Poésies érotiques

Évariste Parny · Chapitre 22 sur 29

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Poésies érotiques

A M. De F.

 

Corrigé par tes beaux discours

J'avois résolu d'être sage,

Et dans un accès de courage

Je congédiois les amours

Et les chimères du bel âge.

La nuit vint; un profond sommeil

Ferma mes paupières tranquilles;

Tous mes songes étoient faciles;

Je ne craignois point le réveil.

Mais quand l'aurore impatiente,

Blanchissant l'ombre de la nuit,

A la nature renaissante

Annonça le jour qui la suit:

L'amour vint s'offrir à ma vue;

Le sourire le plus charmant

Erroit sur sa bouche ingénue;

Je le reconnus aisément.

Il s'approcha de mon oreille.

Tu dors, me dit-il doucement,

Et tandis que ton cœur sommeille,

L'heure s'écoule incessament.

Ici bas tout se renouvelle,

L'homme seul vieillit sans retour;

Son existence n'est qu'un jour

Suivi d'une nuit éternelle,

Mais encor trop long sans amour.

A ces mots j'ouvris la paupière;

Adieu sagesse, adieu projets;

Revenez, enfans de Cythère,

Je suis plus foible que jamais.