Poésies

Montesquieu · Chapitre 4 sur 7

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Poésies

Madrigal

MADRIGAL1

A DEUX SŒURS UI LUI DEMANDAIENT UNE CHANSON.

Vous êtes belle, et votre sœur est belle ;

Si j eusse été Paris, mon choix eût été doux :

La pomme aurait été pour vous,

Mais mon cœur eût été pour elle.

1 On sait l antipathie de Bu on, de Duclos et de Montesquieu pour la poésie. uand ils

voulaient faire l éloge d un ouvrage, ils disaient ordinairement : C est beau comme de la prose.

Une dame sollicitait depuis longtemps l auteur de l Esprit des lois de lui faire des vers.

Montesquieu, pour la satisfaire, chargea son secrétaire de ce travail ; celui-ci, qui n était rien

moins que poëte, trouva plus facile de copier une pièce de poésie, à laquelle il t les

changements qu exigeait la circonstance, et la remit à Montesquieu, qui se borna à lui ordonner

de la mettre au net, et donna ces vers à la dame à laquelle il les destinait, et qui s empressa de s en

faire honneur. Laharpe racontait cette anecdote à ses élèves et à ses nombreux amphitryons. Il

montrait le vieux recueil dans lequel il avait découvert la pièce originale. Ce plagiat, dont

Montesquieu aurait été complice sans le savoir, n est remarquable que par sa singularité.

(Édition Dalibon, Paris, 1837.)

L histoire est au moins douteuse. Montesquieu est un poëte médiocre, mais il était certes en

état de faire le madrigal insigni ant qu on lui dispute, madrigal adressé, suivant toute apparence,

à Mme me de Mirepoix et à M de Bou ers, durant les badinages poétiques de Lunéville. Voici

deux autres madrigaux qu on lui attribue, et qui ne valent ni plus ni moins que le premier.

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