Les bonnes combinaisons alimentaires
CHAPITRE 3: Le fonctionnement du système digestif
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Le chirurgien coupe le résultat d’une vie déréglée.
Herbert M. Shelton
Réfléchir la lumière est quelque chose de plus beau que
de la recevoir.
Anonyme
Vivre ce n’est pas être vivant, c’est bien se porter.
Martial
Le soleil est plus longtemps vrai que les nuages.
Françoise Gaudet-Smet
À présent que vous connaissez les six catégories d’aliments que doit inclure une alimentation équilibrée, il vous faut savoir comment fonctionne le système digestif pour mieux comprendre par la suite le bien-fondé des bonnes combinaisons alimentaires.
L’appareil digestif humain, long d’une dizaine de mètres, inclut :
un tube digestif, qui canalise les aliments de la bouche à l’anus ;
des glandes digestives, qui sécrètent les sucs digestifs destinés à la transformation chimique des aliments.
Ces sucs digestifs sont : la salive, le suc gastrique, le suc pancréatique et le suc intestinal. La bile n’est pas un suc gastrique parce qu’elle ne contient pas d’enzyme bien qu’elle joue quand même un rôle dans la digestion.
Le tube digestif est constitué de la bouche, du pharynx, de l’œsophage, de l’estomac, de l’intestin grêle et du gros intestin, ou côlon. L’anus est l’ouverture terminale. Le tube digestif, tapissé intérieurement d’une membrane humide appelée muqueuse, n’est pas un appareil tubulaire dans lequel la nourriture « entre par un bout et sort par l’autre ». Son
fonctionnement est plus complexe que cela (voir à ce sujet cette
illustration).
À l’intérieur du tube digestif, la fragmentation des aliments est produite par deux sortes d’actions : la première, mécanique (broyage et barattage), est exercée par les dents et par les contractions musculaires le long du tube ; la seconde, chimique, est due à l’effet des enzymes contenues dans les sucs digestifs, qui sont un liquide sécrété par des glandes digestives contenant des enzymes. Afin de digérer, l’organisme produit des enzymes adaptées à la nourriture ingérée. Les enzymes sont des catalyseurs ou agents de transformation. La salive contient une enzyme digestive appelée ptyaline. L’estomac renferme, d’une part, des sucs gastriques acides très doux et, d’autre part, des sucs gastriques très forts, l’acide chlorhydrique, par exemple. Ces acides permettent la digestion soit des hydrates de carbone, soit des protéines. L’estomac contient deux enzymes principales : la présure et la pepsine. La présure est essentielle à la digestion du lait, tandis que la pepsine sert à la digestion des protéines. La lipase, une autre enzyme, facilite la digestion des corps gras.
La digestion de certains aliments, tels les féculents, commence dans la bouche, d’où l’importance d’une bonne mastication et d’une bonne insalivation, et se poursuit dans l’estomac. La mastication permet de déchirer, de broyer, de malaxer les aliments afin de les préparer à l’action des sucs digestifs. L’insalivation réduit les aliments en bouillie et permet leur acheminement vers l’estomac en passant par le pharynx et par l’œsophage. Les ennuis débutent au moment où les aliments passent dans l’estomac si on ne s’alimente pas correctement. Je m’explique : nous avons vu que la digestion des hydrates de carbone, c’est-à-dire les farineux, requiert des sucs gastriques très doux, presque neutres, tandis que celle des protéines exige des sucs gastriques très acides.
Si nous consommons ces deux catégories d’aliments au même repas, nos problèmes commenceront à ce moment-là. En effet, pendant les deux premières heures de la digestion, l’estomac, au lieu de sécréter un suc gastrique presque neutre, sécrétera immédiatement un suc gastrique fortement acide qui stoppera instantanément la digestion des amidons (hydrates de carbone). Résultat : fermentation des amidons et putréfaction des protéines, d’où tous les malaises que nous connaissons (gaz, ballonnements, maux de tête, maux d’estomac, migraines, etc.). Les gaz produits par la fermentation sont le bioxyde de carbone, le méthane, l’azote, l’hydrogène sulfuré (senteur d’œufs pourris), l’alcool, etc. Les produits de la putréfaction sont : des poisons comme l’indole, le scatole, les ptomaïnes, et d’autres. Ainsi le sang, au lieu de transporter de bons nutriments, véhicule des déchets.
On dit que les gaz ne sont que partiellement évacués par le rectum. Une partie importante est absorbée dans le sang, particulièrement l’hydrogène sulfuré qui atteint les tissus.
Nous venons de voir que certains aliments, tels que les féculents ou les farineux et les protéines, sont digérés dans l’estomac. Par contre, les sucres et les fruits le sont dans l’intestin. Consommés seuls, ils séjournent peu de temps dans l’estomac. Ils s’acheminent ensuite très rapidement dans l’intestin si rien n’entrave leur sortie de l’estomac. Voilà pourquoi on doit les consommer seuls, au moment de repas séparés, sans quoi on aura des ennuis. En effet, les fruits et les sucres sont digérés dans l’intestin après un court séjour stomacal. Si on mange au même repas du pain, des pommes de terre et de la viande, qui demandent entre trois et quatre heures de digestion (selon la quantité ingérée) et que l’on termine ce même repas par du sucre ou des fruits, ces derniers séjourneront trop longtemps dans l’estomac et ils fermenteront. Il leur faudra attendre que la digestion des autres aliments soit terminée avant de passer à l’intestin. Résultats : gaz, ballonnements, maux d’estomac, constipation, maux de tête, migraines, etc.
Il faut savoir et, surtout, retenir que la ptyaline, l’enzyme digestive contenue dans la salive qui amorce la digestion des féculents ou des farineux cuits, n’agit qu’en milieu alcalin. Celle-ci n’est pas assez forte pour digérer de gros amidons crus comme la pomme de terre, la farine d’avoine, etc. Par exemple, si on commence son repas par un verre de jus d’orange et que l’on mange tout de suite après des farineux (du pain, des céréales, etc.), la digestion se fera difficilement ou pas du tout car le jus d’orange aura acidifié la salive et l’enzyme digestive ne se produira pas. Elle n’amorcera pas la digestion des amidons, c’est-à-dire le pain et autres aliments du même genre. Voilà pourquoi il faut boire le jus de fruits au moins une demi-heure avant les féculents ou les protéines car cela prend environ 20 à 30 minutes pour que la salive redevienne alcaline.
Lorsque la nourriture est mangée comme il se doit et que tout est bien combiné, les aliments passent de l’estomac à l’intestin grêle sans encombrement ou sans problème. Le suc intestinal sécrété par les innombrables glandes intestinales contenues dans la paroi s’ajoute au suc pancréatique et à la bile pour achever la transformation chimique de la digestion. La bile, substance alcaline, joue un rôle important dans la digestion et l’absorption des graisses. Elle les émulsionne, c’est-à-dire qu’elle les fragmente en fines gouttelettes et facilite ainsi l’action des lipases. Elle neutralise l’acidité du chyme à sa sortie de l’estomac, ce qui rend possible l’action des enzymes pancréatiques et intestinales. Précisons que le chyme est la nourriture réduite en bouillie.
En termes plus simples, la bile sert à neutraliser le bol alimentaire ou le chyme acide lors de sa sortie de l’estomac. Lorsque la vésicule biliaire est enlevée, la digestion devient plus difficile ou plus lente, car la bile qui y est contenue est plus concentrée que lorsqu’elle sort directement du foie. Par conséquent, elle est plus efficace pour neutraliser le bol alimentaire. Voilà pourquoi il faut bien s’alimenter afin de ne pas devoir subir une telle ablation.
« Les échanges se font au niveau de l’intestin grêle ; le sang et la lymphe viennent chercher les nutriments nécessaires au maintien de la vie, par conséquent, à celui de la santé. Les matières non digérées passent dans le gros intestin, ou côlon. En cours de route, ces résidus alimentaires sont déshydratés grâce au gros intestin qui a la propriété d’absorber l’eau. Le contenu du gros intestin n’est pas digestible. Les substances organiques qui s’y trouvent ne sont pas absorbables. Au cours de leur acheminement dans le côlon, ces matières sont décomposées par une flore intestinale bactérienne très abondante qui vit en symbiose dans le tube digestif. Cette décomposition des substances organiques par des bactéries se nomme putréfaction. Ces bactéries, tout en se nourrissant de matières organiques, synthétisent certaines substances (par exemple, les vitamines) utiles à l’intestin. Les résidus du côlon inutiles à l’organisme forment les excréments (ou matières fécales) et sont éliminés par le relâchement du sphincter anal, un principe appelé défécation. Voilà résumé le principe de la digestion. » (L’homme dans son milieu.)
Avant de clore ce chapitre, j’aimerais vous reparler de la mastication des aliments. Afin de manger moins et être bien nourri, il faut manger lentement, bien « insaliver » et bien mastiquer les aliments, c’est-à-dire les réduire en menus morceaux, ce qui permettra aux enzymes de bien jouer leur rôle.
À défaut d’une mastication adéquate, une bonne partie des aliments sera absorbée, mais non assimilée. Ainsi, le corps exigera deux fois plus de nourriture et les aliments ingurgités, mais non assimilés, iront épaissir les dépôts adipeux déjà accumulés par des années ou par des mois d’alimentation fautive. Je vous le répète, mastiquez plusieurs fois les aliments avant de les avaler.
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