Thémidore; ou, mon histoire et celle de ma maîtresse
Themidore.
De matiere en matiere nous parlâmes de mon aventure. Il n’est pas étonnant que le saint homme fût curieux. Je lui racontai tout, & l’intéressai si bien, que c’est lui qui a le plus contribué à la délivrance de Rozette, comme vous le verrez, & que c’est par son moyen que j’ai tout obtenu de mon pere.
N’ayez point mauvaise opinion de lui sur la conduite que vous lui remarquerez. M. le Doux n’est point un hypocrite; il est droit, bon Ecclésiastique, mais simple, aisé à tromper: il a toutes les minuties de son état, mais n’en a pas les intrigues secretes. S’il a fait quelque faute, j’en suis la cause. On n’est véritablement coupable que lorsqu’on l’est par le cœur.
Il étoit près de huit heures, M. le Doux étoit retourné chez lui, & m’avoit laissé le temps de revenir au sujet de mes inquiétudes. Je me promenois dans ma chambre à grands pas; je regardois par la fenêtre: Laverdure ne revenoit point. J’excusois son retardement sur la différence des horloges: j’étois dans une cruelle impatience. Entre subitement dans ma chambre une figure empaquetée dans une cape de camelot, qui, sans me parler, jette une lettre sur mon bureau, & se jette dans un canapé. Je lis l’adresse, je reconnus l’écriture de Rozette; sans différer je l’ouvre, je la dévore, & je suis enchanté. Je vais vous en donner une copie, après vous avoir mis au fait des moyens par lesquels elle étoit parvenue jusqu’à moi, comment s’y étoit pris mon commissionnaire, & quelle étoit la personne qui étoit entrée chez moi dans cet équipage. Cette intrigue est assez bien conduite, & Laverdure m’a avoué que c’étoit son chef-d’œuvre.
Fin de la premiere Partie.
THEMIDORE.
S E C O N D E P A R T I E.
THEMIDORE.
Dùm licet, in rebus jucundis vive beatus.
Hor. Lib. I. Ep.
S E C O N D E P A R T I E.
colophon
A LA HAYE,
Aux dépens de la Compagnie.
M. DCC. LXXVI.