Manuel pratique de Jardinage / contenant la manière de cultiver soi-même un jardin ou d'en diriger la culture
§ VII.—Griffes ou Pattes.
Les tubercules sont des masses charnues, véritables tiges souterraines, d'où partent ordinairement de petites racines fibreuses. Certaines plantes, telles que les Patates, les Pommes de terre, etc., sont pourvues d'yeux capables de fournir de nouvelles tiges; et, pour les multiplier, on peut les couper en autant de morceaux qu'il y a d'yeux: chaque tronçon produira une nouvelle plante. D'autres n'ont d'yeux que sur une partie seulement: tels sont les Dahlias, les Iris Germanica, les Pivoines herbacées, et il faut alors, en les divisant, avoir la précaution de laisser à chacun une partie du collet de la plante; sans quoi ils ne pousseraient pas.
§ VII.—Griffes ou Pattes.
On donne ces noms aux racines des Renoncules, des Anémones, etc.; on les sépare par éclats, mais de manière qu'il y ait toujours un œil à chacun.
§ VIII.—Œilletons.
On appelle ainsi les rejetons qui naissent autour de certaines plantes (les Artichauts, etc.); on les sépare des vieux pieds en ayant soin de les enlever autant que possible avec un talon; il faut éviter de les laisser faner, afin que la reprise en soit plus certaine.
§ IX.—Séparation des racines.
Parmi les plantes à racines vivaces, il en est dont les racines partent d'un collet commun, telles que les Pivoines, et sont munies d'un ou plusieurs yeux qui se développent l'année suivante. Pour les multiplier, on peut les éclater en autant de parties qu'il y a d'yeux. Il en est d'autres qui ont les racines presque à la surface du sol, tels sont les Chrysanthèmes, et qui forment des touffes épaisses, que l'on peut diviser par petites parties; il faut alors les relever de terre, et, après les avoir séparées, on ne replante que la circonférence, qui produira des touffes beaucoup plus belles que si l'on replantait le centre, qui, étant la plus vieille partie de la plante, est naturellement la moins vigoureuse.