Le Pays de l'or
Fin
Là-dessus, les Flamands furent invités à passer la nuit dans cet endroit. Les muletiers préparèrent en leur honneur tout ce qu'il y avait de meilleur dans leurs provisions. On mangea bien et on but surtout gaiement, car ils avaient quelques bouteilles de rofino ou eau-de-vie de Catalogne, dont ils firent avec de l'eau chaude une sorte de grog, qui réconforta merveilleusement les chercheurs d'or épuisés, et leur versa une nouvelle ardeur dans les veines.
Ce qui les réjouit le plus, ce fut la certitude qu'ils atteindraient le lendemain, dans l'après-midi, les premiers placers du Yuba. On décida que John Miller resterait avec les muletiers, puisque ceux-ci acceptaient la charge de le transporter en peu de jours à la rivière de la Plume. Il voulut donner de l'argent à ses sauveurs, et, comme ils le refusèrent, il leur fit accepter une nouvelle provision de farine et de lard salé. Cela pouvait leur être bien nécessaire, pensait-il, car tout était incroyablement cher dans les mines depuis la nouvelle affluence de chercheurs d'or. Les Flamands furent libres de suivre leurs nouveaux amis; cependant, ils ne le jugèrent pas à propos, vu que les mulets, pesamment chargés, ne pouvaient marcher que très-lentement. Le Bruxellois ne voulut pas entendre parler de retards; il fut donc convenu qu'il partirait avec ses compagnons au lever du soleil.
Après que John Miller eut encore remercié chaleureusement ses sauveurs, et serré Roozeman, Creps et Kwik dans ses bras, tous se glissèrent sous la tente et dormirent d'un sommeil tranquille.
FIN
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Hendrik Conscience
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