La phyto, ma médecine au naturel

Éric Lorrain · Chapitre 3 sur 52

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La phyto, ma médecine au naturel

Chapitre 1. D’où viennent les pouvoirs des plantes ?

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D’où viennent les pouvoirs

 

des plantes ?

 

Bonne question en vérité, qui en sous-entend de nombreuses autres. Quels

sont les pouvoirs des plantes ? Pour quels usages ? Pour qui ? Pourquoi ?

Comment ? Plus que la connaissance immédiate de leurs propriétés, chacun

se demande quelle utilité certaines plantes peuvent avoir pour résoudre nos

problèmes de santé, des plus simples aux plus compliqués.

 

Pouvoir des plantes, puissance des Hommes

 

Cette quête est vieille comme le monde. De tous temps, sapiens a utilisé la

première ressource-santé à portée de main, le végétal, en communion

naturelle avec son environnement, devenue surnaturelle lorsqu’étaient

découvertes, à force d’expériences, certaines propriétés de guérison des

plantes disponibles alentours. Imaginez le tableau : le mal prenait

possession de l’infortuné, et telle herbe agissait, de façon mystérieuse, pour

l’en déloger. Magique ! La connaissance de ce remède conférait à son

détenteur le pouvoir de guérison… Un vrai transfert de compétence, de la

plante à l’Homme. Pendant des dizaines de milliers d’années, les cueilleurs-

chasseurs ont accumulé une connaissance empirique des herbes présentes

dans leur écosystème. Ce savoir s’est développé au fil des migrations des

peuples, lesquelles ont eu pour effet de découvrir de nouvelles espèces et de

diffuser celles déjà en usage. Les plantes sauvages sont restées pendant

longtemps la seule source d’approvisionnement, même après la révolution

agricole, il y a 10 000 ans1, qui a vu la sédentarisation progressive des humains et la mise en culture d’un nombre croissant de végétaux, à visées

non seulement alimentaire mais aussi médicinale. De nos jours encore, la

gentiane, l’harpagophytum, le griffonia, le mucuna, par exemple, sont

toujours prélevés dans leur environnement naturel pour servir de matière

première en phytothérapie. Cependant, la plupart des plantes ont été

progressivement « apprivoisées » et produites par des exploitants agricoles

spécialisés. Peu à peu, au fil des découvertes et des échanges entre les

peuples, les plantes ont exercé leur pouvoir, non seulement pour nourrir et

soigner les individus et les familles, mais aussi comme outil de partage et

d’échange, comme marqueur de culture et de tradition, comme source de

développement commercial et d’enrichissement (la route des épices), voire

comme instrument de pouvoir ou de prestige (le ginseng, initialement

réservé à l’empereur de Chine).

Connaître le pouvoir des plantes, c’est le détenir, se l’approprier et

l’utiliser de façon à permettre la survie et à perpétuer la vie. L’Homme a

toujours été confronté à un enjeu existentiel : préserver le plus important

capital qui soit, à savoir la capacité de rester en vie, le plus longtemps

possible, dans la meilleure condition possible, et de perpétuer l’espèce. « Le

plus pauvre n’échangerait pas sa santé pour de l’argent, mais le plus riche

donnerait tout son argent pour la santé », résume l’ecclésiastique anglais

Charles Caleb Colton (1780-1832). Il s’agit non seulement de survivre,

mais aussi de se développer (l’espèce humaine est expansionniste), voire de

dominer (dans l’histoire de l’humanité, les forts contrôlent les faibles). En

ce sens, connaître les propriétés des plantes constitue un atout majeur pour

qui sait en faire un usage adapté, de façon à répondre à ses besoins et à ses

intentions. Vous avez probablement une bonne opinion du règne végétal,

avec l’idée positive que les herbes sont bénéfiques pour le genre humain.

En a-t-il toujours été ainsi ? Pour des Borgia et consorts qui maniaient

l’aconit, l’if, la jusquiame, le pavot, la ciguë avec la même facilité que

Lucky Luke faisait virevolter son pistolet à six coups, l’utilisation du

pouvoir « thanatoinducteur2 » des poisons végétaux constituait une

alternative efficace à la diplomatie ou à la guerre. De nos jours, il parait que

le novitchok, le polonium, et la dioxine ont remplacé ces substances

nocives, au service de certains services secrets, perpétuant un art du poison

héritier d’un usage fort peu philanthropique des plantes, lequel, en vérité, remonte à la nuit des temps. Les chasseurs utilisaient des substances