L'Illustration, No. 3232, 4 Février 1905
Ont paru:
HISTOIRE.--Mémoires du général Govone (1848-1870), publiés par son fils et traduits de l'italien, par H. Weil. In-8°, avec portrait, Fontemoing, 10 fr.--Le Pape et l'Empereur (1804-1815), par Henri Welschinger. In-8°, Plon, 8 fr.--Les Sophistes français et la Révolution européenne, par Th. Funck-Brentano. In-8°, Plon, 6 fr.--L'Ombrie, par René Schneider. In-18, Hachette, 3 fr. 50.--La Société française du seizième au vingtième siècle e (5 série), par Victor du Bled. In-18, Perrin, 3 fr. 50
ROMANS.--Les Amants du passé, par Jean Morgan. In-18, 3 fr. 50.--Le Recueillement, par Jean Deuzèle. In-18, Perrin, 3 fr. 50.--La Guerre universelle, par Auguste Niemann, traduit de l'allemand. In-18, Flammarion, 3 fr. 50; --La Vision de Paris, par Hemma-Prosbert. In-18, d°, 3 fr. 50.--Soldats de la fin, par Jean Troy. In-18, Juven. 3 fr. 50;--De Charybde en Scylla, par Rhoda Broughton.--In-18, d°, 3 fr. 50.--La Maison de danses, par Paul Reboux. In-18, Calmann-Lévy, 3 fr. 50;--Sur la pierre blanche, par Anatole France. In-18, d°, 3 fr. 50;--Les Victoires mutilées, par Gabriel d'Annunzio, traduction G. Hérelle. In-18, d°, 3 fr. 50.
Daria A L'OPÉRA.--Mlle Vix:
dans le rôle de Daria.
Phot. comm. par M. Rueff.
LES THÉÂTRES
L'Opéra et la Porte-Saint-Martin avaient-ils prévu les graves événements qui viennent de secouer la Russie? Toujours est-il que Daria et Résurrection sont, par le fait des circonstances, des spectacles d'une incontestable actualité--ce qui ne leur enlève rien de leurs autres mérites. Résurrection, pièce tirée par M. Henry Bataille du roman de Tolstoï, a retrouvé au théâtre de la Porte-Saint-Martin tout son succès de l'Odéon, en même temps que sa principale interprète, M lle Berthe Bady. Daria, drame lyrique en deux actes de MM. Adorer et Ephraïm, musique de M. Georges Marty, a brillamment réussi à l'Opéra. Le livret très dramatique,--mettant aux prises, comme dans la réalité, le moujik russe et son seigneur,--la partition claire, mélodique et brillante, l'organe au timbre pur de M lle Vix, le jeu large et la belle voix de M. Delmas, tous ces éléments promettent à l'oeuvre nouvelle une belle et longue série de représentations.
Aux Nouveautés, le Gigolo, vaudeville de M. Zamacoïs, a été jugé spirituel et amusant. Après Petite Peste et le Chopin, il a paru surtout d'une immoralité... reposante. MM. Turin et Germain et Mlle Carlix ont les bons rôles de la pièce et les remplissent avec leur verve ordinaire.
M. Boudouresque.--
Phot. J. Fabre.
Le chanteur Boudouresque, qui, pendant plus de dix ans, a tenu avec éclat l'emploi des basses à l'Opéra, vient de mourir dans sa soixante-dixième année.
Né à la Bastide-sur-l'Hers (Ariège), il s'était d'abord, malgré de bonnes études musicales, consacré au commerce. Il était établi à Marseille, lorsqu'un soir le baryton Maurel devant chanter au Grand-Théâtre L'Ernani de Verdi, l'artiste désigné pour remplir le rôle de Silva se trouva malade; pour sauver la situation, Boudouresque consentit à le remplacer; il remporta un grand succès. Peu après, il entrait à l'Opéra, sous la direction Halanzier. Il s'y fit applaudir dans la Juive, Robert le Diable, la Favorite, les Huguenots, Guillaume Tell, Aïda, etc. Lors de l'avènement de la direction Ritt et Gailhard, il quitta l'Opéra, mais sans renoncer à la scène, et donna des représentations dans les grandes villes de province et de l'étranger.