La ville qui n'aimait pas son roi

Jean d'Aillon · Chapitre 15 sur 42

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La ville qui n'aimait pas son roi

Mardi 19 avril

 

À l’extrémité de la rue Verrerie, se situait la place du cimetière Saint-Jean. Depuis le Moyen Âge le cimetière avait été déplacé de l’autre côté

de la rue de la rue Verrerie et la place était devenue un marché, utilisée 2

aussi pour les exécutions capitales, en particulier pour y brûler les hérétiques. Elle était entourée de tavernes, de cabarets et d’auberges où venaient se désaltérer chalands et boutiquiers ambulants : rôtisseurs, tailleurs, vendeurs de mort-aux-rats, d’oublies ou de pâtés. Les deux plus importantes de ces hôtelleries étaient le Mouton Blanc et la Croix-de-Lorraine.

C’est le surlendemain de leur dîner avec le marquis d’O que François Caudebec et Olivier Hauteville s’y rendirent après avoir laissé leurs chevaux dans une écurie de la rue de Bercy. La veille, les deux sœurs et la mère de Serafina avaient taillé des casaques de velours noir parsemées de croix de Lorraine en broderie d’argent et des écharpes blanches brodées des mêmes croix. Ces vêtements, et leur chapeau noir broché aussi d’une croix, affichaient ostensiblement leur appartenance à la maison de Guise. Avec épée, main gauche et toquet à plume, ils passeraient indubitablement pour des gentilshommes ligueurs.

Le souper chez le marquis d’O s’était finalement terminé dans une cordialité à laquelle Olivier ne s’attendait pas. Lors de leur départ, le marquis d’O avait même voulu marquer son estime envers les deux hommes en les accolant avec affectation. Cela avait été une chose étonnante pour Cassandre de voir le rugueux capitaine de son père, protestant trapu et austère, serrer dans ses bras l’arrogant gentilhomme catholique pommadé et parfumé. Avaient-ils convaincu le favori du roi qu’il pouvait accorder sa confiance et sa foi à Henri de Navarre? Olivier l’espérait.

Il était dix heures et la grande salle de la Croix-de-Lorraine était à moitié pleine. Ils s’installèrent à une table à l’écart d’où ils avaient une vue sur la cuisine dans laquelle s’activaient cuisiniers et marmitons. Les uns plumaient de belles volailles, les autres lardaient des pièces de mouton, d’autres encore troussaient des pièces de gibier ou épluchaient des légumes. C’est Caudebec qui avait choisi la place, un coin particulièrement sombre avec une sortie par la cour de la cuisine en cas de danger.

La salle était toute en longueur. Aux murs étaient suspendus des enseignes et des écus de bois à la croix de Lorraine. Devant eux, un grand tableau représentait le ciel avec un nuage blanc qui voilait une étoile d’or sous laquelle était écrit : Présente, mais cachée; la devise du père d’Henri de Guise. Ceux qui passaient devant faisaient une génuflexion et un signe de croix.

L’auberge était guisarde et ne s’en cachait pas. Ses clients n’étaient pas ces débardeurs ou ces crocheteurs qui proposaient leur force sur les marchés, et encore moins des guilleris ou des barbets venus de la cour des miracles. On y voyait des bourgeois en habit sombre, des hommes de loi en robe noire, tous catholiques à gros grain, et surtout des gentilshommes en manteau de serge verte ou brune affichant fièrement des doubles croix blanches sur leur épaule et tenant rosaire en main. La plupart portaient chapeau pointu et n’avaient à la bouche que des propos ligueurs.

Une fille de salle, épaisse et charnue, vint leur proposer un clairet de Montmartre, puis, l’heure avançant, ils se firent servir à dîner. Comme la salle se remplissait, quelques gentilshommes et bourgeois se joignirent à leur table, mais sans chercher à converser.

Durant le repas, Caudebec et Olivier remarquèrent un groupe d’estafiers bruyants et insolents, barbe et moustaches en pointe, qui s’installaient pour ripailler autour de deux grandes tables. Ce n’était pas des truands ni des coupe-jarrets, mais plutôt des gentilshommes d’aventure, des cadets sans fortune, ce genre de traîneurs d’épée qu’on appelait en Italie des bravi. Tous affichaient des croix de Lorraine sur leur épais pourpoint de taffetas, tous portaient des rapières longues comme un jour sans pain et des bonnets ou des chapeaux à plume de coq.

Le dîner terminé, l’aubergiste, homme à gros ventre et joviale figure, vint leur demander si la nourriture leur avait convenu.

— Je ne vous avais jamais vus, dit-il à la fin avec une ombre de méfiance, peut-être pour tenter d’en savoir plus sur eux.

Devant l’air brusquement féroce de Caudebec, il ajouta à voix basse et d’un ton conciliant :

— C’est pour bientôt, n’est-ce pas?

— Pour Quasimodo, répliqua Olivier.

L’autre hocha la tête, certain désormais d’avoir devant lui des gens de la Ligue.

— Mon auberge ne désemplit pas depuis quelques jours. Le duc sait qu’il peut compter sur moi…

— Ils sont avec nous? demanda Olivier, en montrant d’un signe de tête le bruyant groupe d’estafiers.

— Non, ceux-là logent ici, mais ce ne sont pas des gentilshommes de Mgr de Guise. Les gens du duc sont autrement discrets… Comme vous…

Il mit un doigt sur sa bouche avec la mine de celui qui en sait beaucoup plus et Olivier approuva du chef.

— Nous attendons des amis. Nous viendrons chaque jour jusqu’à ce qu’ils soient arrivés, dit-il en faisant signe au cabaretier de s’asseoir avec eux.

— Je peux vous aider? demanda l’autre en s’installant sur le banc.

— Pourquoi pas! L’un d’eux se nomme M. de Thermy…

— Je ne le connais pas.

— Si un gentilhomme de ce nom se présente, vous lui direz que nous sommes venus. Je m’appelle Jean de La Ville. Thermy nous a donné rendez-vous ici pour nous présenter à ses amis…

— Ces amis, vous savez leurs noms?

— Tu t’en souviens? demanda Olivier à Caudebec.

— Non… il y avait un Bardot? Bordeaux peut-être? C’est ça : Pierre de Bordeaux!

— Bordeaux? Cela ne me dit rien, dit l’aubergiste en écarquillant les yeux.

— Je ne suis pas sûr du nom, s’excusa Caudebec en vidant son verre.

— Vous voulez que je me renseigne? demanda le cabaretier.

— Surtout pas! Pas un mot à quiconque, le duc de Guise fait vite pendre les bavards!

— Je serai muet comme une tombe! jura l’aubergiste, brusquement pris de peur.

— Vous avez des chambres ici?

— Oui, mais elles sont toutes occupées par ces messieurs, dit-il en désignant de la tête le groupe de spadassins, et par quelques gentilshommes de messeigneurs de Guise ou de Mayenne. Je vous rapporte du vin?

— Volontiers.

— Ce Bordeaux aurait-il menti? demanda Caudebec avec inquiétude quand le cabaretier fut parti.

— J’en ai l’impression. S’il avait habité ici, le bonhomme s’en souviendrait.

— Espérons qu’il ne nous dénoncera pas. Pourquoi ne pas avoir parlé de Boisdauphin?

— Attendons qu’il soit habitué à nous.

— Nous sommes dans la fosse aux lions. Qui dit qu’à notre prochaine visite, ces gens-là (il montra les bravi) ne vont pas nous tomber dessus?

— Rien, et sois sûr que j’en suis terrorisé… Mais comment faire autrement? Et puis nous avons chacun une bonne épée et une jaque de mailles!

Caudebec soupira.

Ils restèrent jusqu’à la fin de l’après-midi, tendant l’oreille pour surprendre les conversations mais sans apprendre rien. L’aubergiste ne revint pas les voir, mais au moins ne les avait-il pas dénoncés. À la nuit tombante, ils rentrèrent à la tour.

Ils revinrent les deux jours suivants. À chaque fois, l’aubergiste venait parler un moment avec eux. Il leur dit même avoir posé d’adroites questions sur leur ami Bordeaux mais personne ne le connaissait.

Les traine-rapières étaient toujours là, plus nombreux chaque jour. Olivier en compta une quarantaine. Préparaient-ils quelque inquiétante entreprise? Plusieurs fois, Olivier vit certains d’entre eux les désigner et interroger le cabaretier. On se posait des questions sur eux. Il fallait tenter quelque chose, ou ne plus revenir. Le quatrième jour, il attrapa par la main la fille de salle qui les servait. Elle se méprit et lui sourit en se penchant vers lui pour dévoiler la profondeur de son corsage et la lourdeur de ses avantages.

— Tu sais garder ta langue? demanda-t-il, en détournant le regard.

— Oui, monseigneur, fit-elle d’une voix enjôleuse avec un sourire qui se voulait aguicheur.

Comme toutes les servantes et les chambrières d’hôtellerie, elle pratiquait la galanterie la plus effrontée et la luxure tarifée. On chantait d’ailleurs cette année-là :

 

La chambrière belle

Si elle est godinette,

Vous baisez sa bouchette

Pour avoir de l’argent,

Elle a bien la finesse

De prendre hardiesse

De prester son corps gent.

 

Olivier ouvrit sa main gauche qui contenait un écu d’or.

— Ça te tente?

— Oui, monseigneur. Je ferai tout ce que vous voudrez, dit-elle en les regardant tous deux avec impudence.

— Si tu répètes à quiconque ce que je vais te demander, je te couperai moi-même la langue.

Elle prit peur et tenta de se dégager.

— Tu connais Urbain de Laval, comte de Boisdauphin? poursuivit-il.

— Non, monseigneur, mais je peux demander.

— À qui?

— Aux autres filles. S’il loge ici, elles le connaîtront.

Le monseigneur avait disparu. La fille avait compris qu’il ne s’agissait plus de rataconiculer.

— Tu seras discrète?

— Pour un écu, je peux même être muette, sourit-elle.

— Vas-y, je veux savoir s’il est là et à quoi il ressemble. Pour ta gouverne, il a tué mon frère. Tu comprends? Prends la pièce, mais si tu dis un mot de trop, tu es morte. En revanche, si tu ne nous trompes pas, il y aura une autre pièce.

Elle comprit qu’il s’agissait d’une banale vengeance familiale et s’éloigna avant d’emprunter l’escalier qui montait vers les chambres.

— Ce va être l’heure de vérité, dit Olivier en montrant la sortie. Si elle nous dénonce, il faudra filer au plus vite.

— Et nous aurons ceux-là à nos trousses. Mais si elle ne nous dénonce pas, que faisons-nous?

— On lui demande de nous décrire le bonhomme, on l’attend et on le suit quand il sortira. La nuit va tomber, on l’attirera dans un coin et on l’interrogera.

— Ça me va.

Caudebec eut alors le regard attiré par un nouvel arrivant. Il donna un coup de coude à Olivier et appuya son front sur son autre main pour dissimuler son visage. Olivier tourna la tête et son regard croisa celui du capitaine Cabasset.

L’officier du duc de Mayenne resta un instant les yeux plantés dans les siens, puis se détourna et se dirigea sans se presser vers la table des spadassins.

— Troussons guenilles ! dit Olivier en jetant quelques sols sur la table. 3

Ils se levèrent pour se diriger lentement vers la sortie. À tout instant, Olivier s’attendait à ce qu’on les interpelle, mais ils passèrent la porte sans être arrêtés.

Sitôt dehors, ils s’éloignèrent en courant, traversant la place et ne cherchant pas à récupérer leurs chevaux. Olivier entraîna son compagnon vers le cimetière Saint-Jean. Prenant le passage qui y conduisait, trois ribaudes en jupes rouges et collets renversés les interpellèrent, voulant sans doute leur proposer de voir de près les mystères de la Passion. Olivier les bouscula. Il savait qu’au bout du cimetière se trouvait une poterne toujours ouverte. Ils la franchirent et, apercevant une échelle qui permettait de rejoindre une galerie serpentant entre les maisons, ils y grimpèrent quatre à quatre. Ils entendirent alors des cris dans le cimetière : « Des Navarrais! Des espions navarrais! À mort! »

Cabasset les avait bien reconnus! On les poursuivait.

Ils glissèrent au sol dans une sente boueuse, se faufilant entre des piliers qui soutenaient la galerie. Ils longèrent ainsi des portes à judas et des porches fermés par des herses, essayant à chaque fois d’entrer pour se cacher mais tout était bien clos. Affolés, ils tirèrent vers un passage sur leur droite et déboulèrent dans une sorte de couloir formé par les encorbellements de deux maisons mitoyennes. Ils arrivèrent dans une courette où était installée la forge d’un artisan. L’homme et son aide, en tablier de cuir, les regardèrent courir, interloqués. Olivier entraîna Caudebec vers une sente obscure par où arrivaient des moines qui quêtaient dans les maisons au nom de Jésus, notre Sire. Pour pouvoir passer, il dut leur glisser un sol. Enfin ils débouchèrent dans la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Le vacarme habituel de la foule leur parut aussi doux qu’un chant céleste, car ils n’entendirent plus aucun cri de ceux qui étaient à leurs trousses.

— On leur a échappé! haleta Olivier.

— Il faut encore reprendre nos chevaux à l’écurie…

— Nous irons d’ici une heure ou deux. Installons-nous dans ce cabaret pour l’instant.

C’est après s’être fait servir dans le coin le plus sombre de la salle qu’Olivier dit à Caudebec :

— J’ai l’impression que Cabasset nous a volontairement laissé le temps de nous enfuir, pourquoi?

Quelques heures plus tard, le capitaine Cabasset rentra à l’hôtel du Petit-Bourbon accompagné de quelques-uns des spadassins de la Croix-de-Lorraine.

Mme de Montpensier les reçut dans un cabinet qui jouxtait sa chambre et les interrogea pour s’assurer de leur fidélité avant de leur remettre à chacun cinquante écus. Les traine-rapières reçurent ordre de quitter l’hôtellerie pour aller dans la maison de la duchesse, à Bel-Esbat, sur le chemin de Vincennes. Ils y resteraient jusqu’au jour où Cabasset leur communiquerait l’heure de l’entreprise.

Après leur départ, le capitaine resta seul avec la sœur du duc de Guise.

— Madame, il s’est produit tout à l’heure un fâcheux incident, tandis que j’entrais dans la Croix-de-Lorraine. À une table, il y avait deux hommes dont le visage et la silhouette ne m’étaient pas inconnus, j’ai malheureusement mis plusieurs minutes pour les identifier, car ils étaient grimés. C’était M. Hauteville et l’un des hommes qui ont attaqué Garde-Épée.

La duchesse blêmit.

— Il est donc toujours à Paris, murmura-t-elle.

— Oui, madame, mais surtout pourquoi à la Croix-de-Lorraine?

— Pourrait-il savoir ce que je prépare?

— Je l’ignore, madame. Je m’inquiète des espions autour de nous.

Un instant, l’idée que Cabasset le trahissait effleura Mme de Montpensier, puis elle chassa ce soupçon. Un félon ne lui aurait jamais dit qu’il avait vu Hauteville. Alors elle pensa à nouveau à une sorcellerie. Tandis qu’elle ressentait des picotement dans le dos, elle s’efforça de chasser cette éventualité. Si Hauteville avait signé un pacte avec le Diable, leur cause était perdue.

— Les curés n’ont rien appris sur sa présence? s’enquit-elle, la voix inquiète.

— J’en ai parlé à Boucher, mais je n’ai rien su depuis.

— Faites venir mon secrétaire. Vous lui décrirez comment ils étaient habillés. Je veux qu’il y ait des placards collés dans tout Paris dès demain. Il y aura une récompense de cent écus au soleil pour qui les dénoncera ainsi que leurs complices. Prévenez aussi les gens de la Croix-de-Lorraine, au cas où ils auraient l’impudence de revenir, et tenez-vous prêt avec une dizaine de vos hommes. Je veux que vous capturiez Hauteville vivant. Il doit parler, et il paiera cher ce qu’il m’a fait subir… Quant à notre projet, poursuivons-le comme si de rien n’était. Il sera temps d’aviser au dernier moment.

Cabasset s’apprêtait à partir quand elle ajouta :

— Je veux aussi qu’on surveille la maison de Nicolas Poulain.

 

Au même moment, on tenait conseil de guerre dans la chambre d’Olivier. Que Cabasset l’ait vu et poursuivi, même après cet inexplicable moment de retard, était une catastrophe. La duchesse de Montpensier et le duc de Mayenne allaient savoir qu’il était à Paris, et qu’il s’intéressait à la Croix-de-Lorraine. Ils mettraient à sa recherche toutes les forces de la Ligue, tous les prédicateurs papistes, tous les dizeniers et cinquanteniers appartenant à la sainte union.

— Nous pourrions quitter Paris et attendre chez ma mère jusqu’au début de mai, proposa Cassandre.

— Si la Ligue est prévenue, dit Venetianelli, les portes sont dès à présent étroitement surveillées. Ce serait le meilleur moyen de vous faire prendre. Il vaut mieux que vous restiez cachés ici.

— Lorenzino a raison, il suffit qu’on m’oublie, décida Olivier. À compter de demain, plus de sorties dans Paris.

— Et pour le convoi d’or? demanda Cabasset.

— D’ici deux semaines, s’ils n’ont aucune trace de moi, ils penseront que j’ai quitté la ville. Et pour pratiquer notre surveillance à la porte Saint-Denis, Venetianelli me grimera.

— Nous étions peut-être sur le point de trouver Laval! ragea Caudebec.

— Oui, mais on ne peut chasser deux lièvres à la fois. L’or de Guise est plus important.

— Je pourrais me rendre à la Croix-de-Lorraine, suggéra Venetianelli, et chercher moi-même ce Laval.

— Non! Nous avons parlé de lui à une servante. Elle a cru qu’il s’agissait d’une vengeance entre gentilshommes, mais maintenant, elle doit savoir que nous sommes des espions. Elle a dû parler de nous autour d’elle. Quiconque reviendrait se renseigner serait vite repéré. Restons cachés et faisons-nous oublier.

— Certains parmi les enfants sans souci seront surpris de ne plus nous voir. Et avec cette affiche, ils pourraient se poser des questions, remarqua Caudebec.

— Vous avez raison, il faut donc que vous continuiez à les rencontrer, dit Venetianelli après un instant de réflexion. Mais j’ai peut-être une solution. J’ai vu Engoulevent, ce matin. Notre prince des sots se désespère. Pour Pâques, il faisait jouer aux Halles : Le traître Judas se pendant par désespoir, une sotie qui a connu un grand succès. Seulement, ceux qui tenaient les rôles du légionnaire romain et de Judas ont décidé d’arrêter et personne ne veut les remplacer. Pourtant, Engoulevent voulait poursuivre les représentations jusqu’à la fin du mois. Pourquoi ne prendriez-vous pas la place des partants? Comme ce sont des rôles muets, même si vous jouez mal, vous passerez inaperçus!

Olivier sourit à son ironie.

— Et qui irait chercher Olivier Hauteville, seigneur de Fleur-de-Lis dans un sot sans soucis? ironisa encore Il Magnifichino.

— Et moi, je m’occuperai des costumes, plaisanta Cassandre. Savez-vous comment était habillé Judas?

1 3 février 1576.

2 On le voit parfaitement sur le plan de Jaillot.

3 Filons!

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