Eurydice

Delenn Harper · Chapitre 3 sur 31

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Eurydice

2. Tupac

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TUPAC

 

H - ACTION OU VÉRITÉ ?

T- Action, bien sûr !

H- Non, vérité. Tu caches des choses.

T- Non.

H- Je te rappelle qu’ici tu ne peux pas mentir.

Silence.

T- D’accord. Mais ça ne sort pas d’ici.

H- Allez raconte, quel est le pire truc que tu ai fait par amour ?

Tupac attendit un moment avant de répondre. Il était tendu.

T- J’ai accepté le divorce.

Il lâcha sa réponse dans un souffle presque inaudible.

H- C’est ça ton grand secret ? C’est plutôt contradictoire, non ?

T- J’ai abandonné la femme de ma vie. Elle m’a repoussé et je l’ai écouté. Je ne me suis pas battu par respect pour son choix. Vous savez ce que ça m’a couté de faire ça ? Tout ce qu’elle disait, c’était « comment t’as pu faire ça ? Pourquoi m’as-tu quitté ? » mais j’y étais poussé.

T- Ma femme me manquait tellement, que j’ai tout fait pour lui montrer que je l’aimais par-dessus tout. Mais elle voyait mes marques d’affection comme des agressions sexuelles. Pour moi elle était la beauté et la bonté incarnée, je voulais lui faire savoir charnellement. Ce doit être en cela que les hommes et femmes sont différents …

Et pourtant, je ferais n’importe quoi pour revenir en arrière.

H- Comment vous êtes-vous rencontrés ?

T- Il faisait super chaud pour un mois de mars, un jour sans vent, un été indien avant l’heure, sans passer par le printemps, je m’en souviens parfaitement. Quand elle est arrivée, elle a ensoleillé l’après-midi et l’a même plutôt rendu torride. Elle était d’une beauté à couper le souffle, dans sa robe verte. On était venu à trois mecs au concert, vous voyez, tous prêt à tomber la chemise. Et elle arriva et changea la donne. Nous étions en compétition pour elle. Tout de suite, mon pote décida de lui offrir un verre. Comme pour être sûr de gagner, ou de la mettre hors de portée, mais elle ne regardait que moi. Vous voyez, vous pouvez sentir ce genre de trucs ... son regard.. j’ai rien pu faire, un battement de cil avait scellé notre histoire dès le début.

H- Comme les autres femmes que tu as eu avant ?

T- Non, elle c’était différent. Dès que je l’ai vu, j’ai su qu’elle allait devenir ma femme. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais nous étions fait pour être ensemble. C’était une évidence.

H- Mais pourquoi Eurydice ?

T- Elle était d’une incroyable beauté; mais pas seulement. En proie à une infinie détresse, son air de violence contenue, de contraintes inexprimables en elle. Une inconnue mystérieuse. Je lui ai offert un verre.

Souriante et pleine de charme, Eurydice dégage une aura agréable et réellement irrésistible. Cette femme sympathique et adorable en apparence s’avère en réalité animée par une ambition sans bornes. On aurait dit qu’elle était en quête perpétuelle de pouvoir, peu importe la forme ou le domaine dans lequel elle pourrait l’exercer. Cet aspect de son caractère la rend courageuse à mes yeux, combative et déterminée. Mais pour notre entourage, Eurydice donnait le plus souvent l’impression d’être machiavélique. Bien qu’elle arbore un air avenant, la souplesse ne fait pas partie de ses points forts. Elle ne tolère pas les contretemps et se révèle très impatiente. C’est une femme de caractère, et elle peut ainsi entrer dans une rage folle lorsque les évènements ne se déroulent pas selon son bon vouloir. Mais à ce moment-là je ne connaissais pas tous les aspects de sa personnalité.

Elle n’attendait rien de moi ; et plus je passais du temps avec elle, et plus je m’accrochais. Elle m’intriguait. Je voulais la protéger, elle était seule et le monde entier semblait contre elle ! Elle était d’une sensualité déconcertante, d’une force intense. Avec elle, on sentait que tout était possible.

Elle était comme un aimant auquel je revenais sans arrêt. Elle m’a ouvert les yeux sur ma vie, et au final j’avais plus besoin d’elle, qu’elle de moi. Mais c’était plus fort que moi, elle m’échappait et je ne demandais qu’une minute de plus ou une seconde à avoir pour passer du temps à ses côtés. Rien qu’une minute de plus… mais je ne pouvais pas oublier qu’elle m’avait rejeté et demandé le divorce.

 

Alors quand j’ai rencontré Mélody, elle était charmante et disponible, c’était facile et simple. J’ai voulu vivre avec tout de suite, sans savoir que c’était trop simple… la vérité c’est que j’ai voulu blesser ma femme autant qu’elle m’a blessé ! et puis, je n’avais pas eu de relations depuis trop longtemps. Et Mélody, elle, était là. Je pensais être amoureux, mais je ne l’aimais pas. J’avais beau me dire le contraire, mais rien n’y faisait, ma femme était omniprésente dans mes pensées et mon cœur. Rien n’aurait pu la remplacer ou réparer le vide de son absence. Je faisais pourtant comme si de rien n’était et respectait son choix d’en finir avec notre histoire.

Ce n’est pas de ma faute. Ma femme m’en a voulu parce que j’ai eu une relation avec quelqu’un d’autre, mais Mélody me comprenait et était disponible à mes besoins. Avec ma femme on faisait déjà chambre à part … alors quand j’ai reçu les papiers du divorce, je me suis pris le toit sur la tête ! et je me suis dit qu’elle avait renoncé à nous. Et puis on était déjà séparés physiquement ! elle ne voulait plus de moi ! c’est ce qu’elle disait !

Pourtant j’ai demandé plusieurs fois à ma femme si elle était sûre de sa décision, mais rien n’y faisait, elle était comme un robot sans sentiment. Qu’avais-je fait pour qu’elle me déteste autant ?

Je lui ai offert tout ce qu’elle voulait mais ce n’était jamais assez … oui j’avoue à la fin, j’ai voulu la tuer de tellement de manière ! Paradoxalement, j’aurais pu tout lui pardonner, mais pas ça. Pas le divorce.

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