L'Illustration, No. 3261, 26 Août 1905

Various · Chapitre 17 sur 19

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L'Illustration, No. 3261, 26 Août 1905

Les «Hérétiques», A Béziers

Lord Minto, le nouveau vice-roi

de l'Inde.

LES «HÉRÉTIQUES», A BÉZIERS

 

Plantation d'un décor des Hérétiques aux Arènes de

Béziers.

On procède en ce moment, au théâtre des Arènes de Béziers, aux dernières répétitions des Hérétiques, opéra en trois actes de M. Ferdinand Hérold, musique de M. Charles Levadé. Les rôles sont tenus par des artistes de choix, dont plusieurs de l'Opéra, de l'Opéra-Comique et de la Monnaie.

Le divertissement du second acte, réglé par M. Belloni, de la Scala de Milan, sera exécuté par quatre-vingts danseuses, parmi lesquelles Mlles Julia Antonicci et Ida Cecchini.

L'orchestre sera composé de deux cent cinquante musiciens. On dit merveille des décors et de la mise en scène.

 

DEUX FAITS DIVERS

Cette semaine, deux faits divers ont occupé, dans les journaux, la place réservée à la «grande actualité».

Le premier, effroyable, a été «la tragédie de Nogent-sur-Marne». Ici, on a vu un ingénieur, M. Victor Ronfaut, affolé par la peur de la misère, se suicider après avoir tué à coups de carabine, ou égorgé à l'aide d'un rasoir, sa femme et ses trois enfants. Mme Ronfaut a évidemment été complice de ce crime. Quant aux trois petites victimes, c'étaient trois garçonnets: Jean, âgé de quinze ans, Mathieu, treize ans, et Marius, douze ans, très bien élevés, de charmants écoliers, studieux, adorés de leurs camarades et de leurs maîtres.

L'autre fait divers est du genre rocambolesque et assez neuf dans ses péripéties: c'est «le vol d'un million».

 

Marius, Jean et Mathieu Ronfaut, les Jean Gallay.

trois victimes de la tragédie de

Nogent-sur-Marne.

Un employé du Comptoir National d'Escompte, Jean Gallay, a disparu en enlevant, à cet établissement de crédit, non tout à fait un million, au dire des administrateurs, mais 850.000 francs.

 

Gallay avait été inspecteur au service de la Sûreté générale. Aux heures de travail, employé ponctuel, il était, le soir, grand seigneur et, sous le nom de baron de Gravald, traînait dans les lieux de plaisir l'existence des riches désoeuvrés. Il avait, bien que marié et père de famille, une liaison coûteuse avec une demi-mondaine, Mme Merelli, qui le secondait dans ses virements. A la fin du mois dernier, il disparaissait. La semaine dernière seulement, on a appris ce qu'il était devenu: le baron de Gravald s'est embarqué, le 1er août, au Havre, avec son amie Merelli, la femme de chambre d'icelle et un médecin, qui sera bien surpris de l'aventure, sur un yacht luxueux, loué par l'intermédiaire de la Yachting Gazette, la Catarina. Et, sous pavillon anglais, il vogue vers une destination inconnue.

 

Le yacht Catarina, qui porte Jean Mme Merelli.--Phot.

Gallay, Mme Merelli Ogereau.

et leur fortune.