Eurydice

Delenn Harper · Chapitre 14 sur 31

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Eurydice

13. Eurydice / Tupac

13

 

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EURYDICE / TUPAC

 

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LA FIN D’UNE HISTOIRE

 

Eurydice

E- À QUOI TU JOUES TUPAC !

T- Eurydice, qu’est-ce que tu fiches ici ?

E- Nous avons, toi et moi, une affaire à terminer.

T-Wouah c’est dramatique.

E- Mais qu’est-ce que tu fous ? On est même pas encore divorcés, putain !! Regarde ta main, il y a mon nom tatoué dessus et t’as toujours ton alliance ! Merde, tout ça me donne la gerbe …

T- C’est toi qui m’a dit de partir, je te rappelle … Ne viens plus jamais chez moi à l’improviste, tu m’entends ?

E- Oh, ne t’inquiètes pas je ne viendrais plus… Tout est si dénudé, même en cette saison … Pourquoi habites-tu ici ? Au fond de cette impasse ? Ce village me fait froid dans le dos, on se croirait en enfer.

T- Tu m’as banni de ton coeur et je n’avais nulle part où aller.

Il y eu un long silence entre les deux.

E- Alors comme ça elle vit chez toi ?

T- Il fallait bien qu’elle ait un toit.

E- Tu ne fais même pas l’effort de te cacher…

Il soupira. Tupac décida de ne pas envenimer la discussion.

E- Et tu es d’accord pour qu’elle reste ici ? Tu la connais même pas cette fille. Tu ne vois pas qu’elle veut prendre ma place. Cette femme se moque de toi Tupac.

T- Elle fait partie de ma vie, quoi qu’il arrive. Tout comme toi.

E- Non, ne me compare pas à elle !

T- Ne vois-tu pas que tout est lié ? Dans l’univers tout ne fait que se répéter à l’infini. Le soleil se couche le soir, et le lendemain rebelote. On est jeune, on est vieux, tout n’est qu’éternel recommencement et c’est absurde. Nous n’avons pas d’autre choix que de l’accepter.

E- Elle te ment Tupac. C’est une sirène, elle te mène en bateau.

T- Écoute toi, c’est une sirène maintenant ! On dirait une illuminée ! T’as pris tes antidépresseurs ?

Les mains d’Eurydice se crispaient sur le volant de sa voiture, elle ne voulait pas se fâcher, et encore moins se faire insulter. Elle sortie pour se calmer et s’expliquer à l’air libre.

E- Ça se voit c’est une malade. Elle a besoin d’aide. Il faut qu’elle voit un psy.

T- Mais oui bien sûr !

E- Évidemment que j’en suis sûre, tu crois que je suis aveugle ?!

Elle prit une grande respiration, pour pouvoir parler calmement.

E- Tu ne me crois pas c’est ça ? Quand est-ce que l’on s’est perdu l’un l’autre ? Depuis quand t’es aussi indifférent avec moi ? Ça date de la fausse couche ?

Chaque seconde de son silence était un coup de poignard dans le coeur d’Eurydice.

E- Je me rappelle la façon que tu avais quand tu me regardais, et aujourd’hui c’est elle que tu regardes comme ça, je ne sais pas qui elle prétend être, mais elle n’est pas qui tu crois.

T- C’est toi qui m’a dit de partir..

E- Et toi qu’est ce que tu as fait ?

T- Rien, je…

E- Justement, rien ! Tu n’as rien fait ! Tu ne t’es pas battu pour nous, tu n’as même pas chercher à me convaincre. On aurait dit que tu attendais que je te donne une excuse pour pouvoir partir. T’as pris tes affaires et tu es parti.

T- Mais c’est toi qui m’a dit …

E- Assez, j’en peux plus de cette phrase que tu ressasses en boucle, sans arrêt ! Ça me rend folle à chaque fois que je l’entends !

T- Je ne comprends pas ton emportement.

E- Évidemment tu ne comprends pas ! Tu ne m’as jamais comprise et tu t’en fiches totalement. Je pourrais bien être emporté par le fleuve, que tout le monde s’en ficherait !

T- Ne dis pas ça, Eurydice …

E- Pourquoi ? C’est la vérité, tu t’en fiches. Bien sûr que tu t’en fiches ! Personne ne me suivrait dans le fleuve sans nom, n’est-ce pas Tupac ?

Il était penaud, et elle en colère.

E- Je me demande seulement si tu m’as jamais aimé pour m’avoir remplacé si rapidement.

T- C’est toi qui …

E- Arrêtes ! Tu tournes en boucle avec cette phrase. On dirait que c’est tout ce que tu sais dire ! Pourquoi ne m’as-tu pas soutenu dans l’adversité comme je l’ai toujours fait pour toi? Tu ne dis rien.

T- Je sais pas quoi te dire …

E- Un dernier conseil, je vais te dire ce que moi je crois : je ne m’approcherais pas d’elle. Et si tu n’es pas d’accord avec moi, tu peux aller en enfers, parce que tu n’iras nul par ailleurs.

T- Il commence à pleuvoir, ils ont annoncé une tempête, tu devrais y aller.

E- Je vois, c’est le moment où l’épouse bafouée sort de scène, sans scandale et sans bruit. Adieu donc.

Elle monta dans sa voiture sous une pluie torrentielle, sans savoir qu’elle n’en reviendra jamais.

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