Sous les marronniers: Contes et récits

Eugène Muller · Chapitre 8 sur 9

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Sous les marronniers: Contes et récits

Courage et Témérité

Pendant que nous la suivions encore du regard, le vieux monsieur était allé prendre dans un coin du jardin une de ces petites houlettes de fer qui servent à la transplantation, et l'ayant enfoncée obliquement un peu en avant du souterrain, il pesa sur le manche de l'instrument.

Le fer ramena au jour la chenille, au flanc de laquelle était attachée une mignonne perle blanche allongée.

«Voilà l'oeuf, fit le vieux monsieur; vous voyez, je vous le disais bien: tout ce travail pour une mouche à naître. Il n'y a qu'un oeuf, rien qu'un.

—Remettez-le! remettez-le!» criâmes-nous d'une commune voix, car cette idée nous eût été pénible à tous de réduire à néant l'oeuvre qui avait coûté tant de peine à la mouche noire.

Un nouveau petit trou fut donc creusé, dans lequel la chenille et l'oeuf qu'elle portait furent glissés délicatement, et dont on ferma rentrée avec grand soin, comme avait fait la mouche.

Et pendant toute la soirée il ne fut question que de cette mère à la fois si prévoyante, si active et si industrieuse.

Le vieux monsieur nous dit que cette mouche, d'ailleurs assez commune dans nos pays, a reçu des entomologistes le nom d'ammophile des sables. Il ajouta qu'elle appartient à l'ordre des hyménoptères, à la famille des fouisseurs et au groupe des sphégides.

 

COURAGE ET TÉMÉRITÉ