New version of Les contes d'Hoffmann (The tales of Hoffman)

Acte II

Je commence.

 

L C .

 

Silence!

 

H .

 

Le nom de la première était Olympia!

 

(Le rideau tombe, pendant qu’Hoffmann parle à tous les étudiants

attentifs.)

 

ACTE II

 

(Un riche cabinet de physician.)

 

H (seul).

 

Allons courage et confiance

Je deviens un puit de science

Il faut tourner selon le vent

Pour meriter celle que j’aime.

Je saurai trouver en moi-même

L’étoffe d’un savant

Elle est là, si j’osais.

 

(Il soulève la portière.)

 

C’est elle!

Elle sommeille! Qu’elle est belle!

Ah! vivre deux! N’avoir qu’une même espérance

Un même souvenir!

Partager le bonheur, partager la souffrance,

Partager l’avenir!

Laisse, laisse ma flamme

Verser en toi le jour!

Laisse éclore ton âme

Aux rayons de l’amour!

Foyer divin! Soleil dont l’ardeur nous penêtre Et nous vient embraser!

Ineffable désir ou l’on sent tout son être

Se fondre en un baiser.

Laisse, laisse ma flamme

Verser en toi le jour!

Laisse éclore ton âme

Aux rayons de l’amour!

Foyer divin! Soleil dont l’ardeur nous pénêtre, Et nous vient embraser!

Ineffable désir où l’on sent tout son être

Se fondre en un baiser.

Laisse laisse ma flamme

Verser en toi le jour!

Laisse éclore ton âme

Aux rayons de l’amour!

 

(Nicklausse parait.)

 

N .

 

Pardieu... j’étais bien sur de te trouver ici!

 

H (laissant retomber la portière).

 

Chut!

 

N .

 

Pourquoi?... c’est là que respire

La colombe qui fait ton amoureux souci.

La belle Olympia... Va, mon enfant! admire!

 

H .

Oui, je l’adore!

 

N .

 

Attends à la connaître mieux.

 

H .

 

L’âme qu’on aime est aisé a connaître!

 

N .

 

Quoi d’un regard?... par la fenêtre?

 

H .

 

Il suffit d’un regard pour embrasser les cieux!

 

N .

 

Qu’elle chaleur! Au moins sait—elle que tu l’aimes?

 

H .

 

Non!

 

N .

 

Ecris lui!

 

H .

 

Je n’ose pas.

 

N .

 

Pauvre agneau! Parle-lui.

H .

 

Les dangers sont les mêmes.

 

N .

 

Alors chante morbleu! pour sortir d’un tel pas!

 

H .

 

Monsieur Spalanzani n’aime pas la musique.

 

N (riant).

 

Oui, je sais, tout pour le physique!

Une poupée aux yeux d’email

Jouait au mieux de l’eventail

Aupres d’un petit coq en cuire;

Tous deux chantaient a l’unison

D’une merveilleuse facon,

Dansaient, caquetaient, semblaient vivre.

 

H .

 

Plait-il? Pourquoi cette chanson?

 

N .

 

Le petit coq luisant et vif,

Avec un air rèbarbatif,

Tournait par trois sur lui-même;

Par un rouage ingenieux,

La poupée, en roulant les yeux

Soupirait et disait: “Je t’aime”!

 

L C I .

 

Non, aucun hôte, vraiment, Ne recoit plus richement!

Par le gout, sa maison brille!

Tout s’y trouve réuni.

 

S .

 

Vous serez satisfaits, messieurs.

 

(Il fait signe a Cochenille et sort.)

 

N (a Hoffman).

 

Enfin nous allons voir de près cette merveille.

Sans pareille!

 

H .

 

Silence! la voici.

 

(Entrée de Spalanzani conduisant Olympia.)

 

S .

 

Mesdames et messieurs je vous présente Ma fille Olypmia.

 

L C .

 

Charmante!

Elle à de trés beauv yeaux!

Sa taille est fort bien prise!

Voyez comme elle est mise!

Il ne lui manque rien!

Elle est très bien!

 

H .

 

Ah qu’elle est adorable!

N .

 

Charmante, incomparable!

 

S (a Olympia).

 

Quel succès est le tien.

 

N .

 

Vraiment elle est très bien.

 

L C .

 

Elle à de beaux yeux

Sa taille est fort bien prise

Voyez comme elle est mise

Il ne lui manque rien

Vraiment elle est très bien.

 

S .

 

Mesdames et messieurs, fière de vos bravos.

Et surtont impatiente

D’en conquerir de nonveaux

Ma fille, obéissant à vos moindres caprices,

Va, s’il vous plait...

 

N (à part).

 

Passer a d’autres exercices.

 

S .

 

Vous chanter un grand air, en suivant de la voix,

Talent rare

Le clavecin, la guitare,

Qu la harpe, à votre choix!

C (au fond du théâtre).

 

La harpe!

 

U V B .

 

(Dans la coulisse.)

 

La harpe!

 

S .

 

Fort bien. Cochenille!

Va vite nous chercher la harpe de ma fille!

 

(Cochenille sort.)

 

H (a part).

 

Je vais l’entendre... oh joie!

 

N (a part).

 

O folle passion!

 

S (a Olympia).

 

Maitrise ton émotion, mon enfant!

 

O .

 

Oui.

 

C (avec la harpe).

 

Voila!

 

S (s’asseyant ouprès d’Olympia).

Messieurs, attention!

 

C .

 

Attention!

 

L C .

 

Attention!

 

O (accompagné par Spalanzani).

 

Les oiseaux dans la charmille,

Dans les cieux l’astre du jour,

Tout parle a la jeune fille

D’amour, d’amour,

Voilà!

La chanson gentille

Voilà!

La chason d’Olympia,

Ha!

 

L C .

 

C’est la chanson d’Olympia!

 

O .

 

Tout ce qui chante et résonne

Et soupire tour à tour,

Emeut son coeur qui frissonne

D’amour!

Voilà!

La chanson mignonne

Violà voilà

La chanson d’Olympia.

Ha!

L C .

 

C’est la chanson d’Olympia.

 

H (a Nicklausse).

 

Ah! mon ami, quel accent.

 

N .

 

Quelles gammes!...

 

(Tout le monde s’empresse autour d’Olympia. Un laquais s’addresse

a Spalanzani).

 

S .

 

Allons, messieurs! la main aux dames...

Le souper nous attend.

 

L C .

 

Le souper! bon cela...

 

S .

 

A moins qu’on ne préfère.

Danser d’abord!...

 

L C (avec energie).

 

Non, non, le souper! bonne affaire ensuite on dansera.

 

S .

 

Comme il vous plaira!

 

H (s’approchant d’Olympia).

Oserai-je?

 

S (intervenant).

 

Elle est un peu lasse; attendez le bal.

 

(Il touche l’épaule d’Olympia.)

 

O .

 

Oui.

 

S .

 

Vous voyez, jusque là

Voulez vous me faire la grâce

De tenir compagnie à mon Olympia?

 

H .

 

O bonheur!

 

S (à part, riant).

 

Nous verrons ce qu’il lui chantera.

 

N (a Spalanzani).

 

Elle ne soupe pas.

 

S .

 

Non!

 

N (à part).

 

Ame poetique!

(Spalanzani passe derrière Olympia. On entend le bruit d’un ressort.)

 

Plaît-il?

 

S .

 

Rien! la physique! ah monsieur, la physique!

 

(Il conduit Olympia à un fauteuil et sort avec les invites.)

 

C .

 

Le souper vous attend.

 

L C (avec enthousiasm).

 

Le souper, le souper, le souper nous attend! Non, ancun hôte vraiment,

Ne reçoit plus richement!

 

H .

 

Ils se sont éloignes enfin! Ah je respire!

Seuls, seuls, tous deux!

 

(S’approchant d’Olympia.)

 

Oue j’ai de choses à te dire,

O mon Olympia! Laisse moi t’admirer!

De ton regard charmant laisse moi m’enivrer.

 

(Il touche légèrement l’épaule d’Olympia.)

 

O .

 

Oui.

 

H .

N’est—ce pas un rêve enfanté par la fièvre?

J’ai cru voir un soupir s’échapper de ta lèvre!

 

(Il touche de nouveau l’épaule d’Olympia.)

 

O .

 

Oui.

 

H .

 

Doux aveu, gage de nos amours,

Tu m’appartieus, nos coeurs sont unis pour toujours!

Ah comprends-tu, dis moi, cette joie éternelle

Des coeurs silencieux?

Vivants, n’être qu’une âme, et du même coup d’aile

Nous élancer aux cieux!

Laisse, laissema flamme

Verser en toi le jour!

Laisse éclore ton âme

Aux rayons de l’amour!

 

(Il presse la main d’Olympia. Celle ci se léve, parcourt la scène et

sort.)

 

Tu me fuis? qu’ai je fait? Tu ne me réponds pas. Parle! t’ai-je irritee? ah je suivrai tes pas!

 

(Hoffman s’élance, Nicklausse parait.)

 

N .

 

Eh morbleu, modére ton zèle!

Veux-tu qu’on se grise sans toi?...

 

H (avec ivresse).

 

Nicklausse! Je suis aimé d’elle!

Aimié!... Dieu puissant.

N .

 

Par ma foi

Si tu savais ce qu’on dit de ta belle!

 

H .

 

Qu’en peut on dire? Quoi?

 

N .

 

Qu’elle est morte.

 

H .

 

Juste ciel!

 

N .

 

Ou ne fut pas en vie.

 

H .

 

Nicklausse! je suis aimé d’elle

Aimé! Dieu puissant.

 

(Il sort. Nicklausse le suit.)

 

C (entrant, furieaux).

 

Voleur! brigand! quelle déroute!

Elias à fait banqueronte!

Va, je saurai trouver le moment opportun

Pour me venger... Volé! moi!... Je tuerai quelqu’un.

 

(Coppélius se glisse dans la chambre d’Olympia.)

 

(Entre tout-le-monde.)

S .

 

Voici les valseurs.

 

C .

 

Voici la ritournelle.

 

H .

 

C’est la valse qui nous appelle.

 

S (à Olympia).

 

Prends la main de monsieur, mon enfant.

 

(Lui touchant l’épaule.)

 

Allons!

 

O .

 

Oui.

 

(Hoffman enlace la taille d’Olympia et ils disparaissent a gauche.)

 

L C .

 

Elle danse!

En cadence!

C’est merveilleux!

Prodigieux!

Place, place!

Elle passe

Elle fend l’air

Comme un éclair.

 

L V ’H (dans la coulisse).

Olympia!

 

S .

 

Qu’on les arrête!

 

L C .

 

Qui de nous les arrêtera?

 

N .

 

Elle va lui casser la tête!...

 

(Hoffman et Olympia reparaissent et redescendent.)

 

(Nicklausse s’elance pour les arrétèr.)

 

Eh, mille diables!...

 

(Il est violemment bausculé et tombe sur un fauteuil.)

 

L C .

 

Patatra!

 

S (s’élancant).

 

Halte là!

 

(Il touche Olympia à l’épaule. Elle s’arrête subitement. Hoffman

étourdi tombe sur un canapé.)

 

S .

 

Voilà!

 

(à Olympia.)

 

Assez, assez, ma fille.

O .

 

Oui.

 

S .

 

Il ne faut plus valser.

 

O .

 

Oui.

 

S (a Cochenille).

 

Toi Cochenille,

Reconduis-la.

 

(Il touche Olympia.)

 

C (poussant Olympia).

 

Va donc. Va!

 

O .

 

Oui.

 

(En sortant, poussé par Cochenille.)

 

Ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha!

 

L C .

 

Que voulez vous qu’on dise?

C’est une fille exquise,

Il ne lui manque rien, Elle est très bien!

 

N (d’une voix dolente, en montrant Hoffman.)

Est-il mort?

 

S (examinant Hoffman).

 

Non, en somme, Son lorgnon seul est en débris

Il reprend ses esprits.

 

L C .

 

Pauvre jeune homme!

 

C (dans la coulisse)

 

Ah!

 

(Il entre, la figure bouleversée.)

 

S .

 

Quoi?

 

C .

 

L’homme aux lunettes ... là.

 

S .

 

Miséricorde! Olympia!

 

H .

 

Olympia!

 

(On entend un bruit de réssorts qui se brisent avec fracas.)

 

S .

 

Ah! terre et cieux! Elle est cassée!

H .

 

Cassée!

 

C (entrant).

 

Ha, ha, ha, ha, oui, Fracasseé.

 

(Hoffman s’élance et disparaît. Spalanzani et Coppélius se jettent

l’un sur l’autre.)

 

S .

 

Gredin!

 

C .

 

Voleur!

 

S .

 

Brigand!

 

C .

 

Païen.

 

S .

 

Bandit.

 

C .

 

Pirate!

 

H (pale et épouvanté).

 

Un automate! Un automate!