AZ (Collection Horus)

Alise Adams · Chapitre 4 sur 7

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AZ (Collection Horus)

Chapitre II

 

Deux ans plus tard

 

Persuadé d'avoir fauté de façon impardonnable, Jules, Comte de D., avait décidé de se marier pour expier. Il avait cessé ses petites soirées de débauches, n'avait plus jamais croisé le Duc V. et Azraël ne s'était plus manifesté. Quoi de plus logique ? Jules avait payé sa dette et il n'y avait plus aucune raison pour que l'ange de la mort lui rende visite. Surtout que, si ça devait se reproduire, Jules savait très bien comment s'y prendre. Il refuserait tout contrat !

À la grande satisfaction de son père, Jules s'intéressait à présent à ses terres, à la politique et, surtout, à lui offrir une descendance. Les noces avaient eu lieu en grande pompe. Après tout, les deux parties avaient bien d'assez grosses fortunes pour se le permettre. Le jeune couple s'était aussitôt retiré dans la propriété de campagne de la famille de Jules, qu'il fallait remettre en état. L'occasion avait été parfaite pour le père de celui-ci : il pouvait consommer son mariage tout en se responsabilisant sur les tâches qui lui incombaient.

Après avoir exercé son droit matrimonial sur son épouse, celle-ci avait souhaité se retirer dans ses appartements pour le reste de la nuit. Jules n'était pas dupe : elle ne l'avait épousé que parce que son père le lui avait ordonné. Elle n'était pas désagréable à regarder, avait une colossale petite fortune et il avait pris beaucoup de plaisir à lui faire l'amour cette nuit-là. De son côté, il savait en revanche qu'elle était assez bigote et que sa réputation de coureur de jupons n'était plus à faire. Aussi, elle rechignait à rester trop longtemps en sa compagnie. Mais ça ne le dérangeait pas plus que ça. De cette manière, ils se contenteraient de quelques visites nocturnes afin de mettre en route la machine de la descendance et ils se laisseraient en paix le reste du temps.

— Je suis si triste que tu n'aies plus succombé à l'appel de tes semblables…

Comme à chacune de ses apparitions, ou presque, Jules sursauta. Azraël était installé sur la méridienne qui faisait face au lit. Son long manteau ouvert laissait voir un torse nu, parfait… Jules se secoua mentalement, il était persuadé que l'ange de la mort avait le pouvoir d'orienter ses pensées, il ne devait plus s'y laisser prendre !

— Que faites-vous là ? demanda-t-il sans autre forme de politesse.

— Eh bien, à ton avis ?

— J'ai payé ma dette ! s'offusqua Jules.

Azraël ne put répondre tout de suite car il riait à gorge déployée. Jules ne comprenait pas ce qu'il avait dit de drôle et attendit que son interlocuteur veuille bien se calmer.

— Mon cher Jules, si cocasse ! finit par dire Azraël.

— Je vous demande pardon, mais je ne vois pas en quoi je suis si… cocasse… se vexa le comte.

— Pensais-tu vraiment qu'un petit jeu comme celui que tu as partagé avec le duc suffirait à payer ta dette ?

— Je…

Le regard que lui lança Azraël rendit Jules muet. Non, il n'était pas débarrassé de lui ! Mais que lui voulait-il, à la fin ? Il avait fait exactement ce qu'il avait attendu de lui, il avait sali son âme et son corps à jamais ! Il passait son temps à pister les sorties du duc V. pour ne pas le croiser ! Bon sang, mais qu'attendait-il encore de lui ?

— Patience, mon cher, patience. Ce soir, j'avais juste envie de discuter.

— Discuter ? s'étonna Jules.

— Bien sûr, disons que je réduirai un peu ta dette si tu acceptes de m'accompagner dans mes palabres avec un verre de liqueur…

— D'accord.

Avait-il le choix ? Il savait bien que non et, tout au fond de lui, il n'avait de toute façon pas envie de résister à l'homme qui le torturait depuis toutes ces années.

Azraël, comme s'il avait été chez lui, se dirigea vers la porte qui donnait sur le salon privé de Jules. Le feu s'éteignait dans l'âtre mais un petit geste nonchalant de l'ange le raviva d'un coup. Il s'assit dans le fauteuil qu'occupait habituellement Jules quand il se rendait dans cette propriété. Le comte leur servit un verre d'eau de vie à chacun et prit place en face de l'ange.

— Vois-tu, mon cher Jules, je suis parfois fatigué de la vie que je mène.

— Et quelle est donc cette vie ? demanda Jules, curieux malgré lui.

— Ah… je voyage, je récolte les âmes, je fais signer des contrats. Mais il me manque un je-ne-sais-quoi…

— De quoi un être puissant tel que vous pourrait-il bien manquer ?

— L'amour, Jules, l'amour… Avoir quelqu'un qui m'attend chaque soir à la maison. Cette petite routine tellement humaine, je n'y ai pas droit.

— Vous pouvez sûrement soumettre une femme avec l'un de vos contrats, remarqua judicieusement Jules.

— Et c'est ça que tu appellerais l'amour ? ricana Azraël. De plus, une femme ne m'intéresserait pas.

— Comment ça ? demanda naïvement Jules, réalisant la réponse au moment où il posait sa question.

Il rougit de la tête aux pieds lorsque le regard de l'ange de la mort le parcourut. Cette fois, il n'était pourtant pas nu. Mais c'était tout comme et c'était bien l'effet que lui procurait la caresse des yeux d'Azraël sur son corps.

— Quel âge as-tu ? demanda Jules à l'ange pour changer de sujet et cacher son malaise, se pliant inconsciemment au tutoiement.

— Je suis bien plus vieux que tu ne peux le concevoir, en âge humain tout du moins. Car j'ai la jeunesse éternelle, ça va de soi.

— La jeunesse éternelle… murmura Jules, s'imaginant déjà vivre pour toujours.

— Tentant, n'est-ce pas ? susurra Azraël en posant les lèvres sur son verre.

— Non ! s'écria Jules. Je ne signerai plus rien !

— Soit. Je ne te proposais rien, répondit l'ange, indifférent.

— À combien s'élève ma dette ? demanda soudain Jules.

— Elle est assez élevée… pourquoi ? Serais-tu pressé de te débarrasser de moi ?

— Je… c'est-à-dire que…

— Je connais un moyen de la réduire un peu, lâcha Azraël en observant les flammes.

— Je t'écoute.

— Tu pourrais être cette personne que je retrouverai le soir…

— Je suis marié ! s'insurgea Jules en se levant, les poings sur les hanches.

— Et tu comptais rester fidèle à la porte de prison qui te sert de femme ? ironisa l'ange.

— Peu importe, je ne suis pas intéressé. Tu es…

— Un homme, enfin non, pas vraiment mais je pense qu'on se comprend. Et il me semble que ta petite expérience avec le duc V. t'a laissé un goût d'inachevé, je me trompe ?

— Comment peux-tu affirmer ceci ? s'indigna à nouveau Jules, sentant la colère se transformer en honte.

— Je te l'ai dit, mon cher Jules, tu ne peux rien me cacher.

Azraël se leva et ondula jusqu'au comte. Les pans de son manteau flottaient autour de lui à chacun de ses pas, dévoilant le torse que Jules tâchait d'éviter de regarder depuis l'arrivée de l'ange dans sa chambre. Az, toujours en phase avec les pensées du comte, retira souplement le lourd vêtement qui tomba au sol à sa suite. Il ne cessa d'avancer que lorsque son corps se trouva pratiquement collé à celui de Jules. Ce dernier sentit son cœur reprendre sa course folle, ses mains devenir moites et ses lèvres aimantées à celles d'Azraël.

— Que me fais-tu, Satan ?

— Hum… Je ne suis pas Satan lui-même… Bien que j'apprécie grandement sa compagnie. Mais, pour répondre à ta question, rien. Je ne fais que réveiller ce qui sommeille en toi depuis trop longtemps.

Tout en discutant, il défit les boutons qui maintenaient le pantalon de Jules en place. Le comte ne bougea pas, hypnotisé par la bouche qui lui souriait.

— Disons que je vais t'offrir un petit bonus, dans ma grande bonté. Après ça, tu pourras répondre à ma question.

Sans lui laisser le temps de riposter, l'ange s'agenouilla devant Jules et s'empara de son sexe qui surgit fièrement du pantalon à présent tombé sur ses chevilles. Un gémissement franchit les lèvres du compte, bien malgré lui. Gémissement qui se transforma en plainte quand l'ange introduisit le membre gonflé entre ses lèvres. Il joua d'abord un peu en taquinant le gland avec sa langue. Jules posa les mains sur la tête d'Azraël, tentant de s'enfoncer plus avant dans sa bouche. L'ange l'en retira totalement.

— Ne sois pas si pressé, mon cher comte, prenons notre temps, veux-tu ? Je vais te montrer à quel point un homme peut te donner bien plus de plaisir qu'une vulgaire femelle.

Jules relâcha la pression et desserra ses doigts des longs cheveux blancs de son ange de la mort. Azraël le força à reprendre place dans le fauteuil et lui prodigua de longues caresses sur les testicules, presque douloureuses. Il approcha son visage de celui, en feu, de Jules et donna un petit coup de langue sur les lèvres serrées de celui-ci. Il gémit encore, il avait l'impression de subir une douce torture qui pourrait le mener bien plus loin qu'aucune femme n'en avait été effectivement capable. L'ange sourit, satisfait de l'effet qu'il sentait dans sa main qui s'était à nouveau repliée autour du membre impatient de son hôte. Il se pencha et le reprit en bouche, goûtant la petite perle de liquide suspendue au bout du gland lisse et ferme de Jules, qui gémit un peu plus fort, se renfonçant dans son fauteuil. Azraël lapa délicatement l'extrémité du sexe du comte, tout en glissant son autre main entre ses cuisses.

— Que… tenta ce dernier de protester.

Mais l'ange de la mort prit la verge en entier dans sa bouche, transformant les mots de Jules en petits cris rauques. Sa main s'aventura plus loin et, lorsque son index rencontra l'anus du comte, il le titilla légèrement. Jules sursauta mais ne chercha pas à éloigner Azraël de ce lieu qui n'avait jamais été touché par qui que ce soit. Qu'est-ce que ce sorcier lui faisait pour qu'il se laisse manipuler ainsi ? Il n'était qu'une marionnette entre les mains habiles de cet être surnaturel ! Et le pire était qu'il aimait ça ! Il en redemandait, même, en s'arc-boutant pour que le doigt de l'ange puisse s'introduire plus facilement en lui.

Jules ne savait plus où donner de la tête. L'ange lui faisait une fellation des plus exquises tout en agitant son index en lui et le plaisir le submergeait de toutes parts. Il laissa échapper un cri de sa gorge, tout en malaxant les cheveux d'Azraël qui faisait toujours des va-et-vient autour de son sexe, qui n'avait jamais été aussi dur.

L'ange, sentant que son comte était prêt, glissa un deuxième doigt en lui. Jules cria en même temps que son sperme arrosait sa gorge. Il ne retira ses doigts que lorsque les spasmes cessèrent d'agiter la verge tremblante. Satisfait, il releva la tête et croisa les yeux brillants du comte.

— Je savais que tu aimerais ça, lui murmura-t-il avant de l'embrasser.

Il déversa un peu de la semence de Jules entre ses lèvres. Le comte passa sa langue sur celles de son amant et se pressa contre lui, la plongeant là où se trouvait son sexe quelques secondes avant.

— À mon tour, lui lança Azraël en guidant sa main sur son entrejambe durci.

— Je n'ai jamais… tenta de s'esquiver Jules, inquiet de la suite.

— Eh bien, ce sera ta première fois, mon cher ami, décréta-t-il en se relevant.

Il se dirigea vers la porte où il s'appuya pour enlever ses bottes et son pantalon. À présent complètement nu, il observait Jules qui hésitait à le rejoindre. Mais un seul sourire l'incita à s'avancer, complètement subjugué par le corps parfait qui lui était offert.

— À genoux, lui ordonna simplement Azraël.

Jules s'exécuta, encore sous le coup de son orgasme, comme dans une transe dont il ne souhaitait de toute façon pas sortir. Le sexe de l'ange était fier, dressé devant sa bouche, et n'attendait qu'une caresse de sa part. Il sortit timidement sa langue et en lécha le gland. Il sentit aussitôt son propre membre durcir à nouveau. Novice dans ces pratiques, il décida d'imiter ce qui lui avait été prodigué à l'instant. Il lécha lentement la verge turgescente sur toute sa longueur et recommença plusieurs fois lorsqu'il sentit le muscle se contracter contre ses lèvres. Enfin, il le prit dans sa bouche, sentant le désir s'immiscer à nouveau en lui. D'une main, il enserra le sexe tout en le poussant plus loin, jusqu'à s'en donner la nausée. De l'autre, il caressa les fesses de l'ange, qui s'était cambré pour lui permettre de s'y aventurer, comme une invitation à la débauche sodomite qu'il cherchait pourtant à fuir depuis toutes ces années.

Azraël donna quelques coups de boutoir contre le palais de Jules qui, bien qu'un peu écœuré, sentit des frissons se propager sur tout son corps. Il ne gémissait pas : il respirait très fort. Il était haletant et impatient. Jules osa. Sa main écarta doucement les fesses qu'il palpait depuis quelques instants. La cambrure de l'ange s'accentua, l'encourageant à aller plus loin.

— Mets deux doigts, j'ai l'habitude… lâcha-t-il entre deux soupirs rauques.

Jules, de plus en plus excité, ne se le fit pas dire deux fois. Il frotta un peu l'anus avec le pouce mais, n'y tenant plus, introduisit l'index et le majeur, sauvagement. Il avait envie de brutalité, il voulait que ce soit fort et douloureux. Son partenaire répondit à son intrusion avec enthousiasme, lui labourant la bouche de sa queue frémissante. Quelques secondes après, il se vida sur la langue de son amant en laissant enfin un petit cri s'échapper. Jules agita ses doigts sans relâche jusqu'à ce qu'Azraël demande grâce.