La chanson des joujoux

Jules Jouy · Chapitre 17 sur 21

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La chanson des joujoux

Polichinelle

 

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Les polichinell’s enroués

Des pantins sont les plus roués;

Arlequin, Pierrot, sont tremblants

Devant leur nez roug’s, leurs cheveux blancs. C’est eux qui, se poussant du col,

Font la loi chez monsieur Guignol;

Car, bien qu’ils soient vieux et bossus,

Dans les bataill’s ils ont l’ dessus.

Refrain

Bossus par devant, bossus par derrière,

Il faut les voir rosser le commissaire;

Le commissair’, qui n’aim’ pas ce p’tit jeu, A beau crier: «Au feu!... Au feu!... Au feu!...»

Polichinell’ prend son bâton:

«—Tiens donc!... Tiens donc!... Tiens donc!...

Tu vas goûter du jus d’rotin,

Pour t’apprendre à fair’ du potin,

Vieux rocantin!»

Gourmands, ivrognes et filous,

Mauvais pères, maris jaloux,

Tous les soirs, chez eux, sans pitié,

Ils cognent leur tendre moitié.

Ils rossent tous leurs créanciers,

Écrasent le nez des huissiers

Et tapent, le reste du temps,

Sur ceux qui ne sont pas contents.