Les nouvelles aventures d’Arsène Lupin
Note historique
En cette fin de e XIX siècle, les empires et les nations du monde occidental se disputent le partage du globe.
En vérité, ces puissances concurrentes, européennes ou d’outre-Atlantique, sont devenues pour l’essentiel la propriété de groupes privés.
Les révolutions bourgeoises qui ont mis à bas les structures traditionnelles, culturelles, économiques et religieuses, ont favorisé l’avènement d’une nouvelle élite, celle des princes marchands.
Le commerce est roi. Il règne au-dessus des institutions, il dicte les lois.
Rien ne doit contraindre son expansion.
La science triomphante est son meilleur allié.
Cette course au progrès oblige chacun des participants à posséder toujours davantage. Il faut conquérir de nouveaux marchés, s’étendre au-delà de ses frontières, s’emparer des régions fertiles.
Au lendemain de la défaite de 1870 contre la Prusse, la France, minée au moral, change de régime. Après la chute du Second Empire de Napoléon III vient la IIIe République. Celle-ci encourage la colonisation de l’Afrique, du Moyen-Orient, de l’Asie. Il est du devoir de la patrie des Lumières d’apporter la raison à ceux qui demeurent captifs de l’obscurantisme. Certes, les promoteurs de cette mission civilisatrice y trouvent leur compte.
Il n’est pas rare qu’un tribun de l’Assemblée soit encore l’actionnaire d’une compagnie d’exploitation minière…
Cette prédation croissante, cette concentration des pouvoirs et des profits doivent fatalement entraîner des révoltes et des séditions. Les mouvements anarchistes, terroristes, révolutionnaires ou nationalistes font trembler la société. En Russie, en Italie, en Autriche, en Allemagne, en France, les attentats se multiplient. Le 9 décembre 1893, Auguste Vaillant fait exploser une bombe artisanale à la Chambre des députés ; le 24 juin 1894, le président Sadi Carnot est assassiné par Caserio, un immigré italien.
Les tensions diplomatiques se durcissent, à Fachoda, à Cuba, en Palestine, en Chine… Elles poussent les belligérants à passer des accords militaires et économiques contre l’ennemi commun. C’est ainsi que naît en 1882 la Triple-Alliance entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. De l’autre bord, le 18 août 1893 est signée l’Alliance franco-russe, prélude à la Triple-Entente à laquelle se joindra l’Angleterre en 1904.
L’affaire Dreyfus déchire la France en deux camps.
On soupçonne l’Allemagne de vouloir la guerre.
Pourtant, tous ces désordres, toutes ces révoltes, toutes ces menaces ne fragilisent en rien la domination des milieux d’argent.
Bien au contraire.
Les violences anarchistes justifient des mesures sécuritaires, des arrestations en masse, des répressions, des censures, le contrôle de la presse, la protection du Temple avec le soutien de l’opinion.
La course à l’armement permet le développement de la grosse industrie.
En cette année 1897, M. Felix Faure est président de la République et M. Jules Méline, président du Conseil.
Si la Belle Époque touche à sa fin, l’ère moderne ne fait que commencer…
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