Conscience et quanta
Faits de conscience problématiques
Le réseau biologique est, lui, génétiquement déterminé quant à sa structure globale, et ontologiquement élaboré quant à sa structure particulière. Il est donc le support privilégié du moteur primordial , ce par quoi tout individu peut se définir, hors de toute mémoire, hors de tout environnement, et qui est constitué par l’interaction, régulée par le cortex, des diverses couches encéphaliques (metencéphale / mésencéphale / diencéphale / télencéphale). C’est en lui que naissent les émotions et c’est lui qui défini les éléments qui seront intégrés dans le processus quantique.
Il est dense, diffus (environ 10000 synapses par neurone), polarisé et lent (influx nerveux , synapse électrochimique, neuromédiateurs). Ses processus s’inscrivant dans le temps, c’est lui qui rythme la pensée et définit par là−même la temporalité subjective .
Finalement, l’analyse des caractéristiques de ces deux réseaux et de leur fonctionnement imbriqué permet d’isoler une propriété de la conscience humaine qui est de susciter un univers second à part entière : le champ de simultanéité quantique en est l’espace ; la temporalité subjective biologique en est le temps ; l’ensemble forme donc indubitablement un espace−temps spécifique, un univers ni plus ni moins réel que l’univers, et propre à chaque sujet conscient.
Que la conscience ne soit réductible à aucun de ces deux réseaux est assez clair et chacun peut en faire l’expérience :
• la suppression de l’intégration quantique entraîne la perte de conscience, celle de l’évanouissement ou du sommeil profond.
• la mise en repos du réseau biologique entraîne la conscience onirique (le rêve), celle du sommeil paradoxal, où l’intégration quantique est présente mais sur un réseau biologique en restructuration.
Sur ce dernier point, l’étude clinique des caractéristiques de la conscience onirique permettra sans doute d’élucider grandement la part et la fonction de chaque réseau au sein de la conscience. On songera par exemple au rôle joué par le sommeil paradoxal dans la fixation mémorielle.
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Quelques faits de conscience problématiques et leur confrontation au modèle biologique−quantique.
• Un sujet conscient doué de langage et d’un bon niveau intellectuel dispose à chaque instant, pour l’élaboration de son discours, d’un lexique riche de parfois trente ou quarante mille termes, chacun pouvant recouvrir plusieurs significations. Ces termes sont mobilisables à tout instant et sans effort de recherche. Si certains termes demandent un effort de remémoration, le sujet ne doute à aucun instant, en ce cas, de ce qu’il connaît le lexème recherché.
Quelques faits de conscience problématiques et leur confrontation au modèle biologique−quantique. 7 Hypothèse :
La mémoire à long terme des constituants d'un lexème fait intervenir des processus chimiques faillibles et lents à mobiliser. En revanche, le flux d'intégration quantique produit quasi instantanément ce que nous nommons du "sens". Quand vient le moment de formuler, chaque élément signifiant, chaque concept − qui est un pur noeud d'intégration, de synthèse quantique −, se résout en le ou les lexèmes auxquels il est attaché et dont il va extraire les constituants biologiques. C'est cette résolution qui implique un temps de formulation et de recherche, et non pas le processus d'élaboration du sens lui−même, dont le principe synthétique et instantané se joue de l'infinie pluralité des termes.
Le sens est un continuum d'intégration quantique, le langage une interprétation discrète, granulaire, de ce flux.
Une analogie de ce principe serait celui de l'abstraction : prenons l'exemple d'un homme qui voudrait répartir douze pommes en deux tas égaux.
La résolution mécanique de ce problème simple consisterait à répartir aléatoirement les pommes en deux tas, de vérifier pour chaque combinaison l'équilibre des répartitions, et de choisir enfin la combinaison offrant le meilleur équilibre (et de fait, c'est ainsi que procèdent de nombreux algorithmes informatiques −dits de force brute− tels ceux mis en oeuvres dans les programmes échiquéens). Si l'on adoptait ce modèle, on pourrait à bon droit s'étonner de ce que l'homme choisisse avec tant de rapidité une configuration précise parmi les onze qui s'offrent à lui.
Une autre méthode consiste à effectuer une abstraction, par laquelle la pluralité des pommes est seule considérée à l'exclusion de toute autre caractéristique, et qui mène à associer au phénomène physique un symbole: le chiffre. Il suffit alors d'appliquer à ce symbole une opération, la division arithmétique, que l'on sait appropriée au trait de pluralité pur, pour résoudre le problème. Encore faut−il alors traduire ces données abstraites en un cas particulier physique et donc appliquer une transformation inverse par laquelle le symbole est concrétisé, c'est−à−dire relié aux objets physiques ponctuels qui l'ont suscité.
Cette transformation peut prendre du temps ; il se peut même que l'homme peine à retrouver l'une de ses pommes − dont il sait pourtant qu'elle est là.
Voilà qui nous semble être une bonne image des interactions biologique−quantique régissant la production du discours.
• Lors du phénomène dit de compréhension, se trouvent intégrées un nombre parfois extrêmement considérable de données qui ne faisaient pas sens l’instant précédent − au point qu'on parle souvent d'"éclair de compréhension".
Hypothèse
Ici, c'est la phase d'abstraction elle−même qui semble être impliquée.
On pourrait proposer que le versant quantique de la conscience ne travaille pas sur le cumul ou la statistique d'éléments disparates, si nombreux soient−ils, mais sur des symboles intégrant seulement quelques traits prototypiques de ces éléments.
Lorsqu'il s'agit de s'accomoder d' une grande quantité d'informations dissemblables, l'extraction de ces traits caractéristiques peut devenir problématique : aussi multiplions−nous dans ce cas les "angles" et les approches, de manière à dévoiler les traits qui restaient imperceptibles.
Hypothèse : 8
En revanche, quand la bonne arborescence symbolique est élaborée, l'intégration quantique peut être rigoureusement instantanée et déboucher sur la "concrétisation" brutale en système de l'ensemble des données problématiques.
D'où ce fait abrupt de conscience que l'on nomme compréhension.
• Le joueur d'échec Gary Kasparov a pu se mesurer à des simulations informatiques, évaluant plusieurs milliards de positions échiquéennes par seconde. Pourtant, dans les positions complexes du milieu de partie, le cerveau humain est incapable de calculer mathématiquement ne serait−ce qu’ un coup d’avance et Kasparov, suivant ses propres termes, joue dans ce cas à l’instinct. Que recouvre cette notion ?
Hypothèse :
Il semble manifeste qu'il s'agit de tout sauf d'instinct − du moins si l'on prend pour ce terme l'acception courante de structures comportementales génétiquement déterminées. Pour le modèle biologique−quantique, Gary Kasparov fait appel à l'intégration quantique pure pour résoudre un problème qui tient en échec le seul raisonnement méthodique.
Voici qui permet de déterminer plus précisément la nature des interactions biologique−quantique, et le rôle dévolu à chaque versant dans l'intellect humain :
Le réseau de connexion interneural, lentement élaboré par l'expérience(et partiellement par le code génétique), définit des voies et des méthodes privilégiées de traitement et d'acheminement de l'information, de telle sorte qu'une voie ayant un jour débouché sur la résolution d'un problème soit facilitée lors de la rencontre d'un problème similaire, et cela suivant le mécanisme classique de renforcement des connexions synaptiques.
Mais la détermination de ces similitudes est dévolue au versant quantique, seul capable d'intégrer l'ensemble des informations de l'intellect en s'affranchissant de ces mêmes voies et méthodes.
On voit donc que le raisonnement rationnel humain repose sur un dialogue, un va−et−vient permanent qui conduit de l'intégration quantique au traitement linéaire et expérimental des résultats de cette intégration par l'intellect biologique.
L'intégration quantique est instantanée, mais s'effectue sans méthode ni frein ; le cheminement biologique est construit, mais linéaire et dénué de perspective.
De là résulte sans doute le double dialogue intérieur auquel chacun peut assister. L'un est purement symbolique et conceptuel, l'autre est fait de fragments linéaires de discours : voilà qui permet d'établir quand l'être biologique éprouve le besoin de mettre bon ordre à la vivifiante incohérence du dialogue quantique... chacun se passe le relais, prend les devants ou même coexiste, suivant le point de vue de ce que nous choisissons à chaque instant d'établir comme le reflet privilégié de notre être pensant.
Il semblerait que nous soyons irréductiblement doubles et un, tout à la fois.
• On n’a pas observé, chez des patients ayant subi une résection importante de tissu cortical, de perte notable de mémoire. Un autre patient, dont le cerveau avait été traversé, de part en part, par une barre de fer de quelques trois centimètres de diamètre, a conservé intactes toutes ses facultés intellectuelles mais a changé totalement de personnalité.
Hypothèse : 9 Hypothèse :
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Germain Garand
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