Passés Passagers
Héritages
Quand la mort s'est tue
il ne reste aux parquets cirés
longtemps
qu'une obscure attente
un vide aux miroirs
la brume n'a laissé des plaines
que les enjambées molles des pendules la mémoire danse autour
vieille absente aux sommeils sans pierres sans terre
sans sel
mon sable enserre un pays blême
d'où les chaleurs fuient clandestines
où l'oubli coagule
des corbeaux moirent le ciel
leur marée d'ailes déferle
les vagues noires s'enchevêtrent
entre des plis d'azur
des frissons parcourent l'eau de la
buée ruisselle sur des écailles de tous calibres de neige l'hiver se prolonge
l'argenterie des héritages
emplit ce tiroir lustré fidèle
ton regard n'y décèle
aucune promesse aucun serment
sous les reflets du métal froid
il en reste
une mince fumée sur la vitre
une tragique nudité
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j'archive les ancêtres
et les amis perdus
leurs lettres et leurs portraits jaunis
il faut ranger l'espace pour clarifier le temps
effacer le passé pour ouvrir un futur
je verse un espoir démesuré
dans des cartons trop petits
des bibelots nous restent en gage
une quincaillerie disparate
dans une vie dont les engrenages patinent.
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