Minuit à Pemberley avec M. Darcy: (Orgueil et Pemberley épisode 4) (French Edition)
4. Mise à l’épreuve
— Voilà.
Il la narguait du regard sans la moindre honte.
— Vous n’avez plus le droit d’être furieuse contre moi, décréta-t-il. Surtout avec ce que j’ai prévu de vous faire.
— Vous êtes si arrogant !
Malgré le baiser, la colère était un manteau dont Elizabeth n’avait pas renoncé à se parer.
— Vous allez me supplier, insista-t-il en la reprenant dans ses bras.
— Oh, il est bien possible que je vous supplie de vous taire. Vous êtes insupportable.
Au lieu de s’offusquer de sa remarque, elle le sentit sourire contre sa peau. Il avait posé sa joue contre sa poitrine et refusait d’en être délogé.
— Compréhensif, vous ? laissa-t-elle échapper, un ton plus bas. Non, vous ne l’êtes pas !
— Quoi qu’il en soit, vous n’avez plus le droit d’aborder les sujets qui fâchent. Comprenez-vous ?
Il repoussa du plat de la main quelques mèches brunes collées contre son front.
Malgré cette caresse tendre, elle pinça les lèvres.
Pendant la réception du mariage, Elizabeth avait obtenu de William une promesse très rassurante : celle qu’il renonce à sa colère dès lors qu’elle poserait les lèvres sur son cou. Malheureusement pour elle, la réciproque était aussi vraie.
Elle se voyait donc dans l’obligation de mettre un frein à son irritation.
Cependant, la chose ne l’enchantait guère !
Elle s’empressa de le lui faire savoir :
— Et si cela ne me convient pas ?
— Cela vous convient-il… maintenant ?
Sans prévenir, il s’empara de sa nuque et la gratifia d’un long baiser auquel il ne mit fin qu’après d’avoir obtenu sa soumission pleine et entière.
— Je peux toujours tenter de vous résister, dit-elle, hors d’haleine, dès qu’il consentit à la relâcher. Qu’est-ce qui vous irrite le plus chez moi ?
Au lieu de répondre, il se mit à la caresser de la cheville à la cuisse. La lenteur paresseuse de sa grande main chaude manqua de la faire défaillir.
Trahie par son corps, mais bien décidée à contrecarrer ses plans, elle prolongea l’interrogatoire :
— Le fait que je vous accuse de ne pas être compréhensif… ?
Cette fois, elle le sentit sourire contre ses seins, qu’il embrassa à travers le fin tissu de sa chemise de nuit.
Non, cela ne l’irritait en aucune façon.
— Que je cherche à réduire mon ignorance sur la conception des nourrissons ?
Sa riposte sensuelle ne se fit pas attendre : il posa les lèvres sur chacune de ses paupières, l’une après l’autre. Il frotta ensuite son nez contre le sien et repoussa une mèche de ses cheveux derrière son oreille.
Elle émit un petit son voluptueux et se mit à se trémousser sur ses genoux.
Mais avant de céder, l’instinct lui commanda de lui poser une dernière question :
— Lydia ?
Instantanément, son corps long et dur se figea. En vérité, il n’avait plus rien à voir avec le gentleman joueur qui, d’un baiser, avait tenté de faire plier sa volonté.
Dieu du Ciel ! Que lui arrivait-il ?
Il la dévisageait avec une âpre sévérité qui la confondait.
Se pourrait-il que Lydia constitue une limite dans leur couple qu’elle ne devait pas franchir ?
Tout à coup, son visage sombre perdit en gravité, de sorte qu’elle crut avoir rêvé.
Il claqua des doigts.
— Le jardin des roses blanches !
Quelque chose d’irrésistible émanait subitement de lui.
— Qu’avez-vous dit ?
— Je vous interdis de vous y rendre.
— Oh, vous m’interdisez… ! Ne suis-je pas chez moi, ici ?
— Le jardin des roses blanches de Pemberley est une petite enclave du jardin des roses rouges. Il y a un banc en bois, l’if le plus haut que vous puissiez imaginer. Et bientôt il y aura une pancarte vous interdisant de vous y rendre, Mme Darcy.
— Oh, vraiment ? J’en franchirai le seuil dès demain.
— À vos risques et périls… Lizzy.
— Oh !
Il avait mordu le lobe de son oreille ! Comment osait-il prendre une telle liberté ?
— Si vous y allez, continua-t-il, je le saurai.
Il défit les trois boutons du gilet noir qu’il portait et l’abandonna sur le lit.
— Et je vous ferai des choses… disons, agréables, au milieu des roses. Franchissez-en la barrière, Lizzy. Vous serez nue avant même de vous être assise sur le banc.
— Oh, vous !
À court de répliques cinglantes, elle se contenta de le dévisager. Il était d’une virilité si éclatante en bras de chemise qu’elle se sentit incapable de lui résister.
Doucement, il abaissa le décolleté lâche de sa chemise de nuit jusqu’à ce que ses seins soient enfin offerts à sa vue. Son grondement de satisfaction lui alla droit au cœur, mais à quoi donc jouait-il ?
Au lieu de l’embrasser avec le sérieux auquel il l’avait habituée, il s’amusa à tracer deux longues lignes en travers de ses seins avec ses lèvres.
Allongée de tout son long sur le lit, elle s’inquiéta :
— Mais que faites-vous ?
— Je marque d’une croix l’emplacement de mon trésor, dit-il sans interrompre son chemin de baisers.
Elle ferma les yeux et rejeta la tête en arrière.
Le trouble qu’il provoquait en elle était des plus puissants.
— Une dernière chose.
Comment osait-il s’interrompre ? Elle désirait plus que de simples baisers !
— D’après Mme Reynolds, vous auriez sauvé ma sœur d’un terrible danger cet après-midi ?
Il était très proche de sa bouche, mais avait reculé pour mieux la dévisager.
— Oh. Non…
L’incident auquel il faisait allusion était insignifiant à ses yeux : ayant aperçu un écureuil entre les branches d’un arbre, Georgiana avait voulu le poursuivre jusque dans la forêt d’ifs située derrière le lac. Elizabeth l’en avait empêchée, arguant que Georgiana risquait de tomber dans un « autre monde possible », selon la théorie de M. Leibniz. Dans ce cas-là, son malheureux frère ne la reverrait plus jamais.
Cette ruse enfantine avait convaincu Georgiana de dîner plus tôt que prévu, ce qui était tout ce qu’Elizabeth avait souhaité après le cataclysme provoqué par les révélations sur Swan House.
— Je pense que cela mérite une récompense, Lizzy.
Était-il sérieux ?
Sans prévenir, il s’empara du tissu enroulé sur ses hanches et le fit descendre plus bas. Machinalement, elle leva le postérieur pour l’aider à l’en débarrasser.
Pour la première fois de la soirée, elle se retrouva nue devant lui.
N’était-ce pas ce qu’elle avait souhaité, depuis le début ?
— Vous avez un corps sublime, Elizabeth.
Il tordit en chiffon sa chemise de nuit avant de la jeter par-dessus son épaule.
Ses doigts froids lui semblèrent pourtant brûlants quand il les posa sur le plat de son ventre.
— Je le savais déjà, bien entendu. Mais là, dans cette lumière…
Elle était parfaitement consciente que les flammes du feu de cheminée illuminaient chaque courbe de son corps pour lui.
— Vous êtes si belle.
Il passa cinq longues minutes à vénérer ses lèvres, réduisant à néant son envie de lui résister.
Avide de plus que de simples baisers, elle se tordit sur ses genoux et s’agrippa de toutes ses forces à ses épaules.
Ce qu’il lui faisait était inadmissible.
Il la torturait.
Il la mettait à bout de souffle. Quelque chose de puissant enflait en elle. Insatisfaite, elle se contorsionna, mais à chaque fois qu’elle le suppliait du regard, il ralentissait le rythme.
Pourquoi faisait-il cela ?
Elle se souvint alors de sa promesse.
« Vous allez me supplier… »
Mais il était hors de question qu’elle cède !
— Fitzwilliam…
Elle le regarda sourire d’un air diabolique.
Il savait ce qu’elle désirait, mais il était décidé à le lui refuser !
— Oui ? Avez-vous quelque chose à me demander ?
— Rien. Absolument rien !
Dieu, il fallait qu’elle prenne sur elle pour résister.
Après tout, elle était une lady… Jamais elle ne le supplierait !
Cependant, partout où il la touchait, elle s’enflammait. Quand sa bouche entrouverte descendit sur son ventre, elle sut qu’elle ne pourrait bientôt plus en supporter davantage.
Elle allait céder. Quel qu’en soit le prix pour sa fierté, elle allait lui accorder une victoire pleine et entière.
Il prit soudain pitié d’elle.
— Il me semble vous avoir promis une récompense, Lizzy.
Il l’aida à s’allonger complètement sur le lit et la rejoignit après s’être dévêtu devant elle. Il appuya alors la bouche contre cet endroit intime en elle qui vibrait au rythme de son désir pour lui.
Dieu du ciel !
— Mon indocile épouse…
Tout en prononçant ces mots, il expira sur le cœur palpitant de sa féminité. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle se délite en spasmes sans fin.
C’était… oh…
C’était la délivrance qu’elle avait appelée de ses vœux – mais en beaucoup, beaucoup plus fort.
Quand elle finit par reprendre son souffle, il lui demanda nonchalamment :
— Me voulez-vous en vous, Lizzy ?
Avec quel détachement il parlait de choses si intimes !
Mais l’effet qu’il lui faisait, nu sur elle, était indéniable. Elle ne pouvait se mentir à elle-même : elle le désirait plus que tout au monde.
Perdant toute timidité, elle le regarda droit dans les yeux :
— Oh oui… oui.
Quand il entra en elle, le retour du plaisir fut immédiat.
Il lui imposa malgré tout un rythme lent qui l’emmena petit à petit au sommet d’une montagne vertigineuse. Puis il la poussa sans effort dans le vide, la faisant gémir.
— Vous devriez m’appeler votre dieu grec ! la taquina-t-il.
Elle aurait voulu posséder la force de le réprimander, mais elle ne se contrôlait plus.
Demain, se jura-t-elle, elle lui dirait ce qu’elle pensait de son infâme arrogance – Dieu, il était impossible ! – mais pour l’instant, le plaisir était trop puissant. Elle ferma les yeux et profita de ce moment d’union parfaite entre elle et son odieux mari.
Il était tout pour elle. Il était aussi insupportable. Jamais elle n’avait ressenti un attachement si puissant de sa vie. Il avait le pouvoir – immense sur elle – de compléter son âme.
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