
Le prétendant américain
Sur une hauteur de la campagne anglaise se dresse le château de Cholmondeley, tours antiques et murs revêtus de lierre. Il appartient au duc de Rossmore : vingt-deux mille acres, un quartier entier de Londres, deux mille livres de revenu. Le père et fondateur de la lignée est Guillaume le Conquérant ; le nom de la mère, fille d’un modeste tanneur de Falaise, est passé sous silence.
En Amérique, lord Berkeley referme son agenda sur ces mots : il aurait dû renoncer à son titre et changer de nom avant de partir, tant les Américains s’aplatissent devant un lord anglais. Au télégraphe, l’employé lace son soulier sans se presser. Puis il lit l’adresse, duc de Rossmore, et le voilà plein de respect. Ailleurs, ni la peinture de Tracy ni la rose de Gwendolen n’avancent : ils pensent l’un à l’autre.






