Sous d'humbles toits

Henri Bachelin · Chapitre 12 sur 15

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Sous d'humbles toits

Vincent

—Allons, Vincent! C’est temps que tu te lèves, mon petit! Pour ton dernier jour, je t’ai fait du chocolat.

Il saute du lit, joyeux, et s’habille vite. C’est un pauvre gamin de huit ans qui n’a pas commencé encore à se rendre compte de la vie. Il ne sait pas si sa mère est riche ou pauvre. Il sait seulement que tous les jours il a de la soupe, du pain, des pommes de terre à manger, de l’eau du puits à boire. Il y a, sur le coin de la table, un petit baluchon qui contient deux chemises, une blouse, un pantalon et trois mouchoirs, mais Vincent ne fait attention qu’au bol de chocolat qui fume. Sa mère a longtemps hésité: c’est une grosse dépense! Mais, puisque Vincent va partir!… Depuis trois ans, depuis la mort de son père, il ne mangeait plus, le matin, que de la soupe. Elle lui répète:

—Si ton père n’était pas mort, tu resterais, va, mon pauvre petit!

Mais, pour avoir du chocolat le matin, Vincent voudrait que tous les jours soient pareils à celui-ci qui est un jour de belle promenade.

Sa mère sort après lui, tire la porte, donne deux tours de clef. Elle tient à la main le petit baluchon.

C’est comme si la porte se fermait sur le passé. Huit années, des multitudes de jours et d’heures restent là, prisonnières dans cette humble maison où Vincent ne reviendra peut-être jamais. Ils se pressent à la fenêtre pour le regarder partir.

Il ne se retourne même pas pour leur dire adieu. Il ne songe qu’à la journée qu’il va vivre, à la fête qu’il va voir au chef-lieu de canton. Sans doute sa mère lui a parlé des Promenades où, sous les tilleuls, ce lundi de Pentecôte, les petits domestiques se louent. Mais qu’est-ce que cela fait? Il ne songe qu’à la fête, avec ses baraques et ses chevaux de bois.

Il traverse la cour sans voir le cerisier dont il s’amusa tant de fois à mettre les racines à nu, à entailler l’écorce souple qui, aussitôt détachée, devient rêche; sans voir le tas de fagots à l’abri duquel les poules, quand elles sont lasses de picorer, s’endorment les plumes dans la poussière; sans voir le puits sur la margelle duquel on lui défendait de s’asseoir et dont, trop petit, il n’a pas pu encore atteindre le treuil. Il deviendra grand, sans doute: peut-être ne tournera-t-il jamais le treuil de son puits?

Il traverse le village en même temps que le soleil quitte l’horizon. Le village n’est pas grand. Il se compose d’une trentaine de maisons échelonnées le long de la route ou dispersées dans les champs, au bord de chemins non classés, envahis par les ronces et par les orties: mais les vaches et les ânes ne craignent ni les orties ni les ronces. C’est sur les ronces que les gamins cueillent, que Vincent cueillait ces mûres délicieuses et noires dont on se barbouille les lèvres pour ressembler à des sauvages. Ce sont les orties que les gamins cueillent, que Vincent cueillait par paquets que l’on brandit pour ressembler au père Fouettard. C’est à la porte de la mère Rat qu’il allait frapper pour la voir sortir son balai à la main, la mère Rat, si vieille que son nez a eu le temps de devenir plus crochu que le nez d’une vieille sorcière. C’est devant la grange des Mignot qu’il passait des journées entières à regarder l’âne et le cheval qui faisaient marcher la machine à battre. L’âne et le cheval n’étaient pas bêtes: ils savaient ne pas poser les pattes sur la barre horizontale qui tournait à ras de terre. Il ne regarde ni les chemins, ni la maison de la mère Rat, ni la grange des Mignot. Mais l’âne et le cheval, qui sont dans le pré, accourent et passent la tête par-dessus la haie; mais la mère Rat, sa porte fermée, se met à sa fenêtre dont elle n’a pas la peine de tirer les rideaux: il n’y en a point. Mais les chemins non classés, avec leurs ronces et leurs orties humides de rosée, viennent, curieux, jusqu’à la route. Vincent a hâte, lui, de sortir du village.

Il marche à côté de sa mère qui a mis un bonnet blanc et un tablier noir repassés d’hier. Sur les champs et dans les bois c’est le grand silence d’un jour de fête à la petite ville voisine. Personne aujourd’hui ne travaillera. Sa mère marche lentement, de peur qu’il ne se fatigue. De temps en temps, elle le fait asseoir. Elle se détourne pour s’essuyer les yeux. Vincent n’entend pas le silence, ne voit pas sa mère. Il écoute, au loin, tonner le petit canon matinal et sonner les trois cloches de la petite ville. C’est une belle route bien entretenue, le long de laquelle se succèdent, à égale distance, les tas de pierres, et, serrés les uns contre les autres, les arbres des bois que l’on a beau couper: ils repoussent toujours. Bien des fois il l’a suivie, le matin pour aller à l’école, le soir pour en revenir. Il en connaît tous les tournants, et les trois cabanes de cantonniers où, quand la place était libre, il s’asseyait sur la pierre plate, non pour se reposer, mais pour voir si l’on est bien dans une cabane de cantonnier. Puis le bois finit à ce pré immense où paissent tantôt des bœufs, tantôt des chevaux: leurs goûts ne sont pas différents, la même herbe les satisfait. Mais les tas de pierres continuent. A gauche ce sont des fermes, comme Lécorchien, d’autres villages comme Loppepin et Grandpré, et là-bas, tout en haut de l’horizon, se dresse le clocher bas de Saint-Martin-du-Puy.

Sous les tilleuls des Promenades, des gens vont et viennent déjà: des hommes que Vincent n’a jamais vus, des gamins de son âge qu’il ne connaît pas et qui le regardent, de grands gars solides qui parlent haut et se bousculent, en fumant des cigarettes, des pipes. Lui, il ne voit que les baraques tassées dans l’enceinte du milieu, les manèges tout ronds enveloppés de toiles. Quand s’ouvriront-ils? Cette après-midi, sans doute.

La louée commence. Marchandages, discussions. Des hommes font mine de s’en aller, et l’instant d’après reviennent sur leurs pas. D’autres partent pour tout de bon. Vincent est là, lui aussi, sous les tilleuls, sa mère près de lui. Voici justement un fermier à barbe grise, à blouse bleue. Il cause longtemps avec la mère de Vincent. A la fin, il dit:

—Allons, c’est entendu: soixante-quinze francs. Vous me l’amènerez, à trois heures, au Lion d’Or.

Vincent est venu voir la fête.

Elle est magnifique, la grand’rue, avec ses pavés, ses magasins et ses hautes maisons qui ont jusqu’à deux étages! Tout le monde est en habits de dimanche, et il semble que la grand’rue aussi ait fait un brin de toilette. Sa mère le tient par la main. Il a peur de se perdre.

Sur le pas des portes, dans les rues, d’autres gamins de son âge, qui sont, ici, chez eux, mais qui n’ont pas l’air aussi heureux que lui. Est-ce que ce n’est pas jour de fête pour tout le monde? Pourquoi sa mère semble-t-elle si triste? Il est vrai que, depuis trois ans, c’est un peu son habitude.

Le soleil monte dans le ciel: on dirait qu’il se dépêche pour être mieux placé, pour voir, lui aussi, la fête de ce lundi de Pentecôte.

Ils mangent de bonne heure à l’auberge. Elle lui découpe la viande dans son assiette; elle lui verse à boire. Du vin! Il n’en boit pas trois fois par an; de la viande, il n’en mange que pour les grandes fêtes. Aujourd’hui est bien un jour de grande fête! Sa mère mange à peine. Elle ne boit presque pas. Et voici qu’il la tire par le tablier, de peur que la fête ne commence sans lui.

Ah! les baraques splendides! Cristaux multicolores étagés sur les tourniquets! Bâtons de sucre de pommes enveloppés de papiers bleus et roses! Montres luisantes dont les aiguilles ne se rencontreront jamais, petites montres à deux sous qui ne marquent que l’heure inoubliable de l’enfance! Vincent les regarde, émerveillé. Ils sont pour lui ce qu’il y a au monde de plus beau. Mais il est pauvre. Il ne songe même pas à les posséder: ils sont pour lui ce qu’il y a au monde de plus cher.

Puis:

—Je croyais que c’était des chevaux de bois? dit-il.

Sa mère lui répond:

—Ce sont des cochons, mais on dit quand même: des chevaux de bois.

Ah! Cochons ou chevaux, le manège splendide! Rideaux de velours rouge ornés de perles étincelantes, cochons de toutes les couleurs et récemment repeints qui tournent, qui tournent, musique comme Vincent n’en a jamais entendu de pareille!…

—Allons, mon petit! Fais un tour si tu veux, lui dit sa mère.

Vincent s’installe, et tourne dans du velours, les oreilles, l’âme pleines de musique, avec, lui semble-t-il, une vitesse prodigieuse. Il ne voit plus que le velours rouge et les perles, il n’entend plus que la musique. Tout-à-l’heure, il s’était intéressé au pacifique cheval blanc qui fait tourner le manège. Il avait pensé au cheval des Mignot qui faisait marcher, avec l’âne, la machine à battre. Le cheval blanc a disparu pour lui. Le manège tourne tout seul, comme la terre; il ne s’arrêtera jamais. Les Promenades ont disparu. Il n’a pas besoin de fermer les yeux: il ne les voit plus. Elles n’ont jamais existé. Ce n’est point à dix pas d’ici, ce matin, qu’il a vu le fermier à barbe grise et à blouse bleue. Il ne s’en souvient plus que comme d’un rêve effacé. C’est maintenant qu’il vit vraiment, en pleine réalité. Sa mère, elle-même, a disparu. Ah! Vincent, si tu voulais la regarder, pourtant! Tu verrais ce visage de souffrance qui s’épanouit un peu de te voir tenir gravement les guides de ton cochon jaune, et ces yeux qui cherchent à rencontrer les tiens, et ces mains qui soupèsent un peu—si peu!—d’argent dans les poches du tablier noir! Elle voudrait te payer un second tour, mais elle a déjà dépensé beaucoup d’argent, depuis ce matin, pour ton chocolat et ton repas à l’auberge, ton repas qui se composait d’un plat de viande et d’un verre de vin!

On s’en va vers le Lion d’Or. Il semblerait que pour Vincent la fête fût finie. Mais non: elle bat encore son plein dans son âme d’enfant. Que peuvent lui faire le petit baluchon que l’on met dans la voiture du fermier, sa mère qui s’énerve, qui l’embrasse plusieurs fois de suite, qui s’efforce de ne pas fondre en larmes, la longue route qu’il ne connaît pas, bordée de bois silencieux et sombres, les villages qu’il traverse où d’autres enfants à peine habillés et qui sans doute ne quitteront pas, eux, de sitôt leurs parents, jouent devant leurs maisons? Il a dans les yeux les reflets des splendeurs de la fête, dans les oreilles les échos de la musique.

Le cheval trotte. La voiture roule. Le fermier fume des pipes. Tout-à-coup, cheval et voiture s’arrêtent. Le fermier, comme s’il devinait le rêve de Vincent, à peine descendu de voiture, ouvre la porte d’un toit, lui met dans la main une houssine, et l’envoie garder, jusqu’à la nuit, les cochons.

 

LE DÉSERTEUR

 

Ce fut beaucoup moins compliqué qu’il n’aurait cru. Il était quatre heures et demie du matin. Il posa tout simplement son fusil dans un coin de la guérite, accrocha la grosse capote de laine grise,—on était au seize décembre,—se débarrassa de ses cartouchières, releva sa jugulaire, et, sans tambour ni trompette, fila vers la gare. Il se disait bien:

—Je vais «passer au conseil» pour abandon de mon poste. Je cours le risque d’être porté déserteur!

Mais il marchait quand même. C’était plus fort que lui: il fallait absolument, ce matin-là, qu’il retournât au pays!

Mijean abandonnait son poste! Mijean, soldat modèle, Mijean, à qui le souci perpétuel qu’il avait de la bonne tenue de son paquetage, du brillant de ses cuirs, avait valu, le mois dernier, les galons de soldat de première classe! Mijean devant qui, lors de ses revues, jamais le capitaine ne s’arrêtait, sachant bien qu’il ne trouverait rien à reprendre! Mijean que jamais un gradé n’avait pu avoir l’occasion de punir, et qui mettait tout son orgueil d’âme simple, d’âme de jeune paysan candide et pauvre, à déclarer:

—Moi, depuis quinze mois que je suis là, j’ai pas eu seulement une heure de consigne!

Ce Mijean-là, comme une forte tête, comme un pilier de prison, désertait… Tout simplement!

Aussi bien, c’était un véritable coup de folie dont il ne pouvait être responsable.

Et puis, pour déserter, il eut toutes les chances.

L’employé de la gare, sans doute sommeillant encore, lui donna son billet sans même lui demander son titre de permission. Mijean passa sur le quai. Justement le train, dans cinq minutes, allait partir. Jamais, faute d’argent, il n’était retourné au pays depuis son arrivée à la caserne. Depuis des mois, il avait amassé sou par sou les quatre francs cinquante nécessaires à son voyage, retour compris. Il lui sembla bien qu’il y avait très peu de monde à attendre le train. Il monta dans un compartiment où il n’y avait personne. On eût dit que ce train-là partait exprès pour Mijean. Ils passèrent, l’un emportant l’autre, devant la caserne, quoique à une certaine distance. Mijean ne la vit pas, à cause de la nuit, mais il la devina. Il se représenta aussi sa guérite abandonnée. Il se demanda si l’on s’était aperçu déjà de son départ, si on l’avait remplacé. Mais cela ne l’intéressa pas outre mesure. Il essaya de voir, à travers la vitre, des paysages blancs de neige; mais la nuit était plus noire que la neige n’était blanche. Alors Mijean s’étendit sur la banquette, et se mit à dormir. Il en avait grand besoin.

 

*

 

Il se réveilla juste à la station où il devait descendre. Décidément, il avait toutes les chances. Le petit jour se levait sur la neige. Il eut un frisson. Il avait les pieds gelés, mais il les eut vite réchauffés, parce qu’il partit au pas gymnastique pour arriver plus vite chez lui. Il avait dix kilomètres de bonne route à faire! Mais on eût dit qu’il avait des ailes aux talons. Et ce fut presque tout de suite qu’il arriva dans son village, et devant la chaumière de ses vieux. Le chien était dehors, cherchant on ne sait quoi. Le chien le reconnut tout de suite, malgré son uniforme, et se garda bien d’aboyer.

—C’est donc toi, Jean? dit la vieille stupéfaite. Comment que ça se fait? T’avais écrit que tu viendrais pour Noël!

—Ça se fait, répondit-il, que je viens plus tôt.

Il l’embrassa sur les deux joues, et son père sur une joue seulement. Puis il ajouta:

—Et je viens pour cinq jours!

Car il fallait,—Jean Mijean connaissait sa théorie!—que le cinquième jour, à minuit au plus tard, il se fît, au poste de police, porter rentrant.

La chaumière n’avait pas changé. Il y avait toujours la cheminée où le feu ne s’éteint jamais, pas même en juillet, l’horloge, bien vieille, et qui mourra peut-être un jour, lorsque son heure aura sonné. Il revit la table sur un coin de laquelle traînaient les mêmes casseroles, et la miche de pain que l’on renouvelle tous les dix jours. Cela lui suffit pour le moment. Et il se sentit heureux. Il n’oubliait pas qu’il avait abandonné son poste. Mais, chose prodigieuse! lui, Mijean, soldat modèle, cela ne le touchait pas. Son bonheur formait un bloc compact que rien ne pouvait entamer.

Le vieux lui dit:

—Alors, comme ça, te voilà avec des galons? T’as dû avoir rudement du mal pour les avoir!

Il n’en revenait pas, que son Jean pût porter des galons. Eût-il été colonel, que le vieux ne l’eût guère plus admiré. Il fut très fier.

Il mangea la soupe du matin avec eux. Il la trouva bien meilleure que celle de la caserne que, pourtant, il mangeait d’habitude avec plaisir. Puis il dit:

—Maintenant, je vais faire un tour, voir les connaissances.

Il faisait tout-à-fait clair. Devant les portes, la neige avait un peu fondu, parce qu’on avait vidé des marmites d’eau chaude. Les poules étaient sorties, mais on n’entendait pas beaucoup chanter les coqs.

Il alla d’abord chez les Prégermain, parce que les Prégermain avaient une fille de son âge qui était pour ainsi dire sa promise. Il se disait qu’elle allait tout de suite remarquer ses galons. Elle s’exclama:

—Tiens! Voilà le Jean! Je croyais que c’était seulement pour Noël?

Il lui répondit comme à sa mère. Prégermain arriva du fond de la cour, et lui donna une poignée de mains. Puis on but un petit verre d’eau-de-vie. Et Prégermain lui dit, comme le père Mijean:

—Alors, te voilà avec des galons?

De bonheur, il devint aussi rouge que ses deux galons à la fois. Après, il alla de maison en maison. L’aubergiste lui paya une fameuse tournée. Puis ce fut le tour du père Tharé, qui lui avait dit dans le temps:

—Tu sais, quand tu reviendras, n’oublie pas de me rapporter un paquet de tabac de cantine!

Mijean lui porta le paquet, que le père Tharé lui paya dix sous. Avec ces dix sous, il s’acheta un «paquet de cinquante»: il n’en fumait pas un tous les ans!

Cette première journée passa vite, très vite.

Il rentra vers la nuit, c’est-à-dire à peu près vers cinq heures. La vieille dit:

—Comme tu dois être fatigué, on va manger la soupe tout-à-l’heure, puis on se couchera.

Ils allaient se mettre à table quand on frappa à la porte.

—Sans doute quelqu’un qui vient te voir! dit la vieille.

 

*

 

Elle alla ouvrir. Mijean tournait le dos à la porte. Ce fut un gendarme qui entra et qui, avant qu’il eût eu le temps de crier, le prit par un bras. Il sursauta, voulut se défendre, et, sortant brusquement de son rêve, se retrouva dans sa guérite avec l’adjudant de semaine qui le secouait en lui disant:

—Ah! mon gaillard! Vous dormez étant de faction! Et un soldat de première classe, encore! Allez! Votre compte est bon!

Mijean tremblait de tous ses membres, et ce n’était pas de froid. Cette fois, il eut vraiment peur de «passer au conseil».

Et lui, le soldat modèle qui se faisait gloire de ne pas avoir une heure de consigne, il fut ravi au septième ciel lorsqu’il apprit qu’il s’en tirerait, à cause de ses bonnes notes, avec six jours de salle de police, et privation de permission pour Noël.

Privé de permission! N’était-il pas allé au pays? N’avait-il pas tout revu? Ame simple, il se consola facilement, et vite. Sa punition terminée, il s’en fut au bureau de poste, envoya quatre francs à ses vieux, afin qu’ils fêtassent Noël, et il garda les cinquante centimes pour s’acheter, le soir du vingt-quatre décembre, un paquet de tabac fin, puisque ce n’était qu’en rêve qu’il avait vu le père Tharé.