La bataille de Gettysburg - Grandes Batailles n°7

Michaël Antoine · Chapitre 9 sur 16

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La bataille de Gettysburg - Grandes Batailles n°7

Analyse de la bataille

 

EXPORTER LA GUERRE AU NORD

POUR OBTENIR LA PAIX

Depuis le début de la guerre, les sudistes peinent à obtenir des résultats décisifs face aux unionistes. Il est pourtant vital que la bataille ne s’enlise pas suite aux nombreuses pertes qui ont déjà réduit les rangs de l’armée. Par conséquent, en mai 1863, après la victoire sudiste à Chancellorsville, le général Robert Edward Lee se rend à Richmond pour convaincre le président Jefferson Davis de l’impératif de porter la guerre sur les territoires de l’Union. Selon lui, la Confédération pourrait en tirer plusieurs avantages :

cela permettrait avant tout de soulager l’État de Virginie où se sont

déroulés de nombreux combats ;

l’armée du Potomac serait forcée de quitter les solides positions

qu’elle occupe et devrait combattre dans des conditions qui lui seraient

moins avantageuses ;

les grandes villes du nord (Baltimore, Philadelphie, Washington, New

York, etc.) seraient ainsi menacées ;

remporter une importante victoire en territoire du nord permettrait sans

doute de convaincre les cours européennes de reconnaître

diplomatiquement la Confédération et de l’aider dans son combat ;

une bataille décisive permettrait enfin d’entamer des négociations de

paix en position de force.

Ces arguments convainquent Jefferson Davis et Robert Edward Lee reçoit l’ordre, le 3 juin, de mettre son plan à exécution. Partant de Fredericksburg, l’armée de Virginie du Nord, qui compte entre 75 000 et 80 000 hommes, se dirige vers le territoire nordiste de Pennsylvanie. Cette armée, remaniée après la victoire de Chancellorsville, est composée de trois corps d’armée et d’une puissante force de cavalerie. Alors que James Longstreet dirige le 1 er corps et James Ewell Brown Stuart (1833-1864) la cavalerie, deux nouveaux commandants sont affectés aux 2e e et 3 corps d’armée : Richard Stoddert Ewell (1817-1872) au 2e corps et Ambrose Powell Hill (1825-1865) au 3 e. Le plan de Robert Edward Lee est le suivant : cachés par la vallée de Shenandoah, les corps d’armée très espacés devront se diriger plein nord, franchir le fleuve Potomac pour entrer en Pennsylvanie et éventuellement tenter de prendre la capitale administrative de la région, Harrisburg.

 

BON À SAVOIR

L’armée sudiste qui pénètre en territoire ennemi ne possède que très peu de vivres. Elle n’emporte avec elle que des munitions et doit trouver de quoi subvenir à ses besoins sur place. Cependant, Robert Edward Lee a donné à ses hommes des ordres très stricts pour éviter tout pillage. Les historiens du nord reconnaîtront eux-mêmes la bonne tenue des troupes confédérées qui contraste avec les ravages ordonnés par les chefs nordistes en territoire sudiste. Par tempérament autant que par éducation, Robert Edward Lee se refuse à la guerre totale. En outre, il espère toujours secrètement une réconciliation et désire par conséquent mettre toutes les chances de son côté.