La Légende des sexes: Poëmes hystériques

Edmond Haraucourt · Chapitre 31 sur 42

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La Légende des sexes: Poëmes hystériques

Parisienne

P A R I S I E N N E

 

SONNET

 

A Achille Mélandri.

 

edressant les rondeurs de son buste replet, Droite, le nez railleur et la lèvre mutine,

Elle va... Son regard qui voltige et butine

Se pose au bord de tout, prend à tout un reflet.

Elle va. Sous les plis susurrants de l’ourlet Son pied vif, provocant et plein d’esprit, trottine, Rase l’asphalte et rit au fond de la bottine De se voir si petit et si près du mollet.

La main gantée, au bord de la manchette blanche, Berce l’en-cas qui pend et caresse la hanche, Rhythmant au bruit des pas son doux balancement.

Un sillage odorant la suit: senteurs de femme, Parfums de fleurs; et souple, elle marche, semant Le germe des désirs chauds et virils dans l’âme.