Bulletin du Comité de Madagascar — 2e année, no 3 (mars 1896)
Le Mouvement Commercial
DE NOSSI-BÉ EN 1894
Le service des renseignements commerciaux au Ministère des colonies publie la notice suivante, rédigée avec les docu-ments fournis par l’administration de Nossi-Bé.
Pendant l’année 1894, le commerce général de Nossi-Bé a atteint un total de 7.118.062 francs, dont les tableaux suivants donnent la décomposition par comparaison avec les chiffres analogues des six dernières années ;
TABLEAU I. – Commerce général de Nossi-Bé pendant lei six dernières années.
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TABLEAU II.– Parts contributives de la France et de l’Étranger dans le commerce général de Nossi-Bé.
Pendant l’année 1894, le commerce général de Nossi-Bé avec la France et ses colonies a donc atteint la proportion de 30,21 p. 100, alors que son commerce avec l’étranger représen-tait 69,79 p. 100.
Pour la même année 1894, le commerce total de Nossi-Bé présente une augmentation de 2.608.996 francs sur l’exercice précédent, et une augmentation de 2.817.735 fr. 54 sur la moyenne des cinq dernières années, qui n’était que de 4.300.726 fr. 46. Cet accroissement considérable est dû en par-tie au peu de sécurité qu’offrait Madagascar en 1894. Il en est résulté que les commerçants de la côte N.-O. de la Grande-Terre sont venus s’établir à Nossi-Bé. D’autre part, une nouvelle mai-son allemande, la Compagnie africaine, dont le siège est à Ber-lin, s’est installée dans la colonie à Sardvoye. Cette maison, qui est fort importante, crée annuellement un mouvement commer-cial de plus d’un million.
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I. – IMPORTATIONS
Le total des importations a été, en 1894, de 3.595.067 francs. Le tableau ci-après en donne le détail, d’après la prove-nance, par comparaison avec les années précédentes :
TABLEAU III. – État comparatif des importations à Nos-si-Bé pendant les quatre dernières années.
Pendant l’année 1894, les importations se sont réparties, par catégories d’articles, de la façon suivante :
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TABLEAU IV. – Détail des importations à Nossi-Bé en 1891.
Le chiffre total des importations pendant l’année 1894 est supérieur de 1.216.989 francs à celui de l’exercice précédent. Les principales augmentations ont été signalées sur les articles suivants :
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TABLEAU V. – Principaux articles d’importation en aug-mentation.
À côté de ces augmentations, on signale un certain nombre de diminutions, dont les principales ont porté sur les articles ci-après dénommés :
TABLEAU VI. – Principaux articles d’importation en di-minution.
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Les importations françaises (marchandises françaises ve-nant de France ou des autres colonies françaises) ont atteint le total de 949.136 francs, en augmentation de 456.826 francs sur le chiffre correspondant de l’exercice précédent. Le tableau sui-vant fait connaître sur quels genres d’articles ont porté les varia-tions :
TABLEAU VII. – État comparatif des importations fran-çaises à Nossi-Bé en 1893 et 1894.
Si l’on compare enfin les importations de la métropole avec celles de l’étranger, on constate qu’elles ont atteint, en 1894, la proportion de 26.40 p. 100, alors que les importations étrangè-res ont été de 73.60 p. 100.
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II. – EXPORTATIONS
Le total des exportations a été, en 1894, de 3.523.395 francs. Le tableau suivant en donne la décomposition, par com-paraison avec les années précédentes :
TABLEAU VIII. – État comparatif des exportations de Nossi-Bé pendant les quatre dernières années.
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Pendant l’année 1894, les exportations se sont réparties, par catégories d’articles, de la manière suivante :
Le total des exportations pour l’année 1894 présente donc une augmentation de 1.392.037 francs sur le chiffre de l’année précédente. Les principales augmentations ont trait aux articles suivants :
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TABLEAU X. – Principaux articles d’exportation en aug-mentation.
À côté de ces augmentations, on signale un certain nombre de diminutions, dont les plus importantes ont porté sur les arti-cles ci-après dénommés :
TABLEAU XI. – Principaux articles d’importation en di-minution.
Le tableau ci-dessous fait connaître les différences en plus ou en moins pour les denrées et marchandises du crû de la co-lonie exportées en 1894 :
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TABLEAU XII. – État comparatif des exportations de produits du crû de la colonie en 1893 et 1894.
La valeur totale des marchandises du crû de la colonie ex-portées en 1894 offre donc une augmentation de 684.000 fr. sur le chiffre de l’exercice précédent.
Enfin, le tableau ci-après donne l’ensemble du commerce d’exportation de Nossi-Bé avec la France et les autres colonies françaises, par comparaison pour les années 1893 et 1894 :
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TABLEAU XIII. – État comparatif des exportations de Nossi-Bé en France et dans les colonies françaises en 1893 et 1894.
Les exportations de la colonie en France et dans les colo-nies françaises en 1894 présentent donc une plus-value de 396.888 francs sur l’exercice précédent.
Si l’on compare enfin les exportations de Nossi-Bé en France avec ses exportations à l’étranger, on constate que les expéditions de cette île à destination de la France et de ses colo-nies représentent 34,10 p. 100 du total des exportations, alors que le même commerce avec l’étranger atteint 68,90 p. 100. La proportion en faveur de la France pourrait être facilement aug-mentée si les paquebots du service de la côte orientale d’Afrique séjournaient un peu plus longtemps en rade de Nossi-Bé, de
– 49 – façon à permettre le chargement de tous les produits qu’y concentrent les divers ports de la côte Ouest de Madagascar.
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VARIÉTÉS
ÉCHOS DE LA PRESSE
I. MADAGASCAR
Le mouvement du port de Tamatave eu 1893 et en 1895. – L’Avenir de Madagascar (8 et 15 janvier) donne des renseignements intéressants sur le mouvement du port de Ta-matave depuis 1893.
Pendant le premier semestre de 1893 :
L’importation est de 1.772.387 francs.
L’exportation est de 2.294.790
Total 4.067.177 francs.
Par suite de l’augmentation des importations et exporta-tions directes sur divers points de la côte, notamment Vato-mandry et Mananzare, ce mouvement total n’est plus que de 2.744.404 francs pendant le premier semestre de 1894 ; par suite de l’état de guerre et du siège, il tombe à 1.785.819 fr. pen-dant le premier semestre de 1898.
Si l’on recherche la part respective de l’importation et de l’exportation sous les différents pavillons, ainsi que le rang qu’occupe chaque pays dans le commerce de Tamatave, on ar-rive aux constatations suivantes :
Pour le premier semestre 1893, la valeur des importations sous pavillon français pour les quatre ports de Tamatave, Vato-mandry, Fénérife et Vohémar, est de 463.811 francs ; celle sous pavillon anglais est de 783.346 francs, et sous pavillon améri-cain de 559.809 francs.
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Pour le premier semestre 1895, les importations sous pavil-lon anglais, à Tamatave seulement, sont de 667.401 francs, tan-dis que celles sous pavillon français ne sont que de 371.067 francs.
Quant aux exportations, elles donnent :
Pour la période 1893, 1.479.785 francs sous pavillon an-glais, 648.430 francs sous pavillon allemand, 469.077 francs sous pavillon français ;
Pour la période 1895, 357.169 francs sous pavillon français contre 114.303 francs sous pavillon anglais ; mais, en raison des hostilités, tout le commerce de la côte est fait par des bateaux anglais, allemands ou américains.
Notons, en terminant, que si la France importe beaucoup de vins à Madagascar, l’île Maurice, colonie anglaise, y envoie encore plus de rhum et que, si une forte partie du rafia que pro-duit la terre malgache est dirigée sur Marseille ou Bordeaux, presque tout le caoutchouc, produit plus riche, prend la route de Londres ou de Hambourg. C’est ainsi que, pendant le premier semestre 1893, sur 145.420 francs de caoutchouc exporté, il n’a été dirigé sur la France que la valeur de 20.972 francs.
Développement de Tamatave. – Le Courrier de Ma-dagascar (24 décembre), énumère les modifications profitables à Tamatave, qui sont dues à l’initiative militaire : agrandisse-ment du cimetière, comblement des marais de Ranandriane, balayage des anciens bazars malgaches, construction d’un abat-toir, ouverture de plusieurs rues, baptême des rues et des places publiques, construction d’une ambulance, assainissement de la ville. Prochainement l’ancien bazar aura disparu et Tamatave sera doté d’un bazar magnifique.
II. LA RÉUNION
Discrédit de la Réunion. – Dans un article intitulé : la Conspiration du silence, le Petit Journal (4 janvier) paraît croire que de toutes parts on s’est donné le mot pour laisser la
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Réunion dans l’oubli. D’où peut venir, dit-il, ce dédain systéma-tique à l’égard de notre malheureux pays ?
Nos fautes passées ? D’accord.
On nous boude parce que les 65 millions de notre port de la Pointe-des-Galets, votés par le Parlement, maintiennent, au budget central, une saignée périodique dont nous ne suppor-tons, hélas ! nous-mêmes que trop le contre-coup, en attendant que, faute de fonds nécessaires à l’entretien du matériel du chemin de fer, des catastrophes inévitables plongent la colonie en des deuils navrants.
Mais, ajoute le Petit Journal, si des fautes ont été commi-ses à la Réunion, la responsabilité en est partagée par la métro-pole, qui les a sanctionnées de ses votes. Il faut chercher ailleurs l’impopularité de la colonie.
Ce serait plutôt, dit le journal, parce que les appétits finan-ciers qui, à l’heure actuelle, inspirent seuls la politique de la France, sous les formes les plus multiples, ne trouvent pas dans notre petite île les éléments de ces gigantesques entreprises qui permettent à quelques-uns de s’édifier des fortunes mondiales, tandis que les naïfs y perdent, tous, les économies patiemment amassées dans le bas de laine. Que voulez-vous ? nous ne som-mes pas dans le mouvement.
Indemnité représentative. – Le Petit Journal (5 jan-vier), regrette la décision du Conseil général, qui a supprimé l’indemnité représentative des élus de la Réunion, Il déclare toutefois que les municipalités, – comme certaines en ont l’intention, – ne sauraient rétablir ce crédit par un prélèvement sur leur budget.
Le pays de l’indifférence. – Le Petit Journal (10 jan-vier), déplore l’indifférence des corps élus pour tout ce qui tou-che au bien-être du pays. La lumière électrique est installée, en dépit de l’administration ; le Conseil général se sépare sans avoir pris de résolution sur le câble entre Madagascar et la Ré-
– 53 – union ; une commission est nommée pour l’établissement d’une caisse d’épargne et ne se réunit pas ; tout le monde est d’accord pour construire le chemin de fer du Brûlé, et le Conseil munici-pal ne vote pas les 15.000 francs nécessaires. On vit au jour le jour, nullement préoccupé de l’avenir, tout a l’honneur dû aux avantages des fonctions électives, presqu’inconscient des de-voirs qu’elles imposent.
Bureau commercial. – Le Petit Journal (22 janvier) demande l’établissement, à Paris, d’un bureau commercial qui fasse connaître la vente au détail des produits secondaires de la colonie, tels que vanilles, rhums, liqueurs, tapiocas, etc. Il de-mande seulement que ce bureau n’ait aucune attache officielle.
La question du tabac. – Le procès-verbal de la séance du conseil d’administration du « syndicat agricole » du 12 octo-bre 1895, qui vient seulement d’être publié, contient, sur la question du tabac, un rapport des plus intéressants de M. Gar-sault.
Après des recherches longues et laborieuses, M. Garsault est arrivé à cette conviction que l’incombustibilité des tabacs de Bourbon ne tient pas tant au manque de sel de potasse dans le tissu de la feuille, qu’à la présence dans ce tissu de certaines ré-sines qui, fondant sous l’influence de la chaleur, empâtent la feuille et empêchent l’air de circuler dans les cigares. M. Gar-sault, par certaines préparations spéciales, notamment par des lavages à l’eau ou à l’alcool, est parvenu à débarrasser les feuil-les de la résine dont elles sont chargées. Les cigares préparés avec ces feuilles deviennent parfaitement combustibles.
La mortalité à Saint-Denis. – Le Ralliement publie la liste des décès survenus à Saint-Denis, du 23 au 30 décembre. En parcourant cette liste, qui ne comprend pas moins de 38 noms, nous avons été frappés de l’extrême mortalité des enfants en bas âge. Le nombre, en effet, de ceux qui sont morts avant cinq ans, n’est pas inférieur à 24, dont 5 morts-nés.
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Il ne faut pas être surpris ni effrayé de celte mortalité, anormale en toute autre contrée. Dans les pays tropicaux, les enfants s’élèvent en toute liberté, exposés aux variations de l’atmosphère et aux intempéries des saisons. À ce régime spar-tiate, les plus faibles succombent ; les plus robustes survivent. C’est la loi de nature ; la famille peut s’en plaindre, la race ne saurait s’en affliger.
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* *
M. Cl. Delhorbe, vice-président du Comité, a fait, le 25 fé-vrier, une conférence économique à la Société industrielle de Mulhouse, à Mulhouse. Cette conférence était présidée par M. Schlumberger, vice-président de la Société. M. Delhorbe, qui en 1890, a fait dans le pays betsileo un voyage d’études des plus approfondis, a accompagné sa conférence d’une exposition des objets de consommation courante, tels que cotonnades, qui avaient les plus de chances de trouver leur écoulement à Mada-gascar. Il a fourni des explications sur les richesses de l’île, telles que : café, coton, vanille, cacao, caoutchouc, etc., qui devaient plus particulièrement attirer l’attention et les capitaux des Eu-ropéens.
La conférence de H. Delhorbe a eu le plus grand succès.
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Table des matières
LES ÉVÉNEMENTS..................................................................2
I. MADAGASCAR .........................................................................2
II. LA RÉUNION......................................................................... 17
III. MAURICE............................................................................ 20
UN MONUMENT À MADAGASCAR......................................... 21
LES VŒUX DE MADAGASCAR ................................................22
ÉTUDE SUR LA CULTURE DU CAFÉIER DE LIBÉRIA ......28
CHAPITRE I. – ORIGINE DU CAFÉIER ET DU CAFÉ. ..........................28
CHAPITRE II. – CULTURE DU CAFÉIER « LIBÉRIA »........................ 31
LE MOUVEMENT COMMERCIAL DE NOSSI-BÉ EN 1894.39
I. – IMPORTATIONS ................................................................. 41
II. – EXPORTATIONS................................................................45
VARIÉTÉS............................................................................... 51
ÉCHOS DE LA PRESSE ............................................................. 51
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Note sur l’édition
Le texte a été établi à partir du document Gallica reproduisant, en
mode image, l’édition originale de cet ouvrage.
J’ai reproduit approximativement la présentation de la revue telle
qu’elle avait été publiée à l’époque, l’adaptant à la forme d’un fichier élec-tronique. Quelques rares coquilles ont été corrigées.
La mise en page doit tout au travail du groupe Ebooks libres et
gratuits (http://www.ebooksgratuits.com/) qui est un modèle du genre et sur le site duquel tous les volumes de la Bibliothèque malgache sont disponibles. Je me suis contenté de modifier la « couverture » pour lui donner les caractéristiques d’une collection dont cet ouvrage constitue le vingt-cinquième volume. Sa vocation est de rendre disponibles des textes appartenant à la culture et à l’histoire malgaches.
Toute suggestion est la bienvenue, à l’adresse
maury@wanadoo.mg.
Pierre Maury, mai 2007
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