des années, et le dernier hiver où ils étaient ensemble en tant qu’amis, ils
s’étaient embrassés. Il avait évité d’en parler pour ne pas l’effrayer. Meghy
pouvait être peureuse et il ne voulait pas lui faire peur. Maintenant, il
comprenait qu’il avait mal géré la situation. Il aurait dû l’embrasser encore,
souvent, mais il ne l’avait pas fait. Il aurait aimé avoir le droit de
l’embrasser dès que l’ambiance s’y prêtait. Le fossé entre eux était trop
profond. Ils ne seraient jamais capables de recréer la magie.
‘Tu veux faire un bonhomme de neige ?’ La question de Meghy le prit
par surprise. Se souvenait-elle aussi de ce jour ?
‘Pourquoi ?’ demanda-t-il. ‘Je pense que le Pasteur Brown a pris sa
retraite.’
Elle sourit. C’était si familier qu’il en eu mal au cœur. ‘C’est dommage.
Nous n’avons jamais terminé notre précédente cérémonie. Tu avais promis
qu’on le ferait plus tard.’
Il l’avait fait... ‘J’aimerais pouvoir le faire maintenant.’ Mack sortit les
mains de ses poches. ‘Mais je ne suis pas bien préparé.’ Il agita ses doigts
dans sa direction. ‘Pas de gants.’
Elle pencha la tête et l’étudia. ‘Je suppose que nous pourrons le faire
une autre fois. Nous avons attendu jusque-là. Qu’est-ce qu’un jour de plus ?’
A quel jeu jouait-elle ? Ça n’avait pas l’air d’aller. ‘Meghy ?’
Elle se reprocha de lui. Elle se tenait à quelques centimètres de lui et ça
le démangeait de la prendre dans ses bras. Il se retint, ne sachant pas ce
qu’elle attendait de lui. ‘Pourquoi as-tu annulé ta tournée ?’ demanda-t-elle.
Son regard le transperçait. Il l’avait toujours aimée, et ça n’avait pas
changé au fil des ans. Il y avait eu d’autres femmes, mais aucune n’était
elle. Aucune ne pouvait prendre sa place dans son cœur. ‘Je n’étais pas
capable de terminer l’enregistrement de mon album. J’ai perdu toute envie
pour la musique.’ Il ne mentionnait pas les cauchemars ou l’accident.
C’étaient des symptômes du problème, il ne l’avait pas elle.
‘C’est pour ça que tu es rentré ?’
‘Principalement,’ dit-il. ‘Mon manager pense que j’ai besoin de me
reconnecter avec ce qui rendait la musique spéciale pour moi.’
‘Et qu’est-ce que c’est ?’ demanda-t-elle. ‘Suttons Bay ? La famille ?’
Ça en faisait partie, mais ce n’était pas la source. Ce qui faisait que tout
fonctionnait pour lui, c’était elle. ‘Tu m’as manqué,’ dit-il. Il ne lui dit pas
le reste. Il ne prenait aucun risque, comme d’habitude.
‘Pareil,’ dit-elle. ‘Je suis contente que tu sois rentré, même si c’est pour
peu de temps.’
S’opposerait-elle à ce qu’il l’embrasse ? Non, ce n’était probablement
pas une bonne idée. Ils venaient juste de se remettre à se parler et ils étaient
loin d’être plus que ça. ‘Tu veux retourner avec moi au Which Brew pour
prendre un café ? J’aimerais que tu me racontes tout ce que tu as fait depuis
la dernière fois que l’on s’est vu.’ Il ne voulait simplement pas arrêter de lui
parler. Il avait besoin d’entendre sa voix, et de regarder ses yeux couleur
miel aussi longtemps qu’elle l’y autoriserait.
‘J’aimerais bien,’ dit-elle.
‘Alors suis-moi, Mademoiselle M,’ dit-il en lui tendant le bras. ‘Je ne te
détournerais pas du droit chemin.’
Son rire était de la musique pour ses oreilles. ‘Monsieur M,’ répondit-
elle. ‘C’est un mensonge ou je ne m’y connais pas.’
C’était presque normal... presque mais pas tout à fait, peut-être qu’après
un peu plus de temps, il récupérerait sa Meghy. Il commençait à être
reconnaissant pour ses vacances forcées. Autrement, il ne serait jamais
revenu et n’aurait pas eu la chance de regagner le cœur de Meghy. Rien que
pour ça, il enverrait un bonus à son manager.
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Later on, we'll conspire
As we dream by the fire
To face unafraid, the plans that we've made
Walking in a winter wonderland
CHAPITRE QUATRE
Meghy se serra dans ses bras. Le bonheur avait été si insaisissable
pendant si longtemps... Une fois la glace brisée entre elle et Mack, tout
semblait aller beaucoup mieux entre eux. Elle avait juste eu besoin
d’abandonner certaines de ses peurs et de s’ouvrir à la possibilité de le voir
revenir dans sa vie, même brièvement. Il finirait par quitter Suttons Bay à
un moment donné. Elle voulait qu’il retrouve la joie dans la musique et
qu’il fasse des chansons encore plus belles. Il avait une voix et un talent si
merveilleux. Si elle pouvait l’aider d’une quelconque façon, elle le ferait. Il
était en ville depuis une semaine déjà, et pas un jour n’était passé sans
qu’elle passe un moment avec lui. La fête de Noël annuelle était ce soir-là
et il venait la chercher pour qu’elle l’accompagne. N’était-elle pas
chanceuse ? Elle avait de nouveau toute l’attention de Mack.
On sonna à la porte, ce qui la sortie de sa rêverie. Mack n’était là que
temporairement. Elle profiterait de sa compagnie autant que possible, mais
il finirait pas la quitter. Cependant, cette fois elle avait prévu de garder
contact avec lui. Elle alla ouvrir la porte. Il se tenait là en se frottant les
mains. ‘Toujours pas trouvé de gants ?’
‘Je n’avais pas de raison de le faire,’ répondit-il avec un grand sourire.
‘Je ne prévois pas d’être dehors assez longtemps pour en avoir besoin.’
Elle secoua la tête. ‘Laisse-moi prendre mon manteau et on peut y aller.’
Presque tout en ville était assez proche pour y aller à pieds. Meghy
n’avait pas pris la peine d’acheter une voiture. Elle n’avait aucune raison de
quitter Suttons Bay et ce qu’elle ne pouvait se faire livrer n’était qu’à
quelques pâtés de maisons de chez elle. Elle enfila son manteau et le
rejoignit à la porte. Il prit sa main dans la sienne avant de la porter à ses
lèvres pour embrasser sa paume. ‘Merci,’ dit-il.
‘Pour quoi ?’ demanda-t-elle. Elle n’avait rien fait pour mériter ses
remerciements.
‘Pour être toi,’ répondit-il. ‘J’aurais dû revenir il y a bien longtemps.’
‘Oui,’ acquiesça-t-elle. ‘Pourquoi ne l’as-tu pas fait ?’
‘Je suis un lâche,’ admit-il. ‘J’avais peur d’être rejeté.’
Elle pouvait comprendre ça. Chaque jour elle faisait face à la même
peur. Ils se ressemblaient bien plus que ce qu’elle pensait. C’était
probablement bien pour eux. Elle l’avait mis sur un piédestal beaucoup trop
longtemps. L’illusion d’un garçon qu’elle avait aimé. L’homme était une
réalité qu’elle aimait bien plus.
‘Non,’ dit-elle. ‘Tu ne l’es pas. C’est juste que parfois il faut du temps
pour faire ce qu’il faut. Tout le monde a ses moments de doute, ça t’a juste
pris un peu plus de temps que ce que tu voulais pour voir la raison.’
‘Allons-y,’ il semblait ignorer sa perspicacité. ‘J’ai une surprise pour
toi.’
‘Oh ?’ répondit-elle, impatiente, oubliant sa supposition précédente.
Peut-être était-il juste excité de partager sa surprise avec elle. ‘Qu’est-ce
que c’est ?’
‘Si je te le dis, alors ce ne sera plus une surprise, n’est-ce pas ?’
Ils refermèrent sa porte d’entrée et commencèrent à marcher vers l’hôtel
de ville où se tenait la fête. C’était un rassemblement annuel et presque tout
le monde en ville y assistait. Il y aurait un buffet et un bal ensuite. C’était
amusant pour tous les âges. Le Père Noël ferait même une apparition pour
les enfants. Il leur fallut quinze minutes pour aller de chez elle jusqu’à
l’hôtel de ville. Il était déjà bondé. Un feu était allumé dans la cheminée et
les odeurs de nourriture glissaient vers eux. Quelques enfants les
dépassaient en courant pour rejoindre la file pour voir le Père Noël, qui était
apparemment venu plus tôt cette année.
‘Tu veux t’asseoir sur les genoux du Père Noël ?’ Mack murmurait dans
son oreille. ‘Tu peux lui dire ce que tu veux pour Noël cette année.’
Elle secoua la tête. ‘J’ai déjà un merveilleux Noël. Il n’y a pas grand-
chose que je pourrais demander.’ Elle plissa le nez. ‘En plus, je suis trop
vieille pour m’asseoir sur les genoux du Père Noël.’
Il leva les sourcils. ‘Dans ce cas, tu veux t’asseoir sur les miens ? Il y a
longtemps que je n’ai pas eu une femme sexy sur mes genoux.’
‘Ha, ha,’ dit-elle. ‘Tu es incorrigible.’
‘Toujours,’ répondit-il.
‘Ne serait-ce pas M et M en personne ?’ dit quelqu’un derrière, leur
ancien surnom s’accrochait sur sa langue. ‘Je n’aurais jamais cru vous voir
tous les deux dans la même pièce, encore moins ensemble.’
Meghy se retourna et rencontra le regard de Cynthia Rhode. Elle était
blonde, joyeuse et agaçante, comme toujours. Elle était pom-pom girl au
lycée, et la pire des prétentieuses. ‘C’est ton mari qui te fait signe depuis
l’autre bout ?’ demanda Meghy.
Cynthia ne s’embêta pas à se retourner pour regarder. Elle prit Meghy
de haut avant de concentrer son attention sur Mack. ‘Quelle bonne surprise
de te voir. Combien de temps restes-tu en ville ?’
Meghy voulait se débarrasser de Cynthia et mettre Mack hors de sa
portée. Elle avait le béguin pour Mack au lycée et apparemment elle l’avait
toujours. Son pauvre mari...
‘Tout dépend de Meg,’ répondit-il avant de glisser sa main autour de sa
taille. ‘Elle est la seule raison de ma présence ici.’
Cynthia n’avait pas du tout apprécié cette réponse. Elle fixa Meghy et si
un regard pouvait tuer... elle serait morte. Au lieu de céder à l’envie d’être
méchante, Meghy lui sourit. Cependant, cela avait dû aggraver la situation
vue la répartie cinglante que lui donna Cynthia. ‘Je pensais que tu aurais
fini par avoir de meilleur goût pendant ton absence.’ Cynthia haussa les
épaules. ‘Mais je suppose qu’elle a réussi à se faufiler de nouveau dans ta
vie malgré tout.’ Cynthia rejeta ses cheveux en arrière avant de s’éloigner.
‘Certaines personnes...’
‘Eh bien,’ dit Mack. ‘Elle n’a pas changé.’
‘Pas d’un iota,’ acquiesça Meghy.
Il l’emmena vers une chaise près de la cheminée, une en face de la
scène où l’orchestre s’installait. ‘Reste-là, je t’apporte quelque chose à
boire.’
‘Et pour ma surprise ?’
‘Patience,’ ordonna-t-il. ‘Ce n’est pas encore le moment.’
Il se dirigea vers la table des boissons et attrapa deux mugs, avant de
retourner près d’elle. Il lui en tendit un et s’installa sur la chaise la plus
proche. Elle prit une gorgée du liquide chaud et soupira. Chocolat chaud,
son préféré. ‘Mmm,’ marmonna-t-elle pour elle-même.
‘Tu adores toujours ça, n’est-ce pas ?’
‘C’est la chose la plus proche du paradis que j’ai trouvé.’ La seule chose
qui aurait pu être mieux était d’avoir l’amour de Mack. ‘Parle-moi de
l’album sur lequel tu travailles.’
‘Je pourrais avoir trouvé un peu d’inspiration depuis que je suis ici.’ Il
sourit. ‘Je pense que je serais capable de le terminer quand je repartirais. Que penses-tu d’un temps plus chaud ?’
Elle reposa sa tasse et dit, ‘ce serait sympathique, pourquoi ?’
‘J’aimerais que tu rentres avec moi.’
Elle en resta bouche-bée. ‘Mais...’
‘Ne réponds pas maintenant,’ dit-il. ‘Je veux que tu y réfléchisses.’
Elle hochait la tête comme une idiote. Principalement parce qu’elle
n’avait pas de réponse pour lui. Elle, à Los Angeles ? Pourquoi veut-il
qu’elle parte avec lui ? Est-ce seulement parce qu’il a finalement retrouvé
sa muse et qu’il pense que c’est lié à elle ? Elle serait contente de l’aider
pour n’importe quoi, mais elle ne voulait pas être à ses côtés simplement
pour stimuler sa créativité. Elle voulait bien plus que ça de lui.
Quelqu’un tapota le micro, un fort sifflement résonna dans l’hôtel de
ville. ‘C’est allumé ?’ dit le maire.
‘Oui,’ tout le monde cria pour qu’il n’est plus à le tapoter. Le sifflement
avait blessé les tympans de presque tout le monde.
‘Bon,’ dit-il avant de rire. ‘Vous aurez le droit à un traitement spécial ce
soir. Comme vous le savez, nous avons un bal chaque année, et même si
l’orchestre de la ville est bon, ils n’ont pas le talent de Mack Taylor.’ Le
maire posa sa main sur son front pour se protéger de la lumière pendant
qu’il examinait la foule. ‘Mack, es-tu là ?’
‘C’est mon signal,’ dit-il et il sauta sur ses pieds, posant sa tasse à côté
de la sienne sur la table. Il se pencha et pressa rapidement ses lèvres contre
les siennes. ‘Attends-moi là.’
Elle posa une main sur ses lèvres. C’était différent. Il l’avait embrassée
sur la joue, même sur la main un peu plus tôt. Mais la seule fois où il l’avait
embrassée sur les lèvres, c’était dans la neige, dix ans auparavant. Elle ne
savait pas quoi en penser.
Mack sauta sur scène et prit le micro au maire. ‘Salut Suttons Bay,’ il
avait presque crié. ‘Voilà longtemps que je n’étais pas rentré, trop
longtemps en fait.’
Tout le monde applaudissait avec enthousiasme en se rapprochant de la
scène, sauf Meghy. Mack lui avait dit de rester là où elle était. Elle n’osait
bouger, de peur de s’évanouir si elle le faisait. Que faisait-il ?
‘Je voulais chanter deux chansons pour vous, si ça ne vous dérange
pas.’ Il fit un geste vers l’arrière et une chanson de Noël que tout le monde
connaissait démarra. ‘Celle-ci est spéciale pour moi. Elle me ramène à une
époque où je ne pensais pas pouvoir être plus heureux.’
Il commença à chanter les paroles de Winter Wonderland sans jamais
quitter Meghy des yeux. Qu’essayait-il de lui dire ? Qu’il souhaitait revenir
au jour où il l’avait embrassée. Les souvenirs la ramenèrent au temps où ils
étaient ensemble dans le passé et au cours de la dernière semaine. Il avait
été si prévenant et l’avait laissée mener toutes les conversations. Il avait été
patient, gentil, et merveilleux. Elle ne l’avait jamais autant aimé. Son cœur
battait dans sa poitrine alors qu’il terminait la chanson.
‘Merci,’ dit-il pendant que la foule l’applaudissait à nouveau. ‘La
prochaine chanson est une chanson que j’ai écrit mais jamais enregistrée.
Elle était trop spéciale pour être partagée avec le monde, mais j’aimerais la
chanter pour vous aujourd’hui, et j’espère qu’elle sera dans mon prochain
album.’
L’orchestre commença à jouer les notes d’une ballade. La mélodie était
séduisante et entraînante, presque envoûtante dans sa beauté. Les paroles
faillir lui briser le cœur. Il avait écrit cette chanson pour elle et elle parlait
d’eux. Par le passé, elle avait suspecté que certaines chansons parlaient
d’eux, mais aucune autant que celle-là. Elle était sur leur baiser et le
sentiment de perte qu’il avait ressenti en la laissant derrière lui. Elle savait
dans son cœur qu’il voulait qu’elle sache à quel point il l’aimait. Il
l’exposait au monde et espérait qu’elle ressentirait la même chose. Mack
prenait un risque là où elle n’aurait jamais pu le faire, et elle l’aimait encore
plus pour ça.
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Sleigh bells ring, are you listening
In the lane, snow is glistening
A beautiful sight, we're happy tonight
Walking in a winter wonderland
CHAPITRE CINQ
Mack sauta de la scène et se dirigea directement vers Meghy. Il ne
l’avait pas quittée des yeux tout le temps où il avait été sur scène. Il la
voulait et il priait pour qu’elle ressente la même chose. Elle pouvait
travailler de n’importe où du moment qu’elle avait son ordinateur. Tout ce
qu’il avait à faire, c’était de la convaincre de passer le reste de sa vie à ses
côtés. Il abandonnerait sa musique si elle refusait de partir avec lui, mais il
espérait qu’il n’en arriverait pas là. Il aimait ça, et elle. Choisir entre les
deux pourrait le briser.
Elle se leva quand il la rejoignit. ‘Meghy...’
‘Ne dis rien,’ dit-elle. ‘Je comprends.’
‘Vraiment ?’
Elle acquiesça. ‘Sortons d’ici et marchons un peu.’
Ils ont attrapé leurs vestes et sont sortis dans le froid. Il y avait un
traîneau à l’extérieur pour ceux qui voulait faire un tour. ‘Tu veux ?’
demanda-t-il.
‘Oh oui,’ dit-elle. Le cheval et le traineau était une nouveauté que le
comité d’organisation avait ajouté aux festivités. Elle n’avait pas pensé
qu’elle en ferait vraiment un tour, mais avec Mack... elle était excitée à cette
idée. Il l’aida à monter dans la voiture avant de la rejoindre. Meghy attrapa
la couverture et l’étala sur leurs genoux. Mack passa son bras autour d’elle
et la tira contre lui. Leurs chaleurs mêlées les gardèrent au chaud pendant
toute la balade du traîneau à travers la ville.
‘J’ai pensé à ta proposition,’ dit-elle.
‘Oh ?’
‘Aller à Los Angeles avec toi.’ Ça semblait stupide – c’était la seule
proposition qu’il lui avait faite.
‘Et ?’
C’était la partie la plus difficile, alors que ça ne devrait pas l’être. Elle
avait eu dû mal à admettre ses propres sentiments, c’était sans compter les
siens. Il avait exposé son cœur et il lui revenait à elle de l’accepter ou non. Elle le voulait, ce qui aurait dû être facile, et pourtant, ce n’était pas aussi
simple. Ce serait un énorme pas pour elle que de partir avec lui. Elle n’avait
jamais quitté Suttons Bay – sous aucun prétexte. Elle était timide et n’était
pas très sociable. Elle serait un fardeau pour lui. Quel genre de vie ce serait
pour eux ?
‘Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.’ Elle voulait partir... ‘Je
ne me débrouille pas bien avec les gens que je ne connais pas.’
‘Tu me connais,’ dit-il. ‘Le reste viendra avec le temps.’
Avec lui ça avait l’air si simple. ‘Et si je t’embarrasse ?’
La voiture s’arrêta à un stop près de la prairie où ils s’étaient embrassés
pour la première fois. Mack retira la couverture de ses genoux et lui dit :
‘viens avec moi.’ Une fois descendus, le conducteur s’éloigna pour leur
laisser un peu d’intimité.
Il la conduisit vers le milieu du champ. Au centre, il y avait un
bonhomme de neige. Il était habillé d’une cravate, d’un haut-de-forme et un
livre reposait entre ses mains en bois. ‘Mademoiselle M,’ dit Mack.
‘J’aimerais vous présenter le Pasteur Brown – il s’avère qu’il a décidé de
sortir de sa retraite.’
‘Il l’a fait maintenant ?’ Ses lèvres se relevèrent bizarrement. ‘Comment
l’as-tu convaincu ?’
‘Je lui ai expliqué que j’étais dans une situation désespérée.’ Son
expression était solennelle. ‘Que je devais convaincre la fille que j’aime de
passer le reste de sa vie avec moi. S’il avait refusé, j’aurais pu vivre avec le
cœur brisé jusqu’à la fin de mes jours.’ Mack se frotta la poitrine. ‘Il est
presque réparé maintenant, mais un coup de plus, et ça pourrait lui être
fatal.’
Elle le dévisageait avec étonnement. Venait-il de dire qu’il l’aimait ?
Elle le soupçonnait depuis la chanson, mais l’entendre dire était
complètement différent. C’était réel. ‘Pinces-moi,’ demanda-t-elle.
‘Quoi ?’ Il fronçait les sourcils.
‘Je t’ai dit de me pincer,’ répéta-t-elle. ‘Rien de tout ça n’est réel. Je
dois être en train de rêver.’
Cela ressemblait à quelque chose qu’elle aurait pu imaginer pour l’un de