Invasions des Sarrazins en France / et de France en Savoie, en Piémont et dans la Suisse, pendant les 8e, 9e et 10e siècles de notre ère

Table des Matières.

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 2 parties.

 

Décoration

 

Pag.

Dédicace v

Introduction ix

P . Premières invasions des Sarrazins en

France, jusqu’à leur expulsion de Narbonne et de tout le

Languedoc, en 759 1

D . Invasions des Sarrazins en France,

depuis leur expulsion de Narbonne jusqu’à leur

établissement en Provence, en 889 85

T . Établissement des Sarrazins en

Provence, et incursions qu’ils font de là en Savoie, en Piémont et dans la Suisse, jusqu’à leur expulsion totale de

France 157

Q . Caractère général des invasions

sarrazines, et conséquences qui en furent la suite 229

Des peuples qui prirent part à ces invasions: les Arabes 229

— les Berbers 232

— les Germains, les Slaves, etc. 233

Commerce des esclaves 235

Les juifs prirent-ils part à ces invasions? 241

Langages et religions des envahisseurs 242

Motifs qui faisaient agir les conquérans 249

Costume des conquérans 251

Partage du butin 253

Sort des chrétiens qui tombaient entre les mains des

Sarrazins 254

Sort des Sarrazins qui tombaient entre les mains des

chrétiens 262

Servage et esclavage en France 265

Système d’administration établi par les Sarrazins 270

Impôts 279

Manière dont s’opéraient les invasions sarrazines 286

Traces qui restent de ces invasions 289

Progrès dans l’agriculture 296

Races des chevaux 298

Danses 300

Colonies sarrazines en France 301

Influence des Arabes sur la littérature française 306

L’influence des invasions sarrazines en général exagérée 309

Cette exagération est l’ouvrage des romans de chevalerie 311

Grande place que les Sarrazins occupent dans ces romans 313

Additions et corrections 319

 

Décoration

[1] Nous devons cependant faire mention du Précis

historique des guerres des Sarrazins dans les Gaules; par M. B.... N. C. F., Paris, 1810; et de l’Histoire générale du moyen-âge; par M. Desmichels, Paris, 1831, t. II.

 

[2] Casiri, Bibliotheca arabico-hispana Escurialensis, t.

II, p. 139.

 

[3] Ibid., p. 36.

 

[4] Nous ne disons rien de l’Histoire des deux

conquêtes de l’Espagne par les Mores, par Abulcacim-Tarif-Aben-Tarique, l’un de ceux qui y ont pris part. Cet ouvrage est apocryphe, et il fut composé dans le seizième siècle, par Miguel de Luna, interprète de Philippe II.

 

[5] Les noms de Godmar et de Gironne, ainsi que le

passage entier sont altérés dans la plupart des exemplaires de Massoudi qui se trouvent à la bibliothèque Royale. Nous avons fait usage des divers manuscrits de la Bibliothèque, notamment d’un exemplaire ayant appartenu à feu M. Schulz, et acquis récemment. Voyez aussi Deguignes, Mémoires de l’Académie des Inscriptions, t. XLV, p. 21; M. d’Ohsson, Des Peuples du Caucase; Paris, 1828, p. 123, et le recueil espagnol intitulé Espana Sagrada, t. XLIII, p. 126 et suiv.

 

[6] Historia de la dominacion de los Arabes en Espana;

Madrid, 1820, 3 vol. in-4 o. Il a paru deux traductions françaises, libres et abrégées de cet ouvrage, l’une par M. Audiffret dans la Continuation de l’art de vérifier les dates; l’autre par M. de Marlès, et formant un livre à part. Une traduction complète de cet ouvrage avait été préparée par M. d’Avezac qui, à la parfaite connaissance de l’espagnol, joint celle de la géographie et de l’histoire de l’Espagne et de l’Afrique; mais cette traduction est restée inédite. Nous devons encore faire mention d’un ouvrage écrit en allemand; c’est le Geschichte von

Spanien: par M. Lembke, Hambourg, 1831. Le premier volume, le seul qui ait paru, s’étend jusqu’en 822.

 

[7] Cartas para illustrar la historia de la Espana arabe,

1 vol. in-4o; par Faustino Borbon, qui avait l’avantage de pouvoir puiser dans les manuscrits arabes de la bibliothèque de l’Escurial.

 

[8] Une partie des extraits originaux faits par Conde se

trouvent aujourd’hui à Paris, et appartiennent à la Société Asiatique; mais nous n’avons dans ces extraits rien trouvé d’important pour notre objet.

 

[9] Castel-Sarrazin dérive évidemment de Castrum

Cerrucium, nom sur lequel on peut consulter le Gallia Christiana, t. I, p. 160, et l’Histoire générale du Languedoc, par dom Vaissette, t. I, p. 544.

 

[10] Catalogus codicum bibliothecæ Bernensis, par

Sinner, t. II, p. 244.

 

[11] Parthenopeus de Blois, publié par M. Crapelet,

Paris, 1834, 2 vol. in-4 o. Dans ce poème, t. II, p. 77, l’Espagne musulmane est dépeinte telle qu’elle fut à partir du onzième siècle, c’est-à-dire morcelée entre une foule de principautés. Ainsi ce poème ne remonte pas à une haute antiquité.

 

[12] De vita Caroli Magni et Rolandi, édition de M.

Ciampi, Florence, 1822, in-8o. D’après les événemens auxquels il est fait allusion dans cette prétendue chronique, elle a nécessairement été écrite après l’an 1100. M. Ciampi, l’éditeur, qui connaissait imparfaitement les tems et les lieux, a méconnu beaucoup de noms propres.

 

[13] Il s’agit du moment où les Maures d’Espagne,

vivement pressés par les chrétiens de Tolède, appelèrent à leur secours Youssouf, fils de Taschefin, fondateur de la ville de Marok et de l’empire des Almoravides.

 

[14] Gesta Caroli Magni ad Carcassonam et

Narbonam o , édition de M. Ciampi, Florence, 1823, in-8.

Le roman de Philomène, d’abord écrit en provençal, est

d’une composition postérieure à celle de la chronique de Turpin.

 

[15] Le Poème de Guillaume au-court-nez est en

français, et se compose de près de quatre-vingt mille vers. On le trouve manuscrit à la Bibliothèque royale, fonds de Lavallière, no 23. Le poème au reste se divise en plusieurs branches ou parties.

 

[16] Histoire de Hainaut, en latin, publiée pour la

première fois en entier avec une traduction française, par M. le marquis de Fortia d’Urban, Paris, 1826 et années suiv. 15 vol. in-8o.

 

[17] Il est certain que, d’après le récit de Jacques de

Guise, les Vandales étaient venus en France à travers le Rhin, et que cependant plusieurs faits rapportés par l’auteur appartiennent aux Normands. A la vérité, il raconte deux fois l’invasion des Vandales, une fois sous les règnes de Charles-Martel et de Pepin (voy. t. VIII, p. 263 et suiv.); et une autre fois, sous les règnes de Charles-le-Simple et de Louis d’Outremer (t. IX, p. 220 et suiv.). La première fois, il sacrifie au goût des auteurs des romans de chevalerie; la seconde fois il est guidé par l’ordre réel des événemens. Du reste, sans vouloir garantir l’étymologie que Jacques de Guise donne du mot vandale, nous ferons observer que le verbe allemand wandeln signifie marcher.

 

[18] Le Roman de Garin le Loherain, publié pour la

première fois par M. Paulin Paris; Paris, 1833. Il a été publié une Analyse critique et littéraire de ce poème, par M. Leroux de Lincy; Paris, Techener, 1835, in-8 o.

 

[19] Comparez le Roman de Garin, t. I, p. 49 et suiv., et

la chronique de Turpin, p. 26, 81 et 83.

 

[20] Ces observations s’appliquent à un passage d’une

vieille compilation française intitulée La Fleur des histoires, sur laquelle on peut consulter le catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Berne, t. II, p. 189; ainsi qu’à un passage d’un poème français inédit, intitulé Renard le contrefait, dont M. Robert, conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, prépare la publication.

[21] Voyez la vie de saint Nicolas, publiée par M.

Monmerqué dans la collection de la Société des bibliophiles Français. Paris, 1834, p. 258.

 

[22] Annales ecclesiastici Francorum, t. IV, p. 728 et

suiv.

 

[23] Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, sæc. III,

part. II, p. 534, et Annales benedictini, t. II, p. 90.

 

[24] Histoire générale du Languedoc, t. I, notes, p. 638

et suiv.

 

[25] Voyez ci-après, p. 31; voyez aussi, au sujet de la

prise de l’abbaye de Luxeuil par les Vandales, les Mémoires historiques sur la ville de Poligny, par Chevalier; Lons-le-Saulnier, 1767, t. I, p. 45 et 66.

 

[26] Description géographique et historique de

l’Espagne, en arabe, par Maccary. Voyez les manuscrits arabes de la Bibliothèque royale, ancien fonds, no 704, fol. 61 verso. Cet ouvrage est une compilation en plusieurs volumes, rédigée au commencement du dix-septième siècle, mais où l’auteur met à contribution certains ouvrages qui ne nous sont point parvenus. Conde n’a pas eu cette compilation à sa disposition.

 

[27] Nouveau Journal Asiatique, extrait des

Prolégomènes d’Ibn-Khaldoun, par M. Schultz, t. II, p. 117 et suiv.

 

[28] Procope, Histoire de la guerre des Vandales, liv. II,

ch. 10; et M. Dureau de Lamalle, Recherches sur l’histoire de la partie de l’Afrique septentrionale, connue sous le nom de régence d’Alger, par une commission de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; Paris, 1835, t. I, p. 114 et suiv.

 

[29] Voy. les témoignages mentionnés par Ibn-

Khaldoun, dans l’extrait déjà cité, p. 127, 132 et 141, bien qu’Ibn-Khaldoun lui-même ne partage pas cette opinion. Voy. aussi l’article berber de l’Encyclopédie Pittoresque, par M. d’Avezac.

 

[30] Ce lieu fut ainsi appelé parce que le détachement

des Berbers avait pour chef Tharif.

[31] Gibraltar est l’altération de Gibel-Tharec ou

montagne de Tharec. C’est par erreur que Conde n’a fait qu’un personnage de Tharif et de Tharec. Voy. Novayry, man. arab. de la Biblioth. roy., anc. fonds, no 702, fol. 9.

 

[32] Histoire de la Conquête de l’Espagne par les

Musulmans, par Ibn-Alcouthya; manuscrits arabes de la Biblioth. roy., anc. fonds, no 706, fol. 4. Ibn-Alcouthya écrivait dans la dernière moitié du dixième siècle de notre ère. Son nom signifie fils de la Gothe, et il fut ainsi appelé parce qu’il descendait des anciens maîtres de l’Espagne. On trouve dans le même volume une chronique des premiers siècles de la domination des Maures en Espagne, par un écrivain de la même époque qui cite quelquefois pour garant le témoignage des anciens du pays.

 

[33] o Maccary, n 704, fol. 73 recto.

 

[34] Il sera parlé, dans la dernière partie, des impôts

établis par les Sarrazins en France, et de leur système d’administration.

 

[35] o Maccary, n 704, fol. 62 verso et 73 recto.

 

[36] o Maccary, n 704, fol. 63 recto.—Ibn-Alcouthya, fol.

4 verso.

 

[37] Ils sont suivis en cela par Isidore, évêque de Beja,

écrivain contemporain, et par Roderic Ximenès, archevêque de Tolède. Le récit d’Isidore, tel qu’on le lit dans les éditions ordinaires, étant déparé par un grand nombre de fautes, nous le citerons d’après le fragment revu sur plusieurs manuscrits, et inséré dans les cartas para illustrar la Historia de la Espana arabe, p. XX et suiv. Quant à Roderic Ximenès, qui écrivait dans le treizième siècle, principalement d’après les auteurs arabes, sa relation se trouve à la suite de la chronique arabe d’Elmacin, publiée en arabe et en latin, par Erpenius, Leyde, 1625, in-fo.

 

[38] Nous suivons ici l’opinion que le savant don

Vaissette a émise dans son Histoire générale du Languedoc, et qui a été adoptée par les auteurs de l’Art de vérifier les Dates.

[39] Les efforts que les chrétiens firent de bonne heure

dans les montagnes du nord de l’Espagne, pour se soustraire au joug, sont mentionnés par les auteurs arabes, comme ils le sont par les chrétiens. C’est donc à tort que Conde n’a pas jugé convenable d’en parler, d’autant plus que son silence a donné lieu à quelques personnes de croire que ce récit était sans fondement.

 

[40] Voici en quels termes s’exprime Isidore de Beja,

écrivain contemporain, p. L: «Zama ulteriorem vel citeriorem Hiberiam proprio stylo ad vectigalia inferenda describit. Prædia et manualia, vel quidquid illud est quod olim prædabiliter indivisum redemptabat in Hispaniâ gens omnis arabica, sorte sociis dividendo (partem reliquit militibus dividendam), partent ex omni re mobili et immobili fisco associat.» Le passage correspondant de Roderic Ximenès est ainsi conçu: «Zama proprio stylo descripsit vectigalia Hispanorum; et quod prius indivisum ab Arabibus habebatur, ipse partem reliquit militibus dividendam, partem fisco de mobilibus et immobilibus assignavit, et Galliam narbonensem divisione simili ordinavit.» Roderic Ximenès, Historia Arabum, p. 10. Voy. aussi Conde, p. 70 et 75. Conde attribue au successeur d’Alsamah ce qui est dit d’Alsamah lui-même. Nous avons déjà dit qu’il sera question dans la suite des impôts établis par les Sarrazins en Espagne et en France.

 

[41] Ibn-Alcouthya, fol. 5 verso, et 59 verso.—Maccary,

n o 705 fol. 3 verso.

 

[42] Comparez la chronique de l’abbaye de Moissac,

dans le recueil des Historiens des Gaules, par dom Bouquet, t. II, pag. 654; Paul Diacre, De Gestis Langobardorum, dans le recueil de Muratori, intitulé: Rerum italicarum Scriptores re , t. I, part. 1, pag. 505.

 

[43] Comparez Conde, Historia, t. I, p. 71, Isidore de

Beja, p. L; Anastase le bibliothécaire, Vie du pape Grégoire II, dans le grand recueil de Muratori, t. III, part. 1 re, p. 155, et la chronique de Moissac, recueil des Historiens de France, t. II, p. 654.

 

[44] Voy. l’Histoire de Nîmes, par Menard, t. I, p. 98 et

suiv.

[45] o Novayry, manuscrits arabes, n 702, fol. 10.

 

[46] Chronique de Moissac, recueil des Historiens des

Gaules, t. II, pag. 654.

 

[47] Voici les propres expressions d’Isidore de Beja, qui

ne sont rien moins que claires: «Ambiza cum gente Francorum pugnas meditando et per directos satrapas insequendo, infeliciter certat. Furtivis vero obreptionibus per lacertorum cuneos nonnullas civitates demutilando stimulat: sicque vectigalia christianis duplicata exagitans, fascibus honorum apud Hispanias valdè triumphat.» Cartas, pag. LII. Quelques auteurs ont induit de ce passage qu’Ambiza avait doublé le taux des impôts que payaient les chrétiens de France; cette explication nous paraît manquer d’exactitude.

 

[48] Voy. les Essais historiques sur le Rouergue, par M.

le baron de Gaujal, Limoges, 1824, 2 vol. in-8o, t. I, p. 170. M. de Gaujal nous apprend dans une note manuscrite qu’il existe sur le plateau du Larzac, près de Sainte-Eulalie, les débris d’un troisième fort appelé Castel-Sarrazin, où sans doute les Sarrazins prirent position.

 

[49] Le poème d’Ermoldus Nigellus, publié d’abord par

Muratori, l’a été plus tard par dom Bouquet, recueil des Historiens des Gaules, t. VI; et par M. Pertz, Monumenta germanicæ historiæ, t. II, p. 466 et suiv. Le témoignage d’Ermoldus Nigellus, relatif à Dadon, et qui commence au vers 207, est confirmé par un capitulaire de Louis-le-Débonnaire, en faveur de l’abbaye de Conques, en date de l’année 819. Voy. le Gallia Christiana, t. I, p. 236. A la vérité ni le poète ni le diplôme n’indiquent l’année où les Sarrazins envahirent le Rouergue; mais d’une part on sait que Dadon mourut vers la fin du huitième siècle; de l’autre le poète donne à Dadon l’épithète de Juvenis, ce qui nous ramène vers l’an 730. Le monastère de Conques a subsisté jusqu’à la révolution.

 

[50] Gallia Christiana, t. II, p. 468.

 

[51] L’église célèbre la fête du saint le 19 octobre. Pour

sa vie, on peut consulter Mabillon, Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, sec. III, part. I, p. 476 et suiv. Le

Monastier, autrement appelé Saint-Chaffre, s’est conservé jusqu’à la révolution.

 

[52] o Maccary, n 704, fol. 72 recto.

 

[53] Gallia Christiana, t. IV, p. 51.

 

[54] Ibid. t. IV, p. 860 et 1042.

 

[55] Voy. la chronique de Moissac, recueil des

Historiens des Gaules, t. II, p. 655. Il existe sur ce même sujet une charte de Charles-le-Chauve de l’année 844. Voy. l’Histoire de Bourgogne, par dom Plancher, t. I, preuves, p. VII, et le Gallia Christiana, t. IV, p. 450.

 

[56] Histoire de Bourgogne, à l’endroit cité.

 

[57] o Spicilège de d’Achery, édit. in-f, t. II, p. 411.

 

[58] On a cru jusqu’à ce jour que les Sarrazins avaient

envoyé des détachemens d’un côté sur les bords de la Loire, auprès de Nevers, et de l’autre en Franche-Comté. D’après cette opinion, le monastère de Saint-Colomban, à Nevers, aurait été détruit. A Besançon, le clergé et la plus grande partie des moines auraient été mis à mort. Cette opinion n’a rien d’invraisemblable, surtout par rapport à la Franche-Comté, où plusieurs localités rappellent encore le nom Sarrazin. On a ajouté que l’abbaye de Luxeuil au pied des Vosges, avait été renversée, et les religieux, dirigés par saint Mellin, passés au fil de l’épée. Voy. le P. Lecointe, Annales ecclesiastici Francorum, t. IV, p. 728 et suiv., et 795 et suiv. Voyez aussi Mabillon, Annales Benedictini, t. II, p. 88, et Acta Sanctorum ordinis Sancti Benedicti, t. III, part. 1 re, p. 527 et suiv.

 

D’après cette même opinion, les Sarrazins n’auraient

rencontré d’obstacle sérieux que devant Sens. Cette ville avait alors pour évêque un ancien comte de Tonnerre, Ebbes ou Ebbon, que ses vertus ont fait ranger au nombre des saints. Voy. le recueil des Bollandistes, au 27 août. Aux approches des barbares, Ebbes s’occupa lui-même de préparer les moyens de défense. En vain les Sarrazins eurent recours aux machines employées à cette époque. L’évêque fit lancer du haut des murs des

traits enflammés qui mirent le feu aux machines; en même tems il fit une sortie à la tête des habitans, et obligea les assaillans à prendre la fuite.

 

Mais aucun des témoignages sur lesquels se fonde

cette opinion n’est contemporain, et dans aucun le mot sarrazin ni aucun des mots qui s’appliquaient alors aux disciples de Mahomet n’est prononcé. Il y est simplement question des Wandes, Vandales ou Gandales; et comme ces mots servirent plus tard à désigner les Hongrois qui, à l’exemple des anciens Vandales, dans la première moitié du dixième siècle, vinrent en France à travers l’Allemagne et dévastèrent successivement l’Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté, la Bourgogne, la Champagne et presque tout le reste de la France, et que d’un autre côté pendant long-tems les auteurs de romans de chevalerie, et à leur exemple les chroniqueurs, se mirent sur le pied de placer sous les règnes de Charles-Martel, de Pepin et de Charlemagne, les principaux événemens de notre histoire antérieurs et postérieurs de plusieurs siècles, il nous paraît que les ravages commis par les Vandales et attribués par les bénédictins et les savans les plus éminens aux Sarrazins, doivent s’appliquer du moins en partie soit aux Hongrois, soit aux véritables Vandales. Ce qui explique comment des savans aussi respectables ont pu faire cette confusion, c’est que les écrits où les ravages d’un peuple quelconque appelé Wande ou Vandale sont racontés avec le plus de détail et de suite, tels que le Roman de Garin le Loherain, et l’Histoire de Hainaut, par Jacques de Guyse, n’ont été publiés que dans ces dernières années. Voy. ce que nous avons déjà dit à ce sujet dans l’introduction.

 

[59] ﮫﻟرﺎﻗ.

 

[60] o Maccary, n 704, fol. 72 verso.

 

[61] o Maccary, n 705, fol. 3 verso.

 

[62] Isidore de Beja, p. LVI, et Roderic Ximenès, p. 12.

 

[63] Conde, Historia, t. I, p. 83. Un auteur chrétien, le

continuateur de Frédegaire, rapporte qu’Eudes avait non seulement fait alliance avec les Sarrazins, mais qu’il les

appela en France. Ce récit, qui a été adopté par plusieurs écrivains anciens et modernes, paraît sans fondement. En effet, comme le remarque le P. Pagi, critique des Annales de Baronius o , an. 732, n 1, le continuateur de Frédegaire écrivait sous l’influence de Childebrand, frère de Charles-Martel; et comme après la bataille de Poitiers, de nouvelles discussions d’intérêt s’élevèrent entre Eudes et Charles, il ne serait pas étonnant que les partisans eux-mêmes de Charles eussent donné naissance à un bruit pareil.

 

[64] Isidore de Beja, p. LVI; et Roderic Ximenès, p. 12.

 

[65] L’Aliscamp existe encore aujourd’hui; mais il a été

dépouillé de la plupart de ses anciens monumens. Voy. la Statistique du département des Bouches-du-Rhône, t. II, p. 438. Si on en croyait la chronique attribuée à Turpin, le fait dont parle Roderic se serait passé sous Charlemagne, et ce qui est dit des chrétiens enterrés dans l’Aliscamp se rapporterait à une partie des guerriers français tués à Roncevaux. Voy. l’édition de cette chronique, par M. Ciampi, p. 83. D’un autre côté il existe un vieux poème français intitulé Poème de Guillaume au court nez, qui, supposant les Sarrazins maîtres sous Charlemagne de tout le midi de la France, fait livrer auprès d’Arles une grande bataille, où beaucoup de chrétiens furent tués. La partie du poème où il est question de cette bataille, porte le nom de Bataille d’Aleschans. Il y est dit que les chrétiens étaient commandés par les enfans et petits-enfans d’Aimeri de Narbonne. Guillaume, fils d’Aimeri, y courut plusieurs fois risque de perdre la vie; son neveu, Vivien, resta parmi les morts. Ce récit, qui nous a été indiqué par M. Paulin Paris, se trouve à la Bibliothèque du Roi, manuscrits de la Vallière, no 23.

 

[66] Voy. Maccary, manuscrits arabes de la Biblioth.

roy., no o 704, fol. 73, et le n 596, fol. 37. A l’égard du pont d’Arles, c’était peut-être le pont dont il est parlé dans ces vers d’Ausone:

 

Præcipitis Rhodani sic intercisa fluentis,

Ut mediam facias navali ponte plateam.

Per quem Romani commercia suscipis orbis.

Voy. Ausone, Ordo nobilium urbium,

VIII.

 

Il existe à Arles un grand nombre de traditions relatives

à l’occupation du pays par les Sarrazins. M. Anibert, avocat d’Arles, publia, en 1779, une dissertation dans laquelle il prétendit que la montagne de Cordes, située aux environs de la ville, avait été ainsi appelée, parce que les Sarrazins, dont la capitale était Cordoue, s’y étaient établis, pour inquiéter de là tout le voisinage. On a également disputé au sujet de l’amphithéâtre d’Arles, et quelques personnes ont supposé que ce monument, étant contre l’ordinaire surmonté de tours, dont deux subsistent encore, ces tours avaient été élevées à l’époque où la ville, menacée par les Sarrazins, avait besoin de nouveaux moyens de défense. Ces questions n’étant pas encore éclaircies, et faute de témoignages contemporains, ne devant probablement l’être jamais, nous nous bornons à les indiquer.

 

[67] Isidore de Beja s’exprime ainsi: «Tunc

Abderraman multitudine sui exercitus repletam prospiciens terram, montana Vaccæorum dissecans, et fretosa ut plana percalcans, terras Francorum intus experditat.» D’un autre côté on lit dans la chronique de l’Abbaye de Moissac: «Abderaman cum exercitu magno per Pampelonam et montes Pyreneos transiens, Burdigalem civitatem obsidet.»

 

[68] Gallia Christiana, t. I, p. 1149, 1192, 1244, 1247,

1261 et 1286. Bearn est une ancienne ville épiscopale dont le siége porta plus tard le nom de Lescar.

 

[69] Gallia Christiana, t. II, p. 858.

 

[70] Gallia Christiana, t. II, p. 881, et recueil de dom

Bouquet, t. II, p. 454, 684, etc.

 

[71] Conde, Historia, t. I, p. 86.

 

[72] Conde, Historia, t. I, p. 87.

 

[73] Comparez Conde, Historia, t. I, p. 87, l’auteur des

Cartas, p. CLXI, Isidore de Beja, p. LVIII, et Roderic Ximenès, p. 13.

[74] Une ancienne tradition qui a cours à Tours place le

théâtre de la bataille dans les environs, au lieu nommé Saint-Martin-le-Bel (Sanctus Martinus à Bello, et non, comme l’ont écrit quelques auteurs, Sanctus Martinus à Betto). M. Chalmel, auteur d’une Nouvelle Histoire de Tours o , publiée en 1828, 4 vol. in-8, et d’une dissertation relative à la bataille, qui déjà avait paru dans ses Tablettes chronologiques, Tours, 1818, veut que la bataille se soit livrée à environ trois lieues de la ville, dans une grande plaine appelée les Landes de Charlemagne, et qui, suivant lui, devrait se nommer les Landes de Charles-Martel. M. Chalmel cite à ce même sujet, dans son histoire de Tours, une relation arabe de la bataille, écrite par un musulman qui y était présent, et cette relation, ajoute-t-il, lui a été envoyée traduite en français par une main inconnue. Comme cette relation ne se trouve ni dans les manuscrits arabes de la Bibliothèque royale, ni dans les traductions espagnoles de Conde, tout porte à croire qu’elle est supposée.

 

[75] Voici les expressions d’Isidore de Beja: «Atque

dum acriter dimicant gentes septentrionales in ictu oculi ut paries immobiles permanentes, sicut et zona rigoris glacialiter manent adstrictæ, Arabes gladio enecant.»

 

[76] Paul Diacre, dans Muratori, rerum italicarum

scriptores, t. I, part. I, p. 505. Paul Diacre a peut-être confondu ensemble la bataille de Poitiers et la bataille de Toulouse en 721.

 

[77] Recueil des Historiens des Gaules, par dom

Bouquet, t. III, p. 310.

 

[78] o o ادﮭﺷﻟا طﻼﺑ Maccary, n 704, fol. 63 recto, et n 705,

fol. 3 verso.

 

[79] Voy. les Bollandistes, 6 octobre, Vie de saint

Pardou, abbé de Waract.

 

[80] Gallia Christiana, t. II, p. 566.

 

[81] o Maccary, n 704, fol. 72 recto. Maccary veut peut-

être parler de ce qui eût lieu cinq ans plus tard, lorsque Charles-Martel pénétra en Languedoc.

[82] On lit dans les Essais historiques sur le Bigorre, de

M. d’Avezac, t. I, p. 118, qu’un détachement de l’armée musulmane s’étant réfugié dans le Bigorre, les chrétiens du pays, conduits par un prêtre de Tarbes, saint Missolin, prirent les armes et taillèrent les Sarrazins en pièces. Le fait en lui-même n’a rien d’invraisemblable; mais M. d’Avezac a reconnu plus tard que saint Missolin est antérieur de plusieurs siècles aux invasions sarrazines. Voy. Grégoire de Tours, édit. de Ruinart, de gloria confessorum, p. 934 et 1402.

 

[82a] Voyez Conde, Historia, t. I, p. 89.

 

[83] Comparez l’auteur des Cartas, p. CLXV, et Gallia

Christiana, t. XII, p. 270.

 

[84] Voy. l’article Basques, de M. Walckenaer, dans

l’Encyclopédie des Gens du Monde, t. III, p. 117.

 

[85] Gallia Christiana, t. I, p. 537, 544, 600 et 620.

 

[86] Voici en quels termes s’exprime la chronique de

l’Abbaye de Moissac: «Jusseph... Rhodanum fluvium transiit; Arelate civitate pace ingreditur, thesaurosque civitatis invadit, et per quatuor annos totam Arelatensem provinciam depopulat.» Voy. le recueil des Historiens de France, t. II, p. 655. On lit également dans la continuation de Frédegaire, ibid., t. II, p. 456, ces mots: «Denuo rebellante gente validissima Ismahelitarum, irrumpenteque Rhodanum fluvium, insidiantibus infidelibus hominibus sub dolo et fraude mauronto, Avenionem urbem munitissimam ac montuosam Saraceni ingrediuntur, illisque rebellantibus ea regione vastata.» Le siége de Fretta ne nous est connu que par un roman provençal écrit long-tems après l’événement. Voy. l’Histoire de Provence, par Papon, t. I, p. 85. Mais une armée sarrazine a dû stationner auprès de la ville actuelle de Saint-Remy; car on trouve des monnaies arabes du tems dans le pays. Voy. la Description de quelques médailles inédites de Massilia, par M. de Lagoy, Aix, 1834, in-4 o, p. 23. A l’égard du combat livré sur les bords de la Durance, on peut citer à l’appui l’inscription latine qu’on lisait jadis dans une chapelle aux environs de Bonpas, et qui était ainsi conçue: «Sepultura nobilium

avenionensium, qui occubuerunt in bello contra Saracenos.» Voy. Bouche, Histoire de Provence, Aix, 1664, 2 vol. in-fol., t. I, p. 700.

 

[87] o Maccary, n 704, fol. 72.

 

[88] o o Maccary, n 704, fol. 63 verso, n 705, fol. 4 verso,

et Ibn-Alcouthya, fol. 61.

 

[89] طﺎﺑر.

 

[90] Gallia Christiana, t. I, p. 703 et 737.

 

[91] Paul Diacre, dans le grand recueil de Muratori, t. I,

p. 508.

 

[92] L’épitaphe de Luitprand, à Pavie, était en vers

latins et renfermait ces mots:

 

.....Deinceps tremuere feroces

Usque Saraceni, quos dispulit impiger, ipso,

Cum premerent Gallos, Carolo poscente

juvari.

Voy. Sigonius, de Regno Italiæ, ann.

743.

 

[93] Voici en quels termes le continuateur de

Frédegaire rend compte de la prise d’Avignon: «Carolus urbem aggreditur, muros circumdat in modum Hierico cum strepitu hostium et sonitu tubarum, cùm machinis et restium funibus super muros et ædium mænia irruunt, urbem succendunt, hostes capiunt, interficientes trucidant.» Voy. le recueil des Historiens des Gaules, t. II, p. 456.

 

[94] Isidore de Beja, p. LX.

 

[95] Comparez la continuation de Frédegaire, tom. II du

recueil des Historiens de France, p. 456, la chronique de Moissac, o ibid. , p. 656, et Maccary, manuscrits arabes, n

704, fol. 72, recto.

[96] Comparez le chroniqueur de Moissac et le

continuateur de Frédegaire. L’histoire se tait au sujet de Carcassonne. Il est probable que cette ville, alors bâtie au haut du rocher où se voit encore la cathédrale et défendue par le cours de l’Aude, ne tarda pas à retomber au pouvoir des chrétiens.

 

[97] Charvet, Histoire de la sainte église de Vienne, p.

147.

 

[98] Voy. la Lettre de saint Boniface, archevêque de

Mayence, à Ethelbaldus, roi de Mercie, en Angleterre, vers l’an 745, recueil de Ferrarius, 1605, in-4o, p. 76. Voy. aussi différens passages des capitulaires de Charlemagne, édition de Baluze, t. I, p. 413, 526, 1056 et 1227.

 

[99] Gallia Christiana, t. XII, p. 270.

 

[100] Continuation de Frédegaire, recueil des

Historiens des Gaules, t. II, p. 457.

 

[101] Les détails qu’on lit dans la vie de saint Porcaire,

et qui sont relatifs aux dévastations commises par les Sarrazins dans l’intérieur de la Provence, nous paraissent devoir se rapporter à l’occupation du pays par les barbares, postérieurement à l’an 889. Voy. le recueil des Bollandistes, 12 août, p. 737. Il en est de même des autres récits du même genre. Il sera question plus tard de ces mêmes récits.

 

[102] Voy. nos Extraits d’auteurs arabes relatifs aux

guerres des Croisades, Paris, 1829, p. 370 et 476.

 

[103] Pour tous les détails qu’on vient de lire, voyez le

traité arabe destiné à exciter les musulmans à faire la guerre aux peuples d’une autre religion que la leur, et intitulé: les Routes de l’empressement vers les rendez-vous des Amans, et le Guide de la Passion vers le séjour de la Paix. Cet ouvrage a été imprimé au Caire, l’an 1242 de l’hégire (1826 de J.-C.). Voy. la notice que nous en

avons donnée, dans le Nouveau Journal Asiatique, t. VIII, p. 337, et t. IX, p. 189.

 

[104] Notices et extraits des manuscrits de la

Bibliothèque du Roi, t. II, p. 157.

 

[105] Ibn-Alcouthya, fol. 52 verso.

 

[106] Novayry, manuscrits arabes de la Bibliothèque

royale, ancien fonds, no 702, fol. 10 verso.

 

[107] Un auteur corse du quinzième siècle a prétendu

que les Sarrazins étaient entrés dans l’île de Corse dès le tems de Mahomet, et qu’ils occupèrent l’île sans interruption jusqu’à Charlemagne. Ce récit est controuvé.

 

[108] Portus Agathonis.

 

[109] La fête de saint Porcaire et de ses compagnons

est célébrée au 12 août. Voy. le recueil des Bollandistes. Voy. aussi la Vie de saint Honorat, en vers provençaux, par le troubadour Raimond Féraud.

 

[110] o Novayry, n 702, fol. 11 verso.

 

[111] De tout tems les nomades se sont refusés à toute

espèce d’impôts; il fallut toute l’adresse de Mahomet pour y soumettre les Arabes bédouins, et ceux-ci s’en affranchirent dans la suite. Comparez Gagnier, Vie de Mahomet, t. III, p. 119; les Annales d’Aboulfeda, tom. I, p. 214, et Burckhardt, Voyages en Arabie, traduction française, t. II, p. 26 et 296.

 

[112] Ibn-Alcouthya, fol. 7 verso.

 

[113] Voy. les annales d’Aboulfeda, en arabe et en

latin, Copenhague, 1789, t. I, p. 468 et suiv.

 

[114] Voy. l’Histoire du Languedoc, par dom Vaissette,

et l’Histoire de Nîmes, par Menard. Il sera question de ces mêmes faits plus tard.

 

[115] Chronique de Moissac dans le recueil des

Historiens de France, t. V, p. 68.

 

[116] Comparez la chronique de Moissac, dans le

recueil de dom Bouquet, et Ibn-Alcouthya, fol. 75.

[117] Abd-alrahman avait pour père un prince

ommiade, appelé Moavia, et d’après l’usage des arabes on l’appelait quelquefois fils de Moavia, Ebn-Moavia, d’où nos vieux chroniqueurs ont fait par corruption Benemaugius.

 

[118] C’est à tort qu’Assemani, trompé par des

écrivains arabes modernes, a soutenu le contraire. Voy. le recueil intitulé Italicæ Historiæ scriptores, Rome, 1752, t. III, p. 135 et suiv.

 

[119] De longs détails à ce sujet existent, il est vrai,

dans le roman de Philomène, publié à Florence, par M. Ciampi, en 1823, sous le titre de Gesta Caroli Magni ad Carcassonam et Narbonam. L’auteur prétend écrire par ordre de Charlemagne; mais cet ouvrage, rédigé originairement en provençal, et où l’auteur place sous Charlemagne des événemens qui avaient eu lieu sous son père Pepin et sous Charles-Martel, a été composé au plutôt dans le douzième siècle et ne mérite aucune foi.

 

[120] Recueil de dom Bouquet, t. V, p. 69 et 335.

 

[121] Voy. dom Bouquet, t. V, p. 6. Si on en croyait

certains auteurs, il serait resté quelques partis de Sarrazins dans le Dauphiné, le comté de Nice et dans la chaîne des Alpes; et ces partis se seraient maintenus en silence pendant les règnes de Pepin et de Charlemagne. Il est fait mention dans divers ouvrages relatifs au Dauphiné de l’occupation de Grenoble et des pays voisins par les Sarrazins. D’un autre côté, un historien de l’abbaye de Lerins (Vincent Barral, part. Ire, p. 132) suppose les Sarrazins établis à Nice, et les fait chasser du pays par Charlemagne, aidé par son prétendu neveu, appelé Siagrius. Voy. le Gallia Christiana, t. III, p. 1275. C’est ce qui a fait croire à quelques auteurs que les Sarrazins n’ont jamais été entièrement chassés du Dauphiné, depuis Charles-Martel jusqu’au commencement du dixième siècle, époque où de nouveaux barbares, maîtres des côtes de Provence, s’avancèrent jusqu’en Piémont et en Suisse. Cette opinion, mise d’abord en avant par certains auteurs de romans de chevalerie, qui voulaient accumuler sous le règne de Charlemagne les principaux événemens de

notre histoire, a été accueillie par les anciennes familles dont la fortune remonte à la part glorieuse que leurs ancêtres prirent aux guerres faites aux barbares, et qui étaient flattées de pouvoir faire remonter aussi loin la date de leur origine. Voy. l’Histoire généalogique des pairs de France, par M. de Courcelles, aux articles d’Agoult, Clermont-Tonnerre, etc. Mais cette opinion ne repose sur aucun témoignage contemporain, et l’on ne peut pas croire que si elle avait eu quelque fondement, des princes tels que Charlemagne et ses enfans eussent négligé de purger le cœur de leurs états de la présence des infidèles, eux qui allaient les attaquer dans leur propre pays.

 

[122] Voy. la dissertation de Deguignes, Mémoire de

l’Académie des Inscriptions, t. XXXVII, p. 466. Voy. aussi M. Pardessus, er Lois maritimes , t. I; Introduction, p. 62.

 

[123] Voy. la Vie de saint Guillebaud, dans le Recueil

des Bollandistes, au 7 juillet.

 

[124] Annales de Metz, dans le Recueil de dom

Bouquet, t. V, p. 335.

 

[125] عﻼﻘﻟاو ﺔﺑﻟا Ce sont les pays qui dans de vieilles

chartes latines sont rendus par Alava et Castella Vetula. Voy. o l’Art de vérifier les dates , édit. in-4, t. II, p. 349.

 

[126] تﺎطرﺑﻟا لﺑﺟ

 

[127] Edrisi, de qui nous empruntons ces détails, a

confondu quelques-unes de ces routes ensemble. Par exemple il confond la première avec une cinquième route qui mène de Jaca dans le Béarn. A la troisième route appartient le passage de Roncevaux qui traverse le pays de Cize, et qu’Edrisi nomme en conséquence port de Schazerou; ce lieu, dans la Chronique de Turpin, p. 60, et dans l’Histoire du Hainaut, par Jacques de Guyse, t. IX, p. 24, reçoit le nom de portus Ciserei, et dans Roger de Hoveden, ann. 1177, celui de portus Sizaræ. C’est de ce passage qu’est venu le nom de Saint-Jean-Pied-de-Port.

 

[128] Continuation de Frédegaire, dans le Recueil des

Historiens de France, t. V, p. 8 et ailleurs.

 

[129] Gallia Christiana, t. VI, p. 15.

[130] On voit que nos rois commençaient à être jaloux

de faire figurer les émirs sarrazins dans les grandes réunions publiques. C’est sans doute de là que dans les romans de chevalerie, à propos des tournois, il est si souvent parlé de chevaliers sarrazins qui venaient des extrémités de la terre pour disputer aux guerriers chrétiens le prix de l’adresse et de la bravoure.

 

[131] Voy. le Recueil de dom Bouquet, t. V, p. 19, 40,

142, 203, 319, et 328, ainsi que Ibn-Alcouthya, fol. 95, verso. Les auteurs arabes ne s’accordent pas sur le nom de l’émir. Les uns l’appellent Soleyman Ebn-Jaktan Alarabi; les autres, Motraf Ebn-Alarabi.

 

[132] Voy. le recueil de dom Bouquet, t. V, p. 14, 20,

26, 142, 203 et 343. Les auteurs chrétiens rapportent que Charlemagne entra de force dans Saragosse, et que l’émir, en punition de sa résistance, fut conduit enchaîné en France. Suivant quelques auteurs arabes, Charlemagne échoua dans ses efforts pour prendre la ville; mais peu de tems après le gouverneur ayant été assassiné, son fils se réfugia en France.

 

[133] Le souvenir de cet événement est encore si

présent dans le pays, que les jours de fête le peuple joue une pièce dite pièce de Roncevaux. Voy. Histoire littéraire de la France, t. XVIII, p. 720.

 

[134] Les Arabes le nomment encore pays de

Narbonne, soit parce que jusqu’à l’entrée des Français dans Barcelonne, les possessions françaises dépendirent de Narbonne, soit parce qu’il en avait déjà été de même à l’époque où la Septimanie se trouvait au pouvoir des Sarrazins.

 

[135] Recueil de dom Bouquet, t. V, p. 776; t. VI, p.

486.

 

[136] Telle est la maison des Villeneuve, du

Languedoc. Voy. l’Histoire généalogique de la maison de Villeneuve o . Paris. 1830, in-4.

 

[137] Recueil de dom Bouquet, t. V, p. 74.

 

[138] o Maccary, man. arab. anc. fonds, n 704, fol. 84

verso.

[139] Conde, Historia, t. I, p. 199.

 

[140] Ce mot est arabe. Les Arabes se servent encore

du mot gazat.

 

[141] Nous empruntons ce discours à un formulaire de

lois et d’actes de tout genre, en arabe, lequel a été imprimé au Caire, p. 78. Voy. le Nouveau Journal asiatique, t. VIII, p. 338. Il n’est pas certain que ce soit le même discours qui fut prononcé en cette occasion; mais le fond n’a pas pu différer beaucoup.

 

[142] Chronique de Moissac, dans le recueil de dom

Bouquet, t. V, p. 74.

 

[143] Recueil des Historiens de France, t. V, p. 74 et

360. Novayry, man. arab., no 645, fol. 95 verso.

 

[144] Voy. l’extrait d’une Histoire des Arabes

d’Espagne, à la suite des fragmens de la Géographie d’Aboulfeda, publiés par Rinck; Leipsick, 1791, in-8o.

 

[145] Comparez Roderic Ximenès, p. 18, et Maccary,

manuscrits arabes, no o 704, fol. 86, et n 705, fol. 51.

 

[146] Par exemple Edrisi place la Ville de Gironne,

Gerunda, située en Catalogne, dans la Gascogne, aux environs d’Auch. D’ailleurs Novayry, qui raconte cette expédition avec quelques détails, ne dit pas positivement que Narbonne fût tombée au pouvoir des musulmans. Voy. les manuscrits arabes de la Biblioth. roy., ancien fonds, no 645, fol. 95 verso.

 

[147] Mabillon, Annales Benedictini, t. II, p. 369.

 

[148] Les récits qui forment le fonds de ce poème sont

fort anciens, puisque déjà, au onzième siècle, ils avaient cours parmi le peuple. Voy. la chronique d’Orderic Vital, recueil des Historiens de la Normandie, par Duchesne, p. 598. Voy. aussi le roman de la Violette, publié par M. Francisque Michel, p. 72.

 

[149] Millin, Voyage dans les départemens du midi de

la France, t. IV, p. 2.

 

[150] Recueil de dom Bouquet, t. V, p. 22 et 50.

[151] Recueil des Historiens des Gaules, t. VI, p. 90 et

91.

 

[152] o Voy. Maccary, n 705, fol. 87. Ici Conde, trompé

par le récit confus de quelques auteurs arabes, suppose que les Sarrazins entrèrent de nouveau dans Narbonne.

 

[153] C’est de là que nos vieux chroniqueurs ont fait le

mot barbare abulafer.

 

[154] Recueil de dom Bouquet, t. V, p. 213.

 

[155] Recueil des Historiens des Gaules, t. VI, p. 13 et

suiv. Voy. le même recueil, t. V, p. 80 et 81.

 

[156] Eginard, recueil de dom Bouquet, t. V, p. 95; voy.

aussi p. 56.

 

[157] Voy. le recueil de dom Bouquet, t. V, p. 53, 95

etc. Les auteurs arabes ne parlent pas des relations de Charlemagne avec le khalife Aaron-Alraschid; mais il en est fait mention dans la plupart des écrits des auteurs français de l’époque. Le récit de ces auteurs s’accorde avec ce que le continuateur de Frédegaire avait dit des relations de Pepin-le-Bref avec le khalife Almansor, et ce qui est dit plus bas de la députation envoyée par Almamoun, fils d’Aaron-Alraschid, à Louis-le Débonnaire. Ajoutez à ces témoignages celui du pape Léon III qui, après la mort d’Aaron-Alraschid, en 813, mande à Charlemagne que si les pirates des côtes d’Afrique commençaient à ne plus respecter les côtes de l’empire français, non plus que celles de l’empire grec, c’est que ces barbares n’étaient plus retenus par le grand nom du khalife. Voy. Pagi, Critique des annales de Baronius, an. 813, n o 20 et suiv. Néanmoins le savant M. Pouqueville, dans le t. X, p. 529, des nouveaux Mémoires de l’Académie des Inscriptions, traite ces relations de fausses, et conteste le récit d’Éginard tout entier. Il est probable que M. Pouqueville aura confondu Éginard avec le moine de Saint-Gall qui a aussi écrit sur Charlemagne, et dont le récit a plus d’une fois donné lieu à des critiques fondées. Voy. la préface que dom Bouquet a placée en tête du cinquième volume du recueil des Historiens de France.

[158] Voy. le recueil de dom Bouquet, t. V, p. 58 et suiv.

 

[159] دﻟوﻣ Ce mot se rapproche de l’espagnol mulato et

du français mulâtre.

 

[160] Voy. Ibn-Alcouthya, fol. 28 et 36 verso.

 

[161] Nous racontons ce fait d’après Ibn-Alcouthya, fol.

19, et Novayry, no 645, fol. 98. Voy. aussi Roderic, p. 20. Conde rapporte le fait un peu autrement.

 

[162] En 799, les chrétiens des îles Baléares, ayant

remporté quelques succès sur les Sarrazins et enlevé plusieurs drapeaux, firent hommage des drapeaux au prince français. Voy. le recueil de dom Bouquet, t. V, p. 51.

 

[163] Recueil de dom Bouquet, t. V, p. 25 et 56.

 

[164] Recueil des Historiens de France, t. V, p. 56.

 

[165] Voy. le recueil de dom Bouquet, t. V, p. 60 et 61;

voyez aussi p. 355. Si on en croit les écrivains du pays, les Sarrazins s’établirent sur la côte orientale de l’île, au milieu des débris de l’antique ville d’Aléria, et les Français, malgré le concours des habitans, eurent beaucoup de peine à les chasser. Jacobi, Histoire de la Corse, Paris, 1835, t. I, p. 110 et suiv.

 

[166] Dom Bouquet, t. V, p. 62.

 

[167] Pagi, critique des annales de Baronius, ann. 813,

n o 20 et suiv.

 

[168] Voy. M. Depping, Histoire des expéditions

maritimes des Normands o , Paris, 1826, 2 vol. in-8; et M. Auguste Leprevost, Notes pour servir à l’Histoire de la Normandie o , Caen, 1834, in-8.

 

[169] Recueil de dom Bouquet, t. V, p. 96; t. VI, p. 93.

 

[170] Ibid., t. V, p. 60 et 82.

 

[171] Sourate VIII, vers. 39.

 

[172] Voy. Mouradgea d’Ohsson, Tableau de l’empire

ottoman, t. V, p. 66; Reland, Dissertationes miscellaneæ, t. III, p. 50, et nos Extraits des historiens arabes relatifs

aux guerres des Croisades, Paris, 1829, p. 164 et 542. (Bibliothèque des Croisades, de M. Michaud, t. IV.)

 

[173] Conde, Historia, t. I, p. 294, et recueil des

Historiens de France, t. V, p. 82 et 258.

 

[174] Notice de l’église de Saint-Aventin, par M. le

comte de Castellane, dans les Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, établie à Toulouse, t. I.

 

[175] Comparez Conde, Historia, t. I, p. 253; M. Et.

Quatremère, Mémoires historiques sur l’Égypte, t. II, p. 197, et Lebeau, Histoire du Bas-Empire, liv. LXVIII, §. 43.

 

[176] Recueil de dom Bouquet, t. VI, p. 98 et suiv.

 

[177] Recueil de dom Bouquet, t. VI, p. 180, et Conde,

t. I, p. 255.

 

[178] ﻰﺻﺎﻌﻟا وﺑا

 

[179] Recueil de dom Bouquet, t. V, p. 80 et 81.

 

[180] Recueil de dom Bouquet, t. VI, p. 48, etc.

 

[181] Ibid., p. 106 et 185.

 

[182] o Novayry, manuscrits arabes, n 645, fol. 101

verso.

 

[183] Cette lettre, publiée d’abord par Lecointe, a été

reproduite par dom Bouquet, dans le recueil des Historiens de France, t. VI, p. 379. Mais comme ces deux illustres savans ignoraient les rapports qui avaient existé entre l’empereur et les habitans de Merida, ils avaient changé le mot Emeritanos en Cæsaraugustanos.

 

[184] Recueil de dom Bouquet, t. VI, p. 107, 149 et

187.

 

[185] Recueil de dom Bouquet, t. VI, p. 108 et 188.

 

[186] Recueil de dom Bouquet, t. VI, p. 109.

 

[187] Ibid., t. VI, p. 308.

 

[188] Ni dans l’histoire de D. Morice, ni dans celle de

M. Daru.

[189] Recueil de dom Bouquet, t. VI, p. 344.

 

[190] Vita Ludovici pii, et annales de saint Bertin, dans

le recueil des Historiens de France, t. VI, p. 112 et 193. Le khalife est simplement désigné par son titre de emir-elmoumenyn.

 

[191] Voy. le recueil de dom Bouquet, t. VI, p. 199.

 

[192] Une inscription relative à sainte Eusébie existe

encore à Marseille; mais elle ne porte pas de date. Voy. Millin, Voyage dans les départemens du midi de la France, t. III, p. 179. Mabillon, Annales Benedictini, t. II, p. 90, a placé le martyre de sainte Eusébie, en 732.

 

[193] Recueil de dom Bouquet, t. VII, p. 61.

 

[194] o Maccary, man. arab., n 704, fol. 87 verso.

 

[195] Recueil de dom Bouquet, t. VII, p. 63, etc.

 

[196] Voy. le recueil des Bollandistes, Vie de saint

Bernulphe, au 24 mars. Il existe sur les descentes des Sarrazins, dans le comté de Nice, beaucoup de détails dans l’ouvrage manuscrit de Giofredo, intitulé Storia delle Alpi maritime, et qui est conservé à Turin, dans les archives de cour. M. le chevalier César de Saluces, membre de l’académie de Turin, a bien voulu faire faire pour nous un extrait de ce manuscrit. On peut encore consulter l’Histoire de Nice, de M. Louis Durante, Turin, 1823, 3 vol. in-8o. Ces deux ouvrages au reste, pour ce qui concerne les Sarrazins, renferment beaucoup d’inexactitudes.

 

[197] Recueil de dom Bouquet, t. VII, p. 66.

 

[198] Recueil de dom Bouquet, t. VII, p. 41, 65 et 581.

 

[199] Recueil de dom Bouquet, t. VII, p. 42, 64 et 66,

note.

 

[200] Voy. Mouradgea d’Ohsson, Tableau de l’empire

ottoman, t. II, p. 313, t. V, p. 167.

 

[201] Ibid., t. VI, p. 111 et suiv.

 

[202] L’église célèbre la fête de saint Parfait le 18 avril.

[203] Voy. les Vies des Saints, aux 3, 5, 7 et 13 juin, 27

juillet, 16 septembre, 21 ou 22 octobre, 24 novembre, etc.

 

[204] Recueil de dom Bouquet, t. VII, p. 64, 74 et 354.

 

[205] o Maccary, man. arab., n 704, fol. 88.

 

[206] Recueil des Historiens de France, t. VII, p. 75.

 

[207] Dom Vaissette, Histoire générale du Languedoc,

t. I, preuves, p. 108.

 

[208] Voy. Casiri, Bibliothèque de l’Escurial, t. II, p. 200.

 

[209] Recueil de dom Bouquet, t. VII, p. 83, 88 et 92.

 

[210] Recueil des Historiens de France, t. VII, p. 107.

 

[211] Voy. surtout Liutprand, dans Muratori, rerum

italicarum scriptores, t. II, p. 425; la chronique de l’abbaye de Novalèse, ibid., t. II, part. II, p. 730; et le recueil de dom Bouquet, t. IX, p. 48. La plupart des écrivains italiens modernes ont placé le lieu où s’établirent les Sarrazins, dans le comté de Nice, auprès de Ville-Franche, à l’endroit où fut bâti plus tard le château de Saint-Hospice. Voy. à ce sujet une longue discussion dans le grand recueil de Muratori, t. X, p. CIII, CV et suiv. Mais d’une part la suite des événemens, de l’autre l’état des lieux, nous paraissent lever toute incertitude à cet égard. Voy. au reste les observations de Bouche, Histoire de Provence, t. I, p. 170 et 772.

 

[212] Aujourd’hui il n’existe plus de frênes dans la

contrée; mais M. Germond, actuellement notaire à Saint-Tropès, et qui a fait une étude particulière des localités, pense qu’anciennement il y avait un bois de frênes au fond du golfe sur les bords de la mer; que là se trouvait un village romain appelé Fraxinetum, et que les Sarrazins, après avoir ruiné ce village, ayant choisi sur les hauteurs un lieu pour en faire leur château-fort, lui donnèrent le nom de Fraxinet. A l’égard de la place qu’occupait ce château-fort, M. Germond croit que le lieu où d’après l’opinion commune nous l’avons mis n’était qu’une espèce d’avant-poste d’où l’on avait vue sur les plaines de la Basse-Provence; en effet le plateau n’a qu’environ trois cents pas de tour et il pouvait contenir à

peine une centaine d’hommes; que le véritable château-fort était à une demi-lieue plus près de la mer, sur la montagne appelée aujourd’hui Notre Dame de Miremar, où l’on aperçoit encore des vestiges de larges fossés.

 

Bouche fait remarquer qu’il a dû exister plusieurs lieux

appelés Frassinet ou Frainet, disant que sans doute les Sarrazins, à mesure qu’ils élevèrent quelque nouveau château-fort, soit en Dauphiné, soit en Savoie, soit en Piémont, lui donnaient le nom de leur principal boulevart. Cette opinion de Bouche nous semble fort juste; en effet, il existe encore dans les contrées que nous venons de citer plusieurs endroits ainsi dénommés.

 

[213] Voy. Liutprand à l’endroit indiqué. On lit dans

l’Alcoran, sour. VIII, vers. 66: «Si vous êtes vingt hommes décidés à vaincre, vous vaincrez deux cents infidèles, et si vous êtes cent, vous en vaincrez mille.»

 

[214] Une étiquette trouvée en 1279, dans le tombeau

de sainte Magdeleine, à Vézelay, en Bourgogne, portait que le corps de la sainte avait été transféré en ce lieu de la ville d’Aix, en Provence, par la crainte des Sarrazins, sous le règne d’Odoin. Voy. à ce sujet l’Histoire de Hainaut, par Jacques de Guyse, t. VIII, p. 203 et suiv., et Bouche, Histoire de Provence, t. I, p. 703. Les auteurs de l’Art de vérifier les Dates avaient placé cette translation sous Eudes, duc d’Aquitaine, vers l’an 730; mais l’abbaye de Vézelay ne fut fondée que vers l’an 867. Voy. le Gallia Christiana, t. IV, p. 466. Ainsi sur l’étiquette il ne peut être question que de Eudes, comte de Paris, lequel, vers l’an 897, prit le titre de roi de France.

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