La femme du diable
Notes:
[1] er 1 décembre 1815.
[2] M. Pélissier, homme de lettres distingué, se trouvait alors occupé auprès de M.
Raynouard, célèbre académicien, auteur de la tragédie les Templiers.
[3] Célèbre acteur dramatique.
[4] Furne, éditeur, Paris.
[5] er Livraison du 1 décembre 1845.
[6] La Guienne, numéro du 28 janvier 1846, Feuilleton par Justin Dupuy.
[7] Numéro du 12 juillet 1846.
[8] Voici la petite pièce de poésie sur un Oiseau inconnu, à laquelle il est fait
allusion:
Je ne sais pas ton nom, petit oiseau des champs
Qui, par longs intervalles,
Fais retentir au loin la gaîté de tes chants
En strophes matinales.
Je n'entendis jamais de près ta belle voix;
Jamais, au premier âge,
Tu ne vins sur mon front te choisir dans les bois
Un balcon de feuillage.
Mais qu'importe le nom qu'on te donne ici-bas,
Voix que le Ciel inspire!
Mon cœur te connaît bien; et ne me rends-tu pas
Une larme, un sourire?
Qu'importent les couleurs dont tu luis au soleil,
Dans les herbes nouvelles?
Dieu t'a fait le présent qui n'a point de pareil,
Ta musique et tes ailes.
Ce n'est du rossignol ni le chant soutenu,
Ni la vive alouette;
C'est un vague soupir, un talent méconnu
D'insouciant poète.
Ce n'est point la beauté superbe, à l'œil vainqueur;
C'est la Vierge qui passe,
Se tourne, vous regarde, et laisse au fond du cœur
Le parfum de sa trace.
Chaque printemps, tu viens de tes jeunes amours
Chanter jeune interprète;
Chaque printemps, plus vieux et plus triste toujours,
Je t'écoute et m'arrête.
Tu répands en mon âme un confus souvenir
D'harmonie et d'enfance,
Comme la fleur d'automne abandonne au zéphir
Un doux reste d'essence.
Et je rêve au passé! petit oiseau des champs
Qui, par longs intervalles,
Fait retentir au loin la gaîté de tes chants
En strophes matinales.
Sous la motte de terre as-tu pour paravent
La mauve ou la pervenche?
Ou ton frêle édifice aux caprices du vent
Flotte-t-il sur la branche?
Fais-tu des tendres blés qui couvrent les sillons
Les festins de ta couche?
Portes-tu dans ton bec, à tes chers oisillons,
La bourdonnante mouche?
T'exiles-tu, nomade, en ces brûlants climats
Où se hâte l'aurore?
Constant et résigné, braves-tu nos frimas,
Cher oiseau? Je l'ignore.
Connaître ne rend pas plus heureux, je le sais;
On sait tout quand on aime;
Pour un pauvre ignorant comme moi, c'est assez
Que tu sois un emblême.
Emblême de bonheur, hélas! dont palpitait
Ma jeunesse ravie,
Qui chante quelques jours au printemps, puis se tait
Tout l'hiver de la vie.
Je ne veux pas savoir ton nom. J'aimerais mieux
Que ma voix solitaire
Fût, comme tes accents, l'amour d'un malheureux,
Et mon nom un mystère!
[9] L'Académie décernant tous les deux ans le prix institué par M. de Latour-Landry,
le lauréat reçoit 3,000 francs.
[10] Dans la séance tenue par la Société historique et archéologique de la Dordogne,
le 2 août 1877, M. Dujaric-Descombes fit la communication suivante, au sujet de la mort récente du poète aveugle J. Lafon-Labatut:
«Bien qu'une terre étrangère l'ait vu naître, Lafon-Labatut appartient au Périgord par
sa famille originaire du Bugue et son existence écoulée dans cette ville. Ce poète si digne d'intérêt avait pris une place distinguée dans la poésie contemporaine par la publication de ses Insomnies et Regrets, et son admirable talent, couronné par l'Académie française, recevra encore un nouveau lustre par la publication posthume d'un second recueil inédit, les Derniers Tâtonnements. Le Périgord tout entier a vivement ressenti la perte d'un homme qui l'honorait par son génie poétique. La Société historique et archéologique, qui a le culte des hommes et des choses qui font la gloire de notre province, voudra rendre un hommage à sa mémoire, en témoignant aujourd'hui, dès le début de sa séance, les regrets que lui a causés la mort de ce poète, qui fut un disciple admiré de Millevoye et de Lamartine.»
A l'unanimité, la Société s'associa à la pensée de M. Dujaric, et il fut décidé que le
procès-verbal de la séance contiendrait l'expression de ses regrets au sujet de la mort de l'auteur des Insomnies et Regrets et des Derniers Tâtonnements.
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