Le Japon

comte de Charles Montblanc · Chapitre 7 sur 7

Pages du PDF

Le Japon

VII. Le Japon par Rapport A L'europe.

VII. LE JAPON PAR RAPPORT A

L'EUROPE.

 

Sans nous occuper du point de vue d'équilibre politique dont la considération n'offre aujourd'hui aucune opportunité, il nous reste à voir quelles ressources et quels avantages le Japon présente à l'Occident, sous le rapport industriel et commercial. Par le nombre et la densité de ses habitants, l'empire du Soleil Naissant nous ouvre un vaste débouché pour l'importation d'un grand nombre de nos produits; par la richesse du sol, et l'industrie des indigènes, ce pays peut nous donner en échange de précieuses marchandises d'exportation vers l'Europe. Sa population paraît être de 40 millions d'habitants répandus, en presque totalité, sur les trois grandes îles de Nippoune, Sikokou et Kioushiou, et sur un grand nombre de petites îles latérales. Ce groupe, en y comprenant l'île de Yesso, s'étend depuis l'île de Yakoumosima, jusqu'au détroit de La Pérouse sur 15 degrés de latitude nord. L'empire japonais entier, depuis le sud du groupe Liou-Tshou, jusqu'au nord des Kouriles méridionales, présente une superficie évaluée à 190,000 kilomètres carrés, et se prolonge sur vingt-cinq degrés de latitude. Noter ce fait, c'est noter des différences de climats et comme conséquence une diversité de productions naturelles.

L'aspect du sol est essentiellement plutonique. La nature est accidentée, et l'eau, qui circule partout en abondance, aide à la fertilisation d'une terre pourvue de puissants éléments de production. Dans ce milieu volcanique il n'y a pas lieu de s'étonner des gisements considérables de soufre que l'on rencontre au Japon. L'or y est très-abondant, et si l'on en croit ce que disent à cet égard les indigènes, aucun pays au monde n'en posséderait autant. Ce dire n'est, du reste, pas invraisemblable; l'on peut facilement y ajouter foi, en se rappelant que l'or ne valait, pour les Japonais, avant l'action de l'influence étrangère, que quatre fois son poids d'argent. Ce dernier métal se rencontre également en de très-riches minerais. Le gouvernement japonais a, dit-on, le monopole des mines d'or, d'argent et de cuivre. Loin d'encourager l'exploitation de ces métaux, il craint une trop grande production et semble considérer les gisements de métaux précieux comme une réserve à laquelle il n'est permis de toucher qu'au fur et à mesure des besoins; le contact européen suffira pour convertir les Japonais à des idées économiques différentes. On sait que la plus grande partie des bénéfices que faisaient les Hollandais relégués à Décima étaient réalisés sur l'exportation du cuivre dont le Japon possède de grandes quantités. On y trouve du plomb, du charbon de terre, du fer en abondance. Enfin d'après tous les renseignements que l'on peut recueillir, il paraît que le Japon est un pays exceptionnel sous le rapport du nombre et de la richesse de ses mines. Du sein d'une terre aussi abondamment minéralisée, s'élèvent des eaux chaudes et froides, chargées de principes divers dont les vertus curatives sont employées au Japon sous forme de bains et de boissons. Les entrailles de la terre japonaise recèlent encore un autre genre de richesse, car on y trouve de magnifiques pierres de construction, que les habitants n'osent guère employer par crainte des tremblements de terre, mais dont une science plus parfaite pourrait certainement tirer parti, même dans ces circonstances défavorables. Si les Japonais ont besoin d'ingénieurs et de professeurs en architecture, il n'en est pas ainsi vis-à-vis du kaolin, de la précieuse terre à porcelaine, qu'ils savent employer d'une façon remarquable. On trouve encore au Japon du cristal de roche, du jaspe et des agates. Il est très-probable qu'une étude scientifique de la minéralogie de ce pays mettrait au jour bien des corps utiles que les Japonais ne savent pas isoler. En tout cas, la part est belle; les divinités ténébreuses semblent avoir entassé pour les fils du Soleil Naissant, leurs principales richesses, et si nous quittons leur empire pour rechercher dans les profondeurs des mers quels trésors recèlent ses eaux, nous verrons la perle, le corail, l'ambre gris, une grande quantité de poissons délicats, la baleine dans le nord. Ces dernières richesses sont d'une importance majeure au Japon, car les Japonais, comme les autres peuples de l'extrême Orient, se nourrissent presque exclusivement de poisson et de riz.

Le sol japonais est aussi prodigue de trésors que les entrailles de la terre et les profondeurs des eaux. La principale production est le riz, dont la culture donne à la campagne un aspect particulier par la multitude de canaux qui divisent le terrain. L'exportation de cette denrée est prohibée, pour en conserver la valeur accessible aux basses classes. Une autre source de richesse réside dans la culture de la soie, et dans la soie produite, on trouve, au dire des experts, une qualité qui est la plus belle de l'Orient. Parmi les principales autres productions végétales on remarque le thé, le coton, le camphre, le tabac, la cire végétale, la noix de galle, et le sucre dans le sud. Les thés japonais sont naturels; c'est pourquoi les négociants étrangers les expédient d'abord en Chine, pour y recevoir les préparations que les Chinois font subir à leurs thés et auxquelles les consommateurs européens sont habitués.

Les Japonais apportent à la culture un tel soin et une telle intelligence, qu'ils provoquent même l'admiration des Chinois passés maîtres en ce travail. Ils connaissent bien l'emploi des engrais, et sont jardiniers aussi habiles qu'agriculteurs intelligents. Le jardinage de luxe est chez eux en grande estime; les fleurs et les arbustes rares sont l'objet d'un commerce intérieur. Au milieu d'une population aussi dense que l'est celle qui habite ce pays, chaque coin de terre doit produire une utilité, ou pour le moins un agrément. Tout site accessible à l'homme y est, dit-on, l'objet d'un travail actif; ce que j'ai pu voir par moi-même me le fait aisément croire. Envisagés comme industriels, les Japonais apportent à leurs travaux le soin et l'intelligence qui font partie de leur nature. Ils possèdent quelques spécialités dont les produits sont remarquables. Leurs objets de laque sont de toute beauté et supérieurs à tout ce qui est fait en ce genre. Leurs tissus de soie ne valent peut-être pas les produits similaires de la Chine, mais les porcelaines japonaises peuvent soutenir toute comparaison par la finesse de la pâte, l'élégance des formes, l'éclat des couleurs et l'harmonie des dessins. Les Japonais sont de véritables artistes en bronze, qu'ils savent ciseler avec une perfection et une patience incroyables. Ils manient, en général, parfaitement les métaux; et leurs sabres, quoique lourds, sont remarquables par la dureté de l'acier, la finesse du poli, le tranchant de la lame, et le travail artistique de la poignée et du fourreau. Ce goût, qui se fait également sentir dans leur talent d'émailleur, accuse chez les Japonais des besoins de civilisation élégante en contraste avec la simplicité réelle de leurs mœurs. Ceci n'est pas un des côtés les moins intéressants du caractère japonais qui trouvera, dans les relations étrangères, l'occasion de s'affirmer définitivement dans sa voie spéciale de civilisation, comme individu et comme société.

Ce qui précède indique brièvement les principaux produits que nous pouvons demander aux Japonais; par contre nous en avons plusieurs à leur fournir. Parmi ces derniers, quelques-uns nous sont spéciaux, mais la plupart, sans nous être particuliers, sont obtenus dans notre civilisation à un prix contre lequel les Japonais ne peuvent lutter. Dans cette classe, dont les articles s'adressent aux nécessités les plus usuelles de la vie rentrent les tissus de laine et de coton, les camelots, quelques soieries, satins et velours, qui sont réalisés à des prix avantageux pour les vendeurs européens comme pour les acheteurs indigènes. Nos étoffes chaudes de laine et de velours communs présentent encore aux habitants du Japon une spécialité d'usage et d'économie qu'ils ne peuvent remplacer; car leur industrie ne leur fournit, pour s'abriter contre le froid, que des vêtements légers qu'ils multiplient sur eux, ou des étoffes ouatées qui leur reviennent plus cher et leur durent moins longtemps. Ces articles trouvent ainsi au Japon un débouché dont l'importance deviendra chaque jour plus grande par suite des habitudes contractées et de l'usage qui se propage, sous l'impulsion des avantages réalisés. Les articles de mercerie, le fil, les aiguilles, les boutons, dont les Japonais ignoraient l'usage, les objets de fabrique connus sous le nom d'article de Paris, les cuirs travaillés entrent aussi dans la consommation ordinaire, ainsi que les glaces, les vitres, les verreries. Le commerce étranger fournit encore au Japon des médicaments, des produits chimiques et pharmaceutiques, des matières colorantes pour la teinturerie, des instruments de science et de précision, des instruments de chirurgie, ainsi que des livres scientifiques, des armes, de la coutellerie et de la quincaillerie. L'horlogerie donne lieu au Japon à un commerce très-actif entre les indigènes et les Européens. Dans les produits d'un autre genre, se trouvent l'eau-de-vie, les vins doux, les liqueurs sucrées, le vin de Champagne, d'un intérêt tout français, les huiles, les épices, les ginsang et les drogues asiatiques, qui, sans provenir d'Europe, peuvent intéresser la navigation européenne, de même que tous ces produits alimentaires dont les Chinois sont friands et que les Japonais recherchent également; ce sont surtout: le poisson sec, les huîtres salées, les herbes marines, les champignons, les pois, la colle de poisson, les ailerons de requins, les nids de salanganes, les holothuries, etc.

Ces principales indications suffisent pour montrer l'importance des échanges qui intéressent l'industrie, le commerce et la navigation. Si les métaux précieux, qui forment l'une des principales richesses du Japon, ne sont pas, aujourd'hui, rangés parmi les objets d'échange, ce résultat des restrictions imposées par le gouvernement, dans la crainte de voir son pays inondé d'une trop grande masse de numéraire, devra changer à la suite de l'impulsion nouvelle de production et d'écoulement provoqués par les étrangers. Les Japonais s'apercevront qu'il y a, en définitive, profit à livrer une marchandise qui leur coûte moins qu'aux autres peuples, et dont ils sont abondamment pourvus. Mais pour en arriver à ce but, il faut activer l'importation de nos produits et de nos services, rendre ainsi le travail des mines nécessaire pour solder les achats. Ce résultat sera précieux, vis-à-vis de l'état actuel du commerce européen avec les Indes orientales et la Chine.

Le mouvement du commerce extérieur au Japon n'a pas encore pris les allures franches d'intérêts particuliers libres dans leur expression. Ce mouvement accusé officiellement pour l'année 1862 représente 52 millions de francs, dont 37 appartiennent à l'exportation. Ces chiffres sont rendus douteux par une contradiction que les documents officiels constatent sans explication; car après avoir, dans le tableau général, indiqué l'exportation des soies écrues pour une valeur de 32,528,000 francs, ils notent 20,000 balles de soie à 2,500 francs en moyenne, exportées dans cette même année, ce qui représente pour l'exportation seule de la soie une valeur de 50 millions. Le thé est, après la soie, l'article le plus important; il se trouve à l'exportation pour un total de 3,402,000 francs.

L'importation est principalement représentée par 7 millions d'étain et de plomb, et 6 millions de camelots, toiles, cotonnades et cotons en écheveaux.

La France n'entre dans ce commerce que pour 703,000 fr. à l'importation et 1,569,000 fr. à l'exportation. La plus grande part appartient à l'Angleterre, pour une valeur totale de 37,620,000 francs. Ces chiffres sont faibles, vis-à-vis d'une terre qui donne tant d'espérances. Mais il faut remarquer qu'il y a progrès constant depuis le début commercial; en 1863 le commerce extérieur a été de 88 millions dont 63 d'exportation et 24 d'importation. Le Japon ne pourra d'ailleurs réaliser les espérances conçues que le jour où les intérêts privés seront seuls en présence.

D'après le traité de paix, d'amitié et de commerce signé à Yedo le 9 octobre 1858, entre la France et le Japon, les villes et ports de Hakodadi, Kanagaoua et Nangasaki devaient être ouverts au commerce et à la résidence des Français, à dater du 15 août 1859. Ensuite devait être faite l'ouverture de quatre autres ports et villes à des époques déterminées: le 1 er janvier 1860 était fixé pour l'ouverture de Nigata, ou d'un autre port sur la côte ouest de Nippoune, dans le cas où cette ville n'aurait pas un port reconnu d'accès convenable. L'ouverture de Yedo était marquée au 1er janvier 1862, et enfin Shiogo et Osaka le 1 er janvier 1863. Dès le principe, Kanagaoua fut échangé contre Yokohama, placé à côté sur la même baie, et dont les navires peuvent approcher davantage. Le port de Nigata fut déclaré impraticable; mais nous voici en l'an 1865, et nous en sommes encore réduits aux trois villes de Nangasaki, Yokohama et Hakodadi. De ces trois points, Yokohama forme la station la plus importante, et c'est là que se concentrent presque toutes les affaires.

On pourrait supposer que le mouvement commercial serait plus important, si les quatre ports qui devraient être ouverts l'étaient en effet. Mais, serait-il réellement de notre intérêt, en admettant de notre côté le droit d'exiger l'ouverture de ces ports, de poursuivre violemment l'exécution des engagements, au lieu d'en rechercher la réalisation par l'habitude des rapports bienveillants et avantageux pour les deux partis? Tout ce qui précède vient aboutir ici pour répondre à cette interrogation. Je ne m'arrêterai pas sur la question de droit, car dans la lettre du traité est exprimé un engagement formel qui lie le gouvernement japonais, je ferai simplement remarquer que cet engagement se complique de circonstances qui lui enlèvent son caractère absolu. En effet, c'est la présence des étrangers, qui elle-même a amené les complications qui momentanément entravent le gouvernement dans la réalisation de ses promesses. Nous ne pouvons donc pas nous montrer par trop sévères pour un état de choses dont nous sommes nous-mêmes la cause; surtout si nous nous rappelons la manière dont a été posé le principe de l'admission étrangère en présence de la flotte et des canons du commodore Perry. Une seule raison pourrait nous permettre de poser notre droit dans toute sa rigueur, ce serait la mauvaise foi du gouvernement taïkounal. Sur ce point, nous sommes suffisamment édifiés par la connaissance des pouvoirs publics au Japon, par l'intérêt même du taïkoune et par la franchise de plusieurs actes importants de son gouvernement. Cette franchise se montre dans la communication qui fut faite par les ministres de Yedo d'un décret d'expulsion lancé par le mikado contre les étrangers et notifié à la cour de Yedo, qui, tout en protestant, faisait, dans une démarche pénible, l'aveu de son rôle secondaire. Cette même netteté d'action se retrouve dans l'initiative que prit le gouvernement taïkounal de faire retirer au mikado son décret, ce qui eut lieu à la suite d'une grande assemblée de la noblesse réunie en octobre 1863 à Osaka. Enfin le fait le plus significatif se passa, ce printemps dernier, à Paris, où les ambassadeurs japonais engagèrent le taïkoune avec l'Europe contre un prince japonais. Cet engagement fut en effet exécuté dans la part que prit la cour de Yedo à la démonstration alliée contre le prince de Nagato.

De ces considérations, il résulte que nous n'avons certainement pas le droit de nous montrer violents dans la revendication absolue des priviléges que nous concèdent les traités. En admettant même que notre droit fût absolu et hors de toute discussion, notre intérêt particulier nous conseillerait encore, pour conquérir et étendre notre position, de n'user que de persuasion vis-à-vis du peuple et de Yedo, et de n'user de rigueur que d'accord avec le taïkoune. Ce résultat reste le même, quelles que soient nos préoccupations de conquête ou de sympathie. Que nous envisagions l'intérêt colonial au point de vue de la supériorité de race qui procède par substitution, ou bien, au contraire, sous le rapport des relations sympathiques qui procèdent par union, cet intérêt nous dictera toujours la même conduite d'échanges, de services et d'alliance taïkounale. En parlant de l'intérêt colonial dirigé par l'esprit de conquête, il ne s'agit évidemment pas ici d'un refoulement immédiat et complet, mais comme un caractère se retrouve dans chaque détail d'une action qui émane de lui, il n'est pas hors de propos de l'envisager franchement et dans son entière expression. Sous ce rapport nous dirions que le système de substitution réalise un intérêt plus immédiat, mais que son triomphe complet serait un malheur par l'immobilité et la désorganisation qu'amènerait l'expansion exclusive d'une seule tendance; les peuples ont chacun leur aptitude spéciale, et de cette diversité d'aptitude, aussi nécessaire à l'harmonie sociale que la diversité des couleurs à l'harmonie de la lumière, naît le mouvement qui conduit au progrès. Du reste, quoi qu'il en soit des conséquences, le fait ne pourrait, dans notre intérêt, se produire, même partiellement, à cause de l'éloignement de cette nation, du nombre de sa population, et enfin du courage et de l'intelligence qui distinguent le peuple japonais.

Toute violence qui pourrait réunir la nation entière contre l'étranger ne trouverait donc pas de compensation, même au point de vue d'envahissement. Le système opposé qui cherche l'expansion en conservant et développant le génie spécial de chaque peuple, ne trouverait, à plus forte raison, aucune satisfaction possible dans la voie de lutte. La politique proposée est ainsi la seule possible, et c'est à son abri que nous devons rechercher notre intérêt avec et dans l'intérêt japonais. Notre but doit être d'aider au développement naturel de ce peuple, dans son génie spécial, et de retrouver chez lui de nouveaux éléments d'activité pour nous-même. Sa situation empêche toute jalousie de notre part; il nous est donc facile de rester dans les limites tracées par la raison. Le moyen sera l'alliance avec le taïkoune, et l'emploi de la force d'accord seulement avec les actes de son gouvernement. Il a tout intérêt à se mettre à la tête d'un mouvement dont la conséquence sera pour lui-même une augmentation de puissance, qui le rendra l'arbitre souverain du Japon. L'indécision de notre politique peut seule le faire hésiter. A l'abri de l'alliance taïkounale, les intérêts pourront se rapprocher et s'étendre; les rapports commerciaux amèneront des rapports industriels avec le magnifique horizon des richesses minéralogiques et agricoles; deux civilisations pourront alors, à travers les mers immenses et des peuples engourdis, se donner la main avec confiance, et se prêter un mutuel concours dans le développement de leurs sociétés.

FIN.

Vous avez terminé Le Japon

comte de Charles Montblanc

Des livres comme celui-ci

Après le livre

Pages fournies avec cette édition, gardées ici pour référence.

Mention du Project Gutenberg

*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LE JAPON *** Updated editions will replace the previous one—the old editions will be renamed.

Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright law means that no one owns a United States copyright in these works, so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United States without permission and without paying copyright royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to copying and distributing Project Gutenberg™ electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG™ concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you charge for an eBook, except by following the terms of the trademark license, including paying royalties for use of the Project Gutenberg trademark. If you do not charge anything for copies of this eBook, complying with the trademark license is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose such as creation of derivative works, reports, performances and research. Project Gutenberg eBooks may be modified and printed and given away—you may do practically ANYTHING in the United States with eBooks not protected by U.S. copyright law. Redistribution is subject to the trademark license, especially commercial redistribution. START: FULL LICENSE