La Bible d'Amiens

John Ruskin · Chapitre 9 sur 12 · partie 3/3

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La Bible d'Amiens

Chapitre III: Le Dompteur de Lions

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.

autres. Mais en ce moment nous n'avons encore qu'un Ruskin

aimant tendrement sa bibliothèque, ne faisant pas de différence

entre la science et l'art, par conséquent pensant qu'une théorie

scientifique peut rester vraie comme une œuvre d'art peut

demeurer belle (cette idée n'est jamais explicitement exprimée

par lui, mais elle gouverne secrètement, et seule a pu rendre

possible toutes les autres) et demandant à une ode antique ou à

un bas-relief du moyen âge un renseignement d'histoire naturelle

ou de philosophie critique, persuadé que tous les hommes sages

de tous les temps et de tous les pays sont plu» utiles à consulter

que les fous, fussent-ils d'aujourd'hui. Naturellement cette

inclination est réprimée par un sens critique si juste que nous

pouvons entièrement nous fier à lui, et il l'exagère seulement pour

le plaisir de faire de petites plaisanteries sur «l'entomologie du

XIIIe siècle», etc., etc.—(Note du Traducteur.)

[137]Même les meilleurs historiens catholiques trop

habituellement ont fermé les yeux à la connexité inéluctable entre

la vertu monastique et la règle bénédictine du travail agricole.—

(Note de l'Auteur à la révision de 1885.)

[138]Robert d'Humières me dit qu'il y a ici une allusion aux

montagnes de la Suisse, telles que le Matterhorn, etc.—(Note du

Traducteur.)

[139]La conclusion hypothétique de Gibbon relativement aux

effets de la mortification et la constatation historique qui suit

doivent être remarquées comme contenant déjà tous les

systèmes des philosophes ou des politiques modernes qui ont,

depuis, changé les monastères d'Italie en baraques et les églises

de France en magasins. «Ce martyre volontaire a forcément

détruit graduellement la sensibilité, aussi bien de l'esprit que du

corps; car on ne peut admettre que les fanatiques qui se torturent

eux-mêmes soient capables d'aucune affection vive pour le reste

de l'espèce humaine. Une sorte d'insensibilité cruelle a

caractérisé les moines de toute époque et de tout pays.»

Combien de pénétration et de jugement, dénote cette sentence,

apparaîtra, j'espère, au lecteur, à mesure que je déroulerai devant

lui l'histoire véritable de sa foi; mais étant moi-même, je crois, un

des derniers témoins de la vie recluse telle qu'elle existait encore

au commencement de ce siècle, je puis renvoyer au portrait

parfait et digne de foi dans la lettre comme dans l'esprit qui en est

donné par Scott dans l'introduction du Monastère; quant à moi je

puis dire que les sortes de caractères les plus doux, les plus

raffinés, les plus aimables, au sens le plus profond du mot, que

j'aie jamais connus, ont été ou ceux de moines, ou ceux de

serviteurs ayant été élevés dans la foi catholique. Et quand je

formulais ce jugement je ne connaissais pas l'Edwige de Miss

Alexander (Note de la révision de 1885).—(Note de l'Auteur.)

[140]L'habitude de supposer à la conduite d'hommes de sens et

de cœur des motifs intelligibles aux insensés et probables à ceux

qui ont l'âme basse, prévaut, chez tous les historiens vulgaires,

en partie par la satisfaction, en partie par l'orgueil qu'ils en

ressentent; et il est horrible de contempler la quantité de faux

témoignages contre leurs voisins que portent des écrivains

médiocres, simplement pour arrondir leurs jugements superficiels

et leur donner plus de force. «Jérôme admet, en effet, avec une

humilité spécieuse mais sujette à caution, l'infériorité du moine

non ordonné au prêtre ordonné», dit Dean Milman, dans son

chapitre XI, faisant suivre son doute gratuit sur l'humilité de

Jérôme d'une affirmation non moins gratuite de l'ambition de ses

adversaires. «Le clergé, cela est hors de doute, eut la sagesse de

deviner le rival dangereux, quant à l'influence et l'autorité, qui

apparaissait dans la société chrétienne.—(Note de l'Auteur.)

[141]Le meilleur endroit pour lire ce chapitre est l'église San

Giorgio dei Schiavoni à Venise. On prend une gondole et dans un

calme canal, un peu avant d'arriver à l'infini frémissant et miroitant

de la lagune on aborde à cet «Autel des Esclaves» où on peut

voir (quand le soleil les éclaire) les peintures que Carpaccio a

consacrées à saint Jérôme. Il faut avoir avec soi Saint Mark's

Rest et lire tout entier le chapitre dont je donne ici un important

extrait, non que ce soit un des meilleurs de Ruskin, mais parce

qu'il a été visiblement écrit sous l'empire des mêmes

préoccupations que le chapitre III de la Bible d'Amiens,—et pour

donner au «Dompteur du lion» une illustration où l'on voie «le

lion». C'est de septembre 1876 à mai 1877, c'est-à-dire deux ou

trois ans avant de commencer la Bible d'Amiens que Ruskin était

allé étudier Carpaccio à Venise. Voici le passage de Saint-Mark's

Rest:

«Mais le tableau suivant! Comment a-t-on jamais pu permettre

que pareille chose fût placée dans une église! Assurément rien ne

pourrait être plus parfait comme art comique; saint Jérôme, en

vérité, introduisant son lion novice dans la vie monastique, et

l'effet produit sur l'esprit monastique vulgaire.

«Ne vous imaginez pas un instant que Carpaccio ne voie pas le

comique de tout ceci, aussi bien que vous, peut-être même un

peu mieux. «Demandez après lui demain, croyez-moi, et vous le

trouverez un homme grave.»

«Mais aujourd'hui Mercutio lui-même n'est pas plus fantasque ni

Shakespeare lui-même plus gai dans sa fantaisie du «doux

animal et d'une bonne conscience» que n'est ici le peintre quand

il dessine son lion souriant délicatement avec sa tête penchée de

côté comme un saint du Pérugin, et sa patte gauche levée, en

partie pour montrer la blessure faite par l'épine, en partie en signe

de prière:

Car si je devais, comme lion venir en lutte

En ce lieu, ce serait pitié pour ma vie.

«Les moines s'enfuyant sont tout d'abord à peine intelligibles et

ne semblent que des masses obliques blanches et bleues; et il y

a eu grande discussion entre M. Muray et moi pendant qu'il

dessinait le tableau pour le Musée de Sheffield, pour savoir si

l'action de fuir était, en réalité, bien rendue ou non: lui, maintenant

que les moines couraient réellement comme des archers

olympiques...; moi, au contraire, estimant que Carpaccio a

échoué, n'ayant pas le don de représenter le mouvement rapide.

Nous avons probablement raison tous deux, je ne doute pas que

l'action de courir, du moment que M. Murray le dit, soit bien

dessinée; mais à cette époque les peintres vénitiens n'avaient

appris à représenter qu'un mouvement lent et digne, et ce n'est

que cinquante ans plus tard, sous l'influence classique, que vint la

puissance impétueuse de Véronèse et du Tintoret.

«Mais il y a beaucoup de questions bien plus profondes à se

poser relativement à ce sujet de saint Jérôme que celle de

l'habileté artistique. Le tableau, en effet, est une raillerie; mais

n'est-ce qu'une raillerie? La tradition elle-même est-elle une

raillerie? ou est-ce seulement par notre faute, et peut-être par

celle de Carpaccio, que nous la faisons telle?

«En tous cas, veuillez, en premier lieu, vous souvenir que

Carpaccio, comme je vous l'ai souvent dit, n'est pas responsable

lui-même en cette circonstance. Il commence par se préoccuper

de son sujet, comptant, sans aucun doute, l'exécuter très

sérieusement. Mais son esprit n'est pas plus tôt fixé dessus que la

vision s'en présente à lui comme une plaisanterie et il est forcé de

le peindre ainsi. Forcé par les destins... C'est à Atropos et non à

Carpaccio que nous devons demander pourquoi ce tableau nous

fait rire; et pourquoi la tradition qu'il rappelle nous paraît purement

chimérique et n'est plus qu'un objet de risée. Maintenant que ma

vie touche à son déclin il n'est pas un jour qui ne passe sans avoir

augmenté mes doutes sur le bien fondé des mépris où nous nous

complaisons et mon désir anxieux de découvrir ce qu'il y avait à la

racine des récits des hommes de bien, qui sont maintenant la

fortune du moqueur.

«Et j'ai besoin de lire une bonne Vie de saint Jérôme. Et si je vais

chez M. Ongania je trouverai, je suppose, l'autobiographie de

George Sand, et la vie de M. Sterling peut-être; et de M. Werner,

écrit par mon propre maître et qu'en effet j'ai lu, mais j'oublie

maintenant qui furent soit M. Sterling ou M. Werner; et aussi peut-

être j'y trouverai dans la littérature religieuse la vie de M.

Wilberforce et de Mrs Fry; mais non le plus petit renseignement

sur saint Jérôme. Auquel néanmoins, toute la charité de George

Sand, et toute l'ingénuité de M. Sterling, et toute la bienfaisance

de M. Wilberforce, et une grande quantité, sans que nous le

sachions, du bonheur quotidien et de la paix de nos propres

petites vies de chaque jour, sont véritablement redevables,

comme à une charmante vieille paire de lunettes spirituelles sans

lesquelles nous n'eussions jamais lu un mot de la Bible

protestante. Il est, toutefois, inutile de commencer une vie de

saint Jérôme à présent, et de peu d'utilité pourtant de regarder

ces tableaux sans avoir une vie de saint Jérôme, mais il faut

seulement que vous sachiez clairement ceci sur lui, qui n'est pas

le moins du monde douteux ni mythique, mais entièrement vrai, et

qui est le commencement de faits d'une importance sans limites

pour toute l'Europe moderne—à savoir, qu'il était né de bonne ou

du moins de riche famille, en Dalmatie, c'est-à-dire à mi-chemin

entre l'Orient et l'Occident; qu'il rendit le grand livre de l'Orient, la

Bible, lisible pour l'Occident, qu'il fut le premier grand maître de la

noblesse du savoir et de l'ascétisme affable et cultivé, comme

opposés à l'ascétisme barbare; le fondateur, à proprement dire,

de la cellule bien arrangée et du jardin soigné, là où avant il n'y

avait que le désert et le bois inculte,—et qu'il mourut dans le

monastère qu'il avait fondé à Bethléem.

«C'est cette union d'une vie douce et raffinée avec une noble

continence, cet amour et cette imagination illuminant la caverne

de la montagne et en faisant un cloître couvert de fresques,

amenant ses bêtes sauvages à devenir des amis domestiques,

que Carpaccio a reçu ordre de peindre pour nous, et avec un

incessant raffinement d'imagination exquise il remplit ces trois

canevas d'incidents qui signifiaient, à ce que je crois, l'histoire de

toute la vie monastique, et la mort, et la vie spirituelle pour

toujours: le pouvoir de ce grand et sage et bienfaisant esprit

régnant à jamais sur toute culture domestique; et le secours que

la société des âmes des créatures inférieures apporte avec elle à

la plus haute intelligence et à la vertu de l'homme. Et si au dernier

tableau,—saint Jérôme en train de travailler, pendant que son

chien blanc» [dans Præterita (III, II) Ruskin dit que son chien

Wisie était exactement pareil au chien de saint Jérôme dans

Carpaccio] «observe d'un air satisfait son visage,—vous voulez

comparer, dans votre souvenir, un morceau de chasse par

Rubens ou Snyders, où les chiens éventrés roulent sur le sol

dans leur sang, vous commencerez peut-être à sentir qu'il y a

quelque chose de plus sérieux dans ce kaléidoscope de la

chapelle de Saint-Georges que vous ne l'aviez cru d'abord. Et, si

vous vous soudez de continuer à le suivre avec moi, pensons à

ce sujet risible un peu plus tranquillement.

«180. Quel témoignage nous est apporté ici, volontairement ou

involontairement, au sujet de la vie monastique, par un homme de

la perception la plus subtile, vivant au milieu d'elle? Que tous les

moines qui ont aperçu le lion sont terrifiés à en perdre l'esprit.

Quelle preuve curieuse de la timidité du monachisme! Voici des

hommes qui font profession de préférer à la Terre le Ciel—se

préparant à passer de l'une à l'autre—comme à la récompense de

tout leur sacrifice présent! Et voilà la façon dont ils reçoivent la

première chance qui leur est offerte d'accomplir ce changement

d'état.

«Évidemment l'impression de Carpaccio sur les moines doit être

qu'ils étaient plus braves ou meilleurs que les autres hommes,

mais qu'ils aimaient les livres, et les jardins, et la paix, et avaient

peur de la mort, par conséquent reculaient devant les formes du

danger qui étaient l'affaire des guerriers de la chevalerie, d'une

façon quelque peu égoïste et mesquine.

«Il les regarde clairement dans leur rôle de chevaliers. Ce qu'il

pourra nous dire ensuite de bien sur eux ne sera pas d'un témoin

prévenu en leur faveur. Il nous en dit cependant quelque bien,

même ici. L'arrangement, agréable dans la sauvagerie, des

arbres; les bâtiments pour les besoins religieux et agricoles

disposés comme dans une exploitation américaine de

défrichement, çà et là, comme si le terrain avait été préparé pour

eux; la grâce parfaite d'un art joyeux, pur, illuminant, remplissant

chaque petit coin de corniche de la chapelle, d'un portrait de saint

(*), enfin, et par-dessus tout, la parfaite bonté, la tendresse pour

tous les animaux. N'êtes-vous pas, quand vous contemplez cet

heureux spectacle, mieux en état de comprendre quelle sorte

d'hommes furent ceux qui mirent à l'abri du tumulte des guerres

les doux coins de prairies qu'arrosent vos propres rivières

descendues des montagnes, à Bolton et Fountains, Furnest et

Tintern? Mais, du saint lui-même, Carpaccio n'a que du bien à

vous dire. Les moines vulgaires étaient, du moins, des créatures

inoffensives, mais lui est une créature forte et bienfaisante.

«Calme, devant le lion!» dit le Guide avec sa perspicacité

habituelle, comme si, seul, le saint avait le courage d'affronter la

bête furieuse,—un Daniel dans la fosse aux lions! Ils pourraient

aussi bien dire de la beauté vénitienne de Carpaccio qu'elle est

calme devant le petit chien. Le saint fait entrer son nouveau favori

comme il amènerait un agneau, et il exhorte vainement ses frères

à ne pas être ridicules.

«L'herbe sur laquelle ils ont laissé tomber leurs livres est ornée de

fleurs; il n'y a aucun signe de trouble ni d'ascétisme sur le visage

du vieillard, il est évidemment tout à fait heureux, sa vie étant

complète et la scène entière est le spectacle de la simplicité et de

la sécurité idéales de la sagesse céleste:

«Ses chemins sont des chemins charmants et tous ses sentiers

sont la paix.»—(Note du Traducteur.)

Le verset biblique qui termine cette citation est tiré des Proverbes

(III, 17).

(*) Voyez la partie du monastère qu'on aperçoit au loin, dans le

tableau du lion, avec ses fragments de fresque sur le mur, sa

porte couverte de lierre et sa corniche enluminée.

[142]Milman, Histoire du Christianisme, vol. III, p. 162.

Remarquez la phrase en italique, car elle relate la vraie origine de

la papauté.—(Note de l'Auteur.)

[143]Saint Mathieu, X, 37. Cf. Fors Clavigera: «Il vient une heure

pour tous ses vrais disciples où cette parole du Christ doit entrer

dans leur cœur: «Celui qui aime son père et sa mère plus que moi

n'est pas digne de moi.» Quitter la maison où est votre paix, être

en rivalité avec ceux qui vous sont chers: c'est cela—si les

paroles du Christ ont un sens—c'est bien cela qui sera demandé

à ses vrais disciples.»—(Note du Traducteur.)

[144]Cf. Sesame and Lilies, of Kings Treasuries, 17: «Quel effet

singulier et salutaire cela aurait sur nous qui sommes habitués à

prendre l'acception usuelle d'un mot pour le sens véritable de ce

mot, si nous gardions la forme grecque biblos ou biblion comme

l'expression juste pour «livre», au lieu de l'employer seulement

dans le cas particulier où nous désirons donner de la dignité à

l'idée et si nous le traduisions en anglais partout ailleurs. Par

exemple, nous traduirions ainsi les Actes des Apôtres (XIX, 19):

«Beaucoup de ceux qui exerçaient des arts magiques réunirent

leurs Bibles et les brûlèrent devant tous les hommes, et en

comptèrent le prix et le trouvèrent de cinquante mille pièces

d'argent.» Et si au contraire nous traduisions là où nous la

conservons, et parlons toujours du Saint Livre au lieu de la Sainte

Bible, etc.»—(Note du Traducteur.)

[145]Cette sorte d'ignorance de ce qui est au fond de leur âme est

à la base de l'idée que Ruskin se fait de tous les prophètes, c'est-

à-dire de tous les hommes vraiment géniaux. Parlant de lui-même

il dit: «Ainsi, d'année en année, j'ai été amené à parler, ne

sachant pas, lorsque je dépliais le rouleau où était contenu mon

message, ce qui se trouverait plus bas, pas plus qu'un brin

d'herbe ne sait quelle sera la forme de son fruit (Fors, IV, lettre

LXXVIII, p. 121) et parlant des derniers jours de la vie de Moïse:

«Quand il vit se dérouler devant lui l'histoire entière de ces

quarante dernières années et quand le mystère de son propre

ministère lui fut enfin révélé» (Modern Painters, IV, V, XX, 46, cité

par M. Brunhes). Mais cet avenir que les hommes ne voient pas,

est déjà contenu dans leur cœur. Et Ruskin me semble ne jamais

l'avoir exprimé d'une façon plus mystérieuse et plus belle que

dans cette phrase sur Giotto enfant, quand pour la première fois il

vit Florence: «Il vit à ses pieds les innombrables tours de la cité

des lys; mais la plus belle de toutes (le Campanile) était encore

cachée dans les profondeurs de son propre cœur» (Giotto and his

work in Padua, p. 321 de l'édition américaine: The Poetry of

Architecture; Giotto and his work in Padua).—(Note du

Traducteur.)

[146]Saint Luc, XVI, 31.—(Note du Traducteur.)

[147]Gibbon, chap. XV (II, 277).

[148]Ibid., II, 283.—Son expression «les plus instruits et les plus

riches» doit être retenue comme confirmation de ce fait qui

apparaît éternellement dans le christianisme que des cerveaux

modestes dans leurs conceptions, et des vies peu soucieuses du

gain sont les plus aptes à recevoir ce qu'il y a d'éternel dans les

principes chrétiens.—(Note de l'Auteur.)

[149]Saint Paul, Éphésiens, II, 2, et V, 6 ;—Colossiens, III, 6.—

(Note du Traducteur.)

[150]Saint Matthieu, XVI, 24;—Saint Marc, VIII, 34, et X, 21. Voir

dans le post-scriptum de mon Introduction une phrase des

Lectures on Art où cette parole de saint Matthieu est

magnifiquement commentée.—(Note du Traducteur.)

[151]Un des plus curieux aspects de la pensée évangélique

moderne est l'aimable connexité qu'elle établit entre la vérité de

l'Évangile et l'extension du commerce lucratif! Voyez plus loin la

note pages 231, 238, 239.—(Note de l'Auteur.)

[152]«Prenez aussi le casque du salut et l'épée de l'Esprit qui est

la parole de Dieu (saint Paul, Éphésiens, VI, 17). Saint Paul

développe l'image dans l'Épître aux Hébreux (IV, 12).—(Note du

Traducteur.)

[153]Voir les passages de Præterita (III, 34, 39) cités par M.

Bardoux, où Ruskin discute sur la Bible avec un protestant «qui

ne se fiait qu'à soi pour interpréter tous les sentiments possibles

des hommes et des anges» et où à Turin il entre dans un temple

où l'on prêche à quinze vieilles femmes «qui sont, à Turin, les

seuls enfants de Dieu».—(Note du Traducteur.)

[154]Ruskin avait dit autrefois (1856) dans un sentiment d'ailleurs

différent: «Cet art du dessin qui est de plus d'importance pour la

race humaine que l'art d'écrire, car les gens peuvent difficilement

dessiner quelque chose sans être de quelque utilité aux autres et

à eux-mêmes et peuvent difficilement écrire quelque chose sans

perdre leur temps et celui des autres.» (Modern Painters, IV, XVII,

31, cité par M. de la Sizeranne).—(Note du Traducteur).

[155]Commentaires sur les Galates, chap. III.—(Note de l'Auteur.)

[156]Allusion essentiellement ruskinienne à l'étymologie du mot:

Sophie; ici c'est à peine un calembour, mais le lecteur a pu voir au

dernier chapitre à propos de la signification délicatement «Saline»

du mot Salien et dans les jeux de mots avec «Salés» et

«Saillants» jusqu'où pouvait aller la manie étymologique de

Ruskin. Pour nous en tenir au passage ci-dessus (Sophie-

Sagesse), il trouve son explication (et avec lui tous les jeux de

mots de Ruskin, même les plus fatigants), dans les lignes

suivantes de Sesame and lilies, Of kings treasuries, 15: Il

(l'homme instruit) est savant dans la descendance des mots,

distingue d'un coup d'œil les mots de bonne naissance des mots

canailles modernes, se souvient de leur généalogie, de leurs

alliances, de leurs parentés, de l'extension à laquelle ils ont été

admis et des fonctions qu'ils ont tenues parmi la noblesse

nationale des mots, en tous temps et en tous pays», etc. Je n'ai

pas le temps de montrer qu'il y a là encore une forme d'idolâtrie et

de celles à la tentation de qui un homme de goût a le plus de

peine à ne pas succomber.—(Note du Traducteur.)

[157]«Tous les dimanches, si ce n'est plus souvent, le plus grand

nombre des personnes bien pensantes en Angleterre reçoit avec

reconnaissance, de ses maîtres, une bénédiction ainsi formulée:

«La grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la

communion du Saint-Esprit soient avec vous.» Maintenant je ne

sais pas quel sens est attribué dans l'esprit public anglais à ces

expressions. Mais ce que j'ai a vous dire positivement est que les

trois choses existent d'une façon réelle et actuelle, peuvent être

connues de vous, si vous avez envie de les connaître, et

possédées si vous avez envie de les posséder.» Suit le

commentaire de ces trois mots (Lectures on Art, IV, § 125).—

(Note du Traducteur.)

[158]Voyez le dernier paragraphe de la page 43 de l'Autel des

Esclaves. Chose curieuse, au moment où je revois cette page

pour l'impression, on m'envoie une découpure du journal le

Chrétien où il y a un commentaire de l'éditeur évangélique

orthodoxe qui pourra, dans l'avenir, servir à définir l'hérésie propre

de sa secte; il oppose actuellement, dans son audace extrême, le

pouvoir du Saint-Esprit à l'œuvre du Christ (je voudrais seulement

avoir été à Matlock et avoir entendu l'aimable sermon du

médecin).

«On a pu assister, samedi dernier, dans le Derbyshire, à un

spectacle intéressant et quelque peu inaccoutumé: Deux Amis

vêtus à l'ancienne mode—dans le costume original des Quakers,

—prêchant au bord de la route un vaste et attentif auditoire, à

Matlock. L'un d'eux qui a, comme médecin, une bonne clientèle

dans le comté, et se nomme le Dr Charles-A. Fox, fit un

énergique appel à ses auditeurs, les pressant de veiller à ce que

chacun vécût docilement à la lumière du Saint-Esprit qui est en

lui. «Le Christ, au dedans de nous, était l'espoir de la gloire, et

c'était parce qu'il était suivi dans le ministère du Saint-Esprit que

nous étions sauvés par Lui qui devenait ainsi le commencement

et la fin de la loi. Il recommanda à ses auditeurs de ne pas bâtir

leur maison sur le sable en croyant au libre et facile évangile

qu'on prêche habituellement sur les routes, comme si nous

devions être sauvés en «croyant ceci ou cela». Rien, excepté

l'action du Saint-Esprit dans l'âme de chacun, ne pourrait nous

sauver, et prêcher quoi que ce soit hormis cela était simplement

abuser les simples et les crédules de la manière la plus terrible.

«Il serait déloyal de critiquer un discours d'après un si court

extrait, mais nous devons exprimer notre conviction à savoir que

c'est l'obéissance du Christ jusqu'à la mort, la mort sur la croix,

bien plutôt que l'action du Saint-Esprit en nous, qui constitue la

bonne nouvelle pour les pécheurs.—Ed.»

En regard de ce morceau éditorial de la presse théologique

moderne en Angleterre, je placerai simplement le 4°, 6° et 13°

versets des Romains (en mettant en italique les expressions qui

sont d'une plus haute importance et qui sont toujours négligées):

«afin que la justice de la LOI soit accomplie en nous, qui

marchons non selon la chair mais selon l'esprit... Car avoir l'esprit

tourné aux choses de la chair, c'est la mort, mais aux choses de

l'esprit, c'est la vie, et la paix... Car, si vous vivez pour la chair,

vous mourrez; mais, si c'est par l'esprit que vous mortifiez les

actes du corps, vous vivrez.»

Il serait bon pour la chrétienté que le service baptismal appliquât

ce qu'il fait profession d'abjurer.—(Note de l'Auteur.)

[159]Cf. «Vous êtes peut-être surpris d'entendre parler d'Horace

comme d'une personne pieuse. Les hommes sages savent qu'il

est sage, les hommes sincères qu'il est sincère. Mais les hommes

pieux, par défaut d'attention, ne savent pas toujours qu'il est

pieux. Un grand obstacle à ce que vous le compreniez est qu'on

vous a fait construire des vers latins toujours avec l'introduction

forcée du mot «Jupiter» quand vous étiez en peine d'un dactyle.

Et il vous semble toujours qu'Horace ne s'en servait que quand il

lui manquait un dactyle. Remarquez l'assurance qu'il nous donne

de sa piété: Dis pieta mea, et musa, cordi est, etc. » (Val d'Arno,

chap. IX, § 218, 219, 220, 221 et suiv.). Voyez aussi: «Horace est

exactement aussi sincère dans sa foi religieuse que Wordsworth,

mais tout pouvoir de comprendre les honnêtes poètes classiques

a été enlevé à la plupart de nos gentlemens par l'exercice

mécanique de la versification au collège. Dans tout le cours de

leur vie, ils ne peuvent se délivrer complètement de cette idée

que tous les vers ont été écrits comme exercices et que Minerve

n'était qu'un mot commode à mettre comme avant-dernier dans

un hexamètre et Jupiter comme dernier. Rien n'est plus faux...

Horace consacre son pin favori à Diane, chante son hymne

automnal à Faunus, dirige la noble jeunesse de Rome dans son

hymne à Apollon, et dit à la petite-fille du fermier que les Dieux

l'aimeront quoiqu'elle n'ait à leur offrir qu'une poignée de sel et de

farine,—juste aussi sérieusement que jamais gentleman anglais

ait enseigné la foi chrétienne à la jeunesse anglaise, dans ses

jours sincères (The Queen of the air, I, 47, 48). Et enfin: «La foi

d'Horace en l'esprit de la Fontaine de Brundusium, en le Faune

de sa colline et en la protection des grands Dieux est constante,

profonde et effective» (Fors Clavigere, lettre XCII, 111.)—(Note du

Traducteur.)

[160]Voir Præterita, I.—(Note du Traducteur.)

[161]Cf. Præterita, I, XII: «J'admire ce que j'aurais pu être si à ce

moment-là l'amour avait été avec moi au lieu d'être contre moi, si

j'avais eu la joie d'un amour permis et l'encouragement

incalculable de sa sympathie et de son admiration.» C'est toujours

la même idée que le chagrin, sans doute parce qu'il est une forme

d'égoïsme, est un obstacle au plein exercice de nos facultés. De

même plus haut (page 224 de la Bible): «toutes les adversités,

qu'elles résident dans la tentation ou dans la douleur» et dans la

préface Arrows of the Chase. «J'ai dit à mon pays des paroles

dont pas une n'a été altérée par l'intérêt ou affaiblie par la

douleur.» Et dans le texte qui nous occupe chagrin est rapproché

de faute comme dans ces passages tentation de peine et intérêt

de douleur. «Rien n'est frivole comme les mourants,» disait

Emerson. À un autre point de vue, celui de la sensibilité de

Ruskin, la citation de Præterita: «Que serais-je devenu si l'amour

avait été avec moi au lieu d'être contre moi,» devrait être

rapprochée de cette lettre de Ruskin à Rossetti, donnée par M.

Bardoux: «Si l'on vous dit que je suis dur et froid, soyez assuré

que cela n'est point vrai. Je n'ai point d'amitiés et point d'amours,

en effet; mais avec cela je ne puis lire l'épitaphe des Spartiates

aux Thermopyles, sans que mes yeux se mouillent de larmes, et il

y a encore, dans un de mes tiroirs, un vieux gant qui s'y trouve

depuis dix-huit ans et qui aujourd'hui encore est plein de prix pour

moi. Mais si par contre vous vous sentez jamais disposé à me

croire particulièrement bon, vous vous tromperez tout autant que

ceux qui ont de moi l'opinion opposée. Mes seuls plaisirs

consistent à voir, à penser, à lire et à rendre les autres hommes

heureux, dans la mesure où je puis le faire, sans nuire à mon

propre bien.»—(Note du Traducteur.)

[162]Cf.: «Comme j'ai beaucoup aimé—et non dans des fins

égoïstes—la lumière du matin est encore visible pour moi sur ces

collines, et vous, qui me lisez, vous pouvez croire en mes

pensées et en mes paroles, en les livres que j'écrirai pour vous, et

vous serez heureux ensuite de m'avoir cru» (The Queen of the

air, III).—(Note du Traducteur.)

[163]Cf.: «Tout grand symbole et oracle du Paganisme est encore

compris au moyen âge et au porche d'Avallon qui est du XIIe

siècle, on voit d'un côté Hérodias et sa fille et de l'autre Nessus et

Dejanire (Verona and other Lectures: IV, Mending of the Sieve, §

14).—(Note du Traducteur.)

[164]De même dans Val d'Arno, le lion de saint Marc descend en

droite ligne du lion de Némée, et l'aigrette qui le couronne est

celle qu'on voit sur la tête de l'Hercule de Gamarina (Val d'Arno, I,

§ 16, p. 13) avec cette différence indiquée ailleurs dans le même

ouvrage (Val d'Arno, VIII, § 203, p. 169) «qu'Héraklès assomme la

bête et se fait un casque et un vêtement de sa peau, tandis que le

grec saint Marc convertit la bête et en fait un évangéliste».

Ce n'est pas pour trouver une autre descendance sacrée au Lion

de Némée que nous avons cité ce passage, mais pour insister sur

toute la pensée de la fin de ce chapitre de la Bible d'Amiens,

«qu'il y a un art sacré classique». Ruskin ne voulait pas (Val

d'Arno) qu'on opposât grec à chrétien, mais à gothique (p. 161),

«car saint Marc est grec comme Héraklès». Nous touchons ici à

une des idées les plus importantes de Ruskin, ou plus

exactement à un des sentiments les plus originaux qu'il ait

apportés à la contemplation et à l'étude des œuvres d'art

grecques et chrétiennes, et il est nécessaire, pour le faire bien

comprendre, de citer un passage de Saint Mark's Rest, qui, à

notre avis, est un de ceux de toute l'œuvre de Ruskin où ressort

le plus nettement, où se voit le mieux à l'œuvre, cette disposition

particulière de l'esprit qui lui faisait ne pas tenir compte de

l'avènement du christianisme, reconnaître déjà une beauté

chrétienne dans des œuvres païennes, suivre la persistance d'un

idéal hellénique dans des œuvres du moyen âge. Que cette

disposition d'esprit à notre avis tout esthétique au moins

logiquement en son essence sinon chronologiquement en son

origine, se soit systématisée dans l'esprit de Ruskin et qu'il l'ait

étendue à la critique historique et religieuse, c'est bien certain.

Mais même quand Ruskin compare la royauté grecque et la

royauté franque (Val d'Arno, chap. Franchise), quand il déclare

dans la Bible d'Amiens que «le christianisme n'a pas apporté un

grand changement dans l'idéal de la vertu et du bonheur

humains», quand il parle comme nous l'avons vu à la page

précédente de la religion d'Horace, il ne fait que tirer des

conclusions théoriques du plaisir esthétique qu'il avait éprouvé à

retrouver dans une Hérodiade une canéphore, dans un Séraphin

une harpie, dans une coupole byzantine un vase grec. Voici le

passage de Saint Mark's Rest. «Et ceci est vrai non pas

seulement de l'art byzantin, mais de tout art grec. Laissons

aujourd'hui de côté le mot de byzantin. Il n'y a qu'un art grec, de

l'époque d'Homère à celle du doge Selvo» (nous pourrions dire de

Theoguis à la comtesse Mathieu de Noailles), «et ces mosaïques

de Saint-Marc ont été exécutées dans la puissance même de

Dédale avec l'instinct constructif grec, dans la puissance même

d'Athéné avec le sentiment religieux grec, aussi certainement que

fut jamais coffre de Cypselus ou flèche d'Érechtée».

Puis Ruskin entre dans le baptistère de Saint-Marc et dit: «Au-

dessus de la porte est le festin d'Hérode. La fille d'Hérodias danse

avec la tête de saint Jean-Baptiste dans un panier sur sa tête;

c'est simplement, transportée ici, une jeune fille grecque

quelconque d'un vase grec, portant une cruche d'eau sur sa tête...

Passons maintenant dans la chapelle sous le sombre dôme. Bien

sombre, pour mes vieux yeux à peine déchiffrable, pour les

vôtres, s'ils sont jeunes et brillants, cela doit être bien beau, car

c'est l'origine de tous les fonds à dômes d'or de Bellini, de Cima et

de Carpaccio; lui-même est un vase grec, mais avec de nouveaux

Dieux. Le Chérubin à dix ailes qui est dans le retrait derrière

l'autel porte écrit sur sa poitrine «Plénitude de la Sagesse». Il

symbolise la largeur de l'Esprit, mais il n'est qu'une Harpie

grecque et sur ses membres bien peu de chair dissimule à peine

les griffes d'oiseaux qu'ils étaient. Au-dessus s'élève le Christ

porté dans un tourbillon d'anges et de même que les dômes de

Bellini et de Carpaccio ne sont que l'amplification du dôme où

vous voyez cette Harpie, de même le Paradis de Tintoret n'est

que la réalisation finale de la pensée contenue dans cette étroite

coupole.

 

... Ces mosaïques ne sont pas antérieures au XIIIe siècle. Et

pourtant elles sont encore absolument grecques dans tous les

modes de la pensée et dans toutes les formes de la tradition. Les

fontaines de feu et d'eau ont purement la forme de la Chimère et

de la Pirène, et la jeune fille dansant, quoique princesse du XIIIe

siècle à manches d'hermine, est encore le fantôme de quelque

douce jeune fille portant l'eau d'une fontaine d'Arcadie.

Cette page n'a pas seulement pour moi le charme d'avoir été lue

dans le baptistère de Saint-Marc, dans ces jours bénis où, avec

quelques autres disciples «en esprit et en vérité» du maître, nous

allions en gondole dans Venise, écoutant sa prédication au bord

des eaux, et abordant à chacun des temples qui semblaient surgir

de la mer pour nous offrir l'objet de ses descriptions et l'image

même de sa pensée, pour donner la vie à ses livres dont brille

aujourd'hui sur eux l'immortel reflet. Mais si ces églises sont la vie

des livres de Ruskin, elles en sont l'esprit. (Jamais le vers que

redit Fantasio: «Tu m'appelles ta vie, appelle-moi ton âme» ne fut

d'une application plus juste.) Sans doute les livres de Ruskin ont

gardé quelque chose de la beauté de ces lieux. Sans doute, si les

livres de Ruskin avaient d'abord créé en nous une espèce de

fièvre et de désir qui donnaient, dans notre imagination, à Venise,

à Amiens, une beauté que, une fois en leur présence, nous ne

leur avons pas trouvée d'abord, le soleil tremblant du canal ou le

froid doré d'une matinée d'automne française où ils ont été lus,

ont déposé sur ces feuillets un charme que nous ne ressentons

que plus tard, moins prestigieux que l'autre, mais peut-être plus

profond et qu'ils garderont aussi ineffaçablement que s'ils avaient

été trempés dans quelque préparation chimique qui laisse après

elle de beaux reflets verdâtres sur les pages, et qui, ici, n'est autre

que la couleur spéciale d'un passé. Certes si cette page du Repos

de saint Marc n'avait pas d'autre charme, nous n'aurions pas eu à

la citer ici. Mais il nous semble que, commentant cette fin du

chapitre de la Bible d'Amiens, elle en fera comprendre le sens

profond et le caractère si spécialement «ruskinien». Et, rapproché

des pages similaires (Voir les notes, pages 213, 214, 338 et 339),

il permettra au lecteur de dégager un aspect de la pensée de

Ruskin qui aura pour lui, même s'il a lu tout ce qui a été écrit

jusqu'à ce jours sur Ruskin, ce charme ou tout au moins ce

mérite, d'être, il me semble, montré pour la première fois.—(Note

du Traducteur.)

[165]«Le grec lui-même sur ses poteries ou ses amphores mettait

un Hercule égorgeant des lions» (la Couronne d'olivier sauvage,

traduction Elwall, p. 44).—(Note du traducteur.)

 

[166] e Allusion au XIV livre des Songes où Samson déchire un

jeune lion «comme s'il eût déchiré un chevreau sans avoir rien en

sa main». «Et voici, quelques jours après, il y avait dans le corps

du lion un essaim d'abeilles et du miel... Et il leur dit: «De celui qui

dévorait est procédée la nourriture, et la douceur est sortie de

celui qui est fort» (Songes, XIV, 5-20).—(Note du Traducteur.)

[167]Contre un lion (I Samuel, XVII, 34-38).—(Note du

Traducteur.)

[168]Daniel. (Voir Daniel, chap. VI).—(Note du Traducteur.)

[169]Allusion probable à Virgile:

«Nec magnos metuent armenta leones.»

(Églogues, IV, 22.)

(Note du Traducteur.)

[170]« On ne nuira point, et on ne fera aucun dommage à

personne dans toute la montagne de ma Sainteté» (Isaïe, XI, 9).

—(Note du Traducteur.)