Contes pour les satyres

Georges Fourest · Chapitre 9 sur 18

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Contes pour les satyres

Chapitre IV

Un nutatoire acquiescement (ou si préférez une acquiescente nutation) le plus soumis des sigisbées ne répliqua d'autre sorte…

 

IV

 

Homo homini lupus, femina feminae lupior.

 

(Adage antique).

 

Paix des juges de paix…

Cuirasse du mari contre la femme forte…

Obscène confesseur des dévotes mort nées… Manne des cœurs suppliciés.

 

Ainsi les gongoresques litanies du barde Tristan Corbière panégyrisent le sommeil: le cœur supplicié d'Eléonore Gradevost, baronne de Flambergeac, savourait nocturnement la «manne» léthéenne ou, sans tropologie ni périphrase, Mme de Flambergeac, née Gradevost, dormait, sommeillait, pionçait, roupillait, tapait de l'œil, ronflait comme cent mille tuyaux d'orgue lorsque son tyran et la complice d'icelui irruent en ce bed-room, théâtre hier d'une si tragique atellane. Chû grand ouvert au pied du meuble amidophore, un volume de M. Boylesve (né Tardivaux), certifiait de quel narcotique la blême dormeuse impétrait, ce soir, pour un moment trop court, l'oubli de ses souleurs. On l'éveille, on la fait lever, on lui ôte sa chemise. Longuement la Xacarilla se gaudit au spectacle d'une rivale muselée: elle vérifie la serrure, s'attarde aux sous-cuisses incrustés déjà dans la chair excoriée des jarrets et des fesses, introduit un auriculaire obstinément scrutateur dans l'étroit pertuis ménagé pour d'innommables fonctions: