Echanges de bons procédés
Chapitre 3
Il y a des biologistes qui cachent, chez eux, des
monstruosités.
Une demi-heure plus tard, me voilà à nouveau devant chez Alvaro, plus effrayée que jamais, plus en sueur que jamais. Mes pieds bouillent dans mes bottes. Mes cuisses vont finir par enflammer la toile de mon pantalon. Mais le pire, c’est le stress intense que je ressens. C’est l’enfer.
Me faisant violence, je toque à la porte. Lorsqu’il m’ouvre, Alvaro me contemple de la tête aux pieds, et éclate de rire.
Nous sommes donc passés de l’ironie à la moquerie pure et simple.
Génial.
— Vous avez froid, Faustine ?
Je n’ai aucune envie d’entrer dans son petit jeu.
— Non, je me protège.
— Les araignées ne sont pas des sauterelles. Elles ne bondissent pas.
— On ne sait jamais.
Il rit encore.
Ben voyons, rajoutons une couche à mon humiliation…
Je lui lance un regard maussade tandis qu’il s’efforce de reprendre son sérieux. Mais la fossette, sur sa joue, continue à se creuser.
— On n’est jamais assez prévoyant, lance-t-il d’un ton aimable, avant de s’effacer pour me laisser passer. Entrez !
C’est étrange qu’il soit si sympa, d’un coup.
Soit il est schizophrène, soit il a une idée derrière la tête, comme me plonger le nez dans un seau rempli d’araignées…
Quoi qu’il en soit, je suis là. Alors autant foncer. J’esquisse un pas, mais ne parviens pas à enchaîner. Je voudrais le suivre, vraiment, mais un truc se passe au niveau de la gravité : je suis scotchée au trottoir, dans l’incapacité totale de bouger. Alvaro patiente quelques secondes, puis m’adresse un sourire encourageant. Un vrai sourire qui illumine son visage et le rend deux fois plus beau, si c’est possible.
— Ecoutez, je m’excuse, dit-il doucement. Nous sommes partis d’un mauvais pied. Vous êtes arrivée au mauvais moment. J’étais en colère. Mais je vous assure que, d’habitude, je ne suis pas un homme désagréable. Et je suis totalement calmé : une petite demi-heure avec Rosalita, et tous mes soucis s’envolent.
Rosalita ?
— Vous avez peur d’entrer ?
Je rêverais de faire la fière et de lui rétorquer que je suis une warrior de première, mais je n’en ai pas le courage. A la place, je hoche la tête piteusement.
Il s’adosse à la porte.
— OK, on va y aller en douceur. Détendons-nous. Si on se tutoyait ? Vous voulez bien ?
— D’accord.
— Les Espagnols n’ont pas l’habitude du « vous ». Je n’ai jamais réussi à m’y faire. Pareil pour ma grand-mère. Tu l’as rencontrée ?
J’essaie de maîtriser le tremblement de mes mains.
— Oui. Elle est adorable.
— Elle doit être ravie de ta visite, non ?
— Tout à fait ! Concepción par contre…
— Concepción devient loca. Ne t’en offusque pas. Elle vire parano. La dernière fois que je l’ai vue, elle a cru que je complotais contre elle pour récupérer son héritage.
Je pouffe et mon cœur se libère de l’étau qui le broie. Alvaro semble le sentir, puisqu’il tend la main vers moi.
— En avant ?
Je hoche la tête, mais reste figée. Alors il sort, me saisit par le bras et m’entraîne à l’intérieur, dans un grand couloir. A ma gauche et à ma droite se trouvent plusieurs portes fermées ; au bout, un salon illuminé par une immense baie vitrée.
— C’est ici que je travaille et que je vis, m’explique-t-il. Viens.
Il ouvre une porte et me précède dans un bureau, au milieu duquel se dresse une table qui disparaît presque sous des dossiers éparpillés pêle-mêle. Puis il m’invite à prendre place dans un large fauteuil. J’obéis, dans un état second, les nerfs à vif, la tête prête à exploser.
— Faustine, je vais t’aider à ne plus avoir peur. En fait, la peur est un mécanisme simple : elle naît souvent de ce qu’on ne connaît pas. Nous attaquerons donc avec une thérapie choc. Je t’exposerai au contact des araignées, tout en te donnant des infos sur elles. Tu constateras que tu entretiens une tonne de préjugés qui voleront en éclats.
Je reste bloquée sur « contact avec des araignées ». J’avais raison. C’est un grand malade.
Si mes jambes n’étaient pas si faibles, je partirais en courant.
Ne semblant pas avoir conscience de ma panique, Alvaro s’installe à la table, juste en face de moi.
— Commençons par parler de toi : comment se manifeste ta phobie ? Quel est le pire épisode que tu aies vécu ?
Fastoche. Il y en a eu plein, mais…
— Une araignée énorme, noire et velue, s’était pointée sur mon tapis et…
— Tu es certaine qu’elle était velue ? Je ne veux pas te contredire, mais les araignées, en France, le sont rarement.
Je réfléchis un instant. Non. En toute honnêteté, elle ne l’était pas.
— Peut-être pas… mais elle était affreuse. J’étais seule. Je me suis calfeutrée dans les toilettes pendant une heure. Puis je me suis dit que je devais m’en débarrasser, sinon elle vivrait à tout jamais chez moi et me grimperait dessus pendant mon sommeil. Pire, je pourrais l’avaler en dormant !
— C’est impossible. Statistiquement, il n’y a aucune chance qu’une araignée soit là pile au moment où tu ouvres la bouche. Qu’est-ce que tu as fait, alors ?
— Je suis finalement sortie des toilettes. Elle était toujours sur le tapis. Chaque fois que j’approchais, elle se déplaçait. Je suis contre la torture animale, et je signe toutes les pétitions concernant leur défense… Mais dans ce cas précis, c’était elle ou moi. Je lui ai lancé mon gros Robert dessus. Elle semblait super entraînée, parce qu’elle a esquivé. Je l’entendais presque ricaner. Alors, j’ai fait tomber un torchon sur elle pour pouvoir l’écraser.
— Un torchon ?
— Pour ne pas que mon pied la touche !
Logique, non ?
Alvaro hoche la tête en pinçant la bouche. Ses fossettes se creusent de plus en plus. C’est pas vrai ! Il a le fou rire toujours imminent, ce mec, ou quoi ? Je continue tout de même sans faiblir. Je dois aller au bout de ma grande confession. Je dois lui prouver que ses bébêtes chéries sont des tueuses en puissance.
— Finalement, je n’ai pas réussi à m’approcher. J’ai donc dégainé mon aspi et, quand elle a émergé de sous le torchon, hop, je l’ai aspirée. Sauf qu’elle est ressortie au moment où je rangeais mon matos, et elle a remonté le manche ! Tu ne vas pas me dire après ça que les araignées sont inoffensives !
— Mais si ! Ce n’est pas elle qui voulait te tuer, mais bien toi qui t’acharnais à la détruire. Elle tentait de sauver sa peau !
Pff… J’étais sûre qu’il la défendrait !
— Par curiosité, comment s’est terminée cette affaire ? demande-t-il, les yeux pétillants.
— Je suis sortie de chez moi en hurlant comme une possédée. Les voisins sont sortis, eux aussi. L’un d’eux, va savoir lequel, mais je soupçonne qu’il s’agit de M. Simeone, m’a photographiée et a balancé le cliché sur Internet. Bien sûr, je suis en robe de chambre et pantoufles, le cheveu en berne. Ne parlons pas de mon visage, qui fait peur. Il y a eu des rumeurs sur moi, ensuite. On a raconté que j’étais folle. Ou alcoolique. Ou droguée. Crois-moi, il a fallu un moment pour qu’on prenne mes démentis au sérieux.
Ça y est, Alvaro ne peut plus se retenir : il éclate de rire.
Je fronce les sourcils…
Mais c’est vrai qu’à bien y réfléchir…
Avec du recul…
Je glousse de concert.
— Est-ce que tu sais quand cette phobie a commencé ? reprend-il.
— Mon cousin Auguste m’a enfermée dans le grenier quand j’avais douze ans. J’ai eu la frayeur de ma vie, dans le noir. Je me suis imaginé toutes ces araignées qui pourraient me grimper dessus si elles en avaient envie.
— Parfait. C’est plus facile quand l’origine de la peur est identifiée.
Il écarte soudain sa chaise et se lève.
— Bien. Nous allons commencer par quelques photos.
Je m’affole.
— Tu es sûr ? Parce qu’on peut continuer à parler, si tu préfères. Tiens, de toi ! D’où t’est venue cette passion bizarre des araignées ?
— D’une, ce n’est pas une passion bizarre, et de deux… arrête d’essayer de gagner du temps, me contre-t-il, amusé.
Il sort un gros dossier et me le tend.
— Ouvre-le. N’aie pas peur. Ce ne sont que des clichés. Ça ne mord pas. D’ailleurs, les araignées ne mordent pas.
— Ah bon ?
— Evidemment ! 80 % des araignées sont petites. Leurs chélicères, ou leurs crocs, si tu préfères, ne font pas le dixième de leur taille. Il est donc impossible qu’elles percent ta peau.
C’est plutôt rassurant… Mais ce qui ne l’est pas, en revanche, c’est l’épais album posé devant moi. Je réprime un frisson de terreur. Ce grimoire maudit renferme mon arrêt de mort. Si j’affronte ces trucs, je quitte ce monde.
Mais si tu abandonnes, Tina passe à la trappe…
Alvaro m’observe quelques secondes, puis s’empare de sa chaise, qu’il fait rouler pour la placer juste à côté de moi. Il s’assied. Sa cuisse frôle la mienne et je sens son parfum, une délicieuse odeur musquée.
Cette fois, ce n’est pas la terreur qui m’arrache un frisson…
— Courage ! Va en première page.
Je m’exécute en tremblant, les yeux résolument fermés.
— Regarde.
J’ouvre un œil, tombe sur une bête minuscule, rose et dorée, et je me détends un peu.
— C’est une araignée, ça ?
— Bien sûr ! Elles ne sont pas toutes noires, velues et grosses !
— On dirait une coccinelle déguisée en princesse, c’est mignon.
— N’est-ce pas ? approuve-t-il d’une voix grave, pleine de tendresse. Allez, on continue. Tourne la page.
La deuxième est légèrement plus costaude, mais verte et grise. Assez sympa. Elle a un air de parenté avec la mascotte des Serpentard, dans Harry Potter.
— Tu vois, celle-là, c’est une arachnide du Brésil. Elle se cache toujours, c’est une peureuse. Mais après une semaine de recherches, nous avons mis la main sur elle. La suite ?
Je hoche la tête. Une dizaine de questions me viennent à l’esprit.
Comment vivent-elles ?
Certaines sont-elles vraiment mortelles ?
Pourquoi ta présence à mes côtés me trouble-t-elle à ce point ?
Voilà une heure, au moins, que nous feuilletons des albums en bavardant. Alvaro est incollable sur le sujet, et moi, j’apprends. A force de contempler ces horreurs, je commence presque à m’y habituer. Mais lorsque je m’apprête à tourner la dernière page du dernier album, Alvaro stoppe mon geste.
— Attention, celle-là va te paraître impressionnante. Tu es prête ? Il s’agit d’une mygale. Sache qu’on n’en trouve pas en France, donc tu ne risques rien. En réalité, il y en a bien quelques-unes, mais ce sont des maçonnes : elles se cachent sous la terre, dans la forêt. Et tu habites en ville, non ?
Je hoche la tête et tourne cette maudite page. Me voilà face au monstre de mes cauchemars.
Je hoquette, mais Alvaro s’entête :
— Pose ta main sur la feuille. Elle ne prendra pas vie.
Je tends un index tremblant, puis me ravise. Alors, il s’empare de mon poignet et, dans un geste très doux, guide ma paume jusqu’à l’album. J’attends la crise cardiaque… Il ne se passe rien. Mon cœur se la joue sprinteur, mais pas plus.
Un immense soulagement m’envahit et, sans savoir comment ni pourquoi, je me mets à pleurer comme une Madeleine, morve incluse. Alvaro se tourne vers moi et me relève le menton.
— Tu peux être fière ! Certains fuient déjà lors de cette première étape.
— Merci ! Mais je t’avoue que, là, je boirais bien une triple vodka pour me remettre, parviens-je à articuler entre deux sanglots.
Il m’observe un instant, me sourit.
— Une bière, ça t’irait ? Je n’ai que ça.
J’acquiesce, et murmure un « merci » reconnaissant.
J’ai droit à une récompense !
Chouette…
Agit-il ainsi avec tous les gens qui viennent le voir, ou seulement avec moi ?
Arrête, Faustine, tu bascules du côté obscur du fantasme. Il est en couple. Et il te reçoit de manière professionnelle.
— Suis-moi.
Il me conduit dans le grand salon que j’ai aperçu tout à l’heure. Puis il passe derrière un long bar en chêne, sort deux bières du frigo, et m’entraîne sur une immense terrasse. Il pointe du doigt la balancelle ; nous nous asseyons. Le sentiment de fierté que je ressens, le bouleversement d’avoir regardé presque sans ciller toutes ces araignées… et sa proximité me chamboulent. Encore une fois, je hume son odeur. Encore une fois, nos cuisses se frôlent…
— Alors, Faustine ? Qu’est-ce qui t’a décidée à me rencontrer ? demande-t-il en décapsulant ma bouteille, avant de me la tendre.
La première gorgée est un délice.
— La perte de mon rôle. Le scénariste me fait mourir parce que je suis trop difficile à gérer.
— A cause de ta phobie ?
— Oui. A part ça, je suis une fille plutôt gentille !
— Une gentille fille au sacré caractère ! Belle façon de moucher ces deux grands cons, tout à l’heure…
Il me lance un clin d’œil et boit une gorgée. Un instant, je rêve d’être le goulot.
Gifle mentale. Arrête ça tout de suite !
— Tu tiens à ce rôle, alors ?
— Enormément. Je sais que, pour beaucoup, cette série est un soap débile mais, moi, j’adore y jouer. J’aime ces histoires complètement irréalistes et tordues, ces coups de théâtre. J’ai hâte de retrouver l’équipe chaque semaine. Ça me plaît, même si mon personnage est détestable.
— Elle a ses bons côtés…
Je me tourne vers lui, et le scrute, sourire aux lèvres.
— Comment ça, « elle a ses bons côtés » ? Je croyais que tu ne suivais pas la série ?
Il soutient mon regard sans ciller.
— De temps en temps. Quand je rends visite à ma grand-mère.
— Tu es un FAN ! Avoue ! Un arachnologue accro à Amour-passion-trahison !
— Une actrice qui se fait des films ! me contre-t-il en riant. Je te rappelle que ma case « Fan de » est déjà remplie par les araignées.
— Comment ça t’est venu ?
— Quand j’étais petit, je préférais les observer plutôt que jouer au foot. Je détestais les cris et les bousculades.
— Tu as pourtant le corps d’un sportif.
Oups, c’est sorti tout seul.
— Je fais de la boxe. J’ai changé en grandissant, mais l’amour des araignées est resté.
Je pique un fard en l’imaginant sur le ring, torse nu…
Vite, une idée anti-glamour, histoire que je redescende de mon petit nuage !
Heu…
Heu…
Il paraît qu’un gant de boxe cocotte plus encore qu’une chaussette sale.
Voilà.
Peine perdue. Je le trouve toujours aussi sensuel, aussi beau, aussi attirant, et tout ce qui s’ensuit.
Allez, enchaîne, enchaîne…
— Je faisais du footing. Beaucoup. Je n’aime pas courir en ville, mais dans la campagne. Malheureusement, ma phobie a peu à peu pris le dessus et j’ai arrêté. C’est tellement débile, cette peur irraisonnée.
— Tout le monde a ses peurs, Faustine. Et tout le monde cherche à les fuir.
Je hoche la tête et bois une gorgée de bière, pensive. Que pourrait craindre un homme comme lui ?
Je veux devenir comme ça. Libre.
Je demande, soudain décidée à en finir :
— On continue ? Quelle est la prochaine étape ?
— Se nourrir. Il est déjà 21 heures.
Non ? ! J’ai joué à la nana qui s’incruste…
— Désolée. Je n’ai pas réalisé qu’il était si tard. Je vais te laisser, dis-je en me levant.
— Tu as faim ? demande-t-il en m’imitant.
Quoi ? Il m’invite ?
Il a une copine…
Ce mec serait-il un indécrottable dragueur ?
C’est nul…
Mais ce qui l’est plus encore, c’est que je succomberais à ses charmes, s’il me faisait des avances.
— Ne me dis pas que tu es comme toutes ces actrices qui s’affament ? se moque-t-il, se méprenant sur mon silence.
— Ne me dis pas que tu es comme tous ces intellos qui entretiennent de bons vieux clichés sur les actrices ?
Il rit. J’avoue :
— J’adore manger, en fait. Le gras, tout particulièrement. Le gras surmonté de gras, même !
— Alors tu acceptes ma proposition ?
— Est-ce que tu peux m’indiquer les toilettes, d’abord ?
J’ai bien conscience que ma demande est anti-glamour, mais ma vessie menace d’exploser, et j’ai besoin d’un instant de calme pour prendre ma décision.
— Deuxième porte à gauche.
Dans le couloir, je pense soudain à Alex et Anthony, à qui j’avais promis des comptes rendus fréquents. J’attrape donc mon téléphone dans ma poche et leur textote rapido :
Arachnologue sexy comme pas permis. Araignées moins effrayantes que prévu ! Je vous appelle demain.
J’ouvre machinalement la porte, pénètre dans les toilettes et allume la lumière.
Choc.
Musée de l’horreur, vision cauchemardesque.
Des araignées. Des araignées PARTOUT, sous différentes formes : des macchabées conservés dans du formol, d’autres, bien vivantes, grouillant dans des cages transparentes. C’est trop pour moi. Mes tempes battent sourdement à mes oreilles. Sans m’en rendre compte, je lâche mon téléphone et me jette hors de la pièce en hurlant.
Une fois dans le couloir, je vacille, secouée par une nausée terrible. J’entends à peine les pas précipités d’Alvaro. Il me redresse. Je tangue à droite, à gauche. Ses grandes mains se posent sur mes hanches et me retiennent. Je plonge mon regard dans le sien.
— Je me… Je me suis tromp… trompée…
Impossible de produire une phrase correcte. La panique ne me quitte pas. J’éclate en sanglots bruyants. Alvaro me prend alors dans ses bras et me caresse les cheveux en me soufflant des mots rassurants, jusqu’à ce que je me calme. Peu à peu, mes larmes se tarissent et les battements de mon cœur s’apaisent.
— Ça va mieux ? demande-t-il en s’écartant doucement.
Non, ça ne va pas mieux.
Parce que c’était une illusion de croire que je me débarrasserais de cette foutue peur. Et aussi parce que, blottie contre lui, au plus mal, je me suis sentie étrangement bien. Plus que bien. Avec les jambes flagada et le cœur ramollo. C’est dingue ! Bien trop rapide, et bien trop fort.
Je ne dois pas ressentir ça. Il est pris. Il agit en pro.
Je secoue la tête, fonce dans le salon ramasser mon sac, récupère mon téléphone, qu’Alvaro me tend d’un air désolé, et quitte sa maison en murmurant une excuse bidon.
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