Les aventures de Télémaque

Aragon · Chapitre 5 sur 11

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Les aventures de Télémaque

Livre IV

«Je les sais sans grande affection pour moi. Il y a longtemps que nous ne portons plus sur nous les petites balances qui servent à apprécier la valeur personnelle. Je ne crois pas en mes amis comme je ne crois pas en moi.

«Mes amis sont ceux-là à la merci desquels je me suis mis pour des raisons imbéciles mais fortes en mon cœur. Il y a un torrent qui m'entraîne, et je le reconnais mon maître et je le flatte de la voix.

«Vous qui restez figés dans cette salle comme une flaque de boue, ne me demandez pas le chemin que je prendrai pour sortir de ce monde, ni ce qui me plie à une force étrangère. L'homme dont le corps est pris désormais dans l'engrenage vous parle avec sérénité: n'écoutez pas les mots qu'il forme, entendez seulement le chant monotone de ses lèvres.

«Aujourd'hui vous me voyez abominablement triste.»

. . . . . . . . .

—Comment s'appelle donc cette pièce? demanda Télémaque en bâillant.

Eucharis répondit: «Les Aventures de Télémaque, mon chéri.»

 

LIVRE IV

 

Vendredi ou Dimanche pour moi c'est Lundi.

(FRANCIS PICABIA. Poésie Ron-Ron.)