Marie; ou, l'Esclavage aux Etats-Unis: Tableau de moeurs américaines

Chapitre XVII

«À peine le peuple américain était-il né, que la vie publique et industrielle s'est emparée de toute son énergie morale. Ses institutions, fécondes en libertés, reconnaissent des droits à tous. Les Américains ont trop d'intérêts politiques pour se préoccuper d'intérêts littéraires. Lorsque, vers la fin du siècle dernier, vingt-cinq millions de Français étaient gouvernés selon le bon plaisir d'une femme galante, ils pouvaient, tranquilles sur les affaires du pays, s'amuser de choses frivoles et se dévouer corps et âme à la querelle de deux musiciens! [46]

«Peu confiants dans les hommes du pouvoir, les Américains se gouvernent eux-mêmes: la vie publique n'est point dans les salons et à l'Opéra; elle est à la tribune et dans les clubs.

 

XVIII

«Quand la vie politique cesse, vient la vie commerciale: aux États-Unis tout le monde fait de l'industrie, parce qu'elle est nécessaire à tous. Dans une société d'égalité parfaite, le travail est la condition commune; chacun travaille pour vivre, nul ne vit pour penser. Là point de classes privilégiées qui, avec le monopole de la richesse, aient aussi le monopole des loisirs.