Sucre d'Orgie (French Edition)
Chapitre 1
J’aime le foot, mais je préfère être seule pendant les matchs. Je suis tranquille, à mon aise, avachie sur mon sofa. Si j’ai envie de mater ouvertement les culs des joueurs au lieu de suivre la trajectoire du ballon, eh bien, personne ne m’emmerdera ni ne me tapera une crise de jalousie.
— Je t’ai dit de te toucher !
Oh, c’est qu’il deviendrait impatient, le jeune homme.
— Que désires-tu ? Que je me caresse, me masturbe ou que je m’enfonce des doigts ?
Il fait semblant de réfléchir, puis il tourne la tête, et son regard se pose sur la petite table en verre. Ahhhh !
— Avec une main, caresse-toi les seins, et avec l’autre, branle-moi, dit-il en attrapant un instrument.
C’est un dildo[1]. Un magnifique objet en verre poli transparent qui a la forme et les couleurs d’un sucre d’orge, parfait pour la saison. Dès aujourd’hui, cette sucrerie deviendra ma préférée, avec sa nouvelle fonction ! Prise d’une curiosité dévorante, je jette un bref coup d’œil sur la table et découvre une panoplie de sextoys, de vibromasseurs et d’accessoires érotiques à l’effigie du père Noël. Il y a aussi une cravache dont l’extrémité qui sert à claquer les fesses a la forme d’un petit bonhomme de neige. Plusieurs autres godemichets à ventouse verts et rouges sont étalés. Sur le côté, j’aperçois un petit canard jaune en habit de fêtes, des plugs de toutes tailles avec leurs bijoux couleur rubis et des œufs vibrants qui portent, à leur extrémité, le bonnet de Santa Claus. Sur la droite, il y a différents lubrifiants et une mallette grande ouverte. Celle-ci comporte une gamme fétichiste qui se compose d’un peu de tout et n’importe quoi ; deux paires de menottes en fausse fourrure, un bandeau assorti et un string pour homme avec la tête du père Noël à la barbe hirsute. Oh ! Oh ! Oh ! Sur la gauche se trouve un Sqweel Go. C’est un petit boîtier circulaire armé de languettes en silicone pour l’orgasme clitoridien. Derrière ce simulateur de cunnilingus se trouve le kit « clonage » de bite, et des candies Lollipop qui sont des sucettes dont la boule à sucer est enveloppée par des capotes. Je remarque enfin le Lovehoney, qui est le calendrier de l’avent pour les coquins et les coquines. Wow... il y a vraiment de tout pour satisfaire tout le monde.
Baptiste scrute un instant le gros jouet en verre, pour ensuite le reposer. Dommage, j’aurais sûrement apprécié qu’il me le propose en me lâchant : tu veux goûter à ce sucre d’orge ? Je ris à ma propre connerie discrètement, mais me calme lorsqu’il prend un vibromasseur et qu’il s’avance vers moi. Il se baisse à ma hauteur et m'expose son sexe gorgé de sang que j'empoigne avec vigueur avant d'entamer un va-et-vient d'une main, tandis que de l'autre, je caresse ma poitrine. De son côté, mon partenaire enclenche le vibro qu’il plaque sur mon clito gonflé. Des milliers de frissons m’envahissent de la tête aux pieds. Oh bordel ! Il sait que dans l’état où je suis, je ne vais pas tarder à jouir. Le salaud !
Mes jambes commencent à trembler. C’est pire lorsqu’il insère un premier doigt dans ma fente suintante, suivi presque aussitôt d’un deuxième. Je ne sais pas comment il parvient à garder le vibro en place, mais sa position est parfaite. C’est trop bon. Je prends un pied d’enfer, et mon vagin se contracte.
— Connasse ! Tu aimes ça, hein, avoue !
— Hmmm... oui... oui...
Ma tension sexuelle monte en flèche. Il va me faire me faire atteindre le septième ciel, ce coquin !
Une nano seconde plus tard, mon abricot se resserre et ma respiration se saccade. Oh putain !
Les yeux fermés, le dos cambré, une de mes mains attrape le tapis sur le côté. Ça arrive... ça arrive ! D’habitude, je fais semblant. Oui, je simule toujours l’orgasme, sauf avec lui. Il est le seul homme pour qui je m’abandonne totalement, pour qui je plonge dans l’abysse du plaisir. Il est le maître de mes désirs les plus fous. Notre duo est en osmose. Ce n’est pas parce que les autres s’y prennent mal ne savent pas s’y prendre pour me faire jouir (car ils ont un bon jeu de doigté ou de langue). Avec eux, je reste concentrée sur ce que nous faisons. C’est pour cela que rien ne se passe naturellement, à l’inverse d’avec Baptiste.
Au même moment, mon étalon se penche pour laper sans ménagement un de mes tétons. Sa langue vorace joue avec mon mamelon avant de redessiner le contour avec la pointe, puis il le coince entre ses dents pour le torturer. Il le mord, le tire et l’aspire. Je vais exploser. Je ne peux plus me retenir... je jouis, librement. Excitée et prise dans le tourbillon de mon propre désir, mes mouvements sur sa bite ne ressemblaient plus du tout à une branlette digne de ce nom.
Je lâche le tapis froissé, et alors que je tente de retrouver un rythme cardiaque normal et un tempo convenable sur son membre, un type entre dans la pièce sans prévenir. Un grand gaillard vêtu de vert et de blanc... un costume d’elfe. Cet accoutrement ne lui va pas du tout. Il est bien trop grand pour prétendre être un gnome, on frôle le ridicule. Autant Baptiste est carrément sexy dans le rôle du père Noël, autant lui, eh bien... j’ai envie de pouffer de rire, mais je ravale aussitôtma moquerie, lorsque le mec lève son visage vers moi. Son regard s'ancre au mien et… Oh la vache, ça aurait pu être le Grinch, mais pire, c'est Erwan !
Il n’était pas prévu au programme, celui-là ! Si ?
En principe, rien ne me fait grincer des dents dans le sexe, j’ai juste des préférences. Là, je commence à baliser. Ce mec est gaulé comme un taureau, et sa réputation de « pas de pitié, pas de tendresse. Ça sera Bagdad entre tes fesses » me fait paniquer (sans vouloir faire un jeu de mots à la con !)
— Je vois qu’on s’amuse bien, par ici ! s’exclame-t-il en arborant un sourire jusqu’aux oreilles.
Oh là làà... J’ai déjà mal au fion !
— Père Noël accepterait-il de partager la bombasse avec un de ses elfes préférés ? continue-t-il.
Double, même triple ouille... ouille... ouille ! Il va me niquer comme un diable, cet enfoiré !
Je regarde Baptiste. J’ai presque envie de pleurer. Celui-ci tourne son visage vers moi. J’ai la sensation qu’il sait exactement ce qui se trame dans ma tête. Ses sourcils se froncent et un voile assombrit ses iris.
— Sors ta bite et approche-toi, gnome. Tu peux utiliser un gode, si tu veux.
Le père Noël, enfin, Baptiste, pose le vibromasseur puis me tend la main pour m’aider à me relever. Je l’empoigne. Fébrile et encore un peu dans le brouillard de l’orgasme, je me redresse.
— C’est vrai ? demande Erwan en détaillant les ustensiles sur la table basse.
De nouveau, mon partenaire me considère d’une manière discrète, comme s’il attendait mon accord. Qu’est-ce que je devrais dire ? Non ? Ce n’est pas dans mes habitudes de refuser. Ma réputation risque de tomber à l’eau. Il en est hors de question ! En guise de réponse, je cligne deux fois des paupières. Baptiste comprend illico.
— Fais-toi plaisir.
Bon sang, je croise les doigts pour que mon partenaire numéro deux ne choisisse pas le gode à tentacules XXL.
Ma main est toujours dans celle de Baptiste. Par une petite pression, il m’invite à le suivre jusqu’au canapé en cuir. Il m’incite à m’assoir par-dessus. Je pose à peine mes fesses qu’il m’agrippe déjà les jambes et me fais basculer en arrière. Je ne suis pas très attentive à ce qu’il entreprend, car ma concentration est dirigée sur Erwan. On dirait un gamin, le vingt-cinq décembre au matin devant ses cadeaux de Noël en train de réfléchir à celui qu’il souhaite ouvrir en premier. Je déglutis avec peine, mais les baisers de Baptiste sur ma gorge me ramènent à l’instant présent.
Tout affairé, il me savoure avec volupté. Sa bouche est d’une
douceur incomparable, et j’apprécie sa descente sur mes seins. Il parsème mon corps de baisers et de caresses. La fièvre me monte. J’ai très chaud, et ce n’est pas à cause des hautes flammes dans la cheminée. Non, c’est juste l’effet que Baptiste a sur mon corps.
Notre binôme depuis des mois m’a permis à mieux le connaître, à le satisfaire davantage. Je sais ce qu’il aime, ce qui le rend fou et ce qu’il n’apprécie pas. Notre complicité est partagée. Mon étalon connaît aussi mes exigences, mes désirs sexuels, mes préférences, et ce que je déteste. Nous sommes l’un des rares duos qui perdurent, en agissant ainsi à l’écoute l’un de l’autre.
D’ailleurs, n’est-ce pas là notre lien si particulier par rapport aux autres ? Cependant, plus le temps passe, plus je réalise que quelque chose d'autre grandit entre nous. Je ne devrais pas m’en soucier. Et pourtant, c’est exactement ce que je fais à chacune de nos rencontres. De son côté, Baptiste alimente cette sensation. Ses gestes, tout comme ses attentions et ses paroles envers moi, prouvent que j’ai raison. Oh, bon sang, je suis en train de me torturer l’esprit en cherchant ce que nous ressentons vraiment l’un pour l’autre pendant que l’on me titille l’anus.
— Son cul est bien serré, père Noël, articule l’elfe pendant qu’il m’enfonce un plug anal après l’avoir imbibé de gel lubrifiant saveur cookies.
— Même pas en rêve ! Ce petit cul est mien. Tu n’y toucheras pas. Pour l’instant, contente-toi de te faire bouffer le gland.
Erwan semble déçu. Dois-je rire ou pleurer ? Je me pose la question car, je suis ravie que Baptiste prenne les devants en interdisant mon trou du cul à Erwan, les dialogues sont d’une nullité à n’en plus finir.
Tandis que le Père Noël m’installe confortablement sur le dos, la tête posée sur le coin du dossier du canapé. L’elfe s’avance pour s’installer au-dessus de moi. Je suis traversée par un long frisson.
— Oh, mais elle grelotte, la coquine ! exulte Erwan en m’offrant une queue gonflée et veineuse.
Visage à l’envers, j’attrape des deux mains sa verge et commence à la branler énergiquement. Elle n’est pas circoncise, ce qui me permet de faire coulisser le prépuce sur le gland.
Colosse de presque deux mètres, Erwan est slave, de Saint-Pétersbourg. Ses cheveux très courts sont blonds, ses yeux, bleus, et sa mâchoire, carrée. Sa carrure est impressionnante. Cela ne m’étonne pas plus que ça, puisqu’il pratique la musculation intensive minimum trois heures par jour dans une salle de sport. Aussi, je sais qu’il participe à certains tournois de bodybuilding et il fait très attention à sa ligne tout en suivant un régime adapté et strict. Devant les buffets mis à notre disposition, il grignote des légumes ou de la protéine uniquement, et je ne l’ai jamais vu boire autre chose que de l’eau. Ce n’est pas le choix qui manque. Sur ce point-là, nous sommes chouchoutés comme des rois et des reines et depuis le début.
Je me souviens, la première fois que j’ai franchi les portes de cet immeuble, j’étais nerveuse. Je ne connaissais rien ni personne. J’avais postulé à l’appel de la candidature déposé sur le net. Depuis, c’est comme si c’était chez moi, j’y évolue à mon aise.
— Je vois ça ! On va vite la réchauffer, continue Baptiste en se plaçant entre mes cuisses.
Le Russe caresse mes lèvres avec sa queue quelques secondes, alors
que mon acolyte soulève mes jambes pour se caler entre elles. Lui non plus ne me pénètre pas tout de suite, il préfère frotter son sexe sur ma vulve. Hmmm... Cette double sensation est exquise ! En simultané, les deux hommes entrent en moi. D’un côté, mon premier partenaire s’enfonce doucement dans ma chatte et de l’autre, le second force ma bouche à s’ouvrir pour le gober. Je n’ai aucune possibilité de revenir en arrière. Je lui suce donc la bite en rythme avec les mouvements dans mon vagin.
Chaque va-et-vient est luxueux, ses coups de boutoir sont divins. Mon palpitant s’emballe, comme à chaque fois qu’il m’éclate la pépite. Après un certain laps de temps, j’oublie que nous sommes trois. Très vite, je récupère mes esprits : Erwan est à deux doigts de m’étouffer avec son énorme queue enfoncée bien trop loin dans ma gorge. Je manque d’air, des larmes naissent aux coins de mes yeux. Aussitôt, à l’envers, je pose mes deux mains à plat sur ses cuisses et les tapote. C’est un de nos principaux signaux ; le Russe comprend. Il réagit au quart de tour en retirant sa longue hampe de ma trachée, et je penche la tête sur le côté pour extraire l’excès de bave qui s’écoule d’entre mes lèvres. Je le foudroie du regard. Il me répond par une petite mimique d’excuse tout juste perceptible. Il avait intérêt, cet elfe de mes deux, sinon, je ne me serais pas gênée de la lui croquer à pleines dents pour lui faire comprendre qu’il y a des limites ! Ce n’est pas faute de lui avoir déjà dit, et ce à plusieurs reprises.
Avec Baptiste, c’est beaucoup mieux ! D’ailleurs, ses mouvements ralentissent un peu. J’abandonne Erwan pour poser mes yeux sur lui. Il semble agacé, voire en colère. Que lui arrive-t-il ? Sa mine est fermée et les traits de son visage sont tirés. Si j’écoute ma première intuition, je pourrais penser qu’il n’a pas, mais pas du tout, apprécié ma semi-suffocation provoquée par l’autre abruti. Oh ! Se soucie-t-il à ce point de moi ? Est-il jaloux ? Je n’en sais rien, mais bizarrement, sa réaction me fait chaud au cœur. Je ne le savais pas si possessif.
Baptiste stoppe ses coups de reins. Il retire sa bite luisante de foutre de ma fente, puis il me fait signe de me retourner pour me mettre à quatre pattes sur le canapé. Je lui souris, mais il n’y prête aucune attention. Wow !
— Tourne-toi, articule-t-il entre les dents lorsqu’une quatrième personne entre dans la pièce.
C’est le défilé du quatorze juillet aujourd’hui ou quoi ?
Une femme habillée elle aussi en rouge, blanc et vert rayé, avance à pas de velours jusqu’à nous. C’est Samantha, en costume sexy de lutine. Elle a un tanga en dentelle ouvert à l’entrejambe et un soutien-gorge à trous dévoilant ses somptueux seins laiteux.
Sam est une des filles que j’ai rencontrée dès mon arrivée. Elle est ici depuis plus longtemps que moi. Entre nous, le feeling est très vite passé. On peut dire que nous sommes des copines de scène. Si j’ai besoin de quoi que ce soit, de conseils par exemple, elle n’hésite pas une minute. De mon côté, si je peux lui rendre service, je le fais avec plaisir. J’étais dans tous mes états lors de mon premier lavement anal, car je ne l’avais jamais fait. On m’avait seulement confié une poire à lavement et puis conduite dans une salle de bain du premier étage. Comme une godiche, je tenais cet objet entre mes mains sans savoir comment l’utiliser.
Au bout d’un certain temps, Sam a toqué contre la porte pour savoir si tout allait bien et c’est ainsi que je lui ai avoué mon ignorance. C’est elle qui m’a tout expliqué dans les moindres détails. Elle est même allée jusqu’à remplir la poire d’eau tiède, puis enfoncer la canule dans mon anus. Je me souviendrai toujours de l’agréable sensation du liquide remplissant l’ampoule rectale. C’était presque jouissif. Bref, cette fille est vraiment cool. Enfin, cet instant, je n’apprécie pas vraiment lorsqu’elle s’avance vers Baptiste pour lui dévore les lèvres. Grrr... Comme pour me narguer, elle sort sa longue langue, afin de me montrer que c’est un vrai baiser. Poufiasse ! Ben quoi ? Moi aussi, je suis jalouse de toutes celles qui se collent à mon comparse. Malheureusement, je ne peux rien dire, alors je me concentre sur autre chose.
Je tente de faire abstraction de Sam et de ses mains baladeuses sur le corps saillant de mon acolyte en me redressant sur le sofa pour m’y positionner à quatre pattes. J’offre une vue panoramique sur ma croupe et sur mes fesses écartées, toujours sublimées par un plug rouge fiché entre mes fesses.
— Occupe-toi de la lutine. Fais-la hurler comme la sirène des pompiers, cette salope, balance Baptiste en posant ses mains sur mes hanches avec une certaine fermeté.
— À vos ordres, père Noël, répond un Erwan enchanté en s’approchant de Sam.
L'elfe attrape la lutine par les épaules et l'oblige à s'assoir à côté de moi, sur le sofa. Il se penche ensuite sur les tétons rosés de ma voisine qu'il lèche goulûment, sa main déjà en train de descendre vers sa chatte. La brune soupire de contentement avant qu’ils ne s’embrassent à pleine bouche. Bon... ma jauge de rivalité et de jalousie débile descend aussitôt. Je ne sais pas si Baptiste a compris ou ressenti mon malaise, mais comme toujours, il fait ce qu’il faut. Il se focalise uniquement sur moi.
Avec de pressants baisers, il sillonne mon cou, mes omoplates, puis en dépose d’autres sur ma colonne vertébrale. Pour mon plus grand plaisir, Baptiste s'attarde sur mes fesses rondes, qu'il mordille. Je suis très sensible à cet endroit. Il le sait. Il en abuse, le fourbe. Je me hasarde à penser à autre chose quand mon regard croise celui de Samantha. Ses prunelles vertes sont avides. Pour l’avoir déjà fait, je sais exactement ce qu’elle espère : que mes lèvres se posent sur les siennes. Hors contexte, je ne suis jamais attirée par les femmes. J’aime les hommes et leurs couilles bien pleines. Cependant, entre ces quatre murs et au côté de cette sublime femme, je peux devenir une tout autre personne. Dans le feu de l’action, je suis ce qu’on attend de moi.
Sans perdre une minute, je pose ma bouche sur celle de la lutine. Instantanément, nos langues se trouvent. Elles se frôlent, se caressent et se câlinent, timides, puis tout à coup, Sam devient plus gourmande. Plus entreprenante. Le Russe lui aspire le clitoris en lui enfonçant délicatement le gode en forme de sucre d’orge, alors que notre charmante partenaire plaque une main sur un de mes seins. Ses doigts se pressent par-dessus. Elle le palpe avant de s’attarder sur mon téton. Elle le tire, le roule et le pince entre son index et son pouce tout en entamant une danse des plus endiablées avec ma langue. Tout mon corps est happé par ce qu’elle me prodigue. Contre toute attente, je reçois une tape ferme sur la fesse et sursaute. Mon comparse met fin à notre rapprochement. J’abandonne à regret la suave bouche de Samantha.
— Cochonne, je ne te suffis plus ? m’interroge Baptiste au creux de mon oreille.
Personne d’autre que moi ne l’a entendu.
Mes joues s’enflamment, comme ma peau sous sa claque. Je ne sais pas comment je dois considérer sa question. Est-ce une réelle remarque de sa part ou alors est-ce déjà écrit ? Je ne m’en souviens pas, j’ai à peine survolé le script. Baptiste ne me laisse pas le temps d’y réfléchir. Son bassin se rapproche encore plus près de moi.
Je sens un liquide chaud dégouliner entre mes fesses. Le filou, il a craché pour imprégner ma raie de salive avant de retirer le plug anal. Hmmm... j’adore quand il fait ça ! Dès que l’occasion se présente, il s’évertue à le faire, histoire de respecter ce que je lui ai confié.
J’évite tous les regards braqués sur nous et, discrètement, je coule vers lui le plus beau des sourires, celui qui le fait craquer. Je ne peux pas lui verbaliser que, oui, lui seul me suffit. Plus encore si nous étions dans une autre situation, mais... ce n’est pas vraiment le moment pour lui avouer. J’espère que mon sourire fera son effet et qu’il suffira pour lui faire comprendre le fond de mes pensées.
— Oh yes, fuck me, fuck me hard ! hurle Sam à côté de moi pendant que son partenaire la soulève en levrette.
Si je me souviens bien, c’est la position préférée d’Erwan. Selon lui, pour une levrette parfaite il faut une femme bien cambrée, quelques fessées, un tirage de cheveux bien fort, et mélanger le tout... bon appétit ! Pour le coup, il est plutôt bien servi avec Sam. Il peut lui faire tout ce qu’il désire, elle ne refuse jamais.
Revenons à mes affaires.
Malgré la voix criarde de la miss d’à côté qui m’assaille les tympans, je reste bloquée sur ce qu’il se passe entre Baptiste et moi. Jusqu’à aujourd’hui, notre duo était particulier. Intense et unique à la fois. Ne me demandez pas pourquoi ni comment, mais quelque chose vient d’éclore entre nous. Mon sublime père Noël de la journée me sourit à son tour en hochant la tête, et mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Je me redresse un peu vers lui, il se rapproche et nos bouches se collent l’une sur l’autre comme des aimants. Notre baiser est doux, si enivrant, si renversant que la tête me tourne. Jamais nous ne nous sommes embrassés ainsi. J’ai l’impression de revenir des années en arrière lors de ma première fois avec un garçon. WOW !!! Que nous arrive-t-il ?
Nous nous noyons dans nos regards. La braise de ses yeux ardents
conjuguée au feu de la cheminée me fait littéralement chavirer. Oh putain ! Notre situation, notre complicité, nos attentions l’un envers l’autre, ainsi que nos gestes et nos douces phrases prononcées à la sauvette m’explosent en pleine tête.
Nous sommes tombés amoureux l’un de l’autre !
Tout à coup un brin déboussolée, j’oscille entre l’angoisse et l’envie d’un « nous ». Mais merde... nous n’étions pas censés nous aimer. C’est interdit selon la clause de nos contrats.
Décidément, je n’ai jamais su respecter les règles. Depuis mon adolescence, j’ai le goût pour l’interdit qui exacerbe ma curiosité et ma soif d’outrepasser mes limites. Cela revient à assouvir mon besoin de conquête de liberté. Un doux plaisir coupable. D’aussi loin que je me souvienne, ça a commencé par emmerder mes parents avec ma manière de me fringuer. Catholiques pratiquants et stricts comme à la vieille école, je leur en ai fait voir de toutes les couleurs. J’ai été baba cool, je portais des pantalons pattes d’éléphant et des tee-shirts colorés avec le logo peace and love. Cette période a été suivie par une autre où je m’habillais avec de longues robes noires, des corsets à lacets, des croix à l’envers au cou et des Docs aux pieds, en mode gothique. Sans parler de ma période teufeuse en baggy, débardeur kaki et dreadlocks. Ensuite, ça a été au niveau de mes études. Après le bac, j’ai voulu entreprendre une formation de tatoueuse, cinq mois plus tard, j’ai abandonné. J’ai changé de voie pour devenir détective privée. Suivre, photographier et monter un dossier contre une femme adultère me faisait marrer, mais j’ai vite déchanté et j’ai trouvé une nouvelle lubie, nettoyer les scènes de crime. Finalement, j’ai testé plusieurs corps de métiers avant de répondre à la fameuse proposition de job sur Internet. Cela fait maintenant quatre ans que je me sens épanouie, le salaire me convient parfaitement, l’ambiance est géniale, oui, mais... il y a Baptiste.
Comme suspendus dans un espace-temps rien qu’à nous, nos non-dits restent enfouis en nous. La connexion entre nos pupilles signifie bien plus que des mots. On se baise du regard. J’ai l’impression que mon cœur va bondir hors de ma poitrine. Il me dit qu’il faut en finir rapidement : il a quelque chose à me confier. Mon père Noël donne le ton au couple d’à côté, et Erwan suit la cadence.
—Oh... oh... oh ! J’ai une tournée à faire ce soir, ne perdons pas de temps ! Mes rennes m’attendent avec mon traîneau. Encule cette salope de lutine pendant que je bourre la rouquine, et finissons-en, articule Baptiste.
Samantha se fait démonter le cul à grands coups de verge et prononce des mots crus en anglais.
Chaleur, douceur, excitation, baisers, caresses, pénétrations et positions s’enchaînent jusqu’à l’aboutissement de l’excitation ; l’éjaculation. Baptiste se déverse par saccades sur mes fesses. Je me retourne et colle mes lèvres contre son gland pour aspirer les dernières gouttes de ce divin breuvage.
Ses yeux rieurs ne me quittent plus.
— Et... coupez ! hurle Sauveur, le réalisateur. Bravo, les enfants. Vous avez tout déchiré ! Belles séquences. Je sens que ce prochain film X de Noël va cartonner ! Bon, en revanche les dialogues étaient à chier, mais ne vous inquiétez pas, on rattrapera ça au montage.
Voilà, ma participation à ce nouveau projet est terminée. Il ne me
reste plus qu’à récupérer l’enveloppe avec mon cash à l’intérieur. Un petit plus que Sauveur m’accorde, puisque ma notoriété d’actrice pornographique monte en flèche depuis un an et il flippe que je signe chez un concurrent. Il faut dire que je suis de plus en plus sollicitée. Je reçois des contrats en tous genres, j’ai des demandes d’interviews un peu partout et les photographes ne cessent de me harceler pour des clichés exclusifs qui se vendront au plus offrant dans les magazines X. D’ailleurs, une grosse maison de production américaine me propose un contrat de sept jours à Los Angeles pour participer à un film à gros budget. La seule condition est de pratiquer la triple pénétration, vagin, anus, bouche. Je ne sais pas encore si je vais accepter. Ces cons veulent me rendre étanche.
Tandis que nous récupérons nos vêtements éparpillés un peu partout, des assistants viennent à notre rencontre pour nous envelopper de peignoirs. J’adore le mien, il est rose bonbon, et dans mon dos, le prénom Roxanne est brodé au fil doré.
— Putain, tu m’as démonté le cul, se plaint Samantha à Erwan.
— Oh pardon, ma jolie. Je peux... enfin, tu veux que je...
Elle relève la main pour le faire taire.
— C’est bon, je pense que tu en as déjà assez fait ! Je ne vais plus pouvoir m’assoir pendant longtemps.
Le mec se décompose.
Si j’étais mauvaise, j’éclaterais de rire, car son trou du cul ressemble vraiment à un chou-fleur, mais c’est ma copine, alors je compatis. Elle s’empresse de badigeonner son anus avec une crème apaisante. Note à moi-même : remercier Baptiste. Sans lui, j’aurais moi aussi le fion défoncé. D’ailleurs, où est-il passé ? Il y a une minute à peine, il était encore dans la pièce.
— Merci à tous, vous pouvez disposer. Les acteurs, vous pouvez vous diriger vers les sanitaires. Vous avez mérité une bonne douche. Retrouvons-nous autour du buffet du premier étage, continue Sauveur.
Je souris et j’acquiesce. Me laver me fera le plus grand bien.
Le duo voisin, lui, continue de parler jusqu’au couloir.
— Je te jure que je ne voulais pas t’enculer aussi fort Sam, mais dans le feu de l’action... je ne sais pas, je ne me contrôle plus.
— Mouais... ben apprends à te modérer. À force, plus aucune meuf ne voudra tourner des scènes avec toi. Tu y vas comme un bourrin et tu te fous du scénario.
Mes oreilles curieuses sont dérangées par un petit « psittt » qui provient d’une des salles de bain sur la droite. C’est Baptiste qui m’interpelle, avec la tête qui dépasse de l’embrasure de la porte. Je stoppe mon pas ; les autres continuent d’avancer.
— Je me demandais si après le passage au buffet, tu avais le temps de prendre un café ? Je sais que nous sommes la veille de Noël et que peut-être tu es attendue par ta famille ou tes amis, mais je dois absolument te parler !
Oh My God ! Sa voix tremble un peu. Il est trop chou !
— Mes parents sont à l’autre bout du monde au cœur d’une espèce de pèlerinage, et je suis fille unique. Mes copines ne sont pas là, non plus. Personne ne m’attend !
Son regard s’illumine, et il m’offre un sourire tentateur qui lui mange tout le visage.
— Génial ! Enfin, non je ne voulais pas dire... génial parce que tu es seule pour le réveillon, mais... oui, en fait. C’est tout à fait ça ! Donc, toi et moi nous sommes seuls pour Noël. Encore un point commun. Dis donc, la liste s’allonge. Je commence à croire que nous sommes faits l’un pour l’autre, ajoute-t-il en me faisant un clin d’œil. Bon, on se rejoint à l’extérieur devant la brasserie habituelle. Ce soir, comme je suis le père Noël et que j’offre des cadeaux, j’ai très envie de t’inviter au restaurant. Mon petit doigt me dit que nous avons beaucoup de choses à nous dire.
Hein ? Mon souffle se coupe et ma mâchoire se décroche. Je ne rêve pas. Nous sommes sur la même longueur d’onde !
Finalement, je crois que je vais pouvoir m’assoir sur les genoux de Santa Claus pour lui demander de réaliser mon vœu : l’avoir... LUI !
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ÉPILOGUE
Deux ans plus tard.
À l’occasion de notre série « portrait d’actrices X », nous dédions ce numéro spécial à la nouvelle égérie de la prestigieuse maison, SauveurLove : Roxanne. Elle nous explique comment elle en est arrivée là et comment elle envisage sa future carrière, tout en nous dévoilant un peu de sa vie privée.
Ses débuts :
Roxanne, vingt-huit ans, un mètre soixante-douze, grande star du X repérée par la production lors d’un casting photos sexy simulant des scènes érotiques : « C’était génial, les clichés étaient magnifiques, pourtant je ne connaissais rien du milieu. Auparavant, je n’avais jamais fait de shooting. J’y avais simplement postulé sur un coup de tête. Au bout d’une dizaine de minutes devant l’objectif, je me suis aperçue que je m’éclatais vraiment. Pour ne rien gâcher, les hommes qui m’entouraient étaient très beaux et leurs corps parfaits étaient un régal à regarder et à toucher (rires). Même si au début j’étais timide et introvertie, toute l’équipe m’a mis à l’aise, surtout Sauveur, le grand patron. Je me souviens, il y avait de la musique, tout le monde était sympa avec moi, puis je me suis prêtée au jeu ».
Dotée d’une généreuse poitrine naturelle, d’un visage d’ange, mais aussi de cheveux couleur de feu et de longues jambes interminables qui font rêver, la jeune femme garde les pieds sur terre.
Nous avons demandé à Roxanne de nous expliquer son succès fulgurant : « Je ne prétends pas être la meilleure actrice ni la plus jolie de toutes, mais j’ai eu de la chance. Lorsque j’ai débuté, la prod recherchait de nouveaux acteurs. Le jour où j’ai postulé, tout le staff était présent : il a eu un coup de cœur pour mon duo avec Baptiste. Ce jour-là a aussi été celui de ma rencontre avec l’homme devenu mon mari. Depuis, on ne se quitte plus, sur les plateaux comme dans la vie. ».
Ses films :
Roxanne a tourné dans plus d’une centaine de films. Ses plus gros succès : « L’amante des milles et une nuit », « La veuve du voisin », « Soumise du donjon », « Pardonnez-moi, j’ai péché », entre autres. La jeune femme a reçu de nombreuses récompenses. Sa plus prestigieuse performance, celle qui l’a propulsée au sommet, avec le prix de la meilleure scène de sexe de Noël, aussi numéro un des ventes depuis presque deux ans : « Sucre d’orgie au chalet d’hiver ». Elle y joue une femme qui fait un vœu la veille de Noël. C’est le grand Santa Claus lui-même, interprété par Baptiste (son mari dans la vie, qui est aussi l’égérie masculine de la production), qui réalisera son souhait. Il lui apporte son cadeau tant espéré, une valise remplie de jouets intimes, et des partenaires pour assouvir ses désirs.
Le duo de ce scénario est grandiose. L’amateur de ce genre de films découvre des scènes réalistes mises en valeur par le couple Roxanne/Baptiste, à la complicité évidente. Pour ainsi dire, ils crèvent l’écran, et grand nombre d’acteurs du X s’en inspirent encore aujourd’hui.
Notre interviewée poursuit ses confidences :
« Jusqu’à ce fameux jour du tournage, il n’y avait rien entre Baptiste et moi. Nous étions seulement de bons amis, avec pas mal de points en commun, mais nous bossions ensemble, rien de plus. Rien ne nous prédestinait à devenir intimes. Il était formellement interdit d’entretenir une quelconque relation à l’extérieur. Ça a été plus fort que tout. Au début, nous nous cachions. On essayait de camoufler nos sentiments, on se rejoignait discrètement, bref, on avait l’impression d’être des gosses tentant de ne pas se faire prendre la main dans le sac (rires). Malgré tous nos efforts, la vérité a éclaté au grand jour. Il faut savoir que nous refusions tous les projets si nous ne tournions pas ensemble. Finalement, notre couple a été accepté par le patron, et depuis, nous pouvons vivre pleinement notre histoire d’amour. Souvent, nous disons que cela nous est tombé sur la tête (rires). C’est ce film de Noël qui a été le déclencheur de nos sentiments respectifs. On s’aimait sans le savoir, et grâce à un je ne sais quoi, on en a pris conscience pendant qu’on... baisait. (rires). »
Le futur
L’actrice nous révèle que son couple est plus fort que jamais. Leur métier apporte du piment dans leur quotidien, et ils partagent toutes les scènes qu’on leur propose de tourner. En duo où à plusieurs, ils ne sont jamais loin l’un de l’autre.
« Depuis notre tournage sur Sucre d’Orgie, pour Noël, on nous surnomme les inséparables (rires), et c’est bien vrai ! Jamais je n’aurais pensé rencontrer l’homme de ma vie lors d’un tournage de films de boules (rires). On s’aime passionnément, et ce qui est dingue, c’est que nous nous complétons sur tout. »
Lorsque la jeune femme nous confie son amour pour son homme, ses yeux pétillent de mille feux.
« Il est mon mari depuis un an maintenant, mon amant rêvé et mon incroyable partenaire au travail ».
Roxanne annonce que le couple a beaucoup de projets professionnels, notamment un qui leur tient particulièrement à cœur : passer derrière la caméra. En effet, le couple souhaite monter leur propre production de films X. Pour terminer, la sulfureuse actrice nous relève qu’elle fait une pause dans sa carrière et qu’elle travaille actuellement sur un manuscrit. Elle écrit son autobiographie, un témoignage autour des relations, du sexe à foison et de l’amour qui peut surprendre et frapper n’importe où.
Surprise !
L’actrice attend un heureux évènement pour la fin de l’année. La date de son accouchement est prévue pour le vingt-quatre décembre.
« Comme quoi, tout peut arriver un soir de Noël. Il faut simplement croire en sa magie ! ».
Oh... oh... oh... Joyeux Noël à tous !
FIN.
Résumé provisoire :