Cent-vingt jours de service actif Récit Historique Très Complet de la Campagne du 65ème au Nord-Ouest

A Montreal

Il est dix heures précises.

Vingt mille voix jettent un cri formidable:

—Hourra! Hourra!

—Vive le 65ème!

Le canon tonne, au loin les cris redoublent, augmentent et se succèdent pour se décupler encore.

Le train s’arrête, la foule serrée; comprimée, écrasée se rue en avant et escalade les chars.

Les mouchoirs s’agitent, toutes les têtes se découvrent.

—Salut aux braves!

Un détachement de trente hommes de police est impuissant à réprimer le mouvement.

De l’ordre? Ah, bien oui, on s’occupe bien de cela, on veut les voir, les toucher, leur serrer la main.

Les braves colonels des bataillons de Montréal sont entraînés, poussés, bousculés.

“Tant pis! excusez mon colonel!” on donne un coup d’épaule, il faut avancer quand même.

Le maire Beaugrand, toutes décorations dehors, le collier au cou, essaie de se frayer un passage et parvient enfin jusqu’au colonel Ouimet, qui serré de tous côtés et escorté des majors Hughes et Dugas, ne peut avancer ni reculer.

Le maire leur serre la main, leur souhaite la bienvenue et va pour parler quand le capitaine Des Rivières qui est arrivé lui aussi jusque là, Dieu sait par quel miracle, se jette dans les bras du colonel et du major et leur étreint les mains à les briser.

Chaque officier qui descend est tiré par les bras, par les épaules, par les pans de son dolman.

“Bonjour, salut, comment ça va; bravo, hourra vive le 65ème!”

On ne s’entend plus, on ne se voit plus; tout le monde parle, chante, crie. C’est splendide!

Les poussées continuent, les soldats ne peuvent sortir des chars, on les tire par les bras, on voudrait les faire sortir par les fenêtres.

Et les crie recommencent et les acclamations deviennent de plus en plus vigoureuses.

Pendant que le maire, les échevins, les colonels et les officiers viennent serrer la main à leurs collègues, on a fait un peu de place sur les quais de débarquement, les wagons se vident, voilà les soldats!

Bronzés, noirs, fatigués, déguenillés, la figure abîmée, les yeux rouges, les cheveux négligés, la barbe inculte, pantalons déchirés, tuniques en lambeaux, coiffés qui d’un chapeau, qui d’une casquette, les chaussures rapiécées, gibernes cousues avec des ficelles……………. ………natures magnifiques, en un mot de beaux soldats aux traits mâles, durs, énergiques, vigoureux.

Voilà les soldats du 65ème après une campagne de, trois mois et demi, après avoir marché dans la neige, dans la boue, dans l’eau, dans le sable, dans la poussière, sous la pluie, la neige et le soleil!

Voilà nos braves volontaires après avoir fait des marches forcées de trente, trente-cinq et trente-huit milles en une journée!

Voilà nos amis après avoir souffert du froid, de la faim et de la chaleur.

Voilà nos Canadiens-Français après avoir vu le feu, tels qu’ils étaient avant le soir de la bataille et qu’on croit voir noirs de poudre et de poussière.

Chapeau bas! Salut aux braves!

LES ANCIENS MEMBRES DU 65e BATAILLON.

Le capitaine DesRivières haussant la voix autant qu’il le peut pour se faire entendre au-dessus des grondements de la foule, lit enfin les lignes qui suivent:

Au lieutenant-colonel J. A, Ouimet, commandant le 65e bataillon, C. M. R., aux officiers et soldats du 65e bataillon, C. M. R.

Messieurs,

Les soussigné, anciens officiers, sons-officiers et soldats du 65e bataillon, C. M. R., mus par un sentiment de joie de vous voir revenir dans vos foyers, après une campagne rude et pénible, viennent vous souhaiter la bienvenue, et vous exprimer en même temps leur admiration pour le courage, l’énergie et les qualités essentiellement militaires dont vous avez donné tant de preuves dans la guerre du Nord-Ouest.

Tous avez mérité la reconnaissance du pays entier, en contribuant dans une large part & faire respecter la loi et à rétablir l’ordre troublé.

Mous n’ignorons pas que ce n’a été qu’au prix de grands sacrifices personnels, de privations de toutes sortes, de marches longues et pénibles, et même au pris de votre sang que vous avez assuré la tranquillité du pays.

Vous avez montré sur le champ de bataille le sang-froid, la valeur qui distinguent de vieux soldats aguerris.

Vous êtes bien les descendants des héros de la Monongahéla, de Carillon et de Châteaugay!

Les annales conserveront le souvenir des travaux accomplis et des succès remportés par le 65e bataillon Carabiniers Mont-Royaux.

Vous avez attaché un tel prestige au bataillon que l’honneur d’y appartenir rejaillit sur ceux qui y ont appartenu, et nous, vos amis, vos anciens compagnons d’armes, pouvons dire avec orgueil: “Nous avons été au 65ème.”

Vous avez fait honneur à votre race! vous êtes les bienvenus.

Puissiez-vous trouver dans le sein de vos familles le repos que vous avez si bien mérité. Salut, honneur, reconnaissance au 65ème.

Montréal, juillet, 1885.

(Signatures)

E. DesRivières, Armand Beaudry, L. E. N. Pratte, Horace Pépin, A. Renaud, P. J. Bédard, A. Bryer, L. N. Paré, A. Simard, E. Globensky, G. Faille, J. H. Salameau, A. Lussier, Joseph Pelletier, H. Viger, E. D. Collerette, J. A. Dorval, C. A. Bourgeois, M.E. Dymbumer, Henri Morin, Flavien J, Granger, J. Arthur Tessier, Albert Béliveau, A. Sumbler, Adolphe Grenier, Napoléon Leduc, Pierre E. Drouin. George N. Watie, G. L. A. Beaudet, J. B. Emond; E. G. Phaneuf, Frs Corbeille, C. A. Giroux, G. S. Malepart, Philippe Gareau, Roméo LaFontaine, J. Edouard LaFontaine, Wilfrid Lortie, Ephrem Chalifoux, Auguste Lavoie, Napoléon Lefebvre, Aimé Grothé, Ernest Neveu, J. A. Dazé, Arthur Nay, Philippe LeBel, D. Payette, Pierre Villeneuve, Camille Nourrie, J. E. Marois, Joseph Pelletier, Joseph Pouliot, Charles Boy, Elie Duchesne, Adolphe Lecault, Charles Brunelle, Joseph Lagacé, Alexis Gauthier, Séraphin Laroche, Eug. Beaudry, J. A. Boudrias, J. W. Bacon, Emile A. Lorimier, Edmond Daller, E. Trestler, N. Millette, E. Dansereau, D. Maypenholder, Louis Houle, Alfred Bertrand, Georges Cadieux, Georges Giroux, Jean-Baptiste Dubois, Omer Fontaine, Napoléon Leclerc, Léon Gagnon, Louis Gauthier, Charles Deslauriers, Charles Berger, Alfred Bernier, Frédéric Guillette, O. Boyer, J. N. A. Beaudry, P. A. Beaudry, Charles Blanchard, Ernest Gadbois, Gustave A. Leblanc Alfred Labbé, George Lesage, Adolphe Lefebvre, O. Corriveau, A. N. Brodeur, J. B. L. Précourt, Albert Leduc, Edouard Villeneuve, J. E. A. Dubord, Alex Scott, P. A. Boivin, Joseph Hurtubise, Arthur Quevillon, Chs Alex Merrill, Israël Marion, Moïse Raymond, A. B. Brault, J. Z. Resther, E, N. Lanthier, Arthur Labelle, J. Bte. Métivier, W. Maynard, Horace Normandin, E. Hébert, J. R. Saint-Michel, J. E, Decelles, Aug. S. Mackay, J. B. Labelle, H. A. Cholette, L. P. Trudel, J. C. Moquin, J. C. Dupuis Ï. J. R. Hubert, Adolphe Lupien, R. Resther, Joseph Ross, Napoléon Melançon, Alfred Desnoyers, C. E. Stanton.

Tous les vétérans du 65e, portant le helmet blanc et le ruban à la boutonnière, sont rangés en bataille sur le quai, capitaines, lieutenants, sergents et caporaux à leur rang, comme au temps où ils portaient l’uniforme.

Ces vétérans avec leur teint frais et rosé et leurs joues pleines semblent des jeunes gens à côté des volontaires qui reviennent du Nord-Ouest.

Le colonel Ouimet répond brièvement et conseille aux vétérans de former un double bataillon, comme cela se fait à Toronto pour les Queen’s Own.

“J’accepte vos compliments, mes amis, dit-il, en ma qualité de colonel du 65e. Les éloges que vous adressez à mes soldats sont mérités, et il suffit, pour s’en convaincre, de lire les rapports du général Strange.”

Ces paroles sont reçues par des hourras et des “vive le 65e!”

LE DÉFILÉ

Les commandements se font entendre et enfin on se met en marche, les vétérans en avant, la musique du 65e, le colonel Ouimet escorté des officiers délégués de tous les autres régiments, et enfin le bataillon.

En haut de la rue des Casernes, attend la tête de la colonne qui se compose ainsi:

Une section d’artillerie, deux pièces de canon, trente hommes et quatre officiers, le 85ème bataillon, les officiers et sergents du Prince of Wales, un détachement du 6ème Fusiliers, un détachement des Royal Scotts, les vétérans du 65e, les membres fondateurs du bataillon, la musique de la Cité, les officiers de la brigade militaire et le bataillon.

Le passage était littéralement bloqué, l’enthousiasme ne se ralentissait pas et les bravos étaient ininterrompus: “Il y avait peut-être un plus grand déploiement de richesse à Paris, lors du retour des soldats de Crimée,” nous disait un Français, “mais certainement que la réception n’était pas plus cordiale, ni l’enthousiasme plus grand.”

Lemay et Lafrenière, les deux blessés, avaient pris place dans une superbe voiture. Inutile de dire qu’ils ont été l’objet d’une ovation. Les dames leur lancèrent tellement de bouquets, que la voiture en étaient remplie.

L’aumônier du bataillon, l’excellent Père Prévost, toujours fidèle au poste, accompagnait les bons enfants.

Ce digne prêtre pleurait de joie en voyant l’accueil fait à ses jeunes amis et en remerciait Dieu tout bas.

L’entrée triomphale dans la cité de Montréal commença et on parcourut la rue Notre-Dame jusqu’à l’Hôtel-de-Ville.

Partout des banderoles et des drapeaux tricolores décoraient les maisons.

A L’HÔTEL DE VILLE

A l’Hôtel-de-Ville, le maire demanda au colonel du bataillon de vouloir bien arrêter un instant et monta au haut du perron. Près de lui vinrent se ranger en haie les officiers supérieurs, les capitaines et les lieutenants du bataillon.

La foule était énorme et une épingle n’aurait pu tomber à terre.

Quand le silence se fut un peu rétabli, le maire lut l’adresse suivante:

Col. Ouimet, officiers, sous-officiers et soldats du 65e bataillon.

Montréal par ma voix vous acclame et vous souhaite la plus cordiale et la plus chaleureuse des bienvenues.

Montréal vous remercie pour vos sacrifices et pour votre ardent patriotisme!

Vous avez répondu à l’appel de la patrie au moment du danger, et nous vous avons suivis des yeux dans votre courte mais glorieuse carrière militaire.

Vous vous êtes conduits là-bas comme des hommes de coeur et comme de vieux soldats. C’est votre général qui se plait à le constater et je suis heureux de pouvoir vous le dire au nom de tous les citoyens de Montréal, sans distinction d’origine ou de croyance.

Soyez les bienvenus dans cette ville que vous aimez tant et qui, aujourd’hui, est si fière de vous!

Soyez les bienvenus dans vos familles qui ont pleuré votre départ et qui se réjouissent de votre retour.

Soyez les bienvenus parmi vos amis et parmi vos camarades de tous les jours.

Au nom du conseil municipal, je vous offre officiellement les remerciements de la ville de Montréal et je suis certain de me faire l’écho de tous mes concitoyens, lorsque je déclare que le 65e bataillon a bien mérité de la patrie.

Merci, colonel, merci, MM. les officiers! merci braves soldats qui êtes allés offrir vos vies sur l’autel du patriotisme et du devoir.

Tous avez reçu le baptême de sang sans broncher et vos glorieux blessés sont là pour prouver au monde que vous êtes les dignes fils des premiers colons du Canada.

Le brave Valiquette a perdu la vie dans l’accomplissement d’un devoir sacré.

—Honneur à sa mémoire!

Maintenant, mes amis, je comprends le légitime désir que vous avez d’aller embrasser vos familles en passant par l’église où vous allez remercier Dieu de vous avoir protégés tout spécialement.

Encore une fois, merci! Encore une fois, soyez les bienvenus parmi nous!

Permettez-moi, colonel. Ouimet, de vous presser la main, comme tous les citoyens de Montréal voudraient pouvoir la presser, en ce moment, à tous les hommes de votre bataillon!

***

Madame Beaugrand présente au colonel Ouimet un magnifique bouquet avec attaches tricolores. Des bouquets sont aussi présentés aux majors Hughes et Dugas, ainsi qu’aux officiers.

Puis on continue la marche; toujours la même foule, toujours le même enthousiasme, et toujours les mêmes acclamations. Partout des banderoles, des drapeaux, des festons, des saluts et des armes, et à maints endroits des larmes de joie, d’orgueil et de triomphe. Nos concitoyens anglais ont fait beaucoup pour ajouter à l’éclat de la réception de nos troupes. Les bureaux du Pacifique, la Banque de Montréal, le Bureau des Postes, le Saint Lawrence Hall, les Compagnies d’Assurance, les banques, le Mechanics’ Hall, la rue McGill, toute belle, la partie de la rue Notre-Dame entre la rue McGill et la paroisse, ravissante; il faudrait tout un volume pour décrire toutes ces belles choses et pour dire avec quelle bonne volonté, avec quel coeur on a fait tout ça.

L’ENTRÉE A L’ÉGLISE.

Le 85ième, la garde d’honneur, entra d’abord, précédé de son corps de musique, pénétra par l’allée du centre et défila par une allée latérale; ensuite entra la musique de la Cité suivie des fondateurs du 65ième bataillon, puis les héros de la fête.

Messieurs de Saint-Sulpice, ayant à leur tête le dévoué, patriotique et bon curé Sentenne, avaient fait tout pour recevoir les braves à Notre-Dame. Partout des drapeaux, des inscriptions et des festons et surtout une foule considérable qui remerciait Dieu du retour si heureux de nos troupes.

Le 65ème arrive, tel qu’il est, sale, déchiré, mal coiffé, noir, mais l’oeil vif et la jambe alerte, il suit sa musique, le sourire aux lèvres et vient prendre la place qu’on lui avait désignée.

On entonne Magnificat; vingt mille voix se mêlent au choeur et tous dans un même élan religieux et patriotique, chantent à Marie son principal cantique de louanges.

SERMON.

Après le chant, M. l’abbé Emard monte en chaire et prononce l’éloquente allocution que nous ne pouvons ici que résumer:

L’orateur rappelle, en des termes éloquents, le beau fait d’armes accompli lors des luttes de nos pères par Dollard Desormeaux et ses compagnons, partis eux aussi de l’église Notre-Dame, où nous revient aujourd’hui le 65e bataillon, Dollard et ses compagnons sont tombés sous les flèches de l’ennemi; vous, vous nous revenez chargés des trophées de la victoire.

Nous admirons l’idée qui vous conduit aujourd’hui au pied des autels pour entonner un chant d’action de grâces; car vous prouvez que vous avez combattu non seulement en patriotes, mais en chrétiens; vous avez invoqué le Dieu des combats, et vous venez le remercier.

La Religion et la Patrie sont fières de leurs enfants et défenseurs. Vous avez porté fièrement le drapeau de votre foi. Vous vous êtes montrés dignes de votre devise: “Nunquam retrorsum” La Patrie vous remercie des sacrifices que vous vous êtes imposés pour sa défense.

Ah! quels sacrifices! Vous avez abandonné vos situations, vous vous êtes arrachés des bras de vos mères, de vos familles et de vos enfants, et vous avez volé à l’ennemi.

Vous avez donné à l’Europe un exemple de votre valeur militaire, vous vous êtes montrés dignes de vos ancêtres.

Nous avons contemplé votre courage, quand a sonné l’heure du départ; vous n’avez pas déçu nos espérances.

Nous avons appris avec orgueil votre conduite valeureuse. Soldats, vous êtes des braves! Nous sommes fiers de vous; soyez-le, comme nous le sommes.

Pendant cette brillante campagne, il s’est élevé une note discordante, mais votre noble conduite, vos exploits ont su faire taire la voix de l’envie et du fanatisme. Vous qui n’aviez vu que le côté brillant de l’art militaire, vous avez vu la mort en face, et vous l’avez envisagée l’âme calme, le coeur ferme et l’oeil serein Honneur à vous!

Vous avez pris sur vos épaulea la croix véritable et vous êtes allés la transporter au champ des martyrs Fafard et Marchand. Soyez fiers de votre campagne mais restez toujours dignes; après avoir remporté les triomphes de la terre, soyez dignes de la couronne des cieux…Ainsi soit-il.

Suivit le chant du Te Deum; encore cette fois toutes les voix se réunirent pour remercier Dieu du retour de nos hommes et l’heureux résultat de cette campagne mémorable.

Un joli incident et qui a été fort goûté de tous ceux qui en ont été témoins: Avant de quitter l’église le lieutenant-colonel Ouimet déposa au pied de la statue de la Sainte Vierge le superbe bouquet qu’il avait recu à l’hôtel-de-ville.

On laisse Notre-Dame, toujours le 85ème en tête avec son magnifique corps de musique; suivent les anciens membres du 65ème bataillon, le 65ème, les fondateurs du bataillon et la foule. On reprend la rue Notre-Dame, on descend la Côte Saint Lambert, la rue Craig et on entre au “Drill Hall.”

Le 85e forme encore la garde d’honneur, suivent les représentants des autres corps militaires de Montréal, puis apparaît le 65e qui fait son entrée toujours triomphale, toujours aux acclamations de la foule. Il défile au son de la musique et se forme en colonne.

SALLE DU BANQUET.

On avait orné les tables avec des fleurs et des plantes empruntées à la serre et aux plates-bandes du jardin Viger.

En arrière de la table d’honneur, sur une longue banderole on lisait les mots: “Les anciens du 65e aux braves du Nord-Ouest.”

Le menu était quelque chose de substantiel, tel qu’il convient à des estomacs fatigués par des privations de trois mois et plus: jambon, corn-beef, roast-beef, et autres pièces de résistance froides. Le vin, la bière et le claret punch coulaient à flots.

Au-dessus était placée une cartouche avec la devise de notre populaire bataillon: Nunquam retrorsum “Jamais en arrière.”

On remarquait parmi les drapeaux, qui composaient le faisceau placé en arrière du siège du président, un drapeau français en soie frangée d’or avec le chiffre “65,” présenté au colonel Ouimet par les citoyens de la partie Est.

En avant de la table d’honneur étaient deux petites bannières portant les mots: “A nos braves!”

Le service de ces agapes militaires a été irréprochable; pour en convaincre nos lecteurs il nous suffira de dire qu’il était sous la direction de MM. Michel Beauchamp et William Gill, deux maîtres d’hôtel bien connus, le premier au Richelieu, et l’autre au St. Lawrence Hall.

En entrant dans la salle du banquet, les volontaires du Nord-Ouest se formèrent en colonne à quart de distance de conversion et se débarrassèrent de leurs sacs et de leurs armes.

Chacun admira la précision, l’ensemble et l’habileté avec lesquels ils mirent leurs armes en faisceaux. On ont dit de vieux grognards de la garde de Napoléon.

Les volontaires se mirent à table et firent honneur au repas tout en fraternisant avec leurs compagnons d’armes de Montréal.

Le banquet était présidé par le lieutenant-colonel Harwood, D. A. G., qui avait à sa droite le lieutenant-colonel Ouimet, commandant du 65e et à sa gauche, Son Honneur le maire.

A la même table, étaient les lieutenants-colonels Fletcher, Gardner, Crawford, Hughes, Brosseau, du 85e, Stevenson, de la batterie de campagne, d’Orsonnens, Caverhill, Rodier, du 76e, de Châteaugay, J. M. Prud’homme, du 64e, de Beauharnois, Sheppard, du 83e, de Joliette; le major Denis, du 84e de Saint-Hyacinthe, M. le curé Sentenne, le. Dr Lachapelle l’honorable M. Thibaudeau, MM. les échevins Mount Fairbairn, Robert, Grenier, Laurent, Mathieu, Jeannotte, Armand, MM. Larocque, A. Desjardins M. P., J. J. Curran, M. P.

Parmi les dames présentes, on remarquait Mme Ald. Ouimet, Mme L. S. Olivier, Delles Martin, E. Perrault Mmes Mount, Berry, A. A. Wilson, Mathieu, L. A. Jetté, Joseph Aussem, J. Leclaire, A. Larocque, Rouer Roy, E. Starnes, Lady Lafontaine, F. D. Monk, Delles Corinne Roy, Quigley, Amélie Roy, Alice Roy, Pelletier, Wilson.

Il a été impossible de préparer une liste complète de toutes les notabilités présentes dans la salle d’exercice à cause du mouvement de la foule autour des tables du festin et des groupes formés par les parents et les amis qui venaient presser la main des volontaires du Nord-Ouest.