Le ranch de l'espoir

Allison B · Chapitre 3 sur 3

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Le ranch de l'espoir

Prologue

18 mois plus tôt, Genève, Suisse

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Mégane

 

Mon réveil est plutôt matinal. Il faut dire qu’en ce moment, j’ai du mal à trouver un sommeil apaisant. À chaque fois que j’ouvre un œil le matin, je me demande ce qu’il va se passer, si ce sera une journée ordinaire ou si au contraire, tout va s’arranger.

J’enfile un peignoir et descends les escaliers à pas de loup. Il faut que Loïc se repose. Comme à mon habitude, je ne prends pas le temps de déjeuner, je me précipite sur mes produits ménagers et je désinfecte le moindre recoin.

Puis je profite du temps qu’il me reste pour lui préparer le petit déjeuner au lit. Loïc est mon petit ami depuis environ quatre ans et j’ai emménagé chez lui il y a quelques mois. La vie n’est pas toujours simple avec lui, mais je fais avec parce que je l’aime et qu’il est la seule personne sur qui je peux compter.

Mes parents sont morts il y a quelques mois dans un accident de voiture, c’est depuis ce temps que je vis avec Loïc, mais c’est aussi à cette période qu’il a commencé à changer. Je pense que ça a toujours été sa vraie nature mais il a tout simplement appris à être irréprochable devant les gens. En tout cas, il s’est toujours très bien comporté devant ma famille, c’est pour cette raison que j’ignorais ce qui m’attendait.

J’ai perdu beaucoup d’amis par sa faute, surtout les hommes que j’ai dû oublier dès que je l’ai rencontré, il ne supporte pas qu’un autre homme m’approche. Aux yeux des autres, nous sommes le couple que tout le monde envie, mais ça, c’est parce qu’ils ne le connaissent qu’en surface.

Puis par la suite, il trouvait des excuses plus farfelues les unes que les autres pour que je voie de moins en moins mes copines. Alors, j’ai fini par abandonner l’idée de les voir et elles se sont lassées tout comme moi.

Mes journées, je les passe à la maison, bien que j’ai obtenu mon BTS assistante de direction il y a de cela quelques années, il a mis un point d’honneur à ce que je devienne une parfaite femme d’intérieur. Et il a très bien réussi sa mission car tenter d’être parfaite en tout point est devenu mon objectif principal.

Je travaillais pour la mairie de ma ville lorsque l’on s’est rencontré. Il a commencé à me rendre visite souvent, ça en devenait gênant vis-à-vis de mes collègues qui se posaient de plus en plus de questions. Et puis, petit à petit, il trouvait que je travaillais trop et que cela risquait d’être un frein si nous voulions concevoir une vraie petite famille. Bien heureuse évidemment. Depuis, il évite le sujet et lorsque je tente une approche, voici ses réponses : « je suis en attente d’une belle promotion ou, ce n’est pas vraiment le moment, ou bien encore je suis malade et j’en passe… »

J’ai depuis laissé cette idée dans un coin de ma tête, après tout, il a raison, ce n’est pas vraiment le moment. Pourtant, il y a des jours où tout se passe bien, je dirais même qu’il me traite comme une reine. Enfin, c’est l’impression que cela donne, je n’ai pas vraiment de point de comparaison. Loïc est mon premier amour, la relation la plus sérieuse que j’ai connue en tout cas. Et la plus désastreuse aussi.

Dans les bons jours, ceux où il accepte de prendre ses antidépresseurs, il m’emmène au restaurant, au cinéma, et j’ai même l’autorisation d’aller à la piscine sans qu’il me surveille, tout se passe bien dans le meilleur des mondes, mais dans ses mauvais jours comme aujourd’hui, il me bat. Quelquefois, il me fracasse le crâne contre une table ou avec un objet qu’il me jette ensuite au visage. Je me suis bien trop souvent retrouvée à l’hôpital, chaque fois à un endroit différent pour éviter les questions personnelles et récurrentes. D’autres fois, c’est de harcèlement moral dont je suis victime avec des insultes ou des provocations. Ce sont ces blessures-là les plus difficiles à cicatriser. Chacun de ses mots me transpercent comme un coup de poignard.

La journée s’est passée sans encombre, quelques petites réflexions par-ci par-là, mais rien d’inhabituel en soit. Jusqu’à ce soir. Je n’aurais pas dû lui répondre, j’avais l’impression de le retrouver comme au tout début, alors j’ai pris un peu trop de liberté…

— Loïc, je t’en supplie ! Lâche-moi tu me fais mal !

Il resserre ses doigts plus profondément sur ma gorge, ma vue commence à se brouiller. Dans ces moments-là, j’espère de tout cœur qu’il ne relâche pas sa prise et qu’enfin mon calvaire prenne fin.

Loïc finit par me lâcher comme toujours, et je suffoque, ma gorge est en feu. Je vois bien qu’il prend son pied à me faire peur, il a de plus en plus confiance en lui, il se croit puissant. Contrairement à moi qui m’enfonce de plus en plus dans la solitude, perdant le peu d’estime qu’il me reste et mon énergie s’épuise à mesure du temps qui passe.

J’essaye de bouger mais il m’en empêche. Au lieu de ça, il me force à me mettre à genoux et la peur au ventre, je lui obéis. Je sais que si je refuse, il serait capable de m’envoyer une nouvelle fois à l’hôpital. Je sais également ce qui m’attend, il va me forcer à le prendre en bouche jusqu’à ce que j’en vomisse.

Il me maintient la nuque d’une main, et de l’autre, il commence à descendre son pantalon. Ses yeux d’un marron profond, se teintent d’une couleur bien plus sombre. Je connais cette couleur, c’est le pigment qui me rappelle sa folie… Je ferme les yeux de toutes mes forces, j’éprouve tellement de dégoût pour lui que je force mon cerveau à se déconnecter de la réalité. J’essaye tant bien que mal de penser qu’il existe une vie meilleure pour moi quelque part, loin d’ici, loin de ce moment atroce.

J’ai essayé de partir à plusieurs reprises, la première fois qu’il s’est montré violent, c’était pour une histoire banale. Nous venions d’emménager, et je suis allée acheter quelques objets de décoration pour apporter une touche féminine à notre nouvel appartement. Ce n’était pas à son goût, semble-t-il, alors, lorsqu’il est rentré du travail, les premiers coups ont fait leur apparition. Il s’est excusé un peu plus tard, mais le mal était fait, je n’ai pas pu sortir pendant plusieurs jours. J’ai pensé que c’était juste une erreur, que cela ne se reproduirait plus et pourtant…

Une semaine plus tard, il a recommencé et bien sûr, je lui trouvais toujours de bonnes excuses.

Cette fois-là, je suis partie sans rien dire. Ayant peu d’amies, il a été très facile pour lui de me retrouver. Je me suis refugier chez mon amie Coralie ce soir-là, seulement, quand Loïc a débarqué quelques heures plus tard, elle m’a poussée dans ses bras. Elle m’a encouragée et m’a dit « Allez Mégane, retourne chez toi, tu ne vois pas comme il est misérable sans toi ? Pardonne-lui, c’est juste une dispute, ça arrive de temps en temps dans un couple. C’est tout à fait naturel ». Je me souviens du sourire hypocrite qu’il avait lancé à mon amie ce jour-là. Il avait encore gagné. J’en veux à Coralie de n’avoir jamais vu ma détresse au fond de mes yeux, d’avoir fermé les yeux face à tous ces bleus sur mon corps, mais je m’en veux surtout à moi-même d’avoir encaissé sans jamais rien dire.

Évidemment, elle ne soupçonnait pas ce qu’il se passait derrière ma porte. Toute cette violence semble faire partie de mon quotidien maintenant, c’est presque devenu normal. La peur que je ressens chaque jour, justifie mon silence, je me suis empêtrée dans un cercle vicieux dont je ne peux plus réchapper.

Mon cerveau se reconnecte à la réalité et bientôt, je le sens venir dans ma bouche. Il va enfoncer son sexe encore plus profondément, ce qui va me donner la nausée. Je dois me retenir de vomir sinon il me mettra le visage dedans, c’est sa façon à lui de me punir. Il l’a déjà fait, c’est un grand malade ! Pourtant je ne suis pas à blâmer car je reste à ses côtés malgré tout ! Une fois le supplice terminé, il me tend la main afin que je me relève et m’embrasse sur le front.

— Nettoie rapidement la maison et ensuite viens te coucher, dépêche-toi, je n’en ai pas encore fini avec toi, crache-t-il.

Je fais ce qu’il me dit puis j’irai le rejoindre. La maison est toujours parfaite, mais s’il voit le moindre grain de poussière, il pète complètement les plombs ! C’est pour cette raison que la plupart du temps, je passe mon chiffon mainte et mainte fois aux mêmes endroits, par peur des représailles. Je me suis suffisamment tuée à la tache ce matin mais je lui obéis tout de même, je ne voudrais pas le mettre en colère une fois de plus.

Terrorisée, je franchis le pas de la porte de notre chambre. Il s’est endormi, merde ! Si jamais il se rend compte que je me suis couchée sans qu’il ait eu sa dose de sexe, demain, je vais m’en prendre plein la gueule. Je n’en peux plus de me faire battre pour des futilités. La moindre petite chose le contrarie.

Je réfléchis rapidement à une solution. Mon cœur s’emballe à l’idée de fuir, mais que puis-je faire d’autre ? Rester toute ma vie ainsi ou repartir à zéro ? Après tout de même quelques secondes d’hésitation, je fais ce que j’aurais dû faire depuis déjà quelques mois : je pars sans un mot, sans vêtement. Je prends juste mon sac à main et mes clefs de voiture, sans faire de bruit je quitte la maison de l’horreur… Cette fois, il ne me retrouvera jamais…

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King Of Bikers-Devon : sortie le 1er août

 

2018

 

Chapitre 1

Nouveau départ

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Hannah

 

Demain je vais vivre ma première journée en tant qu’institutrice de maternelle à l’école privée St Benedict School dans la ville où je suis née. Auparavant, j’enseignais dans un collège public du Colorado mais je suis revenue car mon père est tombé malade, un cancer foudroyant.

Alors me revoilà, après six ans d’absence dans cette petite bourgade de Californie. Le soleil, la mer et tous ces beaux paysages typiques m’ont manqué. Je vais faire le plein de vitamine D avant mon prochain départ, car je ne compte pas rester ici éternellement. Ma vie est ailleurs et je fais juste un rapide saut en ville avant de reprendre le cours de mon existence.

Malheureusement, mon père est mourant et je ne sais pas combien de temps je devrais rester à ses côtés. Trop de mauvais souvenirs me hantent et je n’ai aucune envie de gâcher cette dernière journée de repos à repenser à ce déplorable passé.

Bien sûr, je me mens à moi-même, je n’y ai pas eu que de mauvais moments, j’y ai passé les plus belles années de ma vie, enfin, de mon enfance et de mon adolescence. Je suis partie pendant la période la plus difficile de ma vie, c’est-à-dire au décès de ma sœur.

Je n’avais que vingt-deux ans et elle vingt-quatre, nous n’avons jamais su ce qui lui était passé par la tête ce jour-là. Aucun indice ne permettait de prévoir qu’elle allait mettre fin à ses jours. Elle n’a pas laissé de lettre et la police en a conclu à un suicide, puisque de la poudre a été retrouvée sur la main avec laquelle elle a tiré.

Elle paraissait pourtant heureuse et elle ne m’a jamais confié quoi que ce soit qui pouvait l’entraîner vers la dernière journée de son existence. Je pensais pourtant que l’on était proche, on s’est toujours serré les coudes quoi qu’il arrive. Nous avions même appris à ne jamais nous disputer comme peuvent le faire certaines fratries quand elles ont un âge aussi rapproché que le nôtre.

Lorsque j’avais cinq ans, notre maman a disparu dans un accident de voiture. C’est pour cette raison que nous ne voulions plus être séparées. Bien sûr, il y avait des hauts et des bas, mais nous ne restions jamais fâchées très longtemps. Elle a tout de même fait le choix de nous quitter, papa et moi.

À la suite de cette période, j’ai fait une terrible dépression, papa a donc pris la décision de quitter la Californie pour le Colorado. J’y ai fini mes études et j’ai vaincu cette maladie qui exige une très longue et pénible guérison, il faut s’accrocher et se battre chaque jour pour s’en sortir.

Après un petit temps d’adaptation, je me suis sentie chez moi là-bas, mais je constatais que pour mon père c’était différent et le fait de ne plus pouvoir rendre visite à maman quotidiennement au cimetière lui manquait.

J’ai donc pris l’initiative de l’encourager à retourner en Californie, et c’est pour cette raison que nous nous sommes quittés il y a quatre ans. Évidemment, il y avait le téléphone et nous nous retrouvions plusieurs fois par an mais ne plus le voir tous les jours me manquait plus que je ne le pensais.

Quand un soir de janvier, il a fini par m’avouer qu’il était malade, il était déjà trop tard. Son cancer était en phase terminale. Je lui en ai beaucoup voulu de me l’avoir caché, pensant peut-être qu’il aurait pu s’en sortir si j’avais été là. Puis j’ai fini par lui pardonner son silence, comprenant qu’il l’avait fait pour me protéger. Je me rendais le plus souvent possible chez lui, mais ça n’était pas suffisant.

Son état s’aggravait de semaine en semaine et j’ai donc pris la décision de me trouver un travail ainsi qu’un logement proche de lui pour l’accompagner dans ses derniers instants.

Par chance, un poste d’enseignant s’est libéré cet été à mon grand soulagement. Me voilà donc prête à reprendre en main une classe de moyenne section de maternelle. Je suis un peu apeurée car je n’ai jamais enseigné à des enfants de cet âge, mais je suis également très excitée de rencontrer ces petits bouts. Une nouvelle aventure commence pour moi et malgré les circonstances qui m’ont amenée ici, je suis tout de même heureuse d’être de retour.

— M’amour ?

— Oui, chéri ?

— Tu n’aurais pas vu ma cravate bleue et dorée ? Je ne la retrouve pas avec ce foutu déménagement.

Voici monsieur grincheux, Alex, mon fiancé, il est parvenu à me suivre au dernier moment. Cela s’est révélé un peu plus compliqué pour lui de trouver du travail ici. Il est analyste financier et officie désormais pour une société spécialisée dans le rachat d’entreprises en faillite. Il débute aujourd’hui, un peu stressé car le poste qui lui a été proposé lui offre plus de responsabilités que le précédent. Il y a tout de même quelques conséquences pour mon couple puisque je vais devoir souvent dîner seule, en tête-à-tête avec moi-même. Avec les hautes études qu’il a faites, il mérite amplement ce poste et je peux faire certaines concessions afin qu’il ait le job de ses rêves. Après tout, il a tout quitté pour me suivre sans aucune hésitation.

— Viens par ici, tu l’as posée sur le lit, tu ne t’en souviens plus ?

— Je t’avoue que je perds la tête !

Je lui noue sa cravate comme mon père me l’a appris étant enfant. Il me disait toujours : « une jeune fille doit apprendre à nouer une cravate correctement car le jour où elle rencontrera un homme intelligent, ce sera à son tour de lui nouer sa cravate ». Il disait aussi : « le jour où tu rencontreras cet homme, ce sera le bon ». Mon père avait raison, j’ai fini par le rencontrer.

— Voilà c’est parfait. Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer et ils vont t’adorer !

— Si tu le dis mon amour, tu as sûrement raison… Bon je dois y aller, je préfère arriver en avance. À ce soir.

— À ce soir, je t’attends pour dîner.

Il claque la porte derrière lui et je profite de ce moment de tranquillité pour appeler mon père qui décroche immédiatement.

— Allô, ma fille adorée ?

— Comment vas-tu, mon papa ?

— Très bien ma puce et toi ? Ton déménagement se passe bien ?

Comme à son habitude, il me répond qu’il va bien mais je sais qu’il souffre, la douleur est de plus en plus difficile à supporter malgré les soins palliatifs. Il ne reçoit plus de chimiothérapie car il ne peut plus l’endurer mais les médicaments sont là pour privilégier son confort puisque aucune guérison n’est envisageable.

Une assistante de vie vient chaque jour pour l’aider dans les gestes de la vie quotidienne et quand je suis disponible, je prends évidemment le relais.

— Oui ça avance, je profite d’être seule pour déballer quelques cartons. Alex commence aujourd’hui son nouveau travail, j’en profiterai donc pour venir te tenir compagnie cet après-midi.

— Avec plaisir ma puce, je te laisse déballer tes cartons, on se voit tout à l’heure.

— Pas de soucis, à tout à l’heure papa.

Rassurée sur son état de santé, il ne me reste plus qu’à m’activer pour ouvrir le reste de nos valises.

— Ahhhh ! Je déteste les déménagements ! dis-je tout haut.

Voilà que je parle toute seule maintenant.

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Chapitre 2

 

Biker pour la vie

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Devon

 

— Hey mec, viens m’aider !

Ce gars pesait déjà une tonne vivant mais mort, impossible de le traîner tout seul ! Owen est bien plus costaud que moi et me sera d’une aide précieuse pour déplacer ce gros tas de graisse. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix-huit pour une centaine de kilos, mon pote me dépasse d’une tête et il a porté le corps comme s’il déplaçait une fourmi.

On le jette dans le trou que l’on a creusé la veille sans aucun remord, aucun sentiment ne nous anime, enfin, pour ma part en tout cas. Il y a longtemps que j’ai cessé de me morfondre sur le sort de ces pauvres gars. Quand ils trahissent le club de quelque manière que ce soit, ils savent qu’ils creusent leur tombe, c’est indéniable.

Mon club, c’est ma famille et personne ne touche à la famille. Malheureusement pour ce type, il était au mauvais endroit, au mauvais moment. Il nous a surpris en train de dealer un bon paquet de drogue. On ne pouvait pas le laisser en vie et prendre le risque qu’il nous balance, alors aucune pitié.

Après avoir pris soin de lui arracher les dents une par une et de brûler le bout de ses doigts comme nous le faisons à chaque victime afin de retarder l’identification, nous enfourchons notre bécane. Tous les membres du club possèdent le même engin : une Kawasaki NZ noire, année 2014.

Nous prenons la route Highway 1, on y découvre l’océan à perte de vue. J’adore rouler ici, j’ai l’impression de voler sur la route, au loin, le ciel et la mer se confondent et cet effet d’optique me surprend toujours. Il n’y a que sur ma moto que je me sens aussi heureux, aussi libre. Rien au monde ne pourra changer ça.

Après quelques minutes passées sur la route, nous retrouvons notre bar fétiche le « Gunfighter ». C’est mon père qui est à l’origine de sa construction et il en est fier à chaque fois qu’il l’évoque. L’emblème du club y est représenté sur la devanture : il s’agit d’une moto enflammée positionnée devant le drapeau américain. À l’intérieur ça sent bon le cuir et le whisky. Je suis ici chez moi. C’est notre point de rendez-vous avec le club, mais pas seulement, nos femmes et nos enfants en font partie intégrante.

Certains comme moi, ont préféré une vie d’éternel célibataire. Enfin, j’ai mon fils qui partage ma vie depuis maintenant quatre ans. Ma relation avec sa mère était une énorme erreur. Elle est encore moins fréquentable que moi et elle a décidé de poursuivre sa route seule. Au moins, pour une fois dans sa vie, elle a pris une bonne décision, celle de me laisser mon enfant puis de disparaître…

D’autres, comme Owen et Ben, sont rentrés dans le droit chemin. Ils essaient tant bien que mal de garder leur famille loin de toute cette merde et moi, en tant que vice-président, j’évite autant que possible de les faire tremper dans nos affaires les plus louches.

J’aperçois Théo qui est en train de peloter une gonzesse dans un coin, rien d’inhabituel, ce mec est pire que moi ! Je baise toutes les nanas à peu près potables, mais lui, il saute tout ce qui a un trou. Un vrai putain de pervers.

Ma mère est assise à une table à faire nos comptes, c’est elle qui gère notre intendance. Elle se lève dès qu’elle nous voit entrer, dépose un baiser sur la joue d’Owen et vient ensuite me prendre dans ses bras.

— Salut grand-mère, lui dis-je pour plaisanter.

Elle me répond en me tapant l’épaule et fait semblant de s’offusquer.

— Ne m’appelle plus jamais comme ça « papa », se défend-elle. Tout est réglé ?

— Tout est réglé, lui confirmé-je.

Ma mère parle bien sûr du gros tas dont on s’est occupé tout à l’heure.

— Où est mon fiston ?

— Oh ben comme d’habitude, avec son tonton Ben en train de bricoler sur une moto.

— Tant qu’il s’amuse, pour moi, c’est le principal.

— Oui mais ce n’est pas toi qui lui donne son bain le soir, tu le verrais, il est couvert de cambouis quand il rentre !

— Tu devrais avoir l’habitude pourtant, je faisais la même chose étant petit et j’ai commencé bien plus tôt que lui.

— Oui et regarde où cela t’a mené, me dit-elle sur un ton de reproche.

— C’est le destin m’man, tu te doutais bien que papa me prendrait sous son aile.

Je pense alors à mon fils et je ne veux pas qu’il prenne le même chemin que moi. Grandir dans un monde où la violence, le sang et les trafics en tous genres font partie de notre quotidien, je veux à tout prix éviter que cela devienne son mode de vie à lui aussi. Je vais essayer de le préserver autant que possible.

À peine arrivé dans le bar que je me sens déjà oppressé. Je n’arrive pas à rester enfermé plus de trente minutes au même endroit sinon je tourne comme un lion en cage. Pour m’occuper, je pars en direction du garage rejoindre mon fils et voir dans quel état il s’est mis.

— Salut, les gars.

Je serre la main de Ben et comme à son habitude, Alvin voulant imiter les adultes, me sert également la main. Il me fait rire, il me fait penser à moi étant petit, les mêmes manières, le même regard et surtout la même bouille. Je suis totalement dingue de mon fils.

— Tu t’amuses bien avec tonton Ben ?

Ben n’est pas réellement son oncle mais dans le club, nous sommes liés par les liens du cœur.

— Tonton m’a laissé resserrer sa roue tout seul et j’ai réussi, me dit-il en me faisant toucher ses petits biceps.

Ben me regarde et me glisse un clin d’œil discret, afin de me faire comprendre que bien évidemment, il est repassé derrière lui mais ça, Alvin ne le saura jamais.

— T’es un vrai champion, dis-je en lui tapant dans la main.

Je le pense vraiment, il est très en avance pour ses quatre ans. Mima lui apprend beaucoup de choses et j’espère qu’il continuera dans cette voie. Il a de bonnes notes à l’école et j’espère qu’il aura la chance de faire de longues études, pas comme moi qui me suis arrêté avant l’université.

— Tu te souviens que c’est la rentrée demain, tu es prêt à retourner à l’école ? Il est tard et il faut que tu rentres à la maison te débarbouiller.

— Oui, mais je veux pas y aller, je vais avoir une nouvelle maîtresse et j’ai pas envie. Madame Silver était très gentille.

— C’est pas grave fiston, tu vas apprendre à la connaître et je suis sûr qu’elle est très gentille aussi.

— Je sais pas, me dit-il un peu triste.

— Allez viens, on va aller te laver un peu et après on ira manger où tu veux !

— Ouiiii, super ! À plus tonton, lance-t-il à Ben alors qu’il a retrouvé le sourire.

Je laisse ma bécane garée au bar pour ce soir et reprends ma voiture pour une virée entre mecs avec mon petit bonhomme.

 

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Chapitre 1

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Mise en beauté

 

Alice

 

Tout d’abord, je passe le lisseur sur ma longue crinière blonde qui tombe en cascade sur mes épaules puis j’y plonge mes doigts pour les discipliner. Je regarde mon reflet dans le miroir et je suis satisfaite de ce que j’y vois. J’ai forcé sur le maquillage comme d’habitude, il me permet de me dissimuler derrière la personne que je suis réellement. Je souris à cette fille aux yeux chocolat qui a l’air épanouie, mais tout ceci n’est qu’illusion.

Je suis bien mieux dans ma peau depuis que j’ai emménagé ici. Mon corps longiligne et sec me rappelle chaque jour à quel point mes problèmes de nourriture ont eu un impact sur ma santé. Je suis mince… Non je rectifie : je suis maigre même si j’ai réussi à reprendre quelques kilos, mais le chemin vers la guérison est encore long.

J’incline ma tête d’un côté et ma clavicule apparaît comme pour me narguer. Je n’ai jamais aimé mon corps tantôt trop gras, tantôt trop maigre. J’ai du mal à trouver le poids idéal, celui dans lequel je me sentirais bien. La robe que je vais porter ce soir va m’aider à me sentir mieux. Elle est longue, ce qui me permet de cacher mes jambes et de me sentir plus à l’aise. Elles sont tellement élancées qu’elles accentuent encore plus ma taille d’1 mètre 84. Non, mais quelle femme apprécierait d’être aussi grande ?

La plupart du temps je dépasse les mecs avec qui je sors et ça me gêne beaucoup. J’ai honte de me tenir à leurs côtés alors voilà pourquoi je ne fréquente plus personne depuis toutes ces années, enfin c’est en partie pour ces raisons, mais pas seulement. Maintenant, je passe mon temps à trouver des plans cul pour les soirées où je me sens seule, c’est la seule chose que j’accepte d’un homme puisque je ne veux plus m’engager. Les roses et les chocolats : très peu pour moi ! C’est pourquoi je préfère uniquement prendre mon pied et ça s’arrête là.

J’applique une dernière couche de rouge à lèvres « rouge folie », ainsi qu’un peu de gloss par-dessus. Le reflet dans la glace me confirme que je suis enfin prête. Dans le genre préjugé, je ne peux pas faire mieux, une blonde sexy à forte poitrine qui passe son temps dans la salle de bain, mais après tout peu importe que l’on me juge sur mon apparence cela ne m’atteint plus. Enfin… plus vraiment.

Ce soir, je sors avec mon amie Hannah et son mec. Je ne compte pas tenir la chandelle, je les accompagne, mais je ne vais pas passer ma soirée à les regarder se bécoter. Leur amour est très expressif, je les adore évidemment, mais je ne me sens pas d’humeur à les supporter toute la soirée. Pourtant je les envie car ils s’aiment depuis leur adolescence, mais le hasard de la vie a fait qu’ils ont été séparés trop longtemps. Hannah pensait avoir trouvé l’homme de sa vie en la personne d’Alex, mais cet enfoiré s’est foutu d’elle ! Pire, il l’a séquestrée et torturée. Elle ne veut toujours pas m’en parler pour le moment, c’est encore trop frais dans sa tête, mais j’espère qu’un jour elle pourra se confier à moi. Elle vit désormais un conte de fées avec son amour de jeunesse qui l’a sauvée des griffes du méchant.

Je sors de chez moi et pénètre rapidement dans ma Cadillac eldorado de 1958. Allez savoir pourquoi je suis fan de ces vieilles voitures. Celle-ci est rouge cerise et son moteur ronronne comme un bébé. Ce sont mes parents qui me l’ont offerte pour mes vingt et un an. Un cadeau à la hauteur de leur fortune, mais pas de leur amour.

Quand j’étais plus jeune, j’ai été élevée par Thérésa, ma nounou. C’est la seule personne en qui j’avais confiance et qui connaissait mon problème de nourriture. Elle a souhaité en parler à mes parents mais je ne lui ai jamais donné le feu vert sachant que mes difficultés leur importaient peu. À ma majorité j’ai donc pris mon indépendance et je me suis éloignée le plus possible d’eux. Mon absence ne les a pas atteints pour autant. Ils ne m’appellent que trois ou quatre fois par an, juste histoire de garder contact un minimum.

La chanson de Bruno Mars « The Lazy Song » se termine pile au moment où j’arrive devant chez mes amis.

Je sonne à la porte et attends que l’on vienne m’ouvrir, mais personne ne répond. J’espère que je ne les ai pas interrompus en plein câlin…

Je sonne une seconde fois. Tant pis, il faut bien que nous allions à cette fameuse soirée et cette fois, Devon ouvre.

— Salut, les amoureux, vous êtes prêts ?dis-je, gaiement.

— Pas tout à fait, nous lisions le carnet d’Haley…

— Je parie qu’elle est dans tous ses états, lui chuchoté-je. Je lui ai pourtant dit d’arrêter, ça lui fait du mal.

Hannah a retrouvé le carnet intime de sa sœur décédée et elle s’est mise en tête de le lire pour pouvoir enfin comprendre son geste. Je l’ai pourtant mise en garde plusieurs fois que ce n’était pas bon pour elle, mais elle continue d’en lire chaque ligne malgré tout. Je passe devant Devon en faisant comme chez moi.

— Alice, je suis tellement contente de te voir, dit-elle les yeux encore larmoyants.

— Tu m’as manqué, ma chérie, lui affirmé-je alors que nous nous sommes vues hier encore.

On ne se quitte plus depuis qu’Hannah est devenue aveugle. Je passe mon temps libre avec elle pour l’aider au maximum.

— Il est déjà l’heure ? Dev chéri, on continuera notre conversation un autre jour… déclare-t-elle, à son amoureux.

J’ai bien compris qu’elle parlait du fameux carnet, mais je ne relève pas, elle est déjà assez mal comme ça.

Je saisis son bras et la guide vers la salle de bain, histoire de papoter un peu entre filles et de lui faire une petite beauté. Devon va fondre devant mon amie déjà très belle au naturel. Je lui demande comment elle se sent, si elle prête à sortir, car ce sera la première fois qu’elle mettra un pied dehors depuis son kidnapping.

— Tu sais, je suis heureuse de quitter enfin la maison, mais j’appréhende. J’ai une peur bleue de me prendre les pieds dans le tapis comme on dit.

Ce n’est pas la première fois qu’elle me parle de son angoisse de tomber à cause de sa cécité. Je la rassure sur le fait qu’elle s’en tire très bien et que Devon et moi, sommes là pour l’aider.

— Merci pour tout ce que tu fais, ajoute-t-elle les larmes aux yeux.

— Tu n’as pas à me remercier, tu es mon amie et c’est un plaisir de venir te voir chaque jour.

— Tu es sûre que je ne suis pas un poids ? insiste-t-elle.

— Non loin de là ! Et cesse de pleurer sinon tu vas finir par ressembler à un panda.

Elle rit à ma remarque, j’aime lui remonter le moral comme je peux. C’est une période difficile pour elle et ses sourires se font rares.

Je lui applique un fard à paupières gris souris qui met ses beaux yeux en valeur, une touche de rouge sur les joues pour lui redonner un peu de couleur et un gloss au goût de framboise pour leurs baisers fougueux .

— Tu es magnifique, ma chérie.

Je le pense sincèrement, Hannah est une très belle femme et j’envie son corps parfaitement harmonieux.

— Je suppose que toi aussi, dit-elle avec tristesse.

Nous sortons enfin de la salle de bain. Quand Devon aperçoit Hannah, celui-ci la regarde comme la prunelle de ses yeux. Ces deux-là sont fous amoureux l’un de l’autre, c’est indéniable.

Il embrasse tendrement sa chère et tendre, nous saisit chacune par un bras et nous partons afin de rejoindre la salle des fêtes où j’espère faire de nouvelles rencontres. D’ailleurs, pourquoi pas un pompier ? Il pourrait même garder son uniforme au lit, ça ne me dérangerait absolument pas…

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Chapitre 2

 

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Une rencontre inoubliable

 

Alice

 

J’ouvre grand les yeux devant cette salle remplie à craquer. Je n’ai jamais assisté à ce genre d’événement. Il faut dire que ce n’est pas le genre de festivité qui m’attire habituellement, mais je suis heureuse d’accompagner mon amie.

Avec mes parents, nous avions l’habitude d’assister à des cérémonies « pompeuses » qui avaient pour unique but d’afficher notre richesse aux yeux de tous. C’est lors de ces soirées que j’ai connu mes ex-petits amis. Ils étaient d’ailleurs loin d’être aussi parfaits qu’ils ne voulaient le faire croire… Beaux en surface, mais corrompus jusqu’à la moelle. D’ailleurs, ce soir, c’est ma robe Chanel qui fait tâche à côté de tous ces gens habillés en toute simplicité.

Je fais la connaissance des parents de Devon qui ont l’air d’une gentillesse incroyable. Pourtant, je peux ressentir une légère tension entre Devon et son père. C’est à croire que toute famille a ses secrets. Sa mère, Grace, nous emmène Hannah et moi en direction de la piste de danse et je suis contente de m’éloigner de cette tension que je sentais monter entre les deux hommes.

— Tu es Alice c’est ça ? me demande gentiment Grace.

— Oui, je suis l’amie de Hannah et sa collègue précisé-je.

— Je suis ravie de te rencontrer, Hannah m’a tellement parlé de toi.

— Heureuse de vous connaître également, lui souris-je sincèrement.

Quel plaisir de faire la connaissance de personnes comme elle. Grace paraît si gentille en comparaison de ma mère, j’aurais tellement aimé qu’elle lui ressemble. Nous nous approchons d’un groupe de pompiers. Les choses sérieuses peuvent enfin commencer, je vais pouvoir partir en chasse pour trouver un homme qui comblera mon cœur rempli de solitude. Je compte bien être directe comme d’habitude.

— Salut, les gars, vous nous ferez bien une petite démonstration de votre matériel ce soir ? dis-je sans passer par quatre chemins.

Je sens Hannah qui tient mon bras, se raidir devant mon assurance, elle n’est pas habituée à me voir si entreprenante envers la gent masculine. Quant à Grace, je ne la connais pas assez bien pour savoir ce qu’elle en pense.

Les trois pompiers me sourient et décident de venir pour discuter un peu avec nous. Je leur fais mon petit effet comme prévu. Le mec au crâne rasé regarde Hannah avec insistance, je ne sais pas si c’est par curiosité du fait qu’elle soit aveugle ou bien parce qu’il la trouve à son goût tout simplement. Il vaudrait mieux pour lui que ce soit la première option, car Devon risque de ne pas être d’accord !

Quant au plus vieux des trois hommes, il a l’air de trouver Grace très attirante également, mais celle-ci reste de marbre. Selon moi, elle est très amoureuse de son mari et ne fait pas attention aux autres hommes qui ont tendance à lui tourner autour. Toutes ces attentions ne l’empêchent pas de lui parler comme à un vieil ami, alors que moi je lance mon dévolu sur le plus beau du groupe et aussi le plus grand. Il me dépasse d’une tête facilement. Son t-shirt à l’effigie de leur groupe d’intervention moule ses biceps à la perfection et je ne me lasse pas d’admirer ce fantasme qui se trouve devant moi. Son sourire et sa petite fossette affichent clairement son attirance pour les femmes entreprenantes comme moi. Parfait !

Son regard s’attarde sur mes longues jambes tandis qu’il se lèche les lèvres tout en remontant ses yeux vers ma poitrine refaite. Un beau 95 D qui détonne sur mon corps si mince, mais peu importe, les hommes aiment la regarder et je ne regrette absolument pas de mettre faite opérer il y a deux ans. Un atout de taille quand on a un corps comme le mien. Ce dernier vient me serrer la main et se présente comme étant Adam. Il la lâche au bout de quelques secondes, mon corps est parcouru de frissons au niveau de mon bas ventre. J’ai une soudaine envie de sexe ! À quoi bon faire connaissance alors que nous ne nous reverrons probablement jamais.

— Alice, lui précisé-je à mon tour.

Les gars nous racontent les péripéties de leur profession. J’écoute attentivement Adam qui est encore plus sexy lorsqu‘il confesse à quel point son métier est toute sa vie. Il est passionné, je suppose que je ne dois pas être la première femme qu’il rencontre et qui bave devant son corps magnifique. En tout cas, je compte bien lui faire deviner à quel point je n’ai pas envie de rentrer seule ce soir.

Je me colle à lui et au vu de son sourire qui s’agrandit, il a compris le message… Tant mieux, au moins tout est clair, on est sur la même longueur d’onde car je déteste devoir expliquer les choses, je suis pourtant assez explicite sur ce que j’attends, mais certains mecs ont besoin de plus de précisions. Autant dire que c’est avec ceux-là qu’il y a le moins de réjouissances au lit. La plupart du temps, c’est moi qui dois prendre les choses en main alors que je n’ai qu’une envie : c’est de pouvoir enfin lâcher prise et me laisser aller. Devon vient interrompre mon numéro de charme pour rejoindre sa femme.

— Salut, les filles, dit-il en prenant Hannah possessivement par la taille.

— Salut, Devon. Ces messieurs nous racontaient comment ils ont sauvé une vieille dame d’un incendie la nuit dernière, lui dis-je, histoire de le faire enrager un peu.

Sa mâchoire se crispe, c’est un homme qui n’aime pas que l’on tourne autour de ce qui lui appartient. Il considère Hannah comme l’une des personnes les plus importantes de sa vie. J’aimerais tant trouver un homme qui lui ressemble sur ce point.

— Allons-y, beauté, dit-il à mon amie.

Ne s’apercevant pas que son amoureux est au bord de l’implosion, elle lui répond tout naturellement :

— Oh non, attends, nous sommes arrivés à la partie la plus intéressante de l’histoire.

Je vois que Devon lui chuchote quelque chose à l’oreille, mais je préfère me tourner vers le beau gosse qui m’attire, je ne veux pas avoir à entendre les cochonneries qu’ils se racontent. Mon attention est portée uniquement sur cette bouche sensuelle qui raconte la fin de son histoire. Je ne l’écoute plus que d’une oreille et je me demande surtout comment je vais faire pour lui dire que je le veux dans mon lit et ce, dès ce soir…

Grace m’interrompt dans mon élan, me demandant de bien vouloir l’accompagner pour aller rejoindre les autres à table.

Je hoche la tête et me retourne vers Adam afin de lui faire comprendre que je ne partirai pas sans avoir eu son numéro. Il sort une carte de son uniforme, me la tend et murmure : « J’attends ton appel impatiemment ». Si je n’avais pas l’habitude qu’on me parle si sensuellement, j’en aurais presque rougi. Je suis quasiment sûre de m’éclater avec lui et je compte bien le rappeler très rapidement. Disons… dans quelques heures, dès que la soirée sera terminée.

Je me dirige donc en compagnie de Grace vers notre table et je découvre que de nouvelles personnes y sont installées.

Je salue cette joyeuse bande et m’installe aux côtés d’Hannah. Devon me présente aux nouveaux venus et apparemment, je ne les laisse pas indifférents si j’en crois les regards que posent sur moi les deux hommes qui me font face.

— Alice, je te présente Théo.

Celui-ci me fait un baisemain comme à l’époque où je fréquentais tous ces types fortunés. Je ris intérieurement. Est-ce qu’il fait ça avec toutes les filles qu’il croise ? Ça n’a pourtant pas l’air d’être son genre, il a sûrement fait ça en croyant m’impressionner.

En tout cas, il est plutôt pas mal, il a la même dégaine que Devon, un look de biker dans le style cuir et tout ce qui s’ensuit. Tout le contraire de moi en somme.

Je m’attarde un peu sur son visage à la fois enfantin et très viril, un savoureux mélange. Il a les yeux d’un bleu comme je n’en ai jamais vu auparavant et une peau hâlée qui donne à ses pupilles encore plus de contraste. Son nez a l’air d’avoir été cassé plusieurs fois, mais c’est bien le seul défaut. Sa bouche est fine et j’ai soudainement envie de goûter à ses lèvres, je crois que je suis en manque de sexe.

Devon me présente ensuite à son second pote Porter, qui est lui aussi très beau, mais qui a l’air d’être plus discret. Il me regarde à la dérobée sans pour autant insister. Je comprends mieux pourquoi Hannah est tombée amoureuse de l’un d’entre eux, ils ont l’air si parfaits en apparence mais cela veut sans doute dire qu’ils ont forcément tous quelque chose à cacher.

Hannah m’a dit il y a quelque temps que ces mecs étaient dangereux, mais elle ne sait pas que ce qui me manque dans la vie, c’est un peu d’action. Le genre de truc qui vous donne des frissons. Je ne veux plus être la gentille petite fille modèle que mes parents ont voulu faire de moi. Je veux être aux antipodes de ce qu’ils m’ont enseigné tout au long de mon enfance, et je suis certaine qu’en fréquentant ce genre de gars, je pourrais devenir celle que je suis vraiment : une femme qui n’a pas froid aux yeux. Je ne veux plus que l’on me juge uniquement sur mon apparence. Je veux que l’on découvre celle que je suis réellement.

Tout au long de la soirée, je fais plus ample connaissance avec ce garçon assis en face de moi. Pour la première fois de ma vie, je me sens à l’aise en compagnie d’un homme qui me fait rire. Théo me raconte comment il est arrivé dans ce club de bikers et ce qu’il a dû subir pour pouvoir l’intégrer. Il m’explique qu’il connaît Devon et Owen depuis l’enfance et je sens tout l’amour qu’il leur témoigne à travers son récit. C’est très touchant. Il se montre brut, mais je suis certaine que c’est une carapace qu’il montre au monde. Un peu comme moi.

Hannah m’avait prévenue que dans ce club, c’était comme être dans une grande famille. C’est ce que je constate, même si je n’ai jamais réellement eu une famille aimante. Je me rends compte de ce manque quand je vois toute cette bande d’amis. Je pleure de rire, cela fait longtemps que je n’ai pas passé un aussi bon moment.

Je jette quelques coups d’œil à Porter, il est très discret et on dirait qu’il n’ose pas s’imposer, c’est dommage car il perd tout son charme. J’aime les garçons entreprenants comme Théo, j’ai l’impression qu’il aime aguicher au vu des blagues salaces qu’il me raconte depuis quelques heures

Les serveurs arrivent et nous apportent l’entrée. Il s’agit d’ailerons de poulets accompagnés d’une salade César. Je ne prends aucun plaisir à déguster ce repas malgré le fait que ça a l’air délicieux. Je ne touche même pas à la viande et picore à peine quelques feuilles de ma salade. Porter, remarquant mon manque d’appétit me demande :

— Tu n’as pas faim ?

Je me retiens de lui dire que je meurs de faim, mais que je ne peux me permettre de prendre un gramme de plus… À la place, je lui réponds que j’ai grignoté avant de partir. Un mensonge pour couvrir mon addiction. Mais je ne peux pas leur avouer ça, même Hannah ne sait rien à ce sujet. Je suis anorexique et boulimique à la fois. J’évite de trop manger pour ne pas être obligée d’aller me faire vomir dans les toilettes.

— Je comprends mieux, répond-il simplement.

Je vois bien à sa tête qu’il a deviné mon stratagème alors que Théo, lui, continue de manger avec appétit tout en me souriant.

La soirée se poursuit et quelques pompiers nous informent du déroulement des prochaines heures. Théo ne me quitte pas des yeux et j’ai l’impression qu’il ferait bien de moi son dessert. D’ailleurs, je ne dirais pas « non » s’il me demandait de finir la soirée avec lui. Il a même réussi à me faire oublier Adam, le pompier sexy que j’ai rencontré tout à l’heure. Je n’ai plus que Théo en tête.

Alors qu’une chanson d’Ed Sheeran se fait entendre, Théo se lève et m’invite à danser. Porter ouvre la bouche et la referme aussitôt. Je suis presque certaine qu’il voulait également m’inviter, mais Théo a été le plus rapide. Il pose ses mains sur mes reins et je sens soudainement une nouvelle chaleur se propager dans mon corps.

Je me laisse aller contre lui, ma tête posée sur son torse. Théo n’est pas très grand, mais juste assez pour me dépasser de quelques centimètres, cela me rassure. Je sais que je fais une fixation sur la taille des hommes avec qui je sors, mais c’est très important pour moi. Nous n’en sommes pas encore là, mais si je ne me sentais pas à l’aise dans ses bras je me serais déjà éclipsée. Contre toute attente, Théo se montre très direct avec moi.

— J’ai très envie de te baiser, Alice, me chuchote-t-il à l’oreille.

Une douce chaleur se diffuse dans mon bas ventre et je ferme les yeux un instant. Je suis venue ici pour ça après tout, passer un bon moment avec mes amis et ne pas finir ma soirée seule. Je suis tellement excitée que je ne peux même pas prononcer un seul mot, je le regarde droit dans les yeux et acquiesce.

— Tu es sûre que c’est ce que tu veux ? me demande-t-il.

— Oui, lui réponds-je en un souffle, ma bouche à deux centimètres de la sienne.

Il saisit ma main et m’entraîne avec lui vers les toilettes des femmes. À peine entrés dans une cabine qu’il m’embrasse à pleine bouche. Son envie est aussi pressante que la mienne. Sa langue brise la barrière de mes lèvres et je le goûte enfin. Il a la saveur du tabac mêlée à celle du poulet que nous venons de manger. Cette étrange sensation est loin d’être désagréable et j’adore le fait que cet homme se montre si empressé.

Je sens son érection se presser contre mon ventre et mon envie de lui se fait de plus en plus violente à mesure que le temps passe. Il prend les commandes comme je l’espérais.

Il soulève ma robe et tire sur ma culotte, je me sens prête pour lui c’est la première fois que je suis autant excitée. Pourtant, j’ai connu un bon nombre d’amants, mais je n’avais encore jamais ressenti cela auparavant.

Il descend vers mon entrejambe et me lèche sensuellement. Il a l’air d’être doué au lit, dommage que je ne couche jamais deux fois avec le même homme…

Sa langue me titille encore un peu, il se relève et saisit un préservatif qu’il sort de la poche arrière de son pantalon. Je l’aide à le descendre jusqu’aux genoux et découvre son membre magnifiquement tendu. Je m’en saisis et débute quelques va-et-vient avant qu’il ne l’empoigne pour le recouvrir de sa protection.

Théo me retourne sans ménagement et le pire, c’est que j’adore ça. Son côté sauvage m’excite davantage encore et je laisse échapper quelques gémissements de plaisir.

Il me pénètre enfin, il est aussi doué que je le pensais et j’ai tellement envie de lui que quelques coups de reins suffisent à me faire basculer dans la jouissance, moi qui suis d’habitude si longue à atteindre l’orgasme…

J’empoigne ses jolies fesses par derrière et je le sens jouir à son tour. Il embrasse mes cheveux pour étouffer ses cris, nous avions besoin de ça tous les deux.

Après avoir repris chacun notre respiration, je remets ma robe en place, pendant que Théo se rhabille. Sans prononcer un mot, nous sortons pour rejoindre la table de nos amis. Soudain, il s’arrête, se saisit de mon poignet et me demande :

— Tu ne veux pas que je te ramène ce soir ? Enfin si tu le souhaites, je ne te force pas… dit-il penaud.

— Oh heu… Non, enfin si, je veux bien, pourquoi pas ?

— Ok, c’est cool, dit-il simplement.

J’imagine que tout comme moi, il n’a pas l’habitude de revoir la personne qu’il vient de baiser, j’espère juste qu’on ne sera pas gêné pour autant.

De retour à la table, j’aperçois Hannah et Devon qui s’apprêtent à partir. Je leur fais simplement comprendre que Théo me raccompagnera. Mes amis me sourient tous les deux, ravis de ce rapprochement.

Nous passons encore un moment à table avec les autres bikers. Je fais plus ample connaissance avec Owen et Ben ainsi qu’avec leurs femmes respectives. Elles sont très sympathiques et je pense que je pourrais parfaitement m’entendre avec elles.

Stop Alice, ne te fais pas d’idées, tu ne reverras plus ces gens…

Alors que Théo m’ignore royalement, je poursuis ma conversation avec les filles. Son comportement commence à m’énerver sérieusement. Je m’attendais tout de même à quelques regards en coin qui me montrent son intérêt pour moi, mais rien. La chute est vertigineuse sans oublier qu’il doit me raccompagner, je croise les doigts pour qu’il n’ait pas changé d’avis.

Tout à coup, je sens quelqu’un taper sur mon épaule, je me retourne et découvre Adam, le pompier sexy.

— Hé, ça va ? demandé-je un peu gênée de me retrouver entre lui et Théo.

— Tout va bien merci, je voulais te demander si tu avais quelque chose de prévu pour la suite de la soirée. Ma présence n’est plus requise et je voulais savoir si on pouvait se voir, enfin tu vois…

Le pauvre il commence à s’emmêler les pinceaux. Je m’apprête à lui répondre que malheureusement, j’ai d’autres projets, lorsque Théo qui était silencieux jusqu’à présent, prend la parole et déclare d’un air mauvais :

— Évidemment qu’elle est libre, elle n’attendait que ça, que tu l’invites.

Adam ne répond pas, il me lance juste un regard pour avoir mon approbation. Je ne comprends absolument pas le comportement de Théo, il a l’air d’être énervé…

— Tu devais me raccompagner, je te rappelle !

— Je crois que tu as un nouveau chauffeur non ? répond-il sèchement.

Il se détourne de moi pour discuter avec Owen et ainsi me faire comprendre que la conversation est terminée.

Je reste hébétée devant son changement d’humeur. Je ne vois pas en quoi ça le dérange que je revoie ce type alors qu’on a juste passé un agréable moment tous les deux.

Je tourne les talons et passe mon bras sous celui d’Adam, en me retournant une dernière fois vers la table, mais Théo n’a aucun regard envers moi.

Je pars donc en oubliant cette jolie parenthèse qui a fait de ma soirée, l’une de celles que je n’oublierais pas de sitôt.

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King Of Bikers-Integration

 

Sortie prévue février 2019

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Chapitre 1

 

Owen, mon meilleur pote depuis le bac à sable, me traîne une nouvelle fois dans une fraternité alors qu’on se fait refouler à chaque fois qu’on approche de près ou de loin tous ses trous du cul de fils à papa. Ils ont même engagé un vigile pour nous surveiller.

Notre réputation n’est plus à faire, toute la ville nous connaît. Je suis le fils du président des King Of Bikers, le mec le plus redouté de toute la ville depuis ma plus tendre enfance. Putain ! Ça me fait chier d’être considéré comme le « fils de », mais en même temps, ça me rend fier parce que dès que j’aurai atteint la majorité, mon père me prendra sous son aile. J’en rêve depuis tout gosse et je considère déjà les membres du club comme ma famille.

J’ai déjà un pied là-bas mais Cameron veut que je fasse mes preuves avant de devenir son bras droit. Je tire sur mon joint avant de le passer à mon pote. J’en suis déjà à mon quatrième depuis le début d’après-midi, il faut vraiment que je ralentisse la dessus, mais c’est dur putain je suis tombé là-dedans depuis un moment déjà et ce n’est pas facile de m’en passer. Je suis tellement habitué à cette substance que je n’en ressens même plus les effets. Je suis obligé de me retourner la tête en additionnant drogue et alcool. Je ne sais même pas comment j’en suis arrivé là. A voir les membres du club se défoncer tous les jours et dealer et bien j’ai de fil en aiguille, succombé à la tentation de partager ça avec mes potes. C’est un engrenage auquel je prends plaisir et qui me donne la satisfaction d’oublier quelques instants ce vide en moi.

— Où est Théo ? je demande à Owen.

— Il ne devrait pas tarder, me réponds celui-ci en me passant le joint.

Je prends une grosse bouffée en savourant le goût de l’herbe. Une bécane arrive quelques instants plus tard. Théo est un peu plus âgé que nous alors il a la chance de pouvoir rouler en moto. J’ai hâte que ce soit mon tour, plus que quelques semaines à patienter et je serai enfin libre. Je conduis déjà sur la Kawasaki de mon père, il me laisse l’a rentrer au garage ou rouler dans les champs, il sait que j’adore ça et que je manie l’engin comme si j’avais fait ça toute ma vie. De toute manière, j’ai été bercé dans ce monde depuis que je suis petit alors je vivrais pour ça.

On avance vers l’entrée où un gorille surveille la petite fête. Ce n’est pas celui de la dernière fois, je crois que les fils à papa ont vu clair dans mon jeu. Celui-ci est plus costaud et je me demande si on pourra passer cette fichue porte. Le grand gaillard nous regarde de haut en bas, il sait déjà à qui il a affaire, il a dû recevoir l’ordre de ne pas laisser entrer les « fils de Bikers ». Il ne le sait pas encore mais j’adore relever des défis, surtout quand il s’agit de retourner un mec plus costaud que moi. Je passe ma route comme s’il n’existait pas mais celui-ci me retient « gentiment » par le bras.

— C’est quoi ton problème, mec !

— Je crois que toi et tes potes, vous n’avez pas reçu de carton d’invitation.

— Laisse les entrer, je les connais, lance soudain une voix de fille.

— Peter m’a dit…

— J’ai aussi mon mot à dire, laisse les entrer répète-t-elle.

Je m’empresse de rentrer avant qu’il ne change d’avis, au passage, je le regarde de haut en bas en lui lançant un sourire moqueur. Mes potes font pareil et le gars se sent tout à coup plus petit.

Et ouais mec ! Je savais que j’allais entrer, peu importe le moyen.

Accompagné de mes acolytes, on se dirige vers le salon où des tas d’étudiants sont venus faire la fête pour oublier les examens de fin d’année, un peu à l’avance. En Californie, tout est prétexte pour faire la fête. Des groupes se sont déjà formés : je peux reconnaître le groupe des « jeunes chastes », ces filles qui veulent se faire passer pour des saintes nitouches alors que la plupart ont déjà baisé avec mes potes et moi. Les sportifs: on peut les reconnaître entre mille, ils ont les plus belles filles à leurs bras, la plupart ont un QI plus petit que la normale. Les fils à papa et les intellos sont adeptes des fraternités. Les Bikers ne sont jamais les bienvenus parce que notre but, c’est de foutre la merde. Ça me fait gerber de tous les voir, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre mais dans ce genre de fête, il y a aussi les filles qui cherchent à passer un peu de bon temps et c’est pour ça que je suis ici ce soir.

Je lance un regard circulaire pour repérer mon prochain coup. Une jolie brune délurée attire mon regard je fais donc signe a Owen et Théo que je vais faire un tour. Je ne me fais pas de soucis pour eux, dans cinq minutes ils seront dans l’une des chambres à baiser une fille.

Je prends un gobelet rempli d’alcool et pars dans le jardin pour retrouver ma proie. Une main m’attrape le bras. Hannah Kurt. C’est la fille de l’amie de mes parents. Ce n’est pas une fille à qui je parle souvent, malgré que l’on partage quelques cours ensemble. Elle est bien trop réservée pour moi et ce n’est pas le genre à coucher avec un Biker. D’ailleurs, elle est toujours collée à ses fils à papa : les membres des Omega. J’ai toujours cru qu’elle sortait avec l’un d’eux. Pourtant, ça fait des années que j’ai envie de me la faire, elle est bonne putain. Combien de fois, je suis rentré chez moi en me tapant une queue parce que je venais de passer la soirée chez elle avec mes parents et qu’elle m’excitait sans le savoir. Elle est tellement innocente que rien que de penser que je pourrais la détourner me fait bander.

— Est-ce que je peux te parler quelques minutes ?

— Dis ce que t’as à me dire.

Mon ton sec la fait frissonner et ses joues se colorent.

— C’est moi qui vous ai fait entrer, j’espère que je peux compter sur toi pour être discret ce soir. Enfin, si tu peux éviter les embrouilles, ça m’arrangerait. Je n’ai pas envie que ça me retombe dessus et je préférerais que ça reste entre nous.

— Alors tu attends que je te remercie c’est ça ? T’a qu’à monter, je te rejoins dans deux minutes, lui dis-je.

C’est la première fois qu’on s’adresse la parole je crois, et la première chose que je lui propose c’est de la baiser. Au moins, elle sait à quoi s’attendre avec moi.

— Je… Mais non, je voulais juste te dire de faire attention c’est tout… Bref laisse tomber, dit-elle dépitée.

— Quoi ? Ose me dire que tu n’en a pas envie Hannah, en tout cas moi si, et puisqu’on en est là, autant passer aux choses sérieuses tout de suite.

Je la coince dans le couloir, elle est prisonnière de mes bras. Personne autour de nous ne remarque ce qu’il se passe car ce genre de chose arrive souvent dans ses fêtes. Je presse mon sexe sur sa cuisse pour lui montrer que je suis sérieux. Sa bouche forme un « o » de surprise et je m’empare de celle-ci. Elle répond à mon baiser avant de me repousser de ses petites mains.

— Que fais-tu, Devon ?

— J’ai envie de toi, Hannah, et maintenant.

— Tu es dingue, me répond-elle. Tu ne m’as jamais adresser un mot et tu voudrais que je me laisse aller dans tes bras. T’es complètement barré.

Elle a beau se refuser à moi, elle ne quitte toujours pas sa prison. Ses yeux ne quittent pas mes lèvres, je la sens fébrile et prête à craquer. Il faut juste qu’elle accepte son attirance pour moi.

— Tu m’excites depuis toujours Hannah, chaque fois que je te vois chez toi, j’ai envie de te prendre dans cette chambre qui n’appelle que nous. J’ai envie de voir tes pommettes rougir et ton corps s’enflammer. Tes bouts de seins se dresseraient uniquement sous mes caresses et ton sexe serait trempé d’attendre que j’entre en toi. J’insiste en lui chuchotant à l’oreille : Je te veux nue ce soir et demain tu ne penseras qu’à une chose, recommencer.

Puis je la laisse au milieu de ce couloir, seule. Je déguerpi comme l’enfoiré que j’ai toujours été. J’aime jouer avec le feu et Hannah est la proie idéale.

Je remets ma queue en place, parce que putain, je bande comme un taureau. Je sors prendre l’air et je tombe nez à nez avec la jolie brune. Si Hannah ne veut pas de moi, je prendrais bien mon premier choix. La brune me fixe, elle sait ce qu’elle veut. Ses copines à côté, gloussent comme des dindons mais je m’en branle, je ne vois qu’elle.

— Tu t’ennuies, beauté ? Envie de t’amuser un peu ?

— Pourquoi pas, minaude-t-elle.

Elle envoie un baiser volant à ses copines et je la prends par la main. Ma queue est toujours aussi dure d’avoir embrassé Hannah. J’espère que cette jolie poupée aime le sexe violent car c’est ce dont j’ai besoin maintenant.

Je la prends par la main et l’emmène à l’escalier. Sur le chemin, je vois Hannah, qui je crois me fusille du regard. Je ne sais pas si elle me voit de là où elle est mais je lui fais un clin d’œil, histoire de bien lui faire comprendre qu’avec moi, soit tu prends la main que je te tends, soit tu passes ton tour mais dans tous les cas je n’attends pas deux heures que tu te décides, princesse.

La brune dont je ne connais toujours pas le nom, prend les commandes. Elle pousse une des portes sans se soucier si quelqu’un s‘y trouve déjà. Elle s’empare de ma bouche et la dévore littéralement. Elle sait ce qu’elle veut et ça me plaît. J’aime les filles entreprenantes dans son genre.

Je quitte sa bouche pour fermer le verrou afin d’être un peu tranquille le temps de faire mon affaire. Je la bouscule sur le lit et son sourire s’agrandit. Elle aime le sexe violent, tout comme moi. Je ne prends pas le temps de me déshabiller entièrement, je descends juste mon pantalon et mon caleçon.

Elle ôte sa jupe et sa culotte et me fait signe de grimper sur elle. Je prends un des préservatifs cachés dans mon portefeuille et l’enfile sur ma queue. Je ne passe pas par quatre chemins et je m’enfonce en elle. Elle n’est pas aussi bonne que je le pensais mais elle fera l’affaire pour ce soir. Tellement excité de cette soirée à penser à Hannah qu’en quelques poussées je fini en elle.

La demoiselle se rhabille et sans un mot on se quitte comme si de rien n’était. C’est comme ça que je fonctionne depuis que j’ai baisé pour la première fois. Malheureusement, ça ne fonctionne pas toujours comme j’ai envie et certaines filles ne comprennent pas que je les laisse tomber après les avoir prises. J’essaye de m’arranger dès le départ pour que ce soit clair entre nous mais ce soir, j’avais trop envie de passer à l’acte, je suis tombé sur une fille comme moi mais à l’avenir il faudra que je prenne plus de temps pour choisir mon plan cul.

Je me rhabille à mon tour et jette la capote dans une poubelle de la chambre.

Je descends et rejoins mes potes que je retrouve dehors à fumer. Nous avons été sages et la soirée s’est très bien passée. Finalement, ce n’est pas si moche que ça ces fêtes. Et j’ai même passé un bon moment. Je n’ai pas revu Hannah de la soirée, je me demande même si elle ne s’est pas enfuie après m’avoir vu aux bras de cette fille.

 

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