Femmes Rêvées

Albert Ferland · Chapitre 2 sur 4

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Femmes Rêvées

Chapitre I

LES FILLES DE JÉRUSALEM

 

Dis-nous, ô jeune femme

Dis-nous ton bien-aimé

L’aimé qui, d’un pur cinname,

Ton lit doit être parfumé.

L’ÉPOUSE

 

Celui que mon coeur aime est un bouquet de myrrhe;

Son baiser dont l’ardeur est celle du midi

Est non moins odorant que le nard de Palmyre

Et meilleur que le sang des vignes d’Eugaddi.

LES FILLES DE JÉRUSALEM

 

Dis-nous, ô jeune femme

Dis-nous ton bien-aimé

L’aimé qui, d’un pur cinname,

Ton lit doit être parfumé.

L’ÉPOUSE

 

Que ne m’est-il donné d’être à son ombre assise!

Son aspect est pareil à celui de l’Hermon;

Des filles de Sion plus d’une en est éprise;

C’est une huile épandue et rare que son nom.

LES FILLES DE JÉRUSALEM

 

Dis-nous, ô jeune femme

Dis-nous ton bien-aimé

L’aimé qui, d’un pur cinname,

Ton lit doit être parfumé.

L’ÉPOUSE

 

Admise en ses celliers, j’inclinerai l’amphore,

Et, vous distribuant le nectar des festins,

Je me plairai, joyeuse, à vous redire encore

Que son baiser vainqueur est meilleur que les vins.

LES FILLES DE JÉRUSALEM

 

Dis-nous, ô jeune femme

Dis-nous ton bien-aimé

L’aimé qui, d’un pur cinname,

Ton lit doit être parfumé.

L’ÉPOUSE

 

Je suis brune et pourtant mon roi m’a comparée

A ses coursiers traînant le char de Pharaon;

Je suis belle à ses yeux, quoique décolorée,

Plus que les pavillons du sage Salomon.

LES FILLES DE JÉRUSALEM

 

Dis-nous, ô jeune femme

Dis-nous ton bien-aimé

L’aimé qui, d’un pur cinname,

Ton lit doit être parfumé.

L’ÉPOUSE

 

Ne considérez plus que je me sais hâlée,

Dans les flots lumineux qui baignaient les sentiers,

Lorsqu’en mai je m’en suis septante fois allée

Garder ma vigne en fleur au jardin des noyers.

LES FILLES DE JÉRUSALEM

 

Dis-nous, ô jeune femme

Dis-nous ton bien-aimé

L’aimé qui, d’un pur cinname,

Ton lit doit être parfumé.

L’ÉPOUSE

 

Celui que mon coeur aime est un bouquet de myrrhe;

Son baiser dont l’ardeur est celle du midi

Est non moins odorant que le nard de Palmyre

Et meilleur que le sang des vignes d’Engaddi.