Childéric, Roi des Francs, (tome premier)
Amour et Exemple
DU MONDE.
Les Druides assistèrent à cette lugubre fête couverts de longues tuniques de lin; ils versèrent sur la tombe l’eau lustrale du guy de chêne, invoquant les dieux pour qu’ils accordassent sans délai l’entrée céleste à la victime de l’amour et du malheur. Mérovée n’assista point à ces funérailles, le deuil étoit trop avant dans son coeur; il n’eût pu soutenir ce terrible spectacle. Privé d’une épouse et d’un fils, le voilà seul sur le trône déjà isolé; il va marcher sans compagne dans les routes épineuses de la vie, et quand l’ange de la mort développera sur lui ses ailes glacées, il ne laissera pas, aux mains d’un fils adoré, le sceptre des rois qu’il a illustré, et son glorieux héritage; il ne revivra pas dans une nombreuse postérité. Ah! s’il gémit de la mort d’Aboflède, c’est sur lui seul qu’il répand des larmes; il sent trop que le seul malheureux est celui qui survit à ce qu’il aime.
FIN DU LIVRE SECOND.
CHILDÉRIC.
LIVRE TROISIÈME.