Les Trois Yeux

Maurice Leblanc · Chapitre 1 sur 20

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Les Trois Yeux

Avant-Propos.

 

 

Nous publions ici, sur l’extraordinaire énigme des Trois Yeux, le récit même de Victorien Beaugrand, tel qu’il l’écrivit d’après ses notes et ses souvenirs vers le milieu du vingtième siècle, et tel que nous l’avons trouvé dans la liasse volumineuse des manuscrits laissés par le savant orientaliste.

Si le caractère de ses études ne semble pas lui donner qua-lité pour résoudre le problème purement scientifique qui pas-sionna toute une époque, n’oublions pas que Victorien Beau-grand, esprit subtil, assoupli par de bonnes méthodes de tra-vail, fut, en outre – et c’est là le point essentiel – mêlé de la fa-çon la plus intime aux événements dont il entreprit la relation véridique.

Acteur dans le drame, il en vécut au jour le jour toutes les péripéties, en connut les moindres détails, en supporta les con-trecoups, une à une entendit sonner les heures les plus solen-nelles de l’histoire du monde, et, chaque fois que s’ouvrit le gouffre béant du formidable mystère, communia de toute son âme éperdue avec les foules hurlantes d’enthousiasme et d’effroi.

Son témoignage a donc un poids considérable. C’est celui d’un homme qui a vu, et nous devons l’accueillir avec d’autant plus de faveur que, s’il apporte de nouvelles clartés et rectifie certaines erreurs, il confère, en définitive, par ses conclusions, un surcroît d’autorité à la magnifique hypothèse sur laquelle s’est mise d’accord la presque unanimité des savants mo-dernes.

 

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Et ainsi, malgré les doutes qui demeurent, malgré les in-certitudes et les contradictions, et, disons le mot, malgré les impossibilités qui paraissent encore, dans l’état actuel de la science, s’opposer à l’adoption de cette hypothèse, on peut croire, en toute sincérité, que la lumière est faite sur ce qu’on a justement appelé la plus incompréhensible énigme qu’ait sou-mise aux hommes l’incompréhensible nature.

 

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