Passés Passagers
Enfants l'avenir
Nous embrassons des enfants
blonds comme l'ivoire au salon bleu
que nous vaut leur sourire ?
l'air frais après la pluie sur nos visages
les abeilles bourdonnent
des vieillards endimanchés au soleil ferment les yeux
à quel avenir nous mène inconnu le vent bleuté ?
les enfants blonds et bruns
jouent dans les rues interminables
jusqu'aux corniches des siècles enfuis
ils dansent autour d'un feu
sans fumée
sans flamme
imaginaire
dans la savane incertaine
le sable des mots s'envole
les hommes oublient leurs songes
sur les tables rondes au café
s'égrènent les oiseaux du soir dans l'automne opaline
des oiseaux blêmes aux ailes rousses
demain se lèvera la brume et bruniront les arbres
la nuit sera souvent trop proche quand la journée mûrit
on s'endort plus vieux plus lourd
surpris d'avoir fané la fleur déjà
mûri la graine
mordu le fruit
on a chanté les plaines
en travaillant dans les pavés
comme on voudrait qu'elles reviennent
on les avait si bien chantées.
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