Baisers et flocons de neige (French Edition)
Baisers et flocons de neige
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 2 parties.
ses romans d’amour. L’environnement, l’aveu d’amour, et l’excitation qui
tourbillonnait dans son sang – tout ça sentait la fin heureuse. C’était trop et
tellement difficile pour elle d’y croire.
‘Chérie,’ dit Mack avec une voix pleine de charme. ‘Je peux faire
encore mieux.’
Il la prit dans ses bras et pressa ses lèvres contre les siennes. Le baiser
était électrisant et l’inonda de désir. Elle passa ses bras autour de lui et lui
rendit son baiser avec autant d’enthousiasme. C’était trop bon pour ne pas
être vrai. Elle leva la main et fit courir ses doigts dans ses cheveux noirs. Le
chaume de sa barbe frottait de manière charmante contre son menton. Elle
aimait ça plus qu’elle ne l’aurait probablement dû.
Mack arrêta de l’embrasser, mais se mit à embrasser sa joue et à
descendre vers son cou. Il glissa ses doigts dans ses boucles et les tira
légèrement. Ses baisers remontèrent jusqu’à sa mâchoire avant de revenir
sur ses lèvres. Mack l’embrassait avec tout ce qu’il avait en lui et elle
pouvait le ressentir jusque dans ses orteils. Il avait raison – c’était bien
mieux.
Il la souleva dans ses bras et la fit tourner jusqu’à ce que son rire
résonne autour d’eux. Elle n’avait jamais été aussi heureuse qu’à cet instant,
avec lui. Le semblant de personne qu’elle était devenue sans lui n’était pas
ce qu’elle voulait être. Elle ne voulait plus vivre comme ça. Elle voulait
devenir une version nouvelle et meilleure d’elle-même. Il était temps
d’abandonner le passé et de profiter de la vie.
‘Stop,’ dit-elle entre deux rires. ‘Je n’en peux plus. Le monde tourne.’
‘Alors tu sais ce que je ressens quand tu es près de moi,’ dit-il avant de
la reposer. ‘Depuis le moment où je t’ai rencontrée, mon monde était sens
dessus-dessous. Je suis sûr que ce n’est pas entièrement de ta faute. Il
sourit. ‘Je suis arrivé ici en tant qu’orphelin, mais tu m’as fait sentir le
bienvenu. Je crois que je suis tombé amoureux de toi il y a toutes ces
années.’
‘A cinq ans ?’ elle soulevait un sourcil.
‘Oui,’ dit-il catégoriquement. ‘C’est juste que je ne l’avais pas réalisé.
Quel enfant de cinq le ferait ?’
Elle devait lui accorder ce point – tous en fait. Parfois elle pensait être
tombée amoureuse de lui quand ils avaient cinq ans. Ils s’étaient liés à cette
époque, et même s’ils avaient passé plusieurs années séparé, il n’avait pas
été détruit. Il s’est peut-être un peu distendu en leur permettant de grandir et
de changer pour devenir les personnes qu’ils sont devenues, mais il était
toujours fort, incassable.
‘Qu’est-ce qui a changé ?’
Il resta silencieux le temps de plusieurs battements. Meghy commençait
à penser qu’il ne répondrait pas, jusqu’à ce qu’il le fasse. Sa voix était
toujours merveilleuse à entendre et cette fois ne faisait pas exception. ‘Rien
et tout,’ finit-il par dire. Il lui frotta le bras. ‘Être de nouveau ici avec toi est
plus que tout ce que j’aurais pu imaginer. Je ne l’espérais même pas en
venant ici. Je n’aurais jamais osé demander quelque chose d’aussi
merveilleux.’ Il passa une main sur ses cheveux. ‘S’il te plait, reste avec
moi. Je suis égoïste et je ne te mérite pas, mais je veux avoir cette chance
pour toujours.’
Elle avait le cœur dans la gorge et combattait des larmes de joie. Elle
échoua alors qu’une larme roulait le long de sa joue. Mack tendit la main
pour l’essuyer. La neige se mit à tomber sur eux comme des paillettes
blanches étincelantes dans le ciel nocturne. ‘Je ne sais pas quoi dire.’
‘Dis oui,’ l’encouragea-t-il. ‘Viens à Los Angeles avec moi. Je te
promets que tu ne le regretteras pas.’
‘Je ne sais pas.’ Pourquoi ne pouvait-elle pas lui dire ce qu’il voulait
entendre ? Elle voulait dire oui, mais quelque chose en elle ne voulait pas la
laisser faire. Les doutes qu’elle gardait au fond d’elle élevèrent leurs voix
hideuses. ‘C’est un grand pas.’
‘Prends ton temps,’ dit-il. ‘Je peux attendre aussi longtemps que
nécessaire. Je ne repars pas sans toi.’ Il prit ses mains dans les siennes. ‘Je
te raccompagne chez toi.’
Elle hocha la tête et le laissa l’emmener loin de la prairie. Elle n’habitait
pas loin. Rien à Suttons Bay n’était loin. Pourtant, c’était bien trop court à
son goût. Elle ne voulait pas que la soirée se termine déjà. Quand ils
arrivèrent devant sa porte d’entrée, elle se tourna pour faire face à Mack.
‘Tu veux entrer ?’
‘Tu penses que c’est une bonne idée ?’
Elle sourit. ‘Je ne veux pas que tu partes.’ L’incertitude la gagnait. Etait-
elle trop directe ? Elle voulait être avec lui, et c’était un test pour lui comme
pour elle. Ce qu’il ferait ensuite serait un facteur décisif pour savoir si elle
partait avec lui ou si elle restait à Suttons Bay. C’était peut-être un peu
ridicule, mais elle croyait aux signes et elle avait désespérément besoin
d’un bon signe.
‘Je ne te quitterais plus jamais,’ répondit-il sérieusement. ‘Pas à moins
que tu ne le veuilles.’
‘Je ne le veux pas,’ dit-elle. ‘Je t’aime.’ Voilà, elle l’avait dit. La seule
chose qui la terrifiait plus que tout : dire à voix haute ce qu’elle ressentait
vraiment pour lui, et d’une manière ou d’une autre, elle avait réussi à y
survivre.
‘Je t’aime tellement,’ lui répondit-il. ‘Rien ne devrait nous barrer la
route. Le monde entier est devant nous. Tout ce que nous avons à faire est
d’être assez courageux pour l’explorer.’
Elle ne pouvait plus faire qu’une seule chose. ‘Je déménagerais à Los
Angeles,’ lui dit-elle. ‘Tu es sûr que c’est ce que tu veux ?’
‘Je ne veux rien d’autre...’ il se pencha vers elle pour l’embrasser de
nouveau. Les flocons de neige dansaient autour d’eux, les recouvrant de
leur magie. Parfois les rêves devenaient réalité... Meghy avait reçu plus que
ce qu’elle avait pu espérer quand elle avait su que Mack était rentré.
Maintenant, elle avait tant à espérer de la nouvelle année.
Ce soir-là, le bonheur s’était répandu en elle comme un feu de forêt, et
elle le devait à Mack et à son courage. S’il n’avait pas admis à quel point il
l’aimait et chanté cette magnifique chanson, elle n’aurait peut-être pas
trouvé le courage de reconnaître ses propres sentiments. Elle ne l’avait
jamais autant aimé qu’à ce moment. Chacun comprenait l’autre, et ce qu’il
pouvait devenir – seuls et ensemble.
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Gone away is the bluebird
Here to stay is a new bird
He sings...
EPILOGUE
Ils quittèrent Suttons Bay avant la nouvelle année pour la maison de
Mack à Los Angeles. Ils avaient passé un merveilleux Noel avec Rose, la
tante de Mack, et son manager était venu pour les escorter personnellement.
Leur voyage s’était déroulé sans incident bien qu’il avait été fatiguant.
‘Je vois que le voyage s’est bien passé,’ dit Ben.
‘Mieux que prévu,’ admit Mack. ‘Je veux programmer du temps en
studio pour commencer l’enregistrement.’
‘Elle est la raison de ce changement ?’
Ce n’était pas aussi simple que ça. Oui, Meghy faisait la différence. Il
avait fait la paix avec son passé et était plein d’espoir pour leur futur.
Cependant, ils avaient encore beaucoup de choses à faire et il était ravi
d’avoir cette chance avec elle. Elle s’était installée dans le bureau qu’il
avait à la maison mais qu’il n’avait jamais revendiqué comme sien. Il avait
été heureux de le lui laisser. Il lui donnerait tout ce qu’elle voudrait si ça
pouvait la rendre heureuse.
‘Réserve le studio et dis-moi quand je dois venir. J’ai écrit quelques
chansons que je dois peaufiner et préparer l’album pour la sortie.’
‘Je m’en occupe.’ Dit Ben. ‘Tout de suite.’
‘Tu connais la sortie,’ répondit Mack. Il y avait une autre chose qu’il
devait faire. Il avait une autre surprise pour Meghy plus tard, et il avait des
projets. Il avait dit tout ce qu’il avait à dire à son manager.
Mack avait travaillé sans relâche pour recréer la magie de l’hiver dans
son jardin, autant que possible pour la Californie. Il avait accroché des
lumières blanches sur les arbres pour remplacer la neige, avait mis un faux
bonhomme de neige qui scintillait de blanc. Le Pasteur Brown ne fondrait
pas de sitôt. Tout était prêt, il ne lui manquait plus que l’invitée d’honneur.
‘Mack ?’
Pile à l’heure... ‘Dans le jardin,’ cria-t-il. Il toucha sa poche pour
s’assurer que le dernier élément de la surprise était toujours là. Il appuya sur
un bouton alors que la chanson qu’il avait écrite pour elle commençait. En
sortant elle en resta bouche-bée, avant de se couvrir la bouche avec ses deux mains. ‘Qu’est-ce que c’est que tout ça ?’ Elle se tourna pour le
regarder dans les yeux. ‘Je croyais que nous sortions pour le nouvel an.’
Meghy portait une robe rouge foncé qui faisait ressortir la couleur
cannelle de ses cheveux, qui étaient coiffés avec style, quelques boucles
flottant dans son dos. Elle ne portait pas de bijoux mais elle n’en avait pas
besoin pour briller. Elle rayonnait sans aucun ornement.
‘On peut si tu veux,’ dit-il, ‘mais je pensais que ce serait mieux, plus
romantique. Tu es la seule avec qui je veux être pour célébrer le
commencement d’une toute nouvelle année. Une que j’espère être pleine de
bonheur, autant que l’on puisse en imaginer.’
‘Je ne sais pas,’ dit-elle avec légèreté. ‘J’ai plein d’imagination.’
‘J’en suis sûr.’ Il fit un geste vers elle. ‘Viens par là.’
Elle marcha jusqu’à lui et Mack mis un genou à terre. ‘Meghy.’ Il sortit
la bague de sa poche, un rubis rouge feu serti de diamants. ‘Veux tu
m’épouser ?’
Des larmes inondèrent ses joues. Elle les essuya furieusement avant de
tomber à genoux. Elle prit ses mains dans les siennes et se pencha pour
l’embrasser. ‘Rien ne me plairait plus que de devenir ta femme, mais es-tu
sûr ? Tout va tellement vite.’
Il acquiesça. « Chérie, ça ne s’est pas passé assez vite. Nous avons déjà
raté tellement de choses. Je ne veux pas attendre des années pour
commencer notre vie en tant que mari et femme. L’éternité nous attend, et je
détesterais que ça ne tienne qu’à un fil. Dis oui.’
‘Oui,’ dit-elle, l’enthousiasme résonnant dans ce seul mot. ‘Un millier
de fois oui.’
La mélancolie qui le guidait depuis si longtemps s’était enfin envolée.
Ses chansons le reflèteraient à partir de cet instant. Il était un homme
nouveau, un homme meilleur grâce à son amour pour elle. Elle le rendait
plus léger et plein d’espoir. Ils avaient un avenir brillant devant eux. Leur
propre hiver merveilleux, parfait, plein de baisers, de flocons de neige et de
magie.
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EXTRAIT
KISS MY HEART GOODBYE : L’INTENTION DU COEUR QUATRE
(Lana et Sullivan)
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PROLOGUE
Dix ans plus tôt
C’était une après-midi particulièrement humide. La sueur perlait sur le
front de Lisanna Kelly alors qu’elle regardait par la fenêtre du premier
étage de la demeure Brady. Sa mère était employée de maison, et elles
vivaient dans l’appartement au-dessus du garage. Cependant, elles n’avaient
pas toujours vécu là. Il fut un temps où elle avait une chambre dans la
maison. Mais c’était avant que le monde des Brady soit chamboulé et que
leur fille, Daniella, ne disparaisse.
Elle devrait laver les vitres, comme sa mère le lui a demandé. Il était
difficile de ne pas rêvasser et de ne pas souhaiter des choses qu’elle n’aurait
jamais. Laver des vitres était ennuyant et fastidieux. En quoi était-ce
amusant ? au lieu de faire le travail qui lui avait été confié, Lisanna était
fascinée par la scène qui se jouait en-dessous. Pour sa défense, toute femme
vivante le serait aussi.
Sullivan Brady avait retiré sa chemise et s’étirait près de la piscine. Son
torse musclé brillait au soleil. Sa peau s’était assombrie jusqu’à un beau
bronzage doré et des mèches couleur caramel soulignaient ses boucles
foncées comme la nuit. Elle se léchait les lèvres et oubliait tout ce qui
concernait un lavage quelconque. Eh bien, peut-être que Sullivan avait
besoin de son aide. Elle pourrait le laver... Lisanna écarta l’idée de son
esprit. Il ne la regarderait jamais. Elle était l’enfant de l’aide-ménagère, et il
était... tout. Elle ne trouverait jamais un autre homme comme lui. Il était,
d’après elle, si fichtrement parfait.
‘Lisanna,’ cria sa mère.
‘Oui, maman,’ répondit-elle.
‘Que regardes-tu bêtement, ma fille ?’ Elle s’approcha de la vitre.
Lisanna se mordit les lèvres. Elle avait des problèmes maintenant. Si sa
mère réalisait qu’elle regardait Sullivan, sa réprimande serait interminable.
Il était trop vieux pour elle, et elle devait retirer ses rêvasseries stupides de
son cerveau d’adolescente. Sa mère regarda par la fenêtre et fronça les
sourcils. Lisanna se préparait au choc des mots de sa mère, ‘il fait beau
dehors,’ dit-elle avant de soupirer. ‘La piscine doit ressembler à une
invitation. Si tu termine les vitres, je demanderais à Madame Brady si tu
peux aller nager.’
Tout le corps de Lisanna se raviva par anticipation. Ce serait agréable de
passer un moment dans la piscine. Cependant, elle était confuse... Sullivan était à la piscine la dernière fois qu’elle avait regardé par la fenêtre. Elle
n’osait pas jeter un coup d’œil et indiquer par là à sa mère qu’elle regardait
autre chose que la piscine. ‘Vraiment ?’ demanda-t-elle pleine d’espoir.
Peut-être serait-il là quand elle pourrait aller nager.
‘Oui, chérie,’ dit-elle doucement. ‘Ça doit être difficile pour toi. Vivre
ici sans faire partie de tout ça.’ Elle désigna la chambre luxueuse et les
décorations coûteuses. ‘Tu as dix-sept ans. Je veux que tu t’amuses.’
Elle détestait quand sa mère lui rappelait son âge. Elle n’était pas assez
vieille pour faire quoi que ce soit. Pas assez sophistiquée pour Sullivan. Il
aurait vingt-et-un ans cette semaine. Et quelques semaines plus tard, il
repartirait à l’université. L’été serait terminé avant même qu’elle ne le
réalise.
‘Merci,’ dit doucement Lisanna. ‘Je vais finir de faire les vitres.’
‘Veilles à bien le faire,’ dit sa mère. ‘Vérifie avec moi dans la cuisine
quand tu auras terminé.’
Lisanna acquiesça avant de ramasser les produits de nettoyage qu’elle
avait abandonné pour regarder Sullivan. Elle en pulvérisa sur la vitre avant
de la nettoyer jusqu’à ce qu’elle brille. Elle n’avait pas la moindre idée d’où
était parti Sullivan pendant que sa mère regardait, mais il était revenu. Il lui
fallut chaque once de contrôle de soi pour ne pas le reluquer pendant qu’elle
nettoyait. Elle avait de grands projets pour la piscine, et si elle était assez
chanceuse, il serait toujours dehors quand elle y serait aussi.
Elle essuya la sueur sur son front et remballa les produits. Chaque
fenêtre était aussi propre que possible. Maintenant, il était l’heure de sa
récompense. Ses lèvres s’étirèrent vers le haut. La piscine et du bon temps
avec Sullivan Brady. Qu’est-ce qu’une fille pourrait demander de plus ?
Elle sortie de la pièce et descendit les escaliers. Elle s’arrêta dans la réserve
pour y déposer les produits ménagers. Ensuite, elle se dirigea vers la
buanderie et glissa des serviettes dans un panier blanc. Une fois fait, elle
passa une porte pour arriver dans la cuisine.
‘J’ai fini...’ elle s’arrêta au milieu de sa phrase quand elle réalisa que sa
mère n’était pas seule. Sullivan avait dû rentrer pendant qu’elle s’occupait
des produits. Il était encore plus beau de près, et il ne s’était pas ennuyé à
mettre une chemise. Elle se lécha les lèvres et se rappela de respirer. Après
s’être éclaircie la voix, elle dit : ‘J’ai terminé les fenêtres de l’étage.’
Sa mère sourit. ‘Merci. Tu es libre de faire ce dont nous avons discuter
plus tôt. Assure-toi de mettre de la crème solaire pour ne pas avoir de coup de soleil.’
Sullivan sourit. ‘Je pourrais t’aider quand tu sortiras. Madame Kelly a
dit que tu allais à la piscine.’
Lisanna rougit. Il allait lui mettre de la crème solaire ? Elle était sur le
point de mourir, oh, mais quelle façon de mourir. Il n’y avait aucun moyen
qu’elle ne s’enflamme pas dès qu’il aurait mis les mains sur elle. ‘Hum,
oui,’ balbutia-t-elle, ‘merci.’ Pourquoi ne pouvait-elle pas prononcer une
phrase complète en sa présence ?
‘Vas-y maintenant,’ lui dit sa mère. ‘Profite de ta journée.’
Il n’était pas utile de le lui répéter. Elle se fit discrète et fonça hors de la
cuisine. Une après-midi complète à ne rien faire... elle ne pouvait pas se
souvenir de la dernière fois qu’elle avait eu du temps libre. Sa mère lui
demandait toujours de faire quelque chose. Pendant l’année scolaire elle
avait plus de temps pour elle parce que sa mère voulait qu’elle se concentre
pour avoir de bons résultats. Les étés, cependant, Madame Kelly ne laissait
pas de temps à sa fille pour musarder. Elle n’avait pas élevé une paresseuse.
Lisanna monta les marches de l’appartement du garage et fila dans sa
chambre. Tout dans la petite chambre était propre et parfaitement à sa place.
Du moins le croyait-elle. Elle ouvrit un tiroir et en sortit un maillot de
bains. C’était le tankini vert émeraude qu’elle avait demandé à sa mère
d’acheter pour elle. Elle l’avait voulu parce qu’il s’accordait aux yeux de
Sullivan. Oui, il l’obsédait. Elle n’y pouvait rien.
‘C’est une cause perdue,’ marmonna-t-elle dans un souffle. ‘Sullivan
Brady est hors de ma catégorie.’
Lisanna secoua la tête et se prépara pour aller nager. Elle mit son
maillot et rassembla ses tresses auburn foncé en une haute queue de cheval.
Satisfaite de ses soins, elle attrapa un paréo blanc et se dirigea vers la
piscine.
Des rires accueillirent son entrée dans le jardin. Elle pensait trouver
Sullivan seul, mais elle avait tort. Il avait un ami avec lui, et pas un
représentant masculin. Peut-être se trompait-elle. Oh, il y avait
définitivement une femme là-bas. Son rire enjoué était difficile à rater, mais
il y en avait peut-être d’autres. Elle tourna au coin et soupira de
soulagement. La dernière chose qu’elle voulait était de tenir la chandelle
pour un rendez-vous de Sullivan.
Ils étaient plusieurs avec lui. Deux autres femmes et un autre homme,
tous des amis à lui qu’elle reconnaissait. Le couple qui se câlinait dans la piscine se composait du meilleur ami de Sullivan, Aaron Taylor, et de sa
petite amie, Sienna Kent. L’autre femme était Victoria Masters. C’était une
blonde aux yeux bleu, et rien d’autre que des courbes. Malheureusement,
Lisanna pouvait voir ce qui attirait Sullivan chez elle. Vicki, comme il
l’appelait, rendait le mot magnifique honteux.
‘Tu es trop gentil,’ dit Vicki à Sullivan sur un ton condescendant.
‘Pourquoi laisses-tu cette fille se joindre à nous ?’
‘Ne sois pas méchante,’ la réprimanda-t-il. ‘Elle n’est pas comme nous.
C’est une bonne pause pour elle.’
Ils devaient être en train de parler d’elle. Qui d’autre pouvait-il décrire
par ‘pas comme eux’ ? Lisanna reconsidéra sa décision d’aller nager. Quand
il n’y avait que Sullivan, ça ressemblait à une merveilleuse idée.
Maintenant, cependant... ça lui faisait mal de devoir leur faire face. Ils
étaient déjà en train de la juger et elle n’était même pas encore totalement
sortie. Lisanna tourna au coin comme Vicki passait ses bras autour du cou
de Sullivan.
‘Tu es tellement altruiste,’ lui dit Vicki. ‘Je ne sais pas si je pourrais être
aussi charitable avec le personnel.’ Lisanna grinça des dents. C’était trop.
Elle ne pouvait pas rester et en entendre davantage. Elle commença à faire
demi-tour et croisa le regard de la dernière petite amie de Sullivan, qui la
fixait. Les lèvres de Vicki s’étirèrent en un sourire moqueur. ‘Tu ne devrais
pas perdre ton temps avec une fille comme ça.’
‘Je...’ commença à répondre Sullivan et il hocha la tête. ‘Tu as peut-être
raison, mais elle est comme une sœur pour moi. Bien sûr, elle ne remplace
pas Daniella.’ Il haussa les épaules. ‘Je suppose que l’on pourrait dire que je
l’apprécie, mais c’est mon choix.’
Une sœur ? Les bras lui en tombèrent. Elle avait réalisé que son béguin
pour lui était futile, mais ces mots lacérèrent son cœur en morceaux. Il ne la
verrait jamais autrement que comme une petite fille.
Leur différence d’âge n’avait même pas d’importance. Pas vraiment. Il
avait grandi avec elle et la voyait comme une semi remplaçante de la sœur
qu’il avait perdue. Il n’y avait maintenant aucun moyen pour qu’elle y aille.
Elle tourna les talons et rentra à l’appartement.
Il serait mieux de passer son après-midi à lire plutôt qu’à baver sur un
bel homme qu’elle n’aurait jamais. Certains rêves mourraient plus vite que
d’autres. Il était temps de concentrer son énergie sur quelque chose de plus
accessible que l’amour de Sullivan Brady. Il ne la méritait pas, et malheureusement, il ne saurait jamais ce qu’il manque. Lisanna ne lui
prêterait plus jamais attention.
‘Dommage pour toi,’ murmura-t-elle. ‘Un jour tu réaliseras à quel point
je suis géniale, et tu le regretteras.’ Une femme forte regardait un défi droit
dans les yeux et lui faisait un clin d’œil. Un jour, elle serait ce genre de
femme, et quand elle ferait un clin d’œil à Sullivan Brady, il tomberait à
genoux et la supplierait d’être sienne. Alors elle pourrait lui rire au visage et
dire, ‘après tout, je ne peux vraiment pas être avec un homme que je
considère comme un frère.’ Le rêve l’avait fait se sentir mieux, même s’il
était presque impossible, elle s’y accrochait encore en essuyant des larmes.
***
Quatre ans plus tard...
Sullivan Brady descendait la rue, en direction d’un club où il devait
rencontrer quelques amis. Ils avaient terminé leurs examens d’université et
seraient diplômés dans quelques petites semaines. Il avait obtenu sa maitrise
et était premier de sa classe. Quand il rentrerait chez lui, il obtiendrait un
poste chez Brady Blue, et peu après il prendrait la relève de son père. Il était
prêt à être le président de la compagnie depuis des années, c’était quelque
chose qu’il avait toujours voulu. La position de cadre inférieur était une
formalité. Son père voulait qu’il démarre en bas de l’échelle d’abord, et
puis, dans quelques années, il prendrait la relève pour de bon. Sullivan était
d’accord avec ce plan. Il n’était pas encore prêt à assumer la responsabilité
de la direction de la compagnie. Il voulait se donner plus de temps pour
jouer tout en apprenant davantage sur comment se menait l’affaire. Il
n’aimait rien de plus que le temps qu’il se réservait pour le plaisir.
‘Sully,’ cria un homme. ‘Il était temps !’
Il se tourna vers lui et vit Aaron lui faire signe. Ils étaient meilleurs amis
depuis l’école primaire. Ils étaient tous les deux venus à New-York pour
l’université, Columbia pour Sullivan, et pour Aaron l’Université de New-
York. Cela leur avait donner de l’espace pour grandir, et pourtant, ils
pouvaient toujours compter l’un sur l’autre. La petite amie d’Aaron, Sienna,
était assise à proximité et sirotait un verre.
Sullivan se fraya un chemin vers leur table. Il ne sortait avec personne
en ce moment et voulait s’amuser autant que possible. Il aimait sa liberté et frissonnait à l’idée de s’attacher à une seule femme. Aaron avait Sienna, et
c’était super... pour lui. Cependant, Sullivan préférait explorer toutes les
options disponibles avant de s’engager. En vérité, il n’était pas
complètement sûr d’être capable d’avoir une relation à long terme. Il avait
trop de choses à faire de toute façon. Après son diplôme, il rentrerait à la
maison où des responsabilités l’attendaient. Il espérait se souvenir toujours
de cette nuit.
‘Qu’est-ce qui t’as pris si longtemps ?’ demanda Aaron.
‘Mes parents ont appelé,’ dit-il. ‘Ils voulaient savoir comment s’étaient
passé les examens, et ça m’a ralenti.’
Ils s’inquiétaient pour lui, et il ne pouvait pas vraiment leur en vouloir.
Après avoir perdu Daniella, ils l’avaient dorloté, peut-être plus qu’ils ne
l’auraient dû. Il ne pouvait pas les repousser car il comprenait leur chagrin,
perdre Daniella avait aussi été un traumatisme pour lui. Il ne pouvait
imaginer ce que cela faisait que de perdre un enfant. C’était l’une des
raisons pour lesquelles il n’avait pas l’intention de se marier ou d’avoir ses
propres enfants. Il ne pourrait pas supporter de perdre quelqu’un qu’il
chérissait.
‘Je vais me chercher un verre,’ dit Sullivan. ‘Vous voulez quelque
chose ?’
Aaron secoua la tête. ‘Non, c’est bon.’ Il se tourna vers Sienna. ‘Tu
veux quelque chose, bébé ?’
‘Oui,’ répondit-elle. ‘Tu peux me ramener un Slippery Nipple ?’
Sullivan fit un clin d’œil avant de dire sur un ton taquin, ‘Je ne pense
pas que ton petit-ami apprécierait.’
‘Ha ha,’ dit-elle. ‘Je parlais de la boisson, et tu le sais.’
Il le savait, mais il ne pouvait s’empêcher de l’embêter. ‘Tu me brises le
cœur,’ dit-il en portant sa main à sa poitrine. ‘Qu’est-ce que ce crétin à de
plus que moi ?’
‘La fidélité et la monogamie,’ rétorqua-t-elle.
‘Je ne suis pas d’accord,’ dit-il en sursautant légèrement. ‘Je suis
parfaitement capable d’être fidèle.’ Personne n’était aussi dévoué que lui
pour les gens qu’il aimait. ‘Et je suis capable d’être monogame... une nuit à
la fois.’ Il haussa les épaules. ‘Peut-être même plus si c’était justifié.’
Sienna renifla et rit en même temps. C’était plutôt déconcertant d’en
être témoin. Elle leva la main et a finalement craché, ‘il n’y a que toi, Sully, pour dire ça avec un air sérieux. Va me chercher ma boisson. En fait,
ramène des slippery nipples pour tout le monde. Nous porterons un toast.’
Il sourit et se retourna vers le bar. Sienna était une fille bien et elle
rendait Aaron heureux. Ils se marieraient probablement un jour et auront
une ribambelle d’enfants. Il leur souhaitait bonne chance, mais cette vie
n’était pas pour lui. Le bar était bondé et n’avait que deux barmaids. L’une
aidait un client et l’autre lui tournait le dos. Elle avait de longs cheveux
auburn qui flottait dans son dos en vagues voluptueuses. Les mèches
s’arrêtaient à la courbe de ses fesses, et c’était de belles fesses. Un jean noir
soulignait chacune de ses courbes. Sullivan voulait voir si son visage était
aussi beau. Retourne-toi, s’il te plaît. Il attendait fébrilement qu’elle se
retourne, et quand elle le fit enfin, il en eu le souffle coupé. Elle était tout à
fait charmante. Ses yeux étaient comme du chocolat chaud et ces vagues
rouges embrassaient un exquis visage en forme de cœur. Ses lèvres étaient
pleines et peintes en rouge rubis. Mais cette femme lui serait toujours
interdite.
‘Sullivan Brady, le seul et unique,’ dit-elle. Le coin de sa bouche
remontait vers le haut. ‘Qu’est-ce qui t’amène ici ?’
Il ne l’avait pas vue depuis des années. Après avoir eu son diplôme au
lycée, elle était repartie dans sa ville natale. ‘Lisanna,’ dit-il aussi poliment
qu’il le pouvait. Il était toujours à la limite du désir et était plutôt déçu
qu’elle ne soit pas une fille avec qui il pouvait s’amuser. Elle faisait partie
de sa famille élargie et il tenait à elle. Sullivan ne se frottait jamais à une
femme pour qui il avait des sentiments. Ça la mettrait hors d’atteinte pour
toujours.
‘Ne m’appelle pas comme ça,’ le gronda-t-elle. ‘Je ne suis plus une
petite fille.’
Il fronça les sourcils. ‘Comment dois-je t’appeler alors ?’ Il était
d’accord, elle était loin de la petite fille dont il se souvenait. Quelque part
sur le chemin, elle avait grandi pour devenir une femme sexy qu’il voulait
embrasser sans raison, et avec qui il voulait faire beaucoup plus de choses.
‘Lana,’ répondit-elle presque avec défi. ‘Je n’ai plus besoin de la
personne que j’étais.’
Que pouvait-elle bien vouloir dire ? Il aimait qui elle était avant. Et s’il
n’aimait pas la femme qu’elle était devenue ? Sullivan appréciait
définitivement la regarder, mais c’était complètement différent et quelque
chose n’allait pas. ‘De quoi parles-tu ?’
‘Tu ne comprendrais pas,’ dit-elle. ‘Je ne suis pas disposée à
l’expliquer.’
Eh bien... Par quoi était-elle passée ces dernières années ? Elle ne
pouvait pas avoir plus de vingt-et-un ans. Dans les deux ans à venir, elle
serait diplômée, et ensuite quoi ? Allait-t-elle au moins à l’université ? Que
faisait-elle à travailler comme barmaid ?
‘Mes parents ne t’ont pas proposé de payer tes frais de scolarité ?’
demanda-t-il, sa confusion ressortant dans ses mots.
Elle rit avant de dire dédaigneusement, ‘il y a plus de dépenses pour
aller à l’université que pour les frais de scolarité, gosse de riche.’
Sullivan hésita devant ses mots. Quand était-elle devenue si
véhémente ? N’avait-elle pas toujours été timide et maladroite avec les
mots ? ‘Ils t’auraient donné plus si tu avais demandé.’
Elle leva la tête avant de répondre, ‘j’aime avoir mon éducation bien
payée, mais je ne suis pas une mendiante. J’ai l’intention de leur
rembourser chaque centime, et je préfère ne pas m’endetter davantage en
prenant plus que ce dont j’ai besoin.’
Sullivan se sentait comme si tout son monde était sens dessus dessous.
Ce n’était pas la fille qu’il connaissait. Peut-être était-ce le but. Elle voulait
un changement et l’avait fait. Elle était même allée jusqu’à changer son
nom. Il le goûta avant de le dire à haute voix, ‘Lana.’
Elle souleva un sourcil. ‘Oui ?’
‘A quelle heure se termine ton service ?’
‘Maintenant, en fait,’ répondit-elle. ‘Pourquoi ?’
C’était une mauvaise idée, mais il ne pouvait empêcher les mots de
sortir. ‘Rentre avec moi.’ Il souhaita immédiatement pouvoir reprendre ses
mots et les passer sous-silence, mais, dans le même temps, il espérait
nerveusement qu’elle dise oui.
Elle recula comme s’il l’avait giflé. ‘Je ne suis pas l’une de tes
pouffiasses.’
Bon sang, il savait que ce n’était pas quelque chose à dire. Il ne voulait
pas vraiment ça d’elle. Bon sang, qui essayait-il de tromper ? il voulait ça.
Quand il l’avait d’abord vue de dos, il s’était imaginé entrain d’enlever
lentement ce jean noir et de passer sa langue sur sa peau. Sullivan voulait
goûter chaque centimètre d’elle et qu’elle crie son nom. Comment pouvait-
il avoir autant de sentiments contradictoires pour une seule femme ? D’une certaine façon, cette rencontre avait tout chamboulé et il ne pouvait savoir
jusqu’où cela irait. Il n’aimait pas ça du tout.
Il sourit. ‘Et tu ne le seras jamais, ma chère Lana.’ Sullivan s’appuya
contre le bar. ‘Je veux aller dans un endroit tranquille où nous pourrons
parler. J’aimerais apprendre à connaître ce nouveau toi.’ Il voulait
désespérément la comprendre et découvrir ce qui pouvait bien se passer en
lui. C’était plus que de la convoitise, bien plus fort que tout ce qu’il avait
expérimenté et ça lui fichait une peur bleue.
Elle se mordit la lèvre inférieure en le fixant. C’était un homme viril et
oui, il remarquait quand une femme sexy rendait hommage à sa bouche.
Surtout quand il voulait mettre lui-même sa bouche dessus. S’il ne trouvait
pas autre chose sur quoi se concentrer, sa queue durcissait à des degrés
encore plus douloureux.
‘Non,’ dit-elle finalement. ‘Même si j’apprécierais céder à ton caprice,
je dois étudier. J’ai un examen demain matin.’
Il n’avait pas réalisé à quel point il voulait qu’elle vienne avec lui
jusqu’à ce qu’elle lui dise que ça n’arriverait pas. Son cœur chavira dans sa
poitrine.
‘Peut-être une autre fois,’ dit-il.
‘J’en doute,’ répondit Lana. ‘Je dois y aller. Mon petit-ami est là.’ Elle
fit un signe vers la porte. Un grand gars aux cheveux blond sable et de
larges épaules se tenait à l’entrée. ‘A la prochaine, Sully.’
Elle s’éloigna. Son beau fessier en vue tout le temps. Bon sang. Il était
dur pour Lana Kelly et elle n’était pas disponible pour l’aider avec ça. Il
ferma les yeux et compta jusque dix, puis vingt, et pourtant son érection ne
voulait pas baisser. Putain. Putain. Putain. Il devait trouver un moyen de se
débarrasser de cette soudaine fascination pour la seule femme qu’il ne
pouvait pas avoir. Quand il ouvrit les yeux, l’autre serveuse était en face de
lui.
‘Qu’est-ce que je te sers, chéri ?’
‘Quel est ton nom, ma belle ?’ demanda-t-il. Elle était blonde, bien
foutue, et sexy à sa façon.
‘Colleen,’ répondit-elle. Elle souleva les lèvres d’une manière
alléchante. ‘Comment dois-je t’appeler ?’
‘Sullivan.’ Il n’y avait qu’un seul remède pour son problème. ‘Je
voudrais trois slippery nipples,’ dit-il en soulevant le coin de sa bouche en un de ses sourires le plus charmant. ‘Quatre si vous voulez vous joindre à
nous.’
La barmaid prépara les trois boissons et les lui tendit. ‘Pour la maison,’
lui dit-elle. ‘Viens me retrouver à la fin de la nuit.’
Une invitation qu’il avait bien l’intention d’accepter. Il devait faire
quelque chose pour oublier Lana, et il était prêt à le faire avec l’autre
barmaid. Elle n’était pas aussi sexy, et on ne pouvait pas la comparer à
Lana, mais ça n’avait pas d’importance. Son cœur ne pourrait pas passer
une nuit avec Lana Kelly. Elle était le genre qu’un homme gardait...
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CHAPITRE UN
Un bip continu provenant des moniteurs emplissait la salle. Le bruit
constant était suffisant pour faire perdre l’esprit à un homme sain. Bon
sang, les évènements de ces derniers jours avaient bien faillit rendre
Sullivan fou. L’austère chambre était d’une blancheur aveuglante, et la peau
pâle de Lana brillait presque. Une seule lumière était allumée au-dessus de
son lit, laissant le reste de la pièce dans une obscurité relative. Elle était
toujours inconsciente, et ce depuis deux semaines. Un coma induit
médicalement, jugé nécessaire par les médecins.
Sullivan se rendait lentement à son chevet. Il ne voulait pas la déranger
même s’il réalisait que ce n’était pas possible. Elle était sous médicament
pour dormir en toute circonstance, et même une scène de panique dans sa
chambre ne la réveillerait pas. Parfois il espérait que ce soit le cas. Il devait
voir ses yeux s’ouvrir et entendre sa voix impertinente alors qu’elle lui
faisait des remarques sarcastiques.
Il ne voulait pas quitter Lana, mais les autres l’avaient forcé à le faire.
Sa mère avait été un plus grand soutient que lui, mais aucun d’eux ne
comprenait. Temps qu’elle resterait allongée dans son lit d’hôpital, il ne
pouvait pas partir, et était à peine fonctionnel. Tout le monde pensait qu’il
était parti, mais il se faisait discret quand les autres étaient là. Il ne pouvait
pas leur laisser voir la terreur qu’il avait ressentit quand il avait découvert
pour son accident de voiture. S’il y avait la moindre chance qu’elle puisse...
non, il ne voulait même pas penser à cette éventualité. Elle allait bien. Il
s’était assuré à ce qu’elle ait les meilleurs soins. Si cette salope
psychopathe, Imogen Duncan, n’avait pas essayé de tuer sa propre sœur,
Jessica Sousa, rien de tout cela ne serait arrivé. Lana serait en sécurité. Au
lieu de ça, elle s’était retrouvée prise dans les feux croisés d’une vendetta
vieille d’un an.
‘Monsieur Sullivan,’ dit une infirmière. ‘Nous pensions tous que vous
étiez rentré chez vous.’
Il secoua la tête sans la regarder. ‘Je devais la voir encore une fois avant
de pouvoir partir.’ Honnêtement, il utiliserait le bureau qu’il avait acquis
quand Daniella avait été abattue quelques mois auparavant. Il dormait là
quand il était obligé de se reposer. Il était là-bas plus tôt, essayant de ne pas
penser à Lana et à sa condition. Quelque chose l’avait fait se lever et revenir
dans sa chambre. Maintenant qu’il était là, rien ne pouvait détourner son
regard de la forme inconsciente de Lana dans son lit d’hôpital. Une boule se formait dans sa gorge et il ne voulait pas partir. Il avait perdu tellement de
temps à la repousser. Pourquoi devait-il être aussi stupide ? s’il pouvait
revenir en arrière... Non, penser de cette manière n’aiderait en rien.
Rien ne changerait sur le chemin qu’ils avaient pris par eux-mêmes.
Lana l’avait repoussé aussi. Ils avaient tous les deux pris cette décision.
Cependant, il était peut-être temps d’essayer de comprendre ses raisons à
elle. Il devait y avoir un moyen de mettre leurs différents de côté et de
découvrir s’ils avaient un avenir ensemble. C’était la prise de conscience
dont il avait besoin pour mettre du plomb dans sa tête têtue.
‘C’est bien que vous soyez là,’ lui dit l’infirmière. ‘Le docteur a décidé
qu’il était temps qu’elle se réveille. Ils ont arrêté les médicaments qui la
tienne endormie il y a quelques heures. Elle pourrait bientôt se réveiller, et
se serait bon pour elle de voir un visage amical.’
Il releva brusquement la tête pour croiser son regard. ‘Pourquoi
personne n’a rien dit plus tôt ? Sa mère devrait être là...’ Pas lui... jamais.
Elle pourrait faire une rechute si elle le voyait en premier. Leur situation
n’était pas encore bonne. Il avait l’intention de changer ça, mais elle aurait
besoin de temps pour s’y faire.
Madame Kelly devrait être là, avec sa fille. Il devait l’appeler. Il ferma
les yeux et soupira. Il était tard, et tout le monde serait en train de dormir
dans la maison. Ils seraient tous là dans la matinée, et il serait assez tôt pour
se rendre compte que Lana allait se réveiller. Ils ne devraient pas décider de
faire ça au milieu de la nuit. S’il n’avait pas payé un montant faramineux à
l’hôpital pour pouvoir aller et venir à sa guise, il n’aurait même pas été là.
‘Le docteur ne voulait pas rajouter de souci,’ expliqua l’infirmière. ‘Son
cœur a subi beaucoup de stress. La déchirure était petite, mais s’ils ne s’en
étaient pas occupé à temps, elle serait morte. Le Docteur West est prudent.’
Pourquoi l’infirmière devait-elle répéter que Lana aurait pu mourir ? Il
en avait un rappel chaque fois qu’il la voyait allongée sur son lit d’hôpital.
Tout ça était un cauchemar dont il espérait pouvoir se réveiller.
Malheureusement, la réalité n’arrêtait pas de le gifler. Chaque jour, il était
débordé par une nouvelle chose, qui lui faisait regretter beaucoup de
décisions qu’il avait pris en cours de route.
‘Sera-t-il là pour son réveil ?’
L’infirmière se mordilla la lèvre. Preston ferait mieux d’être là quand
Lana ouvrirait les yeux. C’était son idée, et il était son médecin. Sullivan n’aimait pas le silence de l’infirmière. Il voulait la secouer pour faire sortir
les réponses mais il y renonça... difficilement.
‘C’est que, il est difficile de dire quand elle évacuera les médicaments
de son organisme. Nous la surveillons et nous l’appellerons immédiatement
quand elle se réveillera. Il sera là aussi vite que possible dès qu’elle sera
consciente.’
Sullivan n’aimait pas ça. Néanmoins, cela faisait étrangement sens.
L’équipe médicale d’Envill East était la meilleure. Il devait croire qu’il
connaissait leur travail. Il ne pouvait rien faire pour aider Lana hormis
rester à son chevet et prier pour qu’elle traverse cette épreuve. Ça le tuait de
la regarder sans pouvoir rien faire.
‘Devrais-je rester ?’ Il le voulait, et en même temps, cela le terrifiait.
‘Le docteur fait ça maintenant pour une raison. Ma présence pourrait la
blesser ?’ il préfèrerait se couper le cœur plutôt que de la blesser de quelque
manière que ce soit.
Beaucoup de gens tenaient à Lana. Ils méritaient d’être dans sa vie bien
plus que lui. Quelqu’un de mieux que lui devrait être là pour elle, mais
puisqu’il était tout ce qu’elle avait à ce moment, il ferait tout ce qu’il
pourrait.
‘Elle peut se réveiller à tout moment ?’ demanda-t-il.
‘J’espère bientôt,’ répondit l’infirmière. ‘Je vais vous laisser seul avec
elle. Appuyez sur son bouton d’appel si elle se réveille, et j’arriverai.’
Il acquiesça et rapprocha une chaise pour s’asseoir au chevet de Lana. Il
ne partait pas, même si une partie de lui voulait s’enfuir aussi loin que
possible. Il ne voulait pas l’éviter, mais éviter les sentiments qu’elle
provoquait en lui. Parfois les vieilles habitudes étaient difficiles à briser. Ils
avaient cette relation taquine qui frôlait la dérision depuis des années
maintenant. Il ne comprenait pas pourquoi Lana semblait le détester, mais il
la laissait faire des remarques sarcastiques car parfois il lui semblait qu’il
les méritait. De plus, il ne pensait pas qu’elle avait autant d’antipathie pour
lui. En grande partie, c’était un jeu auquel ils jouaient et qu’ils ne pouvaient
arrêter. Sullivan la respectait bien plus que n’importe quelle autre femme en
dehors de sa famille. Pour elle, il essayerait d’être un homme meilleur. Il
n’était pas tout à fait sûr d’en être capable...
***
Une douleur aigüe transperça sa tête, et son souffle. Oh, Seigneur... Qui
l’avait frappé en pleine poitrine et avait posé un poids lourd dessus ? Quel
était ce bip ? Où pouvait-elle bien être ? Elle bougea la main et gratta à côté
d’elle, essayant de découvrir ce qui se passait. Un matériau doux remplissait
sa paume alors qu’elle le serrait. Sa respiration devint plus irrégulière, et le
bip se fit plus fort, hurlant dans ses oreilles. Le crissement du métal et des
morceaux de verre se joignirent au bip dans une confusion de bruits. Ils
résonnaient autour d’elle alors qu’elle repartait au moment où sa voiture
avait été percutée avant d’être projetée sur le côté de la route. Une douleur
cinglante se répandit en elle, la paralysant sur place. La panique la saisit
alors qu’elle essayait de reprendre le contrôle d’elle-même et de son
environnement.
‘Sshh,’ dit un homme.
Il la calmait d’une manière qu’elle ne saurait expliquer. Elle n’avait pas
réalisé qu’elle criait jusqu’à ce que sa voix à lui ne lui parvienne. Qui était
là avec elle ? Lentement, elle ouvrit les yeux mais ne vit rien d’autre que du
flou. Elle cligna plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle le voie correctement. Le
beau démon qui ne voulait pas quitter ses pensées, peu importe le nombre
de fois où elle avait essayé de s’en débarrasser, la regardait avec inquiétude.
Ça ne pouvait pas être bon signe. ‘Sully ?’ sa gorge était à vif, rendant sa
voix rauque.
Ses mèches noires et ses yeux gris émeraude n’étaient qu’une partie de
sa beauté masculine. Il avait le pack complet : une bouche de pêcheur, des
pommettes ciselées, et un corps de rêve. Malheureusement, c’était un
playboy accompli et hors de portée. Il faisait probablement de l’ombre à
Lucifer lui-même en tant qu’ange déchu le plus étourdissant qui existe. La
définition même de la perversité décrivait Sullivan Brady.
‘Ne parle pas,’ lui dit-il. ‘Je vais chercher l’infirmière.’
Elle tendit la main et attrapa son poignet pour le faire rester à sa place.
Normalement, il ne serait pas son premier choix comme compagnon, mais
elle était terrifiée et il était la seule chose familière autour d’elle. ‘Ne pars
pas.’
‘Je ne pars pas,’ la rassura-t-il. ‘Je vais appuyer sur le bouton d’appel.’
Il avait parlé d’une infirmière. Etait-elle à l’hôpital ? Elle devait l’être,
sinon, tout ça n’aurait aucun sens. Pourquoi Sullivan était-il là ? Où était sa mère ? Lana prit enfin le temps de jeter un œil à son environnement. Elle
reconnu la chambre, du moins était-ce une chambre que l’on trouvait dans
l’hôpital. Elle y avait été avant de travailler comme infirmière. Il y avait
quelques chambres de libres aux soins intensifs. Elle devait avoir été
sérieusement blessée pour être dans l’une d’elle. Le bip provenait de
moniteurs près d’elle. Ils mesuraient ses battements de cœur, les taux
d’oxygène, et la pression sanguine. Elle les regarda, prenant note des
chiffres. Ils n’avaient pas l’air mauvais...
‘La belle au bois dormant se réveille,’ dit un autre homme. Elle leva les
yeux et croisa le regard de Preston West. ‘Comment te sens-tu ?’
Elle se lécha les lèvres. Elles étaient un peu sèches et craquelées. Sa
bouche était si sèche que sa langue ressemblait à du coton. ‘Je peux avoir
un peu d’eau ?’
‘Dans un moment,’ dit le Docteur West. ‘Laisse-moi t’examiner, et
ensuite l’infirmière te donnera un peu de glace pilée.’
Elle acquiesça. ‘Où est Sullivan ?’ Il avait dit qu’il ne partirait pas.
Cependant, pourquoi serait-il resté ? Ce n’était pas comme s’il représentait
quelque chose pour elle. A un moment, elle avait espéré être plus pour lui.
Un rêve stupide de petite fille qui était mort aussi vite qu’il avait pris vie.
‘Je suis là,’ dit-il. Elle tourna la tête en direction de sa voix. Il était
accoudé sur l’appui de la fenêtre. Son regard avait une intensité qui lui
donna des frissons dans le dos. Il la regardait comme s’il ne l’avait jamais
vue auparavant. Elle devait se l’imaginer. Sullivan Brady avait d’autres
choses à faire que de la surveiller à l’hôpital. Elle devrait demander qui
l’avait intimidé pour qu’il vienne à son chevet. Sa mère devait avoir eu
besoin de faire une pause, et il faisait une chose honorable.
‘Tu n’es pas obligé de rester,’ dit-elle. ‘Je vais bien maintenant.’
‘Je ne vais nulle part, Lisanna,’ dit-il résolument.
Une part d’elle qu’elle pensait avoir enterrée ressurgit à l’évocation de
son vrai nom. Elle n’avait laissé personne l’appeler Lisanna pendant des
années en faisant en sorte que tout le monde l’appelle Lana. Même la
paperasse de l’hôpital utilisait son surnom. Peu de gens se souvenait d’elle
comme de Lisanna. Sa mère l’appelait encore comme ça à l’occasion,
généralement lorsqu’elle était en colère. Sullivan ne l’avait pas appelé
Lisanna depuis si longtemps qu’elle avait oublié ce à quoi ça ressemblait
quand ça sortait de sa bouche. Quelque chose avait changé chez lui, mais
elle ne savait pas si elle aimait ça.
Lana décida de l’ignorer et de diriger son attention sur Preston. ‘Que
m’est-il arrivé ?’
‘Vous avez eu un accident, avec Jessica,’ répondit-il. ‘De quoi te
souviens-tu ?’
Un flash de lumière traversa son esprit, puis le crissement du métal
contre le métal. Les pneus couinant et la douleur... ça avait été si horrible.
L’infirmière entra et lui tendit une tasse de glace pilée. Lana en mis un
peu dans sa bouche et se rappela à elle-même que l’accident était passé.
Elle ne voulait pas le revivre, mais elle avait peur qu’il revienne la hanter
dans ses cauchemars pour les temps à venir. Après avoir avalé la glace
pilée, elle regarda Preston avant de répondre à sa question, ‘je l’emmenais à
l’hôpital.’ Lana ne voulait rien lui dire de plus. Jessica pouvait ne pas lui
avoir tout dit encore, et même si elle pensait qu’il avait le droit de tout
savoir, ce n’était pas à Lana de révéler le secret. ‘Une voiture nous a percuté
sur le chemin.’
‘C’est correct,’ dit-il. ‘Jessica va bien. Elle a eu son opération et est
rentrée chez elle il y a deux semaines. Elle sera heureuse de voir que tu es
réveillée.’
Lana fronça les sourcils. ‘Elle n’a pas été blessé ?’
‘Je n’ai pas dit ça,’ dit Preston. ‘Elle a eu besoin d’être opérée en plus
de l’opération qui était déjà prévue. Tu as été blessée plus sérieusement
cependant.’
Si Lana lisait entre les lignes, alors Preston savait pour quelle opération
Jessica avait été admise. Pourtant, elle ne voulait pas prendre de risque.
Après avoir parlé avec Jessica, elle comprendrait mieux ce qui se passe
avec elle.
‘Que m’est-il arrivé ?’
‘Cette salope d’Imogen a voulu se venger de sa sœur et vous a fait sortir
de la route,’ cracha Sullivan. ‘Elle est poursuivit pour tentative de meurtre.’
Preston lui lança un regard furieux. ‘Ce n’est pas le moment pour ça.’
Les lèvres de Sullivan formaient une fine ligne. Il était furieux... Qui
était la sœur d’Imogen ? Il parlait de Jessica ? Sa tête lui fit mal en y
réfléchissant. Elle frotta ses doigts contre sa tempe avant de reporter son
attention sur Preston. Sa colère semblait dirigée vers Imogen. Avait-il
réalisé sa propre culpabilité ? Il était sorti avec elle et l’avait fait entrer dans
leurs vies. Lana n’avait pas aimé Imogen dès le départ, et cela avant même
que Sullivan ne commence à sortir avec elle. Bien sûr, cela n’avait pas aidé qu’il ait pris goût à la bimbo blonde, mais ce n’était pas le propos. Il ne la
voyait pas autrement que comme un joli minois et il voulait faire porter la
faute aux autres pour les mauvaises actions d’Imogen. Imogen, et seule
Imogen, était responsable pour le chaos qu’elle avait provoqué.
‘Tu avais une petite déchirure sur la membrane qui entoure ton cœur.
L’une de tes côtes a perforé un poumon et lacéré ton cœur. Heureusement,
vous n’étiez pas loin de l’hôpital et les premiers intervenants ont agi
rapidement, sinon tu n’aurais peut-être pas survécu.’
Lana déglutit. Une déchirure sur le cœur aurait pu être fatale. Elle avait
de la chance d’être vivante. Si ça s’était passé ailleurs, et si Preston n’avait
pas été son médecin... elle écarta cette pensée. Les choses arrivaient pour
une raison. Elle n’était pas sûre de quelle était cette raison à cet instant,
mais elle le découvrirait plus tard.
‘Combien de temps ai-je été inconsciente ?’
‘Trop longtemps,’ murmura dans un souffle Sullivan.
Preston lui lança un nouveau regard furieux. Sullivan était-il là depuis
plus longtemps que ce qu’elle pensait ? Elle poserait plus de questions après
s’être reposée. Assez incroyablement, elle était toujours fatiguée, et elle
pourrait dormir des jours entiers. Etre blessée craignait.
‘Sullivan a raison,’ dit Preston sur un ton jovial. Il essayait
probablement de la calmer ou de ne pas l’inquiéter. Une blessure au cœur
était sérieuse, et si sa pression sanguine augmentait, ça pourrait compliquer
les choses. ‘Tu as été inconsciente pendant une semaine. Je pense te garder
une semaine de plus avant d’être assez rassuré pour te libérer.’
Lana gémit. ‘Je déteste être une patiente.’
‘Personne n’aime être à l’hôpital,’ dit Preston en riant légèrement. ‘Ne
t’inquiète pas. On te facilitera les choses autant que possible. Je vais partir,
tu vas pouvoir te reposer.’ Puis il regarda Sullivan et dit avec fermeté, ‘dix
minutes et tu devras aussi partir.’
Etrangement, Sullivan acquiesça sans discuter. Lana ne devrait pas être
surprise de son consentement. Lana et Sullivan n’avait pas une relation
facile, et ça le démangeait sûrement de quitter la chambre. Preston et
l’infirmière sortirent, la laissant seule avec Sullivan.
‘Je n’ai pas besoin que tu restes pendant les dix minutes,’ dit Lana. ‘Je
suis plutôt fatiguée. Peux-tu dire à ma mère que j’aimerais la voir dans la
matinée ?’
‘Je le ferais,’ dit-il. ‘Je ne vais pas rester longtemps. Je voulais
m’assurer que tu ailles bien avant de suivre le docteur hors de la pièce.’
Pourquoi était-il si concerné ? Il n’avait jamais agi comme s’il s’en
préoccupait avant. Il avait plus été une gêne dans sa vie. Presque comme un
frère. Elle retint un grognement et roula des yeux mentalement à ce
souvenir qui datait. Elle n’était pas sa fichue sœur et peut-être qu’un jour
elle le lui dirait. ‘Je vais bien,’ lui dit-elle. ‘Où j’irais bien avec le temps.
Rien qu’un peu de repos ne peut guérir.’
‘Ne plaisante pas avec ça,’ dit-il sèchement. ‘Tu as failli mourir. Je ...’ Il
s’arrêta net. Elle voulait lui demander de poursuivre mais s’abstint
d’insister sur le sujet. Surtout parce qu’elle était trop fatiguée pour se
disputer avec lui, et en partie parce que la tristesse se lisait sur son visage.
Quelque chose la mettait mal à l’aise et lui fit penser qu’il serait peut-être
mieux de ne pas avoir trop d’information sur le fonctionnement de l’esprit
de Sullivan.
Lana soupira. ‘Je ne comprend pas ce qui se passe avec toi, mais
maintenant je suis fatiguée d’essayer de décrypter ton humeur. Si ça ne te
dérange pas, je vais me reposer, et quand tu auras travaillé sur ce qui se
passe dans ta tête, s’il te plaît, rends-moi service et laisse-moi en dehors de
ça.’
Elle ferma les yeux en espérant qu’il parte. Après tout, elle venait de le
rejeter. Lana aurait dû savoir que ce n’était pas si simple. Sullivan
n’empruntait jamais le chemin le plus facile. Elle ouvrit les yeux pour
rencontrer son regard et souffla de surprise. La manière dont il la regardait...
c’était comme si, à cet instant, personne d’autre n’existait en dehors d’eux
deux.
‘Lisanna,’ dit-il. Elle commença à lui dire de ne pas l’appeler comme
ça, mais il la fit taire en plaçant un doigt sur sa bouche. ‘Ne discute pas.’ Il
caressa ses cheveux presque avec amour. ‘Prend soin de toi. Je reviendrais
dans la matinée avec ta mère.’
Puis il fit quelque chose qu’il n’avait jamais fait avant. Il se pencha et
pressa brièvement ses lèvres sur les siennes. Le choc la secoua et la laissa
sans voix. Après son départ, elle leva la main pour toucher ses lèvres du
bout des doigts. Dans quelle réalité alternative s’était-elle réveillée ?
A PROPOS DE L’AUTEUR
USA TODAY Bestselling author, DAWN BROWER écrit des romances
historiques et contemporaines. Il y a toujours eu des histoires dans sa tête ; elle n’avait juste jamais pensé qu’elle pourrait leur donner vie. Cette
créativité a finalement trouvé un exutoire.
Elle était la seule fille d’une famille de six enfants. Elle est mère
célibataire de deux adolescents ; elle ne connait aucun moment d’ennui
dans sa vie. La lecture est son passe-temps favori et elle aime tous les
genres.
Pour plus d’informations sur les sorties à venir ou pour contacter Dawn
Brower, rendez-vous sur son site web : authordawnbrower.com
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