Robinson Crusoe (I/II)
J'abordai Ici le 30 Septembre 1659.
Sur les côtés de ce poteau carré, je faisais touts les jours une hoche[21], chaque septième hoche avait le double de la longueur des autres, et touts les premiers du mois j'en marquais une plus longue encore: par ce moyen, j'entretins mon calendrier, ou le calcul de mon temps, divisé par semaines, mois et années.
C'est ici le lieu d'observer que, parmi le grand nombre de choses que j'enlevai du vaisseau, dans les différents voyages que j'y fis, je me procurai beaucoup d'articles de moindre valeur, mais non pas d'un moindre usage pour moi, et que j'ai négligé de mentionner précédemment; comme, par exemple, des plumes, de l'encre, du papier et quelques autres objets serrés dans les cabines du capitaine, du second, du canonnier et du charpentier; trois ou quatre compas, des instruments de mathématiques, des cadrans, des lunettes d'approche, des cartes et des livres de navigation, que j'avais pris pêle-mêle sans savoir si j'en aurais besoin ou non. Je trouvai aussi trois fort bonnes Bibles que j'avais reçues d'Angleterre avec ma cargaison, et que j'avais emballées avec mes hardes; en outre, quelques livres portugais, deux ou trois de prières catholiques, et divers autres volumes que je conservai soigneusement.