Sauvons des vies – Les gestes qui sauvent à la portée de tous

Les chapitres

 

[ Page 6 ] En cas de situation d’urgence: savoir alerter les secours

[ Page 12 ] L’alerte et la protection des populations en cas d'évènement majeur

[ Page 18 ] La perte de connaissance

[ Page 26 ] L’arrêt cardiaque

[ Page 40 ] Les malaises divers, l’infarctus et l’AVC

[ Page 46 ] L'hémorragie externe

[ Page 54 ] L'étouffement

[ Page 63 ] Les brûlures

[ Page 68 ] Les plaies

[ Page 73 ] Les traumatismes

[ Page 77 ] Ce n’est pas terminé !

5

En cas de situation d’urgence :

savoir alerter les secours

 

Une situation d’urgence se présente devant vous ? Pas de panique, la première des choses à faire, c’est de garder son calme, son sang-froid. Comment ça, plus facile à dire qu’à faire ?! Bon d’accord, je vois ce que vous voulez dire… Vous ne savez pas par quoi commencer pour venir en aide à cette personne. Comment intervenir ? L’ordre des priorités est mélangé dans votre tête parce que cette situation vous dépasse ?

 

« Alerter les secours d’urgence fait de vous un citoyen impliqué dans la situation que vous rencontrez, c’est un rôle essentiel.

L'alerte lors d'une situation d'urgence est l'action qui consiste à informer les secours d’une détresse affectant une ou plusieurs victimes ainsi que la nature de l’incident, la localisation exacte et la ou les plaintes exprimées.

Est-il encore utile de vous dire que ne pas appeler ou croire que quelqu’un d’autre va le faire peut compromettre la santé de la personne en détresse ? Bon et bien c’est fait, je vous l’ai dit, mais au moins vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas informé.

L’alerte des secours doit être passée après avoir visualisé la situation face à laquelle vous êtes confronté. Vous devez avant tout

6

penser à votre sécurité et bien entendu à celle de la personne en détresse, protégez-vous de tout sur-accident.

C’est donc en votre qualité de sauveteur en herbe, qu’il vous faut appeler les secours. Pour cela, quatre numéros gratuits à connaître sur le bout des doigts et à inculquer à vos enfants dès qu’ils sont en âge de les apprendre :

le 18 : numéro d’appel des sapeurs-pompiers intervenants

notamment en cas de secours d’urgence aux personnes victimes de malaises, de traumatismes, sur les accidents de circulation, incendies, explosions, inondations, etc.

le 15 : numéro d’appel du service d’aide médicale d’urgence

(SAMU) en charge de tous les problèmes d’urgences médicales, de santé.

le 17 : numéro d’appel des forces de l’ordre (police ou

gendarmerie en fonction de votre localisation) en charge de la sûreté publique.

le 112 : numéro européen réservé exclusivement aux urgences,

c’est le numéro unique regroupant tous les services de secours (sapeurs-pompiers, SAMU, police et gendarmerie). Il est accessible partout dans l’Union Européenne. Quoi qu’il arrive comme situation d’urgence, vous pouvez téléphoner à ce numéro d’un fixe ou d’un portable, où que vous soyez sur le territoire européen.

Vous connaissez peut-être le numéro d’urgence pour les personnes ayant des difficultés à parler ou à entendre :

le 114 : il est gratuit et accessible par fax ou SMS, 24h/24 et

7j/7 comme tous les services de secours. A l’identique du numéro d’appel d’urgence européen, il regroupe l’ensemble

7

des acteurs des services d’urgence (sapeurs-pompiers, SAMU, police et gendarmerie) accessible sur tout le territoire national.

 

Comment ça, vous pensez qu’il en existe d’autres ?!... Et bien oui, vous avez totalement raison ! Nous sommes d’ailleurs les champions en France avec une multitude de numéros… Je vous fais un petit aperçu pour vous rendre compte. Si si, j’insiste :

le 196 : secours en mer depuis le littoral en appelant le Centre

Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS). Si vous êtes en mer, utilisez le canal 16 sur votre radio VHF.

le 115 : SAMU social, hébergements d’urgence pour les

personnes sans domicile fixe.

le 119 : allô enfant maltraité, prévention et protection des

enfants en danger ou risquant de l’être.

le 197 : alerte enlèvement et alerte attentat.  le 191 : toutes les urgences aéronautiques.  le 116 000 : enfants disparus en France et dans les DOM-TOM.

8

le 39 77 : numéro national gratuit pour signaler les cas de

maltraitances sur personnes âgées et personnes handicapées.

le 32 37 : numéro national pour trouver la pharmacie de garde

la plus proche de votre domicile (numéro payant). Ce numéro est mal connu de tous. En effet, on vous a certainement toujours dit d’appeler directement la gendarmerie ou la police via le 17 pour qu’ils vous donnent la pharmacie de garde. Vous savez désormais qu’il existe un numéro dédié.

le 36 24 : numéro national d’appel SOS Médecins, premier

réseau d'urgence et de permanence de soins en France. Vous pouvez les joindre 24h/24 et 7j/7 si vous habitez un département où est implanté un centre. Sinon, appelez le SAMU au 15 pour avoir un conseil ou un secours médical.

le 116 117 : numéro de téléphone gratuit permettant de

joindre un médecin généraliste de garde tous les soirs après 20 heures, les samedis, les dimanches et les jours fériés. C’est le petit dernier (décret du 22 juillet 2016). Actuellement trois régions l’utilisent : la Corse, la Normandie et les Pays-de-Loire. L'utilisation de ce numéro sera étendue à l'ensemble du pays au plus tard le 15 janvier 2018. Le but de ce numéro est de désengorger le SAMU concernant certains appels donnant lieu à de simples conseils médicaux (non urgents).

On a fait à peu près le tour, tout ça pour la France… Quand on se promène par-ci, par-là, on voit que de nombreux pays utilisent un seul numéro d’appel d’urgence qui regroupe tous ces derniers et ainsi, évite toute erreur ou oubli. Le plus connu est bien évidement le 911… Il n’est donc pas exclu qu’un jour, le 112 vienne remplacer tous ces numéros cités un peu plus haut.

 

9

Revenons à nos moutons, ou plus sérieusement à notre alerte. Appeler les secours est essentiel mais que faut-il dire ? Vous devez absolument être clair dans les informations que vous passez :

présentez-vous au service de secours,  énoncez votre numéro de téléphone,  donnez la localisation la plus précise possible du lieu du

sinistre,

transmettez ce que vous voyez, comprenez bien que vous êtes

les yeux des secours, n’oubliez aucun détail, même si certains ne vous paraissent pas opportuns à vos yeux, ils le seront peut-être pour les secours,

écoutez et appliquez les conseils et consignes qui vous sont

apportés.

 

« Surtout, ne raccrochez jamais sans en avoir eu la consigne. Pour certaines situations d’urgence, les secours peuvent vous garder en ligne jusqu’à leur arrivée sur place.

Si plusieurs personnes sont présentes, il convient bien évidemment de laisser la personne ayant le plus d’informations passer l’alerte, permettant ainsi d’avoir au moins une autre personne avec la victime pour la rassurer un maximum et agir avec les conseils qui seront donnés par les secours au téléphone.

Même si vous avez donné tous les renseignements de localisation, essayez au maximum d’envoyer une autre personne pour accueillir les secours sur place et organiser ainsi l’accès du lieu de l’incident.

 

10

Les minutes qui s’écoulent avant l’arrivée des secours vont certainement vous paraître des heures. Sachez qu’en France, la moyenne entre l’appel et l’arrivée des secours est d’un peu moins de 15 minutes.

Vous savez maintenant comment et qui appeler en cas d’urgence.

 

« Une dernière chose à savoir et non des moindres sur ce sujet : Mieux vaut prévenir, que guérir !

 

11

L’alerte et la protection

des populations en cas

d'évènement majeur

 

Si je vous dis SAIP, ça vous parle ? Non ?! Et bien je vous comprends. Justement, après avoir lu cette partie, vous serez incollable et vous partagerez la bonne parole autour de vous.

En fait, SAIP c’est pour Système d’Alerte et d’Information des Populations. Fastoche non ?! Je rigole, maintenant que vous connaissez cet acronyme, il va falloir savoir à quoi ça sert. Différents outils ont été créés pour diffuser une alerte auprès des populations, nous allons les détailler.

 

« Il est important pour chacun d’entre nous d’être en mesure de connaître les bons comportements à adopter en cas de catastrophe, crise ou d’évènement exceptionnel.

Vous connaissez déjà les sirènes dans les villes et villages. Lors d’un danger imminent ou un évènement grave, le SNA pour Signal National d’Alerte entre en jeu. Son but : diffuser un signal sonore par variation sur trois cycles successifs d’une durée d’une minute et quarante et une secondes. La fin de l’alerte est donnée par un signal sonore en continu qui dure trente secondes.

 

12

Près de 5 300 sirènes sont répertoriées et permettent la diffusion de ces alertes en journée ou la nuit. Vous avez certainement déjà entendu des essais, en règle générale le premier mercredi de chaque mois à midi. La population se doit de savoir à quoi ressemblent ces sirènes, c’est pourquoi elles sont testées, pour identifier ce son et pour qu’il ne soit pas inconnu à l’oreille.

 

« Lorsque ce n’est pas un essai, ce déclenchement doit être pris au sérieux et notre réaction doit être immédiate (mise à l’abri, confinement, évacuation, etc.).

Je vous l’accorde, en 2017, ces sirènes commencent peut-être à vieillir un peu et la nouvelle technologie va certainement venir les remplacer. Cependant, nos bonnes vieilles sirènes sont toujours d’actualité et font partie intégrante du SAIP.

Justement, je vais maintenant vous parler de la télévision et de ces outils de dernière génération. En effet, la télévision fait aussi partie de ce système d’alerte des populations grâce aux médias que l’on connait tous : Radio France et France Télévision. Ces derniers sont des relais pour le Ministère de l’Intérieur concernant la diffusion des informations et la conduite à tenir pendant l’incident en cours. Finalement, j’ai même envie de vous dire que ces outils sont liés.

13

Puisque vous entendez le signal sonore via les sirènes, vous allumez la radio ou la télévision pour vous « brancher » sur France Bleu, France Info, les différentes radios locales, France Télévision ou les chaînes d’information en continue que l’on trouve sur la Télévision Numérique Terrestre (TNT).

Vous allez me dire, si vous êtes en voiture, radio éteinte, sur une autoroute, une nationale ou de passage dans une agglomération, comment prendre connaissance de cette alerte ? Je vous réponds : les panneaux d’information des usagers bien sûr ! Implantés dans ces différents lieux (et même de plus en plus en agglomération), ils diffusent également le message de l’alerte en cours. Il va quand même falloir ensuite allumer sa radio…

Je vais maintenant m’adresser aux férus des applications sur téléphone portable mais pas besoin d’être un geek pour autant. Il s’agit d’une application (appli pour les plus jeunes), mise en place en juin 2016 par le Gouvernement qui s’appelle tout simplement « SAIP » et elle est gratuite. En la téléchargeant, vous serez informé d’un éventuel incident majeur autour de vous (pour que l’application fonctionne, vous devez accepter la géolocalisation). En cas de péril imminent, un écran de notification apparaît. Si l’utilisateur a choisi d’enregistrer la zone en alerte dans « ses lieux », il reçoit une simple notification. Si l’utilisateur est géolocalisé dans la zone de danger, un écran dit « de sidération » (écran d'alerte) s’impose sur le téléphone quel que soit l’affichage en cours.

Bien entendu, les réseaux sociaux sont également d’excellents vecteurs de transmission d’alerte pour les populations. On l’a vu ces

14

derniers mois, lors d’un attentat ou incident majeur, des comptes officiels diffusent l’alerte et la bonne conduite à tenir en fonction de l’évènement en cours. Je vous ai parlé de comptes officiels et j’insiste, on retrouve beaucoup de fausses informations et de rumeurs lors de crises sur les réseaux sociaux. Vous ne devez pas partager une information de source inconnue. Qui dit comptes officiels dit : Ministère de l’Intérieur, Gouvernement, Police et Gendarmerie Nationale, Préfectures, les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Également, vous avez l’association des Volontaires Internationaux en Soutien Opérationnel Virtuel (VISOV). Ces volontaires récoltent les informations vérifiées provenant des comptes officiels pour une diffusion large et sûre. Tout ceci entre dans un cadre de Média Sociaux en Gestion d’Urgence (MSGU).

 

« Vous devez adopter la bonne conduite à tenir lors d’incident majeur et ce, dès le début de l’alerte jusqu’à sa fin. Vous êtes, vous-même, un acteur de la sécurité civile.

Si, je vous le dis, vous en êtes un. L’article suivant du code de la sécurité intérieure le précise : « toute personne concourt par son comportement à la sécurité civile ». Alors ?! Des questions ?

Avoir les bons réflexes de sauvegarde, c’est quoi ? 1. se mettre en sécurité en rejoignant un établissement, une habitation, tout ce qui peut vous protéger de l’environnement extérieur,

2. s’informer via la radio, la télévision, les réseaux sociaux (avec les comptes officiels bien entendu),

15

3. écouter et respecter tous les conseils diffusés par les différentes autorités (se confiner ou évacuer).

 

« Quand on vous parle de confinement il est très important de bien réagir. Prenez soin de fermer toutes vos portes et fenêtres. Calfeutrez-les ainsi que toutes vos ventilations dans votre domicile. Arrêtez également tout système de ventilation et de climatisation.

Restez en sécurité, n’allez pas chercher vos enfants à l’école, ils y sont protégés tout comme vous l’êtes. Je me doute qu’en tant que parent, il est plus facile de le dire que de le faire. Sachez tout de même que personne ne vous laissera entrer dans l’école qui sera elle aussi confinée…

N’encombrez surtout pas les lignes téléphoniques, le réseau doit rester disponible pour les services d’urgence. Cela va de soi : n’appelez pas les numéros d’urgence pour vous informer de la situation.

En cas de demande d’évacuation, il est préférable d’avoir avec soi un kit d’urgence. En France, nous ne sommes pas en avance. Alors, je vais vous aider à faire le vôtre. Il doit être dans un endroit facile d’accès et vous devez regrouper tout ce qui le compose :

 6 litres d’eau par personne en petites bouteilles (c’est plus

pratique que les grandes bouteilles),

 un couteau de poche, un ouvre-boîte ou couteau

multifonctions,

 de la nourriture (sous forme de barres énergétiques), des fruits

secs, des conserves, etc.

16

 au moins une lampe de poche avec des piles supplémentaires,

ou au mieux une lampe de type dynamo,

 des bougies, des allumettes et/ou un briquet,  un double des clés de maison et de voiture,  la photocopie de vos papiers d’identité,  un peu d’argent liquide,

 quelques vêtements de rechange,  du papier hygiénique et un essentiel de toilette, des lingettes et

de la solution hydro-alcoolique,

 un sac de couchage,

 des sacs plastiques pour protéger des affaires (notamment les

bijoux),

 et tout ce dont vous pensez avoir besoin, n’oubliez surtout pas

vos médicaments en cas de traitement à suivre.

Dès aujourd’hui, vous pouvez vous renseigner sur les différents risques présents sur votre commune et celles qui l’entourent grâce au site internet suivant : www.georisques.gouv.fr.

Complétez et affinez également vos connaissances sur ce que sont les risques sur www.gouvernement.fr/risques.

Vous pouvez enfin utiliser le site internet de « Pavillon Orange » pour regarder si votre commune possède le label décerné dans la sauvegarde des populations face aux risques et menaces majeures avec : www.pavillon-orange.org.

Vous voilà bien informé sur l’alerte des populations. N’hésitez pas à partager autour de vous ces quelques conseils qui peuvent être vitaux en cas de crise.

 

17