Auguste Comte et Herbert Spencer / Contribution à l'histoire des idées philosophiques au XIXe siècle
Notes:
remplir suffisamment» [41]. Quant à la prétendue «aptitude de l'esprit sociologique à diriger les méditations générales», elle a été maintes fois vue à l'oeuvre dans l'histoire de la pensée. Elle n'a rien à envier à l'évidente impuissance, sous ce rapport, de l'esprit
mathématique[42].
Sans doute, pour bien philosopher, il est nécessaire, avant tout, d'acquérir un savoir suffisant sur les diverses catégories de faits généraux qu'on désire confronter entre eux. Comte le dit très sensément: «Chacun des nouveaux philosophes devra s'assujettir systématiquement, comme je l'ai fait moi-même, à un lent et pénible apprentissage, à la fois scientifique et logique, fondé sur l'étude des
diverses branches de la philosophie.»[43] D'après les idées fort justes de l'auteur du Cours de philosophie positive sur les conditions qui, seules, peuvent assurer le succès du sociologue, celui-ci devra avoir préalablement étudié la série entière des sciences fondamentales. Il appert donc que, de tons les savants spéciaux, le sociologue approchera le plus du philosophe idéal rêvé par Comte. D'autre part, il semble non moins certain que si l'explorateur du monde social se mettait à considérer les phénomènes mécaniques, physiques ou vitaux sous le seul point de vue de son étroite spécialité, il perdrait immédiatement les avantages essentiels de sa préparation encyclopédique.
Notes:
[35] Cours, tome I, leçon lviii, p. 650.
[36] Ibid., pp. 630-631.
[37] Ibid. pp. 652-653.